Tribune : Construction européenne et le fonctionnement de la démocratie, la désillusion

Le conseiller Municipal de Saint Cyr en Bourg, Léo Gabillard, ex-Modem et par ailleurs Enseignant en Droit public et Sciences Politiques à l'Unversité ctaholique d'Angers poste une tribune engagée sur la situation de l'Europe. Cosignée de son collègue, Maître de Conférences en Sciences du langage, Albin Wagener, ils dressent un portrait sans concession de leur désillusion sur ce qu'est devenu la construction européenne et le fonctionnement de la démocratie.


« Europhiles de tous les pays, ouvrez les yeux ou tombez le masque !

Nul ne sait que ce que l’Histoire retiendra de l’actuelle crise grecque, mais il serait trop commode de la reléguer, comme on a trop tenté de le faire, au rang des soubresauts de l’Histoire économique. La crise grecque est d’abord une crise politique, ce n’est d’ailleurs pas la « crise grecque » ni celle de l’Euro, mais celle de l’Europe, de la démocratie européenne et du projet européen. Elle est une crise inédite qui laisse une entaille profonde entre les peuples européens et les institutions créées en leur nom - et il faut craindre que la blessure soit irréversible.

Jamais l’Union européenne, son organisation, ses méthodes n’ont été autant au cœur du débat et pourtant, jamais le débat n’aura été autant confisqué. Désormais, tout se passe comme si une simple monnaie – comme nous en avons connu pourtant d’innombrables par le passé - et une superstructure institutionnelle – pourtant encore marginale à l’échelle de l’Histoire - étaient devenues de véritables dogmes, à tel point que le simple exercice d’une consultation populaire – symbole par excellence d’une saine vie démocratique ! – est devenu l’objet de moqueries. Pire encore, sous la plume et dans les mots de la classe politique européenne et des journalistes, on parle d’un « acte d’irresponsabilité » !
Alors que l’on nous présente les eurocrates bruxellois comme les bons pères rationnels, sécurisants et garants de l’équilibre d’un continent, toute tentative de critique ou de remise en question du modèle européen font l’objet de quolibets ridicules : ceux qui oseraient questionner le dogme seraient, ainsi, soit des adolescents attardés qui ne seraient pas encore venus à la raison, soit des extrémistes dangereux qui voudraient mettre en péril la paix du continent.
Voilà donc le visage de notre Europe d’aujourd’hui : l’engagement de la responsabilité d’un gouvernement et d‘une politique devant le peuple souverain, considérés comme le sommet de l’irresponsabilité politique ! Dans quel désarroi sommes-nous tombés, pour avoir érigé en norme vertueuse le plus immonde des reniements ?

For Paris Fashion Week Autumn/Winter 2015, Christian louboutin hochzeitsschuhe collaborations took us night crawling through the streets of Paris. First, accompanying a star-emblazoned collection by Mugler and then through the cities back alleys for a mysterious romp with Olympia Le-Tan.

Que l’on ne s’y trompe pas : les auteurs de ce texte ont tous les deux été baignés dans une europhilie sincère, et ont même longtemps défendu avec véhémence et enthousiasme l’Union Européenne que nous connaissons aujourd’hui. Mais lorsque les couleuvres deviennent trop grosses à avaler, il faut savoir ouvrir les yeux et oser poser les véritables constats : c’est l’honneur de militants acharnés que d’oser l’inventaire lucide d’une œuvre érigée en leur nom.
Aucun ne l’ose ouvertement, par peur d'être accusé de servir la soupe à une extrême gauche perdue dans ses dangereuses utopies ou de nourrir la bête immonde du Front National.
Sans être pétrifié par ces écueils si dérisoires, camarades démocrates et europhiles, ouvrez les yeux, ou tombez le masque !

