Centre de déradicalisation à Beaumont-en-Véron : Machine arrière ?

L'État, par la voix du Préfet N'Gahane, a annoncé la semaine dernière que par décision du Premier Ministre, le site de Pontourny, situé à Beaumont-en-Véron, près de Chinon, devrait être le premier centre de « déradicalisation » à ouvrir ses portes en juin prochain en France. Si le principe a été acté par voies d'arrêtés préfectoraux, du côté des élus locaux, il y a fronde, d'autant qu’ils travaillaient sur une destination différente pour ce centre qui devait fermer à la fin de l'année scolaire. Le préfet a assoupli la position de l'État.


La semaine dernière, le préfet N'Gahane, délégué secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance annonçait sur i-Télé, l'ouverture du premier centre de déradicalisation en France en juin prochain, sur la commune de Beaumont-en-Véron, sur le site de Pontourny, en lieu et place l'actuel centre de l'AP-HP, géré par la Ville de Paris et promis à la fermeture à la fin de l'année scolaire. Cette ouverture lançait le début de la mise en pratique du dispositif annoncé dès avril 2015 par Manuel Valls, ce dernier souhaitant l'ouverture d'une dizaine de structures comparables en France d'ici à 2017. Une annonce sitôt reprise (relire notre article du 10 mars).

Vent de fronde des élus locaux

Une annonce qui a eu un effet boomerang, les élus locaux se sentant mis devant le fait accompli, alors même qu'ils étaient encore en train de travailler à l'avenir du site et de sa quarantaine de personnels. Qui plus est une communication de la part du préfet à propos d'un « centre de déradicalisation » alors qu'au cours des réunions de travail, il était question d'un « centre de prévention de la radicalisation ». Vendredi dernier, en urgence, le préfet d'Indre et Loire, Louis Le Franc, invitait les élus à une réunion exceptionnelle de concertation, en présence du Préfet N'Gahane. A l'issue de cette réunion, la préfecture indiquait qu'il était question d'accueillir une trentaine de jeunes de 18 à 30 ans, un public « qui ne se serait jamais rendu en zones de conflits » mais « dont le comportement laisserait craindre un départ pour le djihad ». Et de rajouter : « Le projet ne se fera pas sans l’accord des élus locaux. Nous devons continuer le travail et ce sont eux qui donneront le feu vert ». Pas question donc d'un « centre de retour » depuis les pays du Proche-Orient mais d'un établissement visant à réinsérer en dix mois ces jeunes via un soutien psychologique et médico-social.

Un centre de prévention de la radicalisation

Pour le maire de Chinon et Président de la Com Com Chinon Vienne et Loire, Jean-Luc Dupont, un soulagement : « Nous avons réussi à obtenir qu'il n'y ait pas de passage en force de la part de l'État sur ce dossier et que sans aval du territoire, pas de mise en œuvre. C'est une 1ère étape qui constitue un préalable important, afin que nous puissions réfléchir avec les organisations professionnelles et représentants des syndicats. Il va y avoir un gros travail d'acceptabilité : le 13 novembre n'est pas si loin et parler de déradicalisation, c'est particulièrement maladroit. Cette communication a particulièrement fragilisé la capacité à voir aboutir ce projet ». Et de rappeler : « Dans l'esprit, il y a trois types de centres : ceux qui vont accueillir des jeunes qui reviennent des Pays du Proche Orient et ont été au combat. Là il s'agit de traiter des criminels. Puis il y a les centres qui vont accueillir des jeunes en instance de départ. Enfin, il y a ceux qui vont accueillir des jeunes, issus de tous milieux dont les parents ont composé le numéro vert et fait part de leurs inquiétudes de voir leurs enfants tomber aux mains des rabatteurs. C'est sur ce troisième type de centre que nous travaillons depuis 2 mois. Bref, accueillir des jeunes en manque de repères et leur éviter de tomber dans le piège de cette radicalisation. Et je pense que c'est primordial d'agir en direction de cette frange de population, bien en amont. Le centre sera dans une phase préventive et non curative, envers des jeunes qui n'ont pas encore basculé ».

