Le Kiosque Info
Je m'abonne - Saumur - Doué-la-Fontaine - Thouars - Loudun - Chinon - Bourgueil - Longué
Actualité Agenda Ou sortir ? Ecrivez un article Lettre d'info Envoyer une alerte



Dons-legs, des richesses aux Archives de Saumur & au Château-Musée à découvrir les 17 & 18 septembre

Toutes les communes de France, des plus petites aux plus grandes, ont pu jouir, notamment au début du XXème siècle ou après le Guerre, de legs faits par des familles, pour la plupart nanties, de même que le Clergé ou des œuvres sociales. La plupart du temps, la survenue d’un legs au bénéfice d’une commune est un véritable don du ciel. Mais parfois, cela peut être un cadeau empoisonné au regard des clauses du testament et conditions imposées. Et ces legs peuvent être de deux ordres : immobiliers ou mobiliers. 3ème opus de notre série des legs et dons à la Ville de Saumur, après les legs immobiliers Coutard (relire), Fricotelle et Cristal (relire), ceux mobiliers qui sont préservés soit aux Archives municipales, soit constituent les collections du Musée-Château de Saumur. Des richesses qui seront pour beaucoup à découvrir à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine, les 17 et 18 septembre.



Parallèlement aux legs immobiliers, la Ville reçoit depuis de nombreuses années des dons et autres legs mobiliers. Ceux-ci peuvent être d'ordre pécuniaire ou matériel (tableaux, collections, meubles, bijoux, etc...) Ils peuvent être plus ou moins élevés ou importants (de 5 à 50 000 francs), assortis ou non de contreparties. Ainsi concernant les dons pécuniaires, ils sont très souvent destinés aux œuvres de bienfaisance ou, via le CCAS, aux associations ayant pour vocation de venir en aides aux personnes les plus démunies. Il n'est pas rare que les donateurs, qui n'ont pas de descendance ou ne la connaissent pas, demandent à la collectivité en contrepartie d'entretenir leurs tombes après leur décès.



Les Archives municipales : Des collections photographiques.
..

Concernant les dons aux Archives, les motivations sont tout autre. « La motivation principale des donateurs est la pérennité de la conservation garantie aux Archives municipales, l’accès à tous en salle de lecture et la mise en valeur culturelle, telles la diffusion sur le web, un projet d'exposition, une présentation aux journées européennes du patrimoine, etc... », explique Véronique Flandrin, responsable des Archives municipales de Saumur.
Au titre des plus importants dons faits aux Archives, en 2005, celui de Pierrette Perrusson, grâce à l’intervention d’Alain Citolleux et de Guy-François Le Calvez, soit 290 négatifs sur verre (1862-1946) des prédécesseurs de son mari, Georges Perrusson (photo ci-contre : portrait de la collection).
Autre don de premier plan : le don du collectionneur Saumurois Yves Cornet et de Dominique Chatenay en 2013-2014, soit 2843 vues stéréoscopiques du Douessin Marcel Chatenay, réalisées essentiellement pendant la Grande Guerre. Véronique Flandrin se rappelle : « En 2013, Yves Cornet, grand collectionneur de cartes postales, photographies et autres objets ayant trait à l’histoire, dont celle de Saumur, propose de donner aux Archives municipales une collection de 886 vues stéréoscopiques réalisées par le grand-père de sa femme, Marcel Chatenay, essentiellement pendant la période de la Grande Guerre. Par délibération, le conseil municipal de Saumur accepte ce don. Le collectionneur et l’archiviste se sont rejoints sur la volonté d’une conservation pérenne des clichés et la transmission de ce témoignage exceptionnel sur la Grande Guerre. »
Et de rajouter, satisfaite : « A la suite de l’exposition « Regard d’un Poilu » réalisée exclusivement à partir de cette collection en 2014 et qui fut un franc succès, Dominique Chatenay, petit-fils de Marcel, donna 1 957 vues supplémentaires aux Archives municipales. »





Aux plans d'architectes


Et il y a aussi le fonds Brunel. Après avoir sollicité les Archives municipales, en 2012, pour le dépôt des archives du cabinet d’architecte de son grand-père, Victor-Pierre Brunel (1870-1951), et de son père, Pierre Brunel (1910-1982), Patrick Brunel décide d’en faire don à la Ville de Saumur en 2015. « Représentant environ 9 500 plans et 700 dossiers de projets réalisés ou non réalisés, le fonds Brunel, premier fonds d’architecte entré aux Archives municipales de Saumur, présente un intérêt historique incontestable par l’importance et la qualité de la production réalisée sur une période riche du point de vue de l’évolution urbaine et architecturale à Saumur, » se réjouit Véronique Flandrin. La raison de ce don : « La famille a de gros soucis de préservation dans la maison familiale située rue d'Alsace. Les locaux de stockage sont des anciennes écuries qui sont sujettes à des infiltrations. » En photo ci-contre, le dessin d'un projet non réalisé d'une tour au Chemin Vert.