Nous avons cru et diffusé l'argument éculé selon lequel l'Europe a permis la paix, alors que c'est la paix, telle que nous l'ont livré la dissuasion nucléaire -hélas- et le parapluie américain, qui ont rendu nécessaire l'organisation d'un marché européen structuré et, ce faisant, lui a permis de prospérer. En tout état de cause, nous refusons de réduire le bonheur aux seuls malheurs qu'on n'a pas.
Nous nous étions promis l’égalité entre les peuples et l’unité d’un continent martyrisé, nous avons la domination d’un Etat sur les autres dans une Europe où le dumping fiscal et social et la concurrence entre les salariés européens ont remplacé les tranchées et les canons, et où chômage et pauvreté distillent une mort lente et sournoise comme le tribut d’un genre nouveau.
Nous nous étions promis la liberté des hommes, nous avons l’asservissement aux marchés.
Nous nous étions promis la démocratie, nous avons le règne des lobbys et d’un gouvernement hors sol et hors contrôle, qui triomphe sans rougir et désormais sans vacarme des volontés populaires les plus clairement exprimées, et pour faire-valoir, un Parlement croupion et sans électeurs.
Nous nous étions promis une souveraineté partagée, nous avons des Etats démembrés qui ont perdu tout contrôle sur leurs attributs essentiels, et une souveraineté monétaire confisquée par trois institutions sans légitimité.
Nous nous étions promis la régulation économique et le respect de l’environnement : nous avons l’écrasement normatif pour les citoyens, et le tapis rouge pour Monsanto. And here has many Christian Louboutin Hochzeitsschuhe for women.

Alors qui sont les véritables europhiles désormais ? Ceux qui jugent raisonnable et bienveillant un quarteron de technocrates qui dînent et couchent avec l’oligarchie bancaire, où ceux qui ont l’orgueil de les mater ?
Qui sont les utopiques ? Ceux qui comme Don Quichotte, prennent des moulins pour des géants, et rivalisent d’efforts pour se convaincre qu’un monstre froid de technocratie accouchera d’une démocratie apaisée ? Ou ceux qui, un œil sur l’Histoire, pensent lucidement que c’est par l’intermédiaire le moins dénaturé et seul légitime des démocraties nationales qu’on peut espérer un jour construire une démocratie continentale ?

Non, la nation n’est évidemment pas un horizon indépassable, mais elle est pour l’heure le seul instrument opérationnel pour que s’exprime a minima le peuple sur son destin collectif.
Vouloir reconquérir pour le peuple une souveraineté réelle – c’est-à-dire non amputée de la maîtrise de sa monnaie - contre une souveraineté fictive, ce n’est pas faire le lit des nationalistes : c’est, au contraire, la tâche élémentaire de ceux qui osent encore se définir comme démocrates.
C’est l’aveuglement pathologique des démocrates et des modérés qui creuse chaque jour le tombeau de leur dessein et les condamne à jamais. La responsabilité commande d’être lucide. Oser encore présenter l’Union Européenne comme une sage réalisation de l’Histoire et le triomphe de la démocratie est désormais soit malhonnête, soit irresponsable.

Notre panthéon n’est ni celui du nationalisme, ni celui du bolchevisme. Hugo, Briand, Schuman, on vous dit vainqueurs de l’Histoire, mais vos enfants ont fait de vous des cocus. Et nous refusons désormais qu’ils trouvent en nous des complices. »


Article du 28 aout 2015 I Catégorie : Vie de la cité

 


10 commentaires :


Commentaire de bernadette fourré-jousselin vieille mémé 28/08/2015 19:26:43

comme je suis heureuse de lire ce texte, ce que je pense chaque jour depuis le vol du vote négatif des français par Sarkozy à Lisbonne, chaque jour nous souffrons de plus en lus des contraintes de technocrates de bruxelles qui jonglent avec l'argent des pays, et les ont asservi , nous sommes au nom d'une crise ?, de plus en plus pauvre, avec des gouvernants qui eux ne semble pas souffrir de l'austérité, je suis âgée (83 ans) je vais quitter ce monde sans l'espoir de laisser mes descendants, une France saine, et je me sentirais responsable sans l'être vraiment, puisque on a pas tenu compte d



Commentaire de François-Marie Arouet 28/08/2015 21:21:49

Les pères fondateurs de l'Europe voulaient une Europe "humaniste et chrétienne", François Mitterrand parlait, lui, d'une Europe "fraternelle et sociale". Tout cela est parti en fumée. L'Europe est devenue une machine infernale au service d'une oligarchie surpayée et d'un capitalisme mondialisé. Non seulement, l'Europe ne protège pas les Européens mais, incapable de reconnaître son identité judéo-chrétienne, les abandonne à tous les vents, à toutes les migrations dont certaines vont gravement impacter notre civilisation. Sans compter le développement du chômage, l'extension de la pauvreté, le b



Commentaire de Philippe Minvielle 29/08/2015 02:07:31

Merci Léo pour ce texte qui rompt le silence assourdissant dans lequel nous emmurons la Grèce, le temps de la déchiqueter avant, pour finir de la rejeter hors de l’Europe ce qui dans les conditions qu'on lui impose est inévitable. L'objet initial est effectivement largement transgressé. L'avenir de la construction européenne est désormais extrêmement compromis.



