Contre le mildiou de la vigne : des tisanes et décoctions pour moins de cuivre

Le mildiou, un fléau bien connu des viticulteurs ! Pour le combattre, les producteurs bio ont recours à des solutions à base de cuivre, mais pas seulement. À Doué-la-Fontaine, la Chambre Régionale d'Agriculture expérimente de nouveaux traitements naturels moins gourmands en cuivre, pour s'adapter à la prochaine réglementation.


En viticulture bio, le cuivre est la seule molécule qui permette de lutter contre le mildiou, l'une des principales maladies de la vigne. On le trouve dans la bouillie bordelaise, un traitement fongicide largement répandu chez les 200 vignerons bios des Pays de la Loire. Son usage est toléré par la réglementation européenne jusqu'à 6 kg par hectare et par an, pour limiter son impact sur la micro-faune et l'écosystème. Mais ce seuil va bientôt évoluer.

Tisanes et décoctions

"À l'horizon 2017 ou 2018, l'usage de cuivre devrait être réduit à 4 kg par hectare et par an", indique Anne Duval-Chaboussou, chargée de mission en viticulture bio à l'antenne de la Chambre régionale d'agriculture à Doué-la-Fontaine. "Pour aider les vignerons à passer ce cap, nous avons lancé un projet sur trois ans, "Mildiou Plantes"* (2014-2016), qui consiste à réduire l'usage de cuivre par l'emploi de tisanes et de décoctions."
Depuis 2014, une dizaine de plantes déjà connues des maraîchers bios sont ainsi passées au crible pour tester leur efficacité sur la vigne : la prêle, le saule, l'ortie, le pissenlit… "Deux vignobles de Maine-et-Loire, deux de Loire-Atlantique et la plateforme du lycée agricole de Briacé (44) expérimentent chacun plusieurs protocoles : une zone témoin non traitée, une seconde traitée avec du cuivre et une troisième avec un mélange de cuivre et de plantes. Chaque plante est utilisée à un stade précis de la production selon mes prescriptions et en fonction de la pression de la maladie."

Un gain jusqu'à 20 % supérieur

Arrivés bientôt au terme du projet, les premiers essais sont encourageants : "Selon le terrain et l'exposition, l'usage des plantes permet un gain parfois jusqu'à 20 % supérieur vis-à-vis d'un traitement classique", constate Anne Duval-Chaboussou. "Mais il y a une dose précise à respecter : au-delà de 150 g de plantes sèches à l'hectare, le mélange a un effet contre-productif et favorise le développement du mildiou."
D'autres essais sont déjà programmés pour confirmer les résultats et introduire de nouvelles plantes dans les protocoles. "Le but est de supprimer le cuivre à certains moments de l'année. Atteindre cet objectif serait un vrai progrès. Mais encore faut-il que la réglementation suive car aujourd'hui, seules la prêle et le saule sont autorisées à la vente pour la vigne en bio."

* D'un coût total de 57 806 €, le projet "Mildiou Plantes" est soutenu par France Agri Mer et la Région des Pays de la Loire (40 %), en partenariat avec les chambres d'agriculture du Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique, ainsi que la coordination agrobiologique des Pays de la Loire.

Pour en savoir plus : www.paysdelaloire.chambagri.fr


Article du 14 avril 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


4 commentaires :


Commentaire de CAMILLE 15/04/2016 07:49:42

Oui, la prele est déjà beaucoup utilisée en decoction .La racine de pissenlit soigne des maladies même la cloque du pêcher .L'ortie une plante fabuleuse .Nos anciens n'avaient pas l'armada chimique qui va tuer les agris à petit feu mais ils avaient des recettes qui ont plus que fait leurs preuves.



Commentaire de claude 15/04/2016 09:16:00

Un jour on vas trouver que les tisanes sont cancérigène.



Commentaire de daniel 15/04/2016 09:30:25

Oui claude,si les plantes naturel ont été traités aux pesticides.



Commentaire de C'est évident 15/04/2016 13:46:22

C'est évident, nous avons depuis toujours tout ce qu'il faut dans la nature. Nos ancêtres le savaient bien. Il serait temps de réapprendre l'utilisation de ces plantes pour les cultures en tout genre.



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