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Dossier. Déprime des élu(e)s des petites communes : Les raisons de la colère

Depuis les dernières municipales, un sujet remplit les colonnes de toutes les presses locales de France : les engueulades et démissions dans les petites communes ! Celles du Saumurois n'échappent pas à ces crises politiques. Essayons de comprendre pourquoi.


Cizay-la-Madeleine, 514 habitants (1), Le Coudray-Macouard, 911 habitants (2), Vivy, 2 457 habitants (3), Villebernier, 1 468 habitants,... autant de petites communes du Saumurois enclines à des crises politiques accompagnées de démissions d'élu(e)s voire de maires, depuis les dernières municipales de mars 2014. Et cette liste est longue en Maine-et-Loire comme partout en France, notamment dans les communes de moins de 1 000 habitants.

Des raisons variées

Les raisons de ces départs sont variées : Un retraité qui a renoncé après des brouilles avec son voisinage, un adjoint parti à cause de différends avec d’autres membres du conseil, entraînant avec lui deux conseillers, un élu qui met fin à son mandat, qu’il juge au final incompatible avec sa vie personnelle ou professionnelle, un maire qui n'a plus l'assentiment de son conseil, une adjointe qui n'avait pas mesuré l'ampleur de l'investissement, des amis réunis sur une liste élue qui se sont rendus compte qu'amitié et gestion de la vie municipale n'allaient pas forcément de paire, etc... Cela étant une chose avérée : si cette liste s'est allongée depuis les dernières élections, c'est que dans bon nombre de petites communes, une nouvelle génération d'élus est arrivée en 2014, les précédents à la charge depuis de nombreuses années vieillissants.
Une enquête du Monde parue le 18 septembre 2015 avance aussi que « si le diagnostic de déprime dans les mairies est largement partagé, les causes profondes d’un tel vague à l’âme s’étalent, du sentiment d’abandon de l’État à un désinvestissement plus personnel ». Et plus la commune est petite, plus l'élu est sollicité ! À cela s’ajoutent « des budgets maigres, des dotations de l’État qui baissent, des projets qui ne peuvent pas être mis en œuvre ». Au bout du compte : beaucoup de désillusion et un écart considérable entre les attentes et la réalité qui poussent certains à jeter l’éponge.

Un « égoïsme grandissant »

Dans cette même enquête, on peut lire les propos de Pierre Brajou, le président de l’association nationale des directeurs d’associations de maires. Selon lui, « la complexité parfois inattendue des tâches municipales n’explique pas à elle seule les départs anticipés des mairies. Le malaise viendrait aussi du fait que les élus n’ont plus forcément en eux l’idée d’intérêt général ». En zone rurale, « 50 % du mandat consiste à s’investir pour le bien de ses concitoyens », poursuit M. Brajou. Les personnes « ne sont pas prêtes à gérer le problème du chien qui aboie chez la voisine ou du barbecue qui fume trop ». Et de pointer un « égoïsme grandissant » : « On ne s’investit plus aujourd’hui comme il y a 10 ans, ou même 6 ans. À la retraite, certains hésitent maintenant entre le club d’échecs et le conseil municipal. Ils veulent être élus parce que ça les flatte. Ils se disent : « je pourrais porter une écharpe et mener de grands projets ». Mais être élu, c’est surtout s’occuper des affaires courantes, qui ne sont pas si marrantes, comme la gestion du personnel ou les travaux de voirie. Des personnes deviennent aujourd’hui élus par hasard », soupire M. Brajou regrettant presque « le temps où il y avait des générations de maires ».

La Réforme Territoriale avec la fusion des petites communes en communes nouvelles ou encore le regroupement des inter-communalités, dès lors qu'elle permettrait de réduire le nombre d'élus mais aussi de mutualiser les moyens et d'optimiser les budgets, pourra-t-elle permettre d'endiguer le phénomène et être un remède ou ne ce ne sera-t-il qu'un pansement ?

Le Sous-Préfet de Saumur tord le cou

Si le Sous-Préfet de Saumur ne nie pas le malaise dans nombre de petites communes, il entend néanmoins tordre le cou à certaines affirmations : « Depuis mon arrivée en Saumurois, j'ai rencontré pas mal d'élus de petites communes et je ressens aussi beaucoup de dynamisme et une très forte implication, notamment dans le processus de création de communes nouvelles. Et en ces périodes financièrement délicates pour les communes et dont l'avenir peut sembler incertain au regard de la réforme territoriale, je les sens également particulièrement soucieux des finances publiques, des citoyens mais aussi de l'intérêt général et d'un développement harmonisé et cohérent ».

Au cas par cas en Saumurois : les raisons de la colère

Cizay-la-Madeleine : Des élus désabusés

En novembre 2014, 10 conseillers municipaux et les 2 adjointes (sur 15 élus) démissionnaient de leurs postes, trouvant les prises de position du Maire « trop autoritaires et directives ». Le Maire, pour autant, s'accrochait à son fauteuil. En janvier 2015, les élections complémentaires voyaient la moitié des sortants démissionnaires réélus. Nouveau coup de théâtre en février lorsque le Maire démissionnait, « lassé du climat haineux et de la mauvaise foi régnante ». Le dimanche 22 mars 2015, les citoyens retournaient aux urnes et la commune retrouvait son Conseil Municipal au complet (15 élus). Quelques jours plus tard, Laurence Delaunay, une des élues frondeuses et réélue était élue Maire. Aujourd'hui, le calme politique est revenu dans la commune...

