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A Chênehutte, un glissement de terrain force sa résidente au relogement

Ce lundi 11 février, peu après 8h37, les pompiers ont dû intervenir à Chênehutte-Trèves-Cunault. Une habitation accolée au coteau a subi un glissement de ce dernier, dû à la forte pluviométrie de ces dernières semaines, causant des dommages matériels importants sans compter une grande frayeur et un raz-le-bol de la propriétaire, Marie-Claude Billard.

L'expert constate le glissement en présence de Mme Billard

 

C’est très choquée que Marie-Claude Billard nous recevait en cette matinée. Elle relate, des larmes dans la voix : « Ce matin, alors que j’étais en train de faire ma toilette, j’ai entendu un bruit sourd au-dessus de ma tête. Je me suis précipitée affolée hors de la salle de bain (N.D.L.R. la pièce de la maison la plus accolée au coteau). Je suis sortie n’ai pu que constater les faits : le terrain avait glissé et deux grosses pierres de tuffeau, des souches d'arbres et de la terre venaient de tomber sur l’appentis et le toit de ma salle de bain. » Et la récente habitante de cette belle petite demeure en bord de Loire originaire d’Angers d’exprimer sa colère : « Cela fait 14 ans que j’ai acheté cette maison et que je la rénove avec mon seul petit salaire d’assistante maternelle, tous le week-end et toutes les vacances. En retraite depuis septembre dernier, j’ai décidé de m’y installer. Et aujourd’hui, je suis obligée de déloger de ma belle maison ! » Et de rajouter : « Etre mise en danger à 60 ans, ce n’est pas drôle. »

 

La faute aux fortes pluviométries...

 

Pour Christophe Léotot, géologue expert sur les lieux dès la fin de matinée, « c’est directement en lien avec les fortes pluviométries de ces dernières semaines. » En décembre dernier, suite à 2 premiers glissements survenus en mai et décembre dernier, Mme Billard déposait une demande en mairie de Chênehutte de reconnaissance de catastrophe naturelle. Elle reçut une fin de non-recevoir, le maire estimant que les faits n’étaient pas assez importants et arguant du fait qu’il manquait une expertise géologique pour déclencher une telle procédure. Mme Billard avait alors fait appel sur ses deniers propres au cabinet de géologie de Christophe Léotot, afin de soutenir sa demande d’un arrêté municipal pouvant enclencher cette reconnaissance et ainsi pouvoir faire prendre en charge par son assurance les frais engendrés par les travaux de confortement réalisés, soit le somme de 4 800 €, hors frais d’expert . Ce dernier venait tout juste de remettre son rapport à Mme Billard, le 6  février dernier. Les conclusions étaient éloquentes : « Des pluies soutenues risquent, à tout moment, de provoquer la mise en mouvement de ces masses instables (…) La menace est réelle et importante, et on peut estimer qu'il existe un risque non négligeable pour, d'une part, une partie des structures construites, et d'autre part, pour les personnes qui circuleraient éventuellement sur la propriété. Ce risque de mouvement de terrain subsistera tant que des travaux, traitant directement la zone de glissement, n'auront pas été engagés. » Et suite à ce nouvel épisode, l’expert de constater : « C’est une suite « logique » tant que le problème n’est pas réglé. Et si les travaux de confortement du mur de souténement n’avaient pas été réalisés l’été dernier, c’est bel et bien le mur qui aurait pu s’effondrer. Ce n’est pas le cas, mais en tout état de cause, il y a danger et urgence à intervenir. » Le rapport complet en PDF joint. Cliquez au bas de l’article.

 

Une situation pas irrémédiable mais qui a un coût

 

Pour Christophe Léotot, la situation n’est pas inextricable : « Les travaux sont tout à fait réalisables : il suffit de retirer les masses instables et de grillager la pente. »  Mais tout cela a un coût et l’assurance, AXA Angers, fait encore à ce jour la sourde oreille. « L'assurance me laisse en danger. Depuis des mois, je n’arrête pas de leur demander de venir au moins constater les faits, » se désole Mme Billard. « Ils ne daignent même pas se déplacer et aujourd'hui, quand je les ai appelés ce matin, ils m'ont envoyée...! » Aujourd'hui Mme Billard envisage de vendre. Et de rajouter : « Avec mes seuls 1 000 € de retraite mensuels, je ne peux pas assumer de nouveaux travaux. Je n'ai plus d'argent ! » De fait, comme dans bien des cas, tant que la reconnaissance de catastrophe naturelle n’est pas actée, les assurances sont frileuses…Le Maire, Jacques Réfif, s’est engagé cette fois-ci à prendre un arrêté et à déposer une demande agrémentée du rapport et d’un compte rendu complémentaire du géologue signifiant l’urgence à intervention et le bien-fondé de l’évacuation. Celle-ci doit encore passée en commission interministérielle, agrémentée d’un bulletin de Météo France reconnaissant le fort taux de pluviométrie. « C’est une démarche longue », assure le géologue. En tout état de cause, « la résidente sera relogée dans la commune, dans un gîte proche » a déclaré Jacques Rétif, cela dit à ses frais...  Mais cela rassurera-t-il pour autant la résidente très apeurée par le moindre éboulis ou la moindre chute d'un feuillage ? De fait, le gîte, à quelques encablures de sa maison, est lui-même situé à flanc de côteau. Qui plus est, une demeure toute proche, au numéro 72 de la même rue, a déjà fait l’objet de glissements de terrain, sans qu'aucune suite administrative n'ait non-plus pu aboutir.

