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Grand centre de tri en Nord-Est du département : Des élus de l'Agglo plus que dubitatifs

C'est assez rare pour que cela soit noter dans les annales de Saumur Agglo : même si elle a été validée, une délibération a fait l'objet de 6 votes contre et 20 abstentions sur 63 votants ! Elle portait sur la création du nouveau grand centre de tri des recyclables secs ménagers pour tout le Nord-est du département, intégrant notamment les communes de Saumur Agglo et de la métropole angevine, soit le traitement des 32 300 tonnes de déchets produits dont le Saumurois représente 25%. Un projet de 15 à 16 millions d'euros qui laissent nombre d'élus saumurois dubitatifs à bien des niveaux.

Le Biopole d'Angers aujourd'hui fermé


Le SIVERT de l'Est Anjou, ses collectivités membres, Angers Loire Métropole, le SEDNO et ses collectivités membres en Segréen ont décidé en 2015 du lancement d'études concernant la réalisation d'un centre de tri des recyclables secs ménagers commun à toutes ces collectivités. En clair, les 4 centres de tri qui existent actuellement sur le territoire, gérés par le secteur privé, ne sont ou ne seront bientôt plus aux normes. L'occasion donc pour les collectivités de se positionner sur ce qu'elles veulent faire de leurs déchets secs ménagers. Et un projet est sorti, intéressant trois territoires angevins : celui du SIVERT, (l'est du département), celui d'Angers Loire Métropole et enfin celui du SEDNO (le Segréen). Un comité de pilotage a donc été mis en place, regroupant des représentants des 3 territoires concernés. Pour Saumur Agglo, c'est Jean-Marcel Supiot, vice-président en charge des déchets qui conduit le groupe d'élus saumurois. Ce dernier demandait aux élus saumurois ce 23 juin en Conseil de voter une délibération autorisant la création d'une SPL (Société Publique Locale) et d'un groupement d'achat.

Schéma juridique d'abord

Cette SPL composée du SIVERT, d'Angers Loire Métropole et des communes membres du SEDNO) serait « chargée de faire construire et de faire exploiter le centre de tri », a présenté Jean-Marcel Supiot. Et de conclure : « Avant d'entrer dans la phase opérationnelle et la mise en œuvre de ce schéma juridique passant par la création du groupement de commandes et de la Société Publique Locale, il est demandé à chaque collectivité concernée d'acter le principe de montage juridique. Le décision définitive n'aura lieu qu'avec l'adoption des statuts définitifs des structures qui portent le projet. »

Vent debout de certains élus

Si au dernier conseil d'Agglo, c'est la 1ère vice-présidente, l'élue saumurois Sophie Saramito qui était montée au créneau, indiquant que « cela pose la question du coût social, notamment pour les emplois en insertion à Saumur » (notre article) en ce 23 juin, c'est Jackie Goulet, également vice-Président et 1er adjoint de Saumur qui a embrayé : «Même si l'ADEME souhaite ce genre de regroupements partout en France sur le principe de l'optimisation tant économique qu'environnementale ou encore des conditions de travail, c'est un lobbying très fort des grands groupes privés (NDLR type Véolia, Séché, Suez...). On va se regrouper et faire un investissement de 15 à 16 millions d'euros pour supprimer nos déchets. Si ce n'était que sur le plan financier, autant les envoyer en Chine pour faire des économies ! Plus sérieusement, mon inquiétude s'en va vers l'emploi. » Et celui qui venait tout juste de présenter des délibérations concernant le nécessaire accompagnement pour les structures d'emploi sur le territoire de s'offusquer : « C'est 10 à 15 emplois qui seront perdus sur des personnes à faible formation. J'ai bien entendu que l'objectif est d'améliorer les conditions de travail. Mais faut-il mieux avoir mal aux bras ou à la tête parce qu'on n'a pas de travail ? »

Remplacer le flop du Biopôle

Et Jackie Goulet de continuer : « Par ailleurs, vous nous dites que le site d'implantation n'est pas connu... » S'appuyant sur un article d'Angers Mag, « il serait sur le territoire d'Angers Loire Métropole », faisant référence au Biopôle à St Barthélémy d'Anjou, le flop d'Angers Loire Métropole... « Des propos qui m'ont d'ailleurs été confirmés par des élus et agents d'Angers Loire Métropole ! ». Une implantation qui permettrait d'ancrer 35 ETP sur le territoire angevins (62 ETP sur les 4 centres actuels) ! On ne peut pas aussi facilement prendre la décision de créer une SPL sur le territoire angevin sans que nous puissions être inquiets pour l'emploi des personnes en grande difficulté sur notre territoire. »

D'autres commentateurs

Lionel Fleutry, vice-Président et 1er adjoint de Montreuil-Bellay : « Je m'abstiendrai également. Pas sur le sujets des aspects sociaux, mais sur la volumétrie économique qui à mon sens n'est pas supportable à termes. »
Christophe Cardet, adjoint de Saumur : « Concernant cet investissement très lourd, je me demande si on ne peut pas plutôt améliorer les outils déjà existants sur les territoires. Concernant l'emploi, nous sommes en responsabilité de maintenir l'emploi sur le territoire, donc ne nous trompons pas d'axe. Et concernant la technologie, on fait un saut dans l'inconnu. Il faut aller plus loin au niveau des études, notamment par rapport à de plus petits outils. »
Jacky Loyeau : « C'est l'ensemble des collectivités qui paieront pour Angers car Angers ne trie pas comme nous ! »
Yves Boucher, Maire de la Breille les Pins et qui siège dans le comité de pilotage : « Je vous invite à aller visiter le centre de tri actuel (NDLR celui de Performance Environnement, de Dampierre. En effet, au sein de l'agglo, seul le territoire géré par la SPL Saumur Agglopropreté envoie ses déchets chez Paprec à Seiches sur le Loir. Le canton d'Allonnes est géré par le SMIPE, qui est en contrat avec Performance Environnement) et à regarder les conditions de travail des personnels : c'est totalement indécent ! D'autant que, n'oublions pas qu'il faudra demain ajouter de nouveaux produits au nombre de ces déchets secs à trier, comme par exemple les yaourts. Dès lors, il est impératif de mécaniser. Il faut se donner les moyens de conditions économiques correctes et décentes pour les personnels. »
Marc Bonnin, Maire de Montreuil-Bellay : « Avec ce projet, il y a un effet social indéniablement négatif et je trouve le mode économique peu fiable. Par ailleurs, je ne suis pas sûr que le bilan carbone soit positif. Bref, avant de se prononcer, il faut que nous ayons plus de matière sur ces questions là. »