Le Coudray-Macouard : Clochemerle à débordements

Depuis 2014, c'est un vrai Clochemerle mêlant rancœur, désapprobation, mégalomanie et même intrigue sur fond de drame politico-judiciaire ! Rien que cela dans un village de charme d'à peine 1 000 âmes ! Rappelons-nous : Après une élection municipale à couteaux tirés, au lendemain du premier conseil en avril 2014, le candidat d'opposition démissionnait suivi d'une élue, exprimant son manque de confiance en la nouvelle équipe. 13 élus étaient encore en poste, dont 8 de la majorité. Mais en février 2015, majorité est devenue opposition, en désaccord avec son maire quant à une approche de projet global sur la commune et non de décision au coup par coup. Le Maire, désormais minoritaire, s'accrochait. Au cours des mois suivants, les démissions se sont succédées en cascade pour ne laisser que 4 élus à la fin mai 2015 ! Le Maire s'accrochait toujours... En juin : élections complémentaires partielles, le Maire ayant réussi à fédérer 11 candidats qui furent élus. Après ces nombreux épisodes d'interprétation libre de la démocratie communale, des démissions successives puis en bloc, on pensait le calme retrouvé... Que nenni : le 3 juillet, des agressions physiques se sont produites dans la Mairie de la commune entre le Maire et une de ses employées, puis avec son époux. Un nouvel acte de la saga qu'on appellera cette fois ci « Omerta ». Alors que le Maire avait disparu de la vie publique, les habitants manifestaient demandant sa démission et 8 élus démissionnaient. Enfin, le 10 août, le Maire présentait sa démission au Préfet. Le dimanche 15 novembre, suite à des élections partielles, le conseil retrouvait ses 15 élus et le 20 novembre, Françoise Auvinet, ancienne première adjointe, adjointe démissionnaire puis réélue en février 2015, était élue Maire. Aujourd'hui le calme semble revenu sur la commune...

Vivy : Manque d'éthique républicaine

En octobre 2015, 3 conseillers municipaux de Vivy ont préféré démissionner que de continuer à jouer leur rôle d'opposant au sein de la municipalité. Leurs arguments : ne pas vouloir « cautionner davantage un fonctionnement à la tête de ce Conseil Municipal, qui ne respecte ni les individus, ni les règles Républicaines d’une collectivité ».

Villebernier : Incompréhension et absence de dialogue

En mars 2014, la première adjointe de la commune présentait une liste inédite, avec 11 bleus en matière de politique locale. Après l'élection, elle fut élue Maire (aucun des 14 autres élus n'étant volontaires pour assumer cette charge). Peu à peu, les tensions ont commencé à se faire sentir au sein de l'équipe, certains estimant que les choses n'allaient pas assez vite, accusant la première édile de mettre des freins administratifs. Madame le Maire, quant à elle, déplorait que certains veuillent gérer la commune comme une entreprise privée. Si Madame le Maire est encline à démissionner, le Sous-Préfet ne le voit pas de cet œil. Aujourd'hui, la situation est en stand-by, en attente du prochain Conseil Municipal, ce mardi 19 janvier 2016.

(1) Notre dernier article du 26/06/2015, en cliquant ici.
(2) Notre dernier article du 16/11/2015, en cliquant ici.
(3) Notre article du 22/10/2015, en cliquant ici.


Article du 13 janvier 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


5 commentaires :


Commentaire de Jardinier 13/01/2016 18:31:28

je suis élu d'une petite commune du Saumurois qui n'a pas heureusement ce genre de soucis. Mais tout de même un problème de taille se présente pour l'avenir de notre commune car lors des dernières élections nous avons beaucoup rajeunie la liste et il s'avère que les jeunes conseillers sont pleins de bonnes volontés mais pour la plupart leurs activités professionnelles ne leurs permettent pas de pouvoir assurer de manière correcte un mandat de conseiller.C'est dommage pour l'avenir de nos petites communes regroupées ou pas.



Commentaire de J. JRODEON 13/01/2016 23:44:43

Le gouvernement, avant de s'attaquer aux petites communes devrait diminuer les nombres de députés et sénateurs. Le peuple n'en peu plus des les engraisser.....



Commentaire de Élu(e) à villebernier 14/01/2016 20:43:07

Intéressant cet article basé uniquement sur le témoignage de Mme le Maire. Il est dommage que le conseil municipal n ait pas pu donner sa vision de la situaion à la presse. Les raisons de ce malaise municipal auraient été bien différentes.



Commentaire de Lolo de Pocé 15/01/2016 09:30:23

Les communes sont les derniers remparts de notre démocratie notamment les petites communes où contrairement au gouvernement aux différentes assemblées, ce ne sont pas des hauts fonctionnaires qui prennent les décisions mais des élus locaux qui vivent dans la commune. Défendons ns petites communes et luttons contre ces énarques qui conseillent nos grands élus.



Commentaire de mamie decue 15/01/2016 11:24:55

pourquoi avoir change les listes meme si elles n etaient pas completes elle avaient le privilege de voir plus large et la parite ffffffff


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