 

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Article du 11 février 2013 I Catégorie : Vie de la cité

 


14 commentaires :


Commentaire de Troglo du désespoir!!!!!

Je suis de tout coeur avec cette personne car les pouvoirs publics se font tirer l'oreille.A quand de véritables lois,que font les associations,le sous-préfet,le préfet?beaucoup d'argent dépensé pour rien! comme d'habitude on attend des MORTS!!!nous sommes des petits et n'avons droit à rien!!!!!belle mentalité!!!!!!!!!!!!!!!voilà comment nous occupons notre retraite avec la peur et le chagrin en plus!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!



Commentaire de jean pierre

ce que je souhaite à cette dame , c'est que la reconnaissance de cat . nat soit la plus rapide possible (de mémoire commission interministérielle avec la direction des risques majeurs (environnement) et ministère de l'intérieur ) . il est regrettable que les élus n'aient pas enclenché le dossier plus tôt.... nous connaissons une famille sur une commune associée de saumur qui vit dans le risque actuellement et là aussi , même prévenus , les élus ne bougent pas .. et ne se déplacent pas , alors que leur rôle de police et de sécurité est une de leurs fonctions primaires .....



Commentaire de KILU

Je comprends le désarroi de cette dame, et si ce n'est pas reconnu comme une catastrophe naturelle, c'est tout de même un coup dur pour elle. Mais quand on veut acheter une jolie petite maison pour passer sa retraite, il faut bien réfléchir aux problèmes liés à l'emplacement de la maison. Proche de l'océan, d'un fleuve, sur ou proche d'une falaise, sur un piton rocheux...etc Au pied d'un coteau en tuffeau peut-être qu'il aurait fallu édifier une protection comme pour les avalanches.



Commentaire de FLEUR

De tout coeur avec vous Mme Billard, ce qui ne vous rendra pas votre maison. Les assurances, tous des pourris. A part je vais traiter votre dossier...Bien à vous.. Nous envoyons au service habilité...Bon courage



Commentaire de Diagnostique pour la vente ?

Outre mon plus entier soutien, je m'étonne qu'il soit possible de conclure une vente et par la même un achat de ce type de bien immobilier sans aucun contrôle de stabilité. Pour toute habitation, il y a pléthore de contrôles à effectuer (le plomb, l'amiante, les capricornes, un diagnostique énergétique sur l'isolation, un contrôle de l'installation électrique...), il est pour le moins "étonnant" que cette habitation ai pu faire l'objet d'une transaction légitime et légale au vu de la façon dont elle évolue... Par ailleurs, et sans chercher des poux à qui que ce soit, la commune n'est-elle pas censée assurer la sécurité du territoire qu'elle administre ? L'assurance qui se débine, l'administration qui traîne les pieds, si tout va bien, cette pauvre retraitée aura peut-être la chance d'assister à la prise en charge de son sinistre de son vivant.... Où bien alors, encore faut-il en avoir les moyens et pas uniquement financier, il faut entamer une attaque en justice par le biais d'un avocat. C'est pas que ce soit un plaisir, mais force est de constater qu'a l'instar de la peur du gendarme pour l'automobiliste, la peur du passage en justice contribue souvent à amener les personne censées assumer ce type de responsabilité à trouver subitement des solutions....



Commentaire de @Diagnostique pour la vente

cher "Diagnostique pour la vente ", malheureusement , même en passant par la case justice , tout ne se résout pas .... indispensable dans vos contrats d'assurance : une PROTECTION juridique (et non assistance) et ensuite attendre entre 5 et ... 15 ans la fin d'une éventuelle procédure ..... Quand au diagnostic que vous préconisez (bonne idée) , l'état peut mettre en place un P P R N ( plan de prévention des risques naturels ) ceci existe entre montsoreau et saumur : résultat : beaucoup de zones rouges , et des propriétaires en grande difficulté pour vendre leur bien .....



Commentaire de Diagnostique pour la vente.

Certes, la case "justice" ne résout pas tout et est plutôt d'une longueur ahurissante, j'en conviens. C'est justement pour éviter ce type de désagrément de duré interminable que je parlais d'un diagnostique géologique obligatoire avant toute transaction. Et oui, il est bien claire que cela "dévaloriserait" quantité de bien, mais qu'il n'y ai pas d'équivoque: cela concernerait des bien qui se trouvent être de manière "effective" instables... et donc en quelque sorte impropres à toute transaction. Sauf si bien sûr on en venait à considérer la carambouille comme un mode de transaction recevable... Il est certain que cela doit être plus que frustrant de voir son bien dévalorisé par "un coup de crayon", mais il faut bien saisir que derrière le "coup de crayon" il y a des examens approfondis (théoriquement)...



