Gel : le vignoble dresse le bilan et fait ses mauvais comptes

La dernière semaine d'avril 2016 restera de triste mémoire pour le vignerons. Quelques jours après la « gelée noire » et son pic qui a sévi dans la nuit de mardi à mercredi 27 avril, avec un thermomètre à – 4 °C et des pointes en certains endroits à – 6 °, c'est l'heure du bilan pour l'économie locale. Ce sont quelques centaines de millions d'euros qui manqueront dans l'économie régionale...


Il n'y a pas que le vignoble de la Loire qui a subit le gel, la Bourgogne, la Champagne (surtout l'Aube) en ont aussi été fortement victimes. Dans la région, la situation est éparse d'une exploitation et d'une appellation à une autre. Certains ont tout perdu. D'une manière générale, le froid glacial s'est installé dans les vallées épargnant plus ou moins les parties les plus hautes. Ce qui fut le cas dans le Saumur Champigny. Le couloir des villages de Chaintres, Varrains, Chacé, Saint Cyr en bourg a été atteints à près de 50%. La partie haute du vignoble a été épargnée. Même chose, à Bourgueil et Saint Nicolas, tout ce qui est en dessous de 60 mètres est brulé par le froid et tout ce qui est au-dessus est quasi intact. C'est là, avec Chinon que la situation est la plus difficile avec des exploitations dont les vignes ont gelé de 50 à 85%, pour ne pas dire 100%. Un peu plus loin, en Vouvray, dont une grande partie du vignoble est située sur une terrasse élevée, l'appellation a beaucoup moins souffert que son voisin Montlouis. Sancerre s'en sortirait plutôt bien, ce n'est pas le cas des autres appellations voisines comme Menetou-Salon. En Anjou, la situation est variable. Savennières n'est que très peu touchée alors qu'il n'y aura pas de Quarts-de-Chaume 2016.

Le vent en poupe

Tout allait bien pour les vignerons du Val de Loire. Des Crémants de Loire et des Cabernets d'Anjou dynamiques, des Blancs de plus en plus cotés, des rouges remarqués... La belle image se fortifiait... Dans le même temps, les stocks étaient au plus bas. En 2012, le gel avait anéanti 40% de la récolte, en 2013, elle avait été mauvaise avec 30% de moins par rapport à une année normale. "En cinq ans, cela commence à faire beaucoup. Les plus fragiles auront du mal à s'en remettre" explique Régis Vacher, vigneron à Turquant. Pour Jean-Pierre Lejeune, expert comptable à la Soregor spécialisé dans la viticulture, l'effet ne sera pas immédiat : "Les difficultés économiques ne se feront pas sentir tout de suite. C'est au printemps prochain, au moment de la mise en bouteille, que cela va commencer. Ceux qui ont du stock pourront lisser cet aléa sur trois ou quatre millésimes, mais pour certains qui n'en ont pas, cela va être plus compliqué. Il va falloir étudier les actions auprès des banques. Il va y avoir des problématiques de trésorerie, des remboursements d'emprunts pour des investissements de modernisation, nombreux ces dernières années"

Effet domino

La baisse de chiffre d'affaires générée par la nature est estimée par le syndicat des Vins de Chinon de 150 à 200 millions juste pour son appellation. II n'y a pas de chiffre exact, mais c'est toute la chaine viticole qui va être impactée, des imprimeurs, agences de communication aux vendeurs de bouteilles. Les exploitations vont aussi se recentrer sur leurs besoins immédiats et décaleront les investissements prévus dans la modernisation de leurs exploitations ou l'aménagement d'espaces pour accueillir du public, qui fait travailler les artisans locaux. En prenant en considération cet impact sur l'économie de sa région. François Bonneau, le président de la Région Centre-Val de Loire s'est dit prêt à étudier une participation financière au financement d'un projet dé sécurisation des vignes par aspersion, lancé par le syndicat des Vins de Chinon pour un montant de 5 à 10 millions. Relire ici.