Commentaire de duport g 29/08/2015 10:27:43

la grece meur et les europeens sous couvert de les aider vont en vacances en grece pas pour la premiere mais bien parce que les tarifs sont au plus bas .la misere des uns fais le bonheur des autres.et apres nous serons les grecs.quand a mémé qui se prend pour la mere patrie du peuple francais il faudrait arreter un poil et vieillir tranquillement .nous sommes arrivé au monde sans rien nous y repartirons de meme.



Commentaire de raminagrobis 29/08/2015 16:19:24

voilà un texte qui exprime ce que beaucoup de français disent ,bravo..la bète immonde dites vous en parlant du f n ? cette europe du fric n\'est pas moins immonde qui ruine,pille,et tue indirectement ses habitants(suicides dans les campagnes,suicides des ouvriers,employées mis à la rue suite au chomage......) les guerres n\'ont pas cessées depuis des années malgrés cette europe.guerres armées et guerre économique. il n\'y aura que le retour à une identité nationale et une liberté des nations qui pourra éviter une revolte des peuples.



Commentaire de tchernobill 30/08/2015 12:24:35

Bravo aux rédacteurs pour leur coup de gueule. Mais..la crise grecque, une crise politique ?une crise de l'Euro ? une crise de l'Europe ? Peut être un peu tout cela mais c'est surtout, avant tout une crise de la société grecque. Quand on veut rentrer dans un club, il faut montrer patte blanche. Je salue, messieurs votre europhilie sincère et enthousiaste bien qu'à mes yeux naïve, qui a oublié les éructations d'un De Gaulle peut être brutal mais réaliste. Egalité entre les peuples ? utopie! Unité du continent martyrisé ? Utopie ! Faites la guerre messieurs, pas l'amour !



Commentaire de Léo Gabillard 30/08/2015 19:10:29

Merci aux lecteurs du kiosque pour leur intérêt pour notre tribune. Quelques réponses, en vrac : Quans nous qualifions \"les dangereuses utopies de l\'extrême gauche\" ou \"la bête immonde du Front National\", ce ne sont pas nos mots, mais ceux des européistes pour qui l\'entretien de ces fantasmes extrêmistes sont commodes. Pour nous, il n\'y a ni utopie dangereuse ni bête immonde, il y a des options, des modèles idéologiques, qui méritent une pleine confrontation d\'idées, pas l\'invective commode du bien contre le mal. Quant à faire passer notre propos pour un propos naïf...c\'est, juste



Commentaire de tchernobill 02/09/2015 11:01:18

Hé ! bien amusez-vous, cher Léo Gabillard...Quant à moi, l\'incapacité congénitale de nos \"élites\" nationales que vous voulez rejoindre (grand bien vous fasse) me confirme dans un scepticisme hélas de bien mauvais aloi...



Commentaire de bouyges 02/09/2015 14:10:10

oui certes nous allons tous nous faire mettre .les grecs ont commencés tradition oblige mais nous serons tous des grecs un jour



Commentaire de Léo Gabillard 03/09/2015 09:36:07

Qu'on ne se méprenne pas, Monsieur...."Tchernobill", je m'amusais - de manière franchement non agressive - de votre qualification d'un propos naïf, alors que notre tribune est - je crois - le contraire de la naïveté. Nous voudrions justement que les "europhiles convaincus" cessent leur naïveté et continuent de croire que tout ira mieux avec toujours "plus d'Europe", ou pour reprendre leurs formules creuses "mieux d'Europe". Dans les circonstances actuelles, c'est soit malhonnête soit naïf justement. Je déplore trop la médiocrité ambiante des élites nationales pour vouloir la rejoindre. Là fr



page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

Quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri IV après qu'on l'ait peint en vert ?

 

Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité à 600...

 

 


Créez votre article ! ICI