« Placer mon fils dans le public, c'est un droit ! J'irai jusqu'au bout »

Comme nous l'expliquions le lundi 20 juillet dernier (relire notre article), 8 élèves n'ont pas encore pu trouver de lycées pour la rentrée prochaine, à Saumur. Chez les parents d'élèves souhaitant faire la bascule « privé-public », la colère commence sérieusement à monter. Une mère de famille, dont le fils souhaite quitter Saint-Louis pour intégrer la Terminale S à Duplessis-Mornay, nous fait part de son agacement... Malgré les refus successifs de la Direction Académique, elle se promet de ne rien lâcher.


Inscrire ses enfants dans le public est-il devenu un luxe ? C'est la question que l'on peut se poser avec ce feuilleton scolaire de l'été 2015. En ce mardi 21 juillet, 8 familles se trouvent encore dans l'impasse, après avoir demandé une affectation de leurs enfants du privé vers le public... À l'image de cette mère de famille, qui raconte comment son fils s'est vu refuser le transfert de son dossier de Saint-Louis vers Duplessis-Mornay. "Nous avons tout d'abord envoyé une demande de transfert de dossier au lycée Duplessis-Mornay, afin que mon fils puisse rejoindre le public. Le proviseur de Duplessis a refusé. Ensuite, nous avons envoyé une demande de recours au DA-SEN (ndlr : le Directeur Académique des Services de l'Éducation Nationale) de Maine-et-Loire, qui a aussi répondu négativement."

"Placer mon fils dans le public, c'est un droit !"

Après avoir essuyé ces deux refus successifs, une demande de révision a ensuite été envoyée auprès de la Direction Académique, comme le prévoit la démarche administrative. "À chaque fois, qu'il faut formuler un dossier, on nous demande de rappeler la situation et les faits, puis d'argumenter sur les raisons qui ont motivées notre demande d'affectation dans le public. Mais le fait de placer mon fils dans le secteur public, c'est un droit ! Je ne vois pas pourquoi il faudrait argumenter sur ce point-là." Si aucune solution n’est trouvée, les parents d'élèves devront sans doute saisir le Tribunal Administratif. "Pour le moment, il faut attendre que l'administration rentre de vacances, c'est-à-dire mi-août", rappelle-t-elle.

Le lycée Duplessis-Mornay aurait "reçu des consignes".

Selon cette mère de famille, le proviseur de Duplessis-Mornay, Patrick Carbonnier, aurait reçu des consignes de la part de la Direction Académique : "Il m'a dit au téléphone qu'il avait pour consigne de refuser toutes les demandes d'affectations formulées par des élèves venant du privé et souhaitant intégrer le public. Il a ajouté que la priorité était donnée aux élèves du public et que les classes ne pouvaient pas dépasser les 35 élèves. Le problème, c'est que nous n'avons pas le moyen de vérifier combien d'élèves sont inscrits par classe. Il a fini par me dire que la DASEN (ndlr : la Direction Académique des Services de l'Éducation Nationale) souhaitait que tous les élèves du privé se réinscrivent dans le secteur privé.".

"La DASEN fait le forcing pour nous renvoyer dans le privé".

Toujours selon elle, « la Direction Académique n'a pas senti que le vent allait tourner. Comme beaucoup d'autres élèves, cela fait 4 ans que mon fils souhaite intégrer le public. Sauf qu'aujourd'hui, la DASEN se rend compte qu'elle est arrivée à saturation... Le seul moyen qu'elle a trouvé, c'est de faire le forcing pour nous renvoyer dans le privé. J'ai cru comprendre que d'autres parents (ndlr : dans cette situation) paniquent et préfèrent que leurs enfants restent dans le privé, plutôt que de n'avoir aucun établissement à la rentrée. En ce qui me concerne, je n'ai pas envie de les voir triompher ainsi. J'irai jusqu'au bout de ma démarche, même s'il faut prendre le risque d'attendre jusqu'à septembre ».

Nota Bene : Depuis quelques semaines, nous avons tenté de joindre les proviseurs des lycées Saint-Louis et Duplessis-Mornay. Avec le baccalauréat et les vacances, ceux-ci n'ont pas eu le temps de nous répondre.


Article du 21 juillet 2015 I Catégorie : Vie de la cité

 


20 commentaires :


Commentaire de tchernobill 21/07/2015 19:14:48

Le seul droit, c'est d'avoir une place dans un établissement. C'est le cas. Pourquoi vouloir changer d'établissement ? On ne comprend pas le motif réel. La discipline à Saint Louis est-elle trop dure ? Je me suis laissé dire pourtant que cet établissement n'est plus ce qu'il était en la matière. Alors ...



Commentaire de pfff 21/07/2015 19:49:53

Arrêtez donc de toujours crier au scandale! L'un de mes fils est passé de Saint Louis à Duplessis sans problème...Mais bien entendu, ils ne peuvent pas surpeupler les classes!



Commentaire de Hémorragie à Saint Louis 21/07/2015 20:03:39

J'ai aussi entendu parlé par de nombreux parents. Certains enfants devaient même rédiger une lettre de motivation pour intégrer Duplessis ! Incroyable, le public qui sélectionne à son entrée !



Commentaire de m.p. 21/07/2015 20:34:04

Tout à fait d\'accord avec \"pfff\", Duplessis Mornay ne peut pas surpeupler les classes. La personne à l\'origine de l\'article serait la première à le décrier si son enfant y était scolarisé. Maintenant, on critique le public et on met ses enfants dans le privé car l\'herbe est plus verte. Au final, l\'herbe n\'est pas meilleure et on retape sur le public.Il faut assumer ses choix. A bon entendeur salut !



Commentaire de Paul 21/07/2015 20:55:12

C'est bien ces alertes mail... MP, vous ne croyez pas que l"école de la République doit accueillir tout le monde et que le privé est une erreur historique. Quand les parents se rendent compte de leur erreur, ils n'ont pas le droit de changer ? C'est fou que des gens se soient battus pour une école de la république ne disent rien aujourd'hui ?



Commentaire de saumurois 21/07/2015 21:25:37

Le plus important c’est la volonté de ces élèves de vouloir poursuivre leurs études. Peu importe les établissements, il faut trouver des solutions pour eux. ..



Commentaire de Hallucinant 21/07/2015 22:01:43

Beaucoup d'établissement public du Maine et Loire n'ont plus de places. Les raisons du retour vers le public: certainement le manque d'argent, les changements de situations familiales, la baisse des allocations familiales du 1er juillet, un ras le bol du privé... On n'a pas le droit de juger. Mais dans tous les cas l' accès à un établissement public doit-être un droit. Sinon c'est clairement une discrimination. Cette année est une année particulière et personne n'a rien vu venir. Espérons que ces élèves trouveront une solution pour continuer leur scolarité.



Commentaire de Marie-Jeanne 21/07/2015 22:06:22

M.P. vous avez sûrement raison. L'herbe qu'on trouve (en quantité!) à St Louis n'est probablement plus ce qu'elle était...



Commentaire de Citoyen lambda 22/07/2015 10:13:27

Bonjour à tous, il suffit de souffler, même légèrement, sur les braises de la guerre public/privé, pour que les passions s'enflammes et que nous perdions de vue la raison et le droit. N'oublions pas l'essentiel: l'école et obligatoire et gratuite, ce qui est une bonne chose, c'est l'état qui l'impose, donc c'est l'état qui doit assumer et mettre en place les moyens humain et matériel pour garantir ce service. Dans notre région ( l'ouest en général ) la présence de nombreux établissements privés ( souvent catholiques ) permettent aux parents d'avoir un choix supplémentaire, ce qui donne encore plus de liberté ( pour ceux qui en ont les moyens ). Mais n'oublions pas que le "privé" est là en supplément, en aucun cas le privé (même sous contrat) garanti à lui seul des "principes fondamentaux" de la république. Il suffit d'aller voir dans les autres régions ( la plus-parts d'ailleurs) où le privé est très "anecdotique" pour ce rendre compte que ce genre de problèmes ne se posent pas, l'état depuis longtemps est en mesure de scolariser tous les élèves. Mais comme depuis une décennie les différents gouvernements, nous font croire que les institutions d'état de notre "grand pays" sont en mesure d'atteindre des objectifs utra-ambitieux tout en taillant brutalement dans les moyens et en truquant les résultats ( scolaires en l’occurrence ). Il suffit de quelques élèves supplémentaires pour mettre à genou le système et révéler la volonté de ne pas assumer ! Pas de réponse claire, pas de franchise, des parents dans panade.... Et on verra en septembre.... Si un établissement public n'a pas les moyens assumer le service public qui est le sien, il FAUT le dire, et ensuite prendre les mesures qui s'imposent. L'attitude pleutre du Ministère, de la DASEN et des équipes de directions font que le problème ne trouvera pas solution ( car officiellement il n'existe pas). Cela est vrai pour des élèves qui basculent du privé au public, mais aussi pour toutes les autres situations au l'état et ses représentants mentent et restent muets face à leurs carences. Il faut commencer par reconnaître la vérité pour espérer pouvoir régler les problèmes. Les menteurs et les "autistes" ne peuvent rien résoudre même s'ils sont haut placé.



Commentaire de patroc 22/07/2015 10:20:54

Imaginez un peu si tous les élèves du privé voulaient passer dans le public.... Ben, il n\'y aurait pas assez de place ! Et ça tout le monde le comprendrait... On n’en est pas là, mais c\'est le problème qui est posé... Alors je comprends que l\'on maintienne les classes à 35 élèves (c\'est déjà beaucoup) pour maintenir une qualité d’enseignement, et ne pas satisfaire ceux qui n\'ont pas fait confiance au public... Il faut assumer ces choix....



Commentaire de m.p. 22/07/2015 11:20:53

"patroc" - c'est bref, c'est clair, c'est réel.



Commentaire de HALLUCINANT 2 22/07/2015 15:01:01

C'est fou comme on peut être sectaire "le privé n'a qu'à rester au privé". Un choix à l'instant t ne devrait pas condamner l'élève durant toute sa scolarité. On le sait des événements : chômage, séparation divorce... font que les choix d'hier ne sont plus forcément tenables. Je rejoins par conséquent l'action de cette mère de famille et le fait que l'Ecole de la République doit accueillir tout le monde ou alors accepter que l'Etat laïque subventionne une école privée pour ne pas dire religieuse. Il fau savoir ce que l'on veut !



Commentaire de réponse à Patroc 22/07/2015 15:30:50

Cher Patroc, vous dîtes qu'il faut assumer ses choix. Mais c'est simplement avec l' âge et beaucoup de curiosités d'esprit, de.lectures, d'échanges qu'il est possible de choisir librement. Pour choisir il faut être libre. Qui l'est actuellement?



Commentaire de HALLUCINANT 3 22/07/2015 22:28:58

J'en connais qui pour avoir fait des choix public - privé ont été co-auteurs de fermetures de classes (je ne citerais pas la commune) alors ça me fait rigoler d'entendre ces gérémiades. Tout comme dans le domaine de la santé, on paye des déplacements d'honoraires et est on mieux soigné ? Bref ...



Commentaire de hallucinant 23/07/2015 06:36:31

Oui en effet des classes son fermées dans des écoles de village car il n'y a pas assez d ' élèves pour les maintenir mais des élèves sont refusés également car il n'y a pas assez de place. 10 élèves ne seront pas scolarisés dans un village de l'agglo car pas de place et aucune volonté d'ouvrir une classe. Cherchez l'erreur! Ces élèves auraient pu éviter un fermeture dans un an ou deux. Qui sont les responsables?



Commentaire de tchernobill 23/07/2015 15:44:01

" Un des plus clairs effets de la présence d'un enfant dans le ménage est de rendre complètement idiots de braves gens qui, sans lui, n'eussent peut être été que de simples imbéciles ". G. Courteline.



Commentaire de m.p. 23/07/2015 20:56:51

Tchernobill, tu t'es pris le nuage ? Enfin tu nous as sorti Courteline c'est déjà ça même si ça fait pas avancer le schmilblick.



Commentaire de lycéenne à duplessis 27/07/2015 12:28:14

Il y'a déjà beaucoup d'élèves dans chaque classes, ce n'est pas de la faute de nos proviseurs. A 35 c'est déjà énorme pourquoi passer à plus de 40 ? Nous ne sommes pas une usine, à plus de 40 comment voulez vous que sa marche parfois nos profs sont débordés et mettent plus d'une semaine pour corriger nos copies.



Commentaire de Hallucinant 27/07/2015 14:13:47

Pour éviter de passer à 40, il faudrait ouvrir une classe supplémentaire. Le proviseur n'est pas responsable en effet. Je croyais que l'éducation était une priorité pour notre gouvernement. Dans beaucoup d'établissement, aussi bien public que privé sous contrat (les profs sont payés par l'état) les classes sont surchargées. Peut être faut-il revoir les effectifs des classes. Je ne crois pas qu'il existe une limite au nombre d'élèves par classe. Mais créer une classe demande des efforts de beaucoup d'acteurs et des moyens financiers. Nos jeunes sont notre avenir. On a tendance à l'oublier dans cette société de consommation. Donnons leur une chance!



Commentaire de quelques chiffres 27/07/2015 14:31:29

En 2014, le nombre moyen d'élèves par classe en France est de 28,9 dans le second cycle général et technologique (LEGT). http://cache.media.education.gouv.fr/file/2014/30/5/DEPP_grands_chiffres_2014_355305.pdf



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