« Inégalités sociales, inégalités scolaires » : du poil à gratter pour l'Éducation nationale

Ce mardi 22 mars, le Bassin du Saumurois organisait une passionnante conférence sur le thème « Inégalités sociales, inégalités scolaires » dans l'amphithéâtre du lycée Duplessis Mornay à laquelle deux des représentants de la FCPE du Saumurois ont assisté. Leurs compte-rendu.


Après une introduction de la conférence par Madame Thomas, proviseure adjointe du Lycée SADI Carnot, pilote du bassin saumurois, c'est le directeur du CIO, Régis Bitaudeau qui a exposé un certain nombre de constats alarmants sur notre bassin en quelques chiffres , revenus moyens de 16309 euros (17632 M&L), PCS défavorisés de 52,5% ( 44 en M&L).
La mixité sociale y est inexistante ; les carrières scolaires sont fortement déterminées par le genre (presque deux tiers de filles au lycée général... mais seulement un tiers en lycée professionnel) ; un taux de chômage de 11% (9% en M&L) sensiblement supérieur à la moyenne nationale ; une part de jeunes sans diplômes très importante... Bref, un tableau montrant largement l'urgence d'apporter des remèdes efficaces à la politique éducative sur notre territoire.

Des éléments de réponse

Après cet aperçu de la situation locale, François Dubet, éminent sociologue de l'éducation, a apporté des éléments de réponse à cette question dérangeante : pourquoi, selon les comparaisons internationales, l'école française accentue-t-elle les inégalités sociales ? M. Dubet avance une pluralité d'explications : un apprentissage de la lecture trop précoce ; une « tradition élitiste quasi pathologique » qui se désintéresse des élèves en situation d'échec ; des parcours scolaires multipliant les étapes sélectives ; des établissements, des options et des filières distinctives favorisant les stratégies inégalitaires ; une formation des maîtres inadaptée ;etc. Surtout, un élément a retenu toute l'attention des parents FCPE présents dans la salle : la France donne beaucoup plus de moyens à l'enseignement secondaire qu'à l'enseignement primaire, ce qui représente une « véritable tragédie » car « l'essentiel des inégalités se fixe très jeune » : pour améliorer la situation, la baisse des effectifs à l'école primaire devrait donc être une priorité.

Aller plus loin

Stéphanie Dagon, présidente FCPE du Saumurois s'est réjouit de cette affirmation. "Espérons que cette évidence aura également éveillé l'intérêt du Directeur Académique des Services de l'Éducation Nationale (DASEN), M. Dechambre, qui avait souhaité, lors de notre dernière rencontre, disqualifier la colère des parents d'élèves, alors qu'ils se plaignaient de la pénurie d'enseignants. Prise en tenaille entre l'indignation des familles, des résultats calamiteux sur notre territoire et des constats sociologiques implacables, l'Éducation nationale osera-t-elle longtemps encore prétendre que, si l'on manque des professeurs dont nos enfants ont besoin, c'est de la faute aux cigognes ?" commentait Geoffrey Beggon suite aux différentes actions menées par la FCPE pour que l'effectif d'enseignants et de remplaçants dans le primaire soit plus important. "En effet, l'an prochain il s'agit d'ajouter 9 enseignants remplaçants, mais il est clair que c'est insuffisant", rajoute Stéphanie Dagon.


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Article du 23 mars 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


7 commentaires :


Commentaire de alinéa 23/03/2016 17:28:57

Niveau scolaire à zéro, tous au chômage et avec le revenu universel de base et nous serons tous à égalité parfaite.



Commentaire de JLR 23/03/2016 21:48:08

On oublie une chose importante dans ce débat, avant l'enseignement, il y a les parents. Il y a un fort désinvestissement des parents dans l'éducation de leurs enfants. On peut pratiquement savoir à l'arrivée en maternelle le niveau d'étude que l'enfant atteindra . On donne à la maternité comment bien nourrir son enfant mais pas comment l'éduquer pour qu'il ai le plus de chance dans la vie. Bien souvent il n'y a pas d'ouverture au monde, on laisse le soin à l'éducation national de faire cela alors que tout est à faire. Dans la famille on ne parle plus au enfant, on préfère les mettre devant des écrans et cela depuis la toute petite enfance, pas de lecture d'histoire (ou plus exactement à peu près un quart d'une classe dans les meilleurs cas) et ceci quelque soit le niveau social. Et dans le cas d'un enfant qui apprend facilement s'il vient d'un milieu plus ou moins défavorisé au bout d'un moment (élémentaire ou collège) il décroche. C'est le constat que nous faisons dans l'enseignement depuis une vingtaine d'année, mais les inspections n'en parlent pas, il ne faut pas fâcher les parents, c'est une véritable hypocrisie et un gâchis, l’impression que cela donne c'est que l'on a besoin de futur citoyen qui ne réfléchissent pas trop et que c'est plus facile à diriger. .