A l'occasion des Journées du Patrimoine, n'hésitez pas à franchir la porte des Archives Municipales qui seront exceptionnellement ouvertes ce dimanche 18 septembre de 10h à 12 et de 14h à 18h et partez à la découverte des coulisses avec une exposition sur le thème de la citoyenneté et des visites guidées toutes les heures


Le château-Musée : Un écrin


D'autres dons et legs alimentent largement le Musée-Château de Saumur. « Nous recevons quasiment tous les ans des objets de collection et autres œuvres d'art, » explique Jacqueline Mongellaz, conservatrice du site. Les raisons sont diverses : « Soit il n'y a pas d'héritiers, soit ceux-ci ne sont pas intéressés, soit ils sont trop nombreux ou alors, le donateur préfère offrir à la collectivité sa collection au complet afin d'éviter une possible dispersion en salle des ventes. Une collection étant la passion de toute une vie, il souhaite que ce qu'il a réuni reste réuni ! »

Deux Trouillebert bientôt à voir au Château-Musée

Et de citer pour exemple un tout dernier don, le don Cassaigne. Il s'agit d'une personne résidant en Charente qui a fait don de 2 tableaux de Paul-Désiré Trouillebert, deux œuvres dans sa famille depuis toujours qui représentent un portrait de sa grand-mère pour l'un et une vue de Candes-Saint-Martin avec sa maison pour l'autre. Alors pourquoi ce don à Saumur ? « Tout simplement parce qu'il y avait plusieurs enfants et seulement 2 tableaux et que le propriétaire ne souhaitait pas les séparer ! » Et si les œuvres de cet illustre peintre ne se retrouvent pas au musée d'Orsay avec le reste de la collection Trouillebert, là aussi la raison en est simple. « Le musée parisien avait déjà beaucoup d'œuvres de cet illustre artiste. Or Trouillebert a longtemps résidé à Candes-Saint-Martin. La direction du Musée d'Orsay a donc dirigé vers le musée le plus proche, à savoir celui de Saumur. En plus les sujets étaient très liés à l'histoire locale. C'est une pratique qui est devenue d'usage depuis les années 60 et prônée par le ministère de la Culture afin de répartir la culture sur les territoires. » Vous ne verrez pas encore ces œuvres dans les salles du Château-Musée, « ces œuvres étant quelque peu poussiéreuses, elles ont besoin d'être bichonnées. » Et la conservatrice de conclure : « Ce qui est d'autant plus intéressant dans ce don, c'est qu'il est accompagné d'archives de familles et autres photos, ce qui permet d'en expliquer l'histoire et de le faire vivre. »

La famille Coutard, encore et encore

Si la famille Coutard avait déjà fait don à la Ville de biens immobilier d'importance (relire notre article), elle ne s'est pas arrêtée là. En 1932, la veuve Coutard a fait un legs au Château-Musée de 333 objets composé de 2 tapisseries, 91 arts graphiques (estampes et dessins), 65 émaux, 63 ivoires, 42 montres et 21 clefs ! Des richesses qui sont périodiquement montrées dans les salles du château, par roulement, afin de les garder en bon état de conservation.

Le legs Comte Lair : 8 489 objets !

En 1919, le comte Lair lègue au Château-Musée de Saumur pas moins de 8 489 objets dont 6 000 ex-libris, 1 314 céramiques (faïences et porcelaines), 350 objets dont des tableaux et des sculptures, 292 pièces de mobilier (du petit banc à l'armoire), 280 livres et 253 textiles (du petit morceau aux habits du XVIIIème siècle). Hormis les ex-libris qui demandent un soin très particulier en train d'être tous numérisés pour être mis sur le site de la Ville, toute cette collection a été et est encore présentée dans les salles du château, là aussi par roulement. Comment une telle collection peut-elle se retrouver à Saumur ? « Le comte Lair était originaire de la région, il a même fait ses études à l'institution Saint-Louis», explique Jacqueline Mongellaz. Et de continuer : « On dit qu'il l'avait proposée au Musée des Arts Décoratifs de Paris mais avec une condition : que tout soit présenté ! Il n'a pas reçu l'aval de l'institution parisienne. Offensé par cette réponse, il l'aurait proposée au musée de sa ville, cette fois avec des exigences moindres. C'est ainsi que tout est arrivé à Saumur en 1920. »

12 pièces de céramiques en 2016

Un autre don, moindre celui-ci : 12 pièces de céramique en provenance d'une personne originaire de Touraine et qui a résidé 20 ans à Saumur. Âgée de 87 ans, cette généreuse donatrice aujourd'hui en maison de retraite, n'avait pas d'héritier. « Avant la mise en vente de sa grande maison bourgeoise, elle ne souhaitait pas que toutes ces belles pièces en céramique soit éparpillées en salle de vente,» relate la conservatrice. Et de continuer : « Sachant qu'il y avait un très beau fond de céramiques dans la Château-Musée, elle a souhaité lui en faire don.» Jacqueline Mongellaz s'est alors rendue sur place et a retenu 12 de ses pièces qui ont aujourd'hui rejoint la collection.

32 000 objets au Château-Musée

Ainsi aujourd'hui, le château-Musée de Saumur ne recèle pas moins de 32 000 objets et autres objets d'art ! Tous ne sont bien évidemment pas exposés ou ne le sont que par roulement et sont stockés dans des salles inaccessibles au public. Jacqueline Mongellaz explique : « Si on veut les préserver comme cela est notre mission et sur demande des donateurs, certaines conditions doