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L'interview décalée du Parti de Campagne, qui a créé la surprise aux départementales à Doué.

Quelques jours après le second tour des élections départementales, le Parti(e) de Campagne revient sur son parcours électoral sur le canton de Doué-la-Fontaine. Ayant réalisé 8,14 % des voix lors du premier tour, le binôme François Cotrel–Élise Blanchard a joué un rôle important lors du second, même s'il n'était pas qualifié. Le département n'étant plus à portée de mains, le duo décalé (mais sérieux !) se projette désormais vers l'avenir et les prochaines élections régionales, fin décembre 2015.

Meeting-show à Montreuil-Bellay (© Marianne Liegeois).


Même si vous espériez être en tête, vous attendiez-vous à un tel score au 1er tour ?

Élise Blanchard : « Pour moi, ça a été un choc ! Je me suis évanouie d'extase dans le hall de la mairie de Doué, François a dû me plonger dans une fontaine pour que je reprenne mes esprits ».
François Cotrel : « Je suis personnellement déçu que ce canton ne compte pas plus de personnes clairvoyantes mais la proposition du Parti de Campagne est de taille, et il faudra certainement un peu de temps pour que les électeurs s'habituent à ce bonheur potentiel que nous leur proposons ».

Plus de 29% à Grézillé, c'est forcément parce-que vous avez une grande famille ?

François Cotrel : « Je crois que vous sous-estimez l'implantation locale du Parti de Campagne qui avait déjà réuni 128 voix au premier tour des élections municipales de Grézillé 2014. Notre ancrage Gennois prouve simplement que les membres du Parti de Campagne sont des acteurs locaux appréciés qui gagnent à être connus ».
Élise Blanchard : « Exactement François, les scores obtenus à Grézillé, mais aussi dans d'autres communes des alentours, prouvent que plus on nous connaît, plus on est enthousiaste. Les gens du coin savent que ne lançons pas des propositions en l'air mais que nous vivons nos idées et notre utopie au jour le jour. Si nous n'avons fait que 8 %, c'est que les angevins sont timides, à nous de les apprivoiser ».

Pourquoi ne pas avoir donné de consignes de vote pour le second tour ?

François Cotrel : « La consigne de vote est une supercherie intellectuelle souvent contre-productive, surtout avec des personnes au caractère bien trempé qui se permettent de voter Parti de Campagne. De plus il est totalement illusoire de croire qu'on peut combattre un tel « effet nœud » entre les deux tours d'une élection. Cette crispation républicaine ne fait que renforcer ceux qui la défient ».
Élise Blanchard : « Réfléchissons un peu : si le nombre de gens se reconnaissant dans le parti le moins altruiste de France ne fait qu'augmenter ces dernières années, dans le cadre des mandats exercés par les grands partis traditionnels, alors qui fait le lit de ces idées nauséabondes ? Comment en est-on arrivé là ? Le fait de porter des propositions - merveilleusement pertinentes, soit dit en passant - sur la scène publique ne nous donne pas la responsabilité des politiques actuelles ».

Pensez-vous d'ailleurs que des électeurs ont mal compris le message de votre communiqué de presse de l'entre deux tour et que certains ont voté Front National ?


Élise Blanchard : « Il me semble que c'est un peu dur de faire porter au Parti de Campagne la responsabilité du vote regrettable d'éventuels mal-comprenants, sans doute eux-mêmes mal compris ».
François Cotrel : « Les chiffres parlent d'eux-mêmes mais on ne comprend pas toujours leur langage. Pourtant, même avec la plus mauvaise volonté du monde, on constate que le report des voix du Parti de Campagne au second tour s'est massivement porté sur les candidats Martin et Cheptou. Alors que malgré la pression « Républicaine », pour leur retrait, des consignes de vote très clairement en leur défaveur de la part de l'UDI et de quinze maires du canton, la doublette Gagneux et Lauriou maintenue a gagné 700 voix au second tour ».

Que retenez-vous de votre campagne ?

François Cotrel : « Nos 8 % prouvent au moins qu'il y a mille personnes dans ce canton qui ont assez d'humour et d'esprit pour adhérer au concept d'une politique sérieusement drôle et drôlement sérieuse ».
Élise Blanchard : « Et encore, il y a tous ceux qui n'ont entendu parler de nous qu'après le vote. Une belle émulation qui ne fait que commencer ».

Quelles belles rencontres avez-vous faites ?

François Cotrel : « Dans la mesure où les campagnards ont d'abord envie de se marrer, l'ambiance lors des meetings fût des plus joyeuses... pour une réunion politique en tous cas. La condition sine qua non d'une campagne électorale pour nous est non seulement de porter des idées altruistes et conviviales mais aussi de les vivre avec nos sympathisants ».
Élise Blanchard : « Tous ces gens qui ont bravé la nuit, le froid et le brouillard pour élaborer une politique débridée, c'est beau, non ? ».

Pour mieux vous connaître, avez-vous voté au second tour et, si oui, pour qui ?

François Cotrel : « ...et bien pour être honnête, j'ai voté pour moi car je ne vois pas bien qui d'autre pourrait prendre les rênes de l'Anjou avec le panache qui s'impose. Mais je ne sais pas si ça vous renseigne beaucoup sur ma personnalité ».
Élise Blanchard : « Je ne vous dirai rien, ça me permet de garder mon aura de mystérieuse femme de l'ombre ».

Maintenant, vous êtes à fond dans les élections régionales ?

Élise Blanchard : « Nous ne pouvons pas être contre, ce serait absurde ! ».
François Cotrel : « Calmez-vous, chère Élise, ce n'était pas le sens de sa question. Effectivement le Parti de Campagne a déjà entamé son irrésistible quête du Conseil Régional des Pays de Loire... ».
Élise Blanchard : « ...galvanisés par l'engouement populaire, nous grimperons tous les échelons de l'ascenseur social pour nous hisser au plus haut de la pyramide politique ».
François Cotrel : « ...et la démonter pièce par pièce pour en faire une grande maison de plein pied accessible à tous ».

Étant donné le scrutin de liste, comptez-vous faire assez d'enfants pour présenter une liste complète de candidats aux élections régionales dans tous les départements ?


Élise Blanchard : « J'ai beau être de bonne volonté, mon abnégation a des limites ».
François Cotrel : « Nous avions d'abord pensé à cloner nos têtes de liste pour ne présenter que des candidats crédibles et aguerris mais les lois françaises sont encore un peu frileuses sur le sujet. Nous devrons aller chercher plus loin ».

Aura-t-on le droit au même style de candidats ?

Élise Blanchard : « Une chose est sûre, vous pourrez compter sur des candidats qui ont du style ».
François Cotrel : « C'est la première étape de cette nouvelle aventure campagnarde : réussir à former une liste complète, c'est à dire réunir une centaine de personne habitant dans les cinq départements des Pays de Loire derrière un projet commun. Ce sera donc une grosse troupe bigarrée qui portera les idées du Parti de Campagne, avec chacun sa personnalité, son humour, son originalité ».

Toujours avec Élise Blanchard et François Cotrel ?

François Cotrel : « Personnellement je serai candidat à la candidature et je souhaite de tout cœur que la rigueur salvatrice de Mme Blanchard nous escorte dans cette campagne ».
Élise Blanchard : « Vilain flatteur, va ! J'en serais, s'il le faut, avec plaisir ».

Vous promettez un programme encore plus étonnant, peut-on avoir un petit aperçu ?

François Cotrel : « Il est encore un peu tôt pour se prononcer car il nous faut confronter nos idées évolutionnaires avec les compétences précises du Conseil Régional. Je peux tout de même vous promettre que si nous sortons majoritaires à ce scrutin, les lycées, les CFA et autres formations d'apprentissage vont prendre un gros coup de fun. En particulier les filières des métiers manuels qui ont besoins d'être revalorisées, de faire rêver les jeunes et décoincer les formateurs. Quel beau métier que celui de tailleur de pierre ou de charpentier ! Dans un futur proche, nous aurons chacun plusieurs activités pour survivre et nous épanouir. Posséder un savoir-faire manuel est une excellente base pour une vie équilibrée ».
Élise Blanchard : « Bravo François, je n’aurais pas dit mieux ! Nous allons concocter un programme aux petits oignons. On a déjà plein d'idées, et chacun peut y mettre son grain de sel sur notre site « parti-de-campagne.org ». Puis on se réunira pour organiser tout ça lors des Universités d'Été du Parti de Campagne ».

Est-il possible que la liste s'appelle de nouveau « Parti de Campagne » ?

François Cotrel : « C'est le nom emblématique de notre Parti bien aimé. Sa signification va au-delà des origines rurales du mouvement, c'est un outil pour mener des campagnes électorales, pour se réapproprier un champ politique abandonné aux professionnels des grands partis, avec le succès que l'on constate... Nous ne nous renierons pas. Nous assumerons fièrement notre Parti de Campagne jusqu'au bout et il me paraît inconcevable que ce nom change un jour, à moins qu'on ne décide collectivement du contraire ! ».
Élise Blanchard : « Moi j'aime bien le côté déjeuner sur l'herbe, chacun apporte une salade de thon ou un chawarma. La politique, c'est la relation aux autres, il faut commencer sur de bonnes bases. Et puis ça me fait penser à « battre la campagne », qui laisse une bonne place à notre partie dérangée et à celle de tout un chacun ».

Sinon, avec quelle liste et quel candidat avez-vous imaginé de vous rallier ?

Élise Blanchard : « Je n'ai pas imaginé ça, mais alors pas du tout ! ».
François Cotrel : « Les autres partis au mieux nous ignorent et au pire se moquent de nous. Comment imaginer se rallier à ceux à ceux qui nous raillent ? Nous ne pouvons envisager de nous associer avec un autre mouvement que si nous rions de concert ! ».

Il n'y a pas beaucoup de troglos dans la région, ça ne va pas poser de problèmes ?

François Cotrel : « Les troglodytes sont notre QG, notre marque de fabrique, celle qui nous relie à la nature et à l'histoire des hommes. Mais nous devons nous ouvrir sur le monde et rencontrer les campagnards ligériens, sarthois, mayennais et même vendéens ! Il y a tellement de sympathisants du Parti de Campagne qui s'ignorent ! ».
Élise Blanchard : « On est quand même obligés de sortir de temps en temps. Regardez François, il a des champignons de Paris qui poussent dans sa barbe ».


Article du 03 avril 2015 I Catégorie : Vie de la cité

 


7 commentaires :


Commentaire de Gilles_D 03/04/2015 17:15:05

Bravo à vous ! Votre campagne était extra, vos commentaires de même !



Commentaire de Varennes 03/04/2015 17:40:33

Ah ! Enfin ! La brise légère des idées décoincées ! Mais... c'est le printemps !



Commentaire de Ah bravo, à partager largement 03/04/2015 21:47:44

Bah voilà une bonne initiative que de faire partager des idées fraiches... Internautes, partager cette vision décalée. Par contre le kiosque, c'est un peu long...



Commentaire de Grincheux 03/04/2015 22:54:29

N'est pas Coluche qui veut. Lui au moins avait compris que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Le kiosque accorde beaucoup trop d'importance à ces personnages qu'on espère ne plus revoir.



Commentaire de Varennes 04/04/2015 11:33:19

Grincheux... On ne peux pas mieux illustrer son pseudo !



Commentaire de Au risque de.... 04/04/2015 14:41:16

Il me semble que cela valide allègrement la notion que la population se sent de plis en plus "utilisée" par la sphère politique et non: représentée. Un ouvrage récent, qui même s'il n'a rien à voir avec nos candidats, parle très bien de la question: il s'agit de:"La France Périphérique, Comment on a sacrifié les classes populaires" de: Christophe Guilluy (http://ecx.images-amazon.com/images/I/714riyYLSZL.jpg) Cet ouvrage a certes été ultra-médiatisé, mais ce n'est pas pour autant qu'il est un tissu d'absurdités...



Commentaire de Gaspard 06/04/2015 15:31:40

Même si ceux du Parti de campagne se révélaient aussi nuls que certains candidats dits "sérieux", ce qui est difficilement concevable, au moins avec eux on aura bien rigolé ! Mais c'est vrai que tout le monde n'a pas le sens de l'humour. En vertu de quoi ceux qui nous font rire seraient-ils moins importants que ceux qui font la gueule et qui pour certains d'entre eux sont bien inquiétants ? Que les grincheux se dérident. Longue vie au Parti de campagne qu'on est impatient de revoir ! Et : "Ni dieu, ni maître, même nageur !" (J.Yanne).


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