Pour Guy Bertin, « les déchets font déjà 50 km »

Après avoir entendu toutes ces interventions, Guy Bertin a repris la parole : «Aujourd'hui pour rappel, nos déchets sont traités à Seiches sur le Loir, soit à 50 km de Saumur, par la société privée Paprec. Donc aucun lien avec l'emploi sur notre territoire. Par rapport à la technologie, c'est juste un processus de mécanisation classique, en aucun cas comparable avec le processus expérimental « high tech » comme ce fut le cas au Biopôle d'Angers. »
Concernant le volet du modèle économique, « ce n'est pas un projet datant de la veille. Il est issu d'études poussées au regard de la viabilité du processus. Le but c'est quand même de rationaliser et de payer moins cher le coût de nos déchets. On pourrait bien sûr laisser le privé s'en charger. Mais derrière, on ne maîtrisera plus rien en termes de coûts ou de gestion des déchets. Je vous rappelle que c'est la raison pour laquelle nous avions créer le SIVERT Est-Anjou ! Il vaut quand même mieux que ce soit les élus qui maîtrisent les coûts pour les populations de même que les conditions du contrat avec le prestataire privé qui sera retenu. »
Par rapport à l'emploi, le Président Bertin de le dire : « On ne maîtrise pas totalement aujourd'hui mais ce n'est pas forcément inquiétant. Il va falloir voir à accompagner la formation et les mutations possibles. »
Et de conclure : « En tout état de cause, tout comme Angers Loire Métropole, nous participons aux réflexions, débats et échanges. A nous de faire en sorte que ce centre ne soit pas trop loin du Saumurois et de faire des propositions. Il n'y a pas de solution unique et parfaite. Tous les cas de figure de regroupement ont déjà été étudier pour arriver à quelque chose de cohérent pour répondre aux besoins futurs. Au départ, on avait envisager 2 plus petits centres en lieu et place des 4 existants et non 1 seul grand, mais cela ne s'est pas avéré économiquement viable. »
Et Christophe Cardet d'intervenir : « Je voudrais bien connaître les ratios économiques. »

Le débat monte d'un ton...

Jackie Goulet de remonter au créneau : « Je ne suis pas le perdreau de l'année : J'ai entendu que tu disais que le lieu n'était pas défini. Donc ce que disent Angers Loire Métropole et Angers Mag c'est du pipeau ? Il faut arrêter de laisser partir 1 + 1 petits emplois, personnellement je suis en souffrance. N'oublions quand même pas la perte de 2 000 emplois dans le champignon. M. le Président, vous ne m'avez pas convaincu. Je m'abstiendrai donc aujourd'hui et serai très vigilent par rapport à cette problématique de l'emploi. »
Jean-Marcel Suppiot de le redire : « Dans les études, il n'est pas tenu compte du lieu. »
Guy Bertin, agacé, d'invectiver : « Attention aux raccourcis de principe et dogmatiques : aujourd'hui il y a juste un triangle qui a été défini Angers-Baugé-Saumur. Il y a un appel à projets au niveau des territoires. Moi je préfère m'appuyer sur ceux d'entre nous qui travaillent sur le dossier et qui confirment qu'aujourd'hui le lieu n'est pas défini ! »
Et Sophie Tubiana, vice-présidente et élue saumuroise de le dire en toute sérénité : « Le projet n'aboutira pas avant 2020. Cela laisse le temps de la discussion. Il faut être serein dans cette affaire ! »

Pas utile de reporter la délibération

A l'issue de ces échanges, Jacky Loyeau, a demandé un report de cette délibération. Pour Guy Bertin, « ce n'est pas utile de reporter » puisqu'il s'agit « juste d'une délibération pour valider une étape, à savoir autoriser le fait de continuer le travail et les études en structurant la réflexion », via la mise en place une SPL (Société Publique Locale) à laquelle adhéreront toutes les collectivités parties prenantes. Et de conclure : «Il ne s'agit pas aujourd'hui de voter pour ou contre ce centre de tri. Il y aura automatiquement une autre délibération pour valider ou non. »

Au final, la délibération a été adoptée avec 6 votes contre et 20 abstentions.


Article du 26 juin 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


3 commentaires :


Commentaire de sablons 49 27/06/2016 08:10:09

Bertin le nez dans le guidon et comme d'hab et faut pas se mettre en travers il montre les crocs de bonne heure le toutou "a son Gillet"...



Commentaire de girardeau 27/06/2016 10:08:16

Lancer des etudes Lancer des projets Mais au final c 'est surtout lancer le pognon du contribuable .



Commentaire de TRANSPORTS DE DECHETS PAR COVOITURAGE 27/06/2016 21:36:28

Pour réduire le coût du transport, les déchets feront du covoiturage comme le dit si bien le Conseil Général.


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