Zones inondables : Saint-Martin et Villebernier de nouveau constructibles. Les Rosiers en attente...

Le 19 janvier 2015, le Préfet envoyait une lettre aux maires des communes situées dans les zones potentiellement inondables (PPRI), comme Saint-Martin, Villebernier ou Les Rosiers, pour leur interdire de délivrer tout permis de construire dans une bande de terrain située à environ 500 mètres des levées, qui protègent des crues (relire). Une interdiction qui avait particulièrement inquiété Isabelle Devaux, le maire de Saint-Martin-de-la-Place... Mais environ un an plus tard, Saint-Martin et Villebernier sont de nouveau constructibles grâce à la réduction de la Zone de Dissipation d'Énergie (ZDE) et leur configuration en « double levée ». Le Préfet, lui-même, leur a donné l'autorisation en juillet dernier. Pour Les Rosiers, c'est en discussion... Le point sur la situation avec Isabelle Devaux...

Le bourg de Chênehutte, face à Saint-Martin-de-la-Place.


Le Kiosque : Il y a un an, vous étiez particulièrement inquiète par la lettre du Préfet... Aujourd'hui, quelle est la situation à Saint-Martin et les autres communes situées en zone PPRI ?

Isabelle Devaux : « Et il y avait de quoi être inquiète… Depuis, nombreuses réunions ont eu lieu avec la DDT 49 (ndlr : Direction Départementale des Territoires) en concertation étroite avec l’Association de défense des communes et groupements des communes du bassin Loire-Authion. Aujourd’hui, pour Saint-Martin-de-la-Place, nous avons fait valoir notre « double levée » et les services de l’État ont acceptés de réduire la fameuse ZDE (1) (ndlr : Zone de Dissipation d'Énergie) à la levée seulement. C’est également le cas pour les autres communes bénéficiant de cette configuration, comme Villebernier, La Daguenière, et peut-être bientôt Les Rosiers-sur-Loire (ndlr : uniquement pour le département de Maine-et-Loire). Donc aujourd’hui, la totalité des terrains se situant dans cet axe sont redevenus constructibles. En ce qui concerne le reste de la ZDE, il n’y a pas de terrain concerné... ».

Le Kiosque : Est-ce que tous les permis de construire, qui étaient en cours à l'époque, ont été ajournés ?

Isabelle Devaux : « Oui, la totalité des permis de construire en cours (ndlr : à l'époque) ont été ajournés et certaines personnes ont de fait, renoncé à leur projet de construction sur notre commune. Heureusement, certains ont été patients et bien leur en a pris car, aujourd’hui, ils peuvent construire... ».

Le Kiosque : Vous disiez en février 2015 que vous alliez adresser des courriers à la population pour les prévenir que leur permis était ajourné... Comment ont-ils réagi ?

Isabelle Devaux : « La réaction a été immédiate, ce qui est parfaitement compréhensible quand on annonce à quelqu’un que son terrain acheté 35 euros/m² en vaut 0,35 euros /m²… Heureusement tout cela est maintenant rétabli ».


Le Kiosque : Aujourd'hui, qu'en est-il du projet de réaménagement du presbytère en 4 logements à destination des personnes âgées (2) ?

Isabelle Devaux : « Ce projet est toujours en négociation... ».



Le Kiosque : « Si nous ne pouvons plus construire davantage, nous allons à la mort du village ! », disiez-vous au Kiosque, il y a bientôt 1 an. Malgré la réduction de la ZDE, êtes-vous toujours de cet avis ?

Isabelle Devaux : « Bien évidemment ! À Saint-Martin-de-la-Place, il y a encore quelques parcelles constructibles et nous savons pertinemment qu’à l’issue de la révision du PPRI, aucune surface supplémentaire ne sera accordée. « Aucune augmentation de population dans la vallée ne doit être autorisé », tel est le message de l’État. C’est pourquoi sur le long terme, je m’inquiète de ne pas accroître le parc locatif qui procure, entre autres, la pérennité de l’école, des commerçants… Mais cela ne m’empêche pas de rester confiante en l’avenir, car l’être humain a toujours su s’adapter ».

(1) Une Zone de Dissipation d'Énergie (ZDE) est une zone où toute construction nouvelle est interdite. Il s'agit d'une zone de danger représentant l'aléa de rupture de l'ouvrage : entrée d'eau massive et brutale, vitesses très importantes, érosion des terrains (fosse de dissipation d'énergie), risque de destruction du bâti. La Zone de Dissipation d'Énergie est déterminée à partir des études de dangers et elle s'établit depuis l'aplomb des digues, sur une largeur de 100 m par mètre de hauteur de digue pouvant être mise en charge.

(2) Isabelle Devaux, le 9 février 2015 : « Dans le plan communal, nous avions pour projet de réoccuper le presbytère, inoccupé depuis 2003. Nous voulions le réhabiliter en 4 logements pour des personnes âgées qui habitent plutôt en campagne et qui voulaient améliorer leur quotidien et rompre avec la solitude. Mais, maintenant, nous sommes incapables d'améliorer le quotidien de nos administrés »


Article du 03 février 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


5 commentaires :


Commentaire de Pépette 03/02/2016 17:39:12

Pour les maires de la région saumuroise "La vie n'est pas un long fleuve tranquille!". Bravo pour cet article qui traite un sujet qui me passionne énormément.



Commentaire de zoubi 03/02/2016 19:12:54

et pour st Lambert, ou sont les zones d'extension, st martin de la place et villebernier, de chaque coté ??



Commentaire de sablons 49 04/02/2016 08:14:23

Foutaise préfectoral que ce nouveau PPRI, la Loire qui déborderait de son lit et ne serait dangereuse (par sa hauteur) que sur les premiers 500m après la levée ??? C'est vraiment prendre les ligérien pour des "jambons"... Des études réalisées il y a déjà bien longtemps prouvent que le niveau d'eau serait de 0.80m jusqu'à Beaufort, Mazé... Il s'agit avant tout pour les "technocrates" et leurs chefs, préfet en tête, d'ouvrir un parapluie assez grand pour ne pas être mis en cause au cas ou !



Commentaire de boutikete 04/02/2016 16:24:31

nos zélus d'en haut ouvrent les parapluies avant que la meteo n'annonce l'averse. l'irresponsabilté des responsables est flagrante sur le sujet des crues. la loire n'est pas la mer,elle laisse du temps pour prendre le (large) en cas de necessité.



Commentaire de Anubis11 08/02/2016 15:52:00

Pour compléter la remarque de Sablons 49, qui mentionne des études réalisées il y a longtemps, j\'ajouterai que les mêmes études réalisées aujourd\'hui serait sans doute plus alarmistes. En effet, on a bétonné, goudronné, construit depuis. Les berges, les terres des zones tampons, on a canalisé des affluents de la Loire, rasé des haies, comblé des fossés d\'infiltration, etc, etc. Et avec le changement climatique, on peut s\'attendre à des épisodes comme cet été dans le Sud. Que faire si la Loire nous envahit d\'un mètre voire plus ? glouglouglouglou ..... Pendant ce temps-là, des petits malins ont acheté, vendu, racheté, revendu des terrain dont le prix au m² a été multiplié par 10... spéculation.....Eux, ils sont tranquilles, ils ont les moyens de se payer une maison de maître savamment construite par nos ancêtres hors zone inondables... ils sont malins vous dis-je.... on verra comment ils vont s\'en sortir à la prochaine crue du siècle...



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