Commentaire de Geoffrey Begon 24/03/2016 09:16:05

Une question me tarabuste : sachant qu'ils seront en première ligne (ou pas loin) pour en payer les conséquences économiques et sociales, comment se fait-il que les élus locaux, dans notre bassin sinistré par l'échec scolaire, n'exercent pas de sérieuses pressions sur l'éducation nationale pour que celle-ci mette des moyens en adéquation avec les besoins ? D'autant que ces besoins sont identifiés depuis belle lurette...



Commentaire de ADB 24/03/2016 11:25:34

La meilleure contradiction à cet article est celui un peu plus loin consacré à Sylvain Hupont !..............



Commentaire de Sociologue 24/03/2016 13:47:54

La sociologie est à la société ce le photographe est au paysage...il constate sous un angle qui est le sien! éminent ou non... toutes les études et bilans sociologiques mènent à des (tristes) constats où les explications sont nombreuses (parfois nébuleuses ou à caractère spécieux) sans jamais depuis 20 ans avoir proposer de manière tangible des préconisations réalistes et réalisables! En fait, de véritables sculpteurs de fumée qui se dissipe au premier courant d'air.



Commentaire de FCPE 25/03/2016 08:27:54

A JLR, Les parents sont effectivement responsables de l'éducation de leurs enfants. Et oui, le désinvestissement est visible chez beaucoup de parents... Mais peut être aussi, qu'ils n'ont jamais eu cet investissement pour eux même... Nous en sommes à la troisième génération de chômeurs à Saumur... Quels exemples ont ces enfants? Et pour l'enseignant que vous êtes, comment pouvez vous affirmer que c'est la même chose pour les milieux favorisés ou non? Vous ne pouvez que le savoir, dans les milieux plus favorisés, il est clair que l'environnement familial évite ces décrochages. Vue de notre fenêtre, dans les établissements où nous parents sommes, il est clair que les plus en difficulté et souvent perturbateurs sont les enfants qui ne bénéficient pas d'un environnement familial favorisé ou s'ils le sont qu'ils n'ont pas toujours les clés... Alors que proposez-vous? On continue à laisser ces enfants sur le bord du chemin? Ou on permet à l'éducation nationale (EDUCATION), de mettre tous nos enfants à un même niveau? Autres solutions: on demande des moyens supplémentaires pour développer les PRE, programme de réussite éducative financé par l'état et les communes? On demande le financement d'école des parents? On demande des fonds supplémentaires pour que les CMP puisse accueillir plus d'enfants et de parents (9 mois d'attente actuellement)...Ou on enlève les enfants dès la naissance aux mauvais parents???? ou encore on forme à la parentalité au lycée??? Que choisissez vous? Déjà probablement que si la communication relationnelle était enseigné dès le primaire, nous verrions beaucoup d'évolution dans nos comportements à tous... A Sociologue Si vous aviez assisté à cette conférence passionnante et si vous connaissiez monsieur DUBET, vous ne vous permettriez pas ce commentaire sans fondement. Car justement, non seulement il s'est permis de faire le tour de beaucoup de vérités sur l'éducation nationale mais également les parents... mais également de faire de vraies propositions... Professionnaliser la formation de professeur, réformer en instaurant un socle de compétences plus bas pour permettre à tous les élèves de suivre et de donner plus aux élèves les moins en difficulté. Aujourd'hui ce qui est proposé est d'en rajouter plus à des élèves en difficulté qui déjà n'en peuvent plus...et qui ne suivent pas en cours. Une autre de ses propositions, est de rajouter des moyens pour le primaire, classe moins chargée, adulte mieux formée et en nombre suffisant. Voilà quelques unes des idées concrètes du sculpteur de fumée....



Commentaire de JLR 27/03/2016 15:01:18

Pour FCPE Quand je dis que les enfants quelque soit le niveau social manque d'éducation, c'est une constatation nous n'avons plus d'élèves ''porteur'', dès la petite enfance il cherchent à tricher. Les mesures de l'éducation nationale pour éviter ce constat d'échec: empêcher les redoublements, qui permettait malgré tout à remettre le pied à l'étrier à nombre d'enfants. Supprimé le soutient aux élèves en difficultés, pour le donner à l'ensemble de la classe (là je ne vois pas l'intérêt). Des psychologues scolaires débordés qui ne vous parlent que de ''cas beaucoup plus grave'' pour éviter de prendre en charge un élève. Et une formation des professeurs des écoles dont on ne parle jamais de la maternelle et très peu de pédagogie et de méthodologie. Il faut dire que les formateurs sont aussi éloignés des réalités du terrain. Ils devraient reprendre une classe à part entière de temps en temps. Et j'ai oublié dans ce tableau apocalyptique les TAP qui fatiguent les enfants et n'améliorent en rien la situation et sont complètement inégalitaires. Nous redoutons de voir ce que deviendra cette société où l'on fait croire que les enfants ont un bagage solide alors qu'il est souvent rempli de courant d'air....



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