Commentaire de Jacques RETIF

Contrairement à ce qui apparait dans cet article, une demande de reconnaissance de catastophe naturelle a été transmise à la DDT en décembre dès le premier glissement. Le dossier a été monté en mairie avec Mme Billiard (photos, attestation d'assurance..) Le rapport du géologue (recommandé par le maire) a été adressé à la suite. Si une masse abondante de terre est tombée à cette date dans la cour de Mme billiard, il n'y a heureusement pas eu de blessés , ni de dommages occasionnés à l'habitation, ce qui peut expliquer en partie l'attitude de la compagnie d'assurance et n'est pas de nature à soutenir la demande de reconnaissance de catastrophe naturelle. Le 11 février, une chute de pierres a endommagé une partie de la toiture de l'extension de la maison. La demande précédente a alors été complétée sur cette base et celle d'un rapport complémentaire du géologue. Le Maire a pris un arrêté de péril et proposé à Mme billiard d'être relogée dans un gîte de la commune.Les frais d'hébergement seront pris en charge par la commune, puis par l'Etat, dans le cadre des fonds Barnier. Il est facile de vérifier ces faits auprès de MM. Hyppolite et Ménard. Quand au glissement intervenu au 72 , pourquoi présenter les choses de cette façon? les propiétaires ont tout simplement jugé inutile de prévenir leur assureur et choisi de régler le problème eux-mêmes.



Commentaire de Marie Claude BIllard

Merci à tout de votre soutient et de votre compassion. J'espère de tout cœur une issue favorable à cet horrible sinistre pour moi et de passer malgré tout une retraite paisible dans ma si belle maison....mais est-ce encore possible...je crains encore de devoir hypothèque ma maison, ce n'est pas avec 1000€ de retraite que je vais pouvoir rembourser un minimum de 35000€ de travaux. Encore merci de vos encouragements.



Commentaire de cat nat

"Le Maire a pris un arrêté de péril et proposé à Mme billiard d'être relogée dans un gîte de la commune.Les frais d'hébergement seront pris en charge par la commune, puis par l'Etat, dans le cadre des fonds Barnier." vous avez fait votre rôle de police comme élu et comme il est inscrit dans les textes , et je vous en félicite car dans le saumurois , il existe encore des élus qui font de la politique de l'autruche , qui mettent en danger leurs administrés et qui se mettent en "insécurité" juridique , surtout quand les risques sont connus ..... quant à madame billiard , bon courage à vous , une reconnaissance cat nat a de bonnes chances d'aboutir , et vous avez de bonnes chances de retrouver votre habitation en sécurité dans quelques mois!!!! attention : principal risque dans votre dossier : les assurances , car elles ont déjà montré leur position négative au début : recherchez dans votre contrat si une protection juridique existe , car un avocat vous sera peut etre nécessaire par sécurité au cas où le principal problème arriverait par là !!



Commentaire de Marie Claude Billard

Je suis terrorisée à la lecture de ce drame, cela me fait très peur parce que cela aurait pu m'arriver. Je pense à cet enfant et à son papa. Quel drame effrayant pour un tas de terre. http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/un-coteau-s-effondre-sur-une-maison-un-mort-dans-le-loir-et-cher-7731601.html Marie Claude Billard



Commentaire de Patrick

Entièrement d'accord avec KILU , en effet il me parait évident qu'avant d'acheter un bien , il faut prendre conscience des risques potentiels et les assumer en toute connaissance de cause si l'on fait affaire , comme dans ce cas précis ou la maison est au pied d'un coteau.



Commentaire de Jean claude

Ce problème de glissement de terrain consécutif à une forte pluviométrie peut être évité ou limité par la végétalisation et la plantation d'arbustes dont le système racinaire retient la terre . Un incident de même nature s'est produit récemment en Touraine et les propriétaires n'ont pas été indemnisés car ils avaient fait déboiser la pente , ce qui a entrainé un glissement suite aux fortes pluies du printemps .



Commentaire de Marie Claude Billard

Merci aux derniers commentaires de Partick et de Jean Claude. J'ai eu pour mon sinistre un Arrêté de Catastrophe Naturelle le 18 avril et cela m'a bien aidé moralement et financiaire ment. Malheureusement la CAT NAT ne rembourse pas la sécurisation du coteau, pourtant cela est impératif aux dire du géologue... Mon assureur AXA et son expert ont été finalement obligés de m'indemniser une partie de mes travaux de restauration et de remise en état et cela avec courtoisie et bonne volonté. Ç´est assez rare pour le préciser. Merci à tous de votre soutient.


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