Des résidents volontaires

Même discours pour le maire de Beaumont-en-Véron, Bernard Chateau, qui rajoute : « N'oublions pas que la présence des jeunes reposera sur la base du volontariat. Ils s'engageront en signant un règlement intérieur. S'ils ne le respectent pas, ils seront renvoyés ». Et concernant les craintes de voir ce centre à côté de la Centrale nucléaire de Chinon, le Maire de la dire sans ambages : « On n'est jamais sûr de rien mais je n'ai nulle inquiétude, peut-être même au contraire, cette situation peut-être rassurante. De fait, l'État n'a pas le droit de se tromper et je suis sûr qu'il mettra les moyens qu'il faut pour que ce centre soit exemplaire ».

Sans volonté d'accompagnement des personnels, pas de centre

Si tout semble s'orienter vers une ouverture probable, une condition cela étant incontournable : « La priorité première serait l'association des personnels du site actuel, tant en matière de réflexion que de formation », ne manque pas de déclarer le Président Dupont. « C'est ce que nous avons imposé aux représentants de l'État. Et cela passe par une présentation dès ces prochains jours par les services de l'État du projet aux personnels qui devront se prononcer pour une volonté ou non d'accompagnement. S'ils ne le souhaitent pas, de facto le projet tombera à l'eau et le dossier sera clos ». Mais de se montrer confiant : « Je suis plutôt optimiste. De fait, ce ne sont pas des personnels hors-cadre. Le travail qu'ils mènent aujourd'hui auprès de mineurs étrangers venus pour beaucoup de pays en guerre qui ont vu des atrocités n'est pas des plus aisés. Cela étant, ils auront besoin de formations complémentaires adaptés, et là aussi il faudra que l'État s'y engage auprès d'eux ».


Article du 15 mars 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


9 commentaires :


Commentaire de jeanpierre Charollais 15/03/2016 18:36:49

Beaucoup de bruit pour rien, encore une fois. Le centre va ouvrir, peut être un peu plus tard que prévu, pour le public annoncé initialement mais surtout après une montée au créneau de petits califes locaux qui veulent qu'on parle d'eux. C'est quand même plus aisé de se confronter à l'Etat qu'à un régiment de commerçants sédentaires qui remettent en question les orientations municipales



Commentaire de Fleur 15/03/2016 20:57:29

Tous ces BONS zélus ont dû recevoir de bonne enveloppes sous la table pour en arriver là. Ils veulent nous faire un Calais BIS. ça se payera au prochaine élection. Comme le dit JP Charollais vous allez voir les commerces dans le bled. Bonne chance à vous. Moi en tous cas je m\'y arrête plus ça c\'est clair. On commence à amadouer les gens avec de bonnes paroles \"exemplaires\" et après les dérives arrivent.



Commentaire de seb 16/03/2016 08:22:10

Au moins il y a des décisions de prises pour s'occuper de ces jeunes en manque de reperes.



Commentaire de la jacquerie37 16/03/2016 08:41:09

jeunes en manque de repéres!!!!!3mois dans un centre de la legion etrangére et ça va les guerir tout de suite.



Commentaire de André 16/03/2016 11:18:52

Dans la légion on obéit aux ordres et on ferme sa gueule. Si c'est un bon modèle généralisons le ça fera taire toutes les Jacqueries. Ah bon ça dépend de qui commande? Ben alors ça craint !!!



Commentaire de au boulot 16/03/2016 15:41:04

a quand un permis pour avoir des enfants.faire des gosses pour les allocs et les laisser livrés a eux méme ,voila le resultat.



Commentaire de grizli 16/03/2016 17:32:34

Fait pas bon vivre à Véron à ce que je lis........ Fait chaud dans le secteur : la centrale certainement??



Commentaire de seb 16/03/2016 21:13:40

La legion il y a une selection à l'entrée .



Commentaire de Tonton P'niouf 17/03/2016 10:59:28

C'est un exemple d'application de la PNL (Programmation Neuro Ligérienne). Là, l'origine n'est pas américaine, mais bien Française. Et le cafouillis nous vient bien de notre capitale pensante, bien pensante, 7eme arrondissement, Hôtel Matignon. Je ne connais pas le nom de l'occupant. C'est qui?



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