Gare à la flambée des prix

Même si 25% des vignerons sont assurés contre le gel, c'est aussi l'absence de vin sur le marché qui peut avoir des effets négatifs. C'est ainsi l'effet mécanique de l'offre et de la demande, dans un contexte où les stocks sont réduits, le cours des prix du négoce, déjà assez élevé, risque de s'envoler. Face à cette hausse des prix, certains distributeurs pourraient avoir envie de se détourner des vins de Loire pour servir leurs clients avec d'autres vins, plus en rapport avec le prix qu'ils attendent. C'est l'effet pervers qui s'est produit dans l'appellation Muscadet par le passé. Après les gels de 2007 et de 2008, les prix se sont enflammés et la grande distribution s'était tournée vers des produits à marque pour servir le créneau d'entrée de gamme de vins blancs. Ces clients ne sont jamais vraiment revenus au Muscadet...


Article du 08 mai 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


9 commentaires :


Commentaire de Lolo de Pocé 08/05/2016 10:26:25

Pour aider nos vignerons et soutenir notre économie locale, achetons leur vin et allons les visiter. c'est e que je vais faire pour ma part dès mercredi prochain. Alors à Mercredi Régis.



Commentaire de de moi 08/05/2016 13:39:43

pourquoi la hausse des prix quand il y a une grosse récolte vous croyez qu il vont baisser les prix pas grave les vins étranger sont aussi bon et moins chère qu il ne vienne pas se plaindre que l on achète étranger



Commentaire de Lolo, oui, mais pas que de l'eau... 08/05/2016 14:58:03

En accord à 2000% avec Lolo: il suffit juste de passer chez le vigneron de votre choix (c'est pas forcément ce qui manque dans la région), plutôt que d' "aller au Leclerc..."



Commentaire de d'accord avec de moi 08/05/2016 20:08:19

oui de très bon vins étranger et surtout à un prix abordable



Commentaire de Tiens, les commentateurs n'ont pas compris 08/05/2016 20:29:37

Tiens, les commentateurs n'ont pas compris que si la terre ne donne pas de l'argent aux vignerons, ce seront les premiers à gueuler qu'il n'y ait pas de boulot pour leurs gamins dans les vignes mais aussi dans les restaurants, les mécaniciens agricoles, etc... Ce sont là des millions d'euros qui ne seront pas injecté dans l'économie locale... Va donc acheter des vins étrangers et tu gueuleras encore plus dans les rayons de chez GIFI.... Couyons va...



Commentaire de Et oui... 08/05/2016 20:39:41

Et oui, et en plus, c'est une économie qui n'est pas délocalisable. Si les vignerons gagnent de l'argent ici, c'est là qu'ils vont le dépenser, pas au panama...



Commentaire de moi 08/05/2016 22:01:26

réponse a tiens je ne comprends votre votre commentaire !!! déja voire les domaines qu il possède je ne vais surtout pas pleurer et surtout le boulot pour les jeunes il préfère les machines les restaurants eux il vont augmenter les tarifs des vins qui deja très élevé pour les mécano aucun rapport la machine fonctionne rien a faire avant de dire que je suis un couyons je pense que vous ne devez pas faire souvent les courses car le moindre couyons ira dans un super marché acheter du vins pas chez gifi si vous en trouvé dite le moi il doit etre encore moins chère et le COUILLON NE VOUS TU TOI PAS



Commentaire de de moi aussi 10/05/2016 08:02:45

si vous préférez acheter de la piquette (dans certains cas) trois fois plus cher c'est votre problème mais demandez-vous qui est le "couyons". Ne pas pleurer en effet au regard de leur patrimoine possédé...



Commentaire de moi 10/05/2016 17:07:20

réponse de moi a moi pourquoi les gens achète certain vin étrangers !!!! moins chers pas de la piquette loin de la et se sont nos chers vignerons français qui vont leurs apprendre le savoir faire et vende leur vignes au étrangers le couillon c est qui ?? le consomateur et si vous acheté de la piquette pas moi le vin français trop chers il on des stocks mais il vont toujours laisser les memes tarifs et pleurer a grosses larmes et comme dit et oui une économie pas délocalisable il reve je connait sur saumur des vignerons qui sont partis de françe pour apprendre a certain pays comment le savoir faire de notre région vive la françe vive les vignerons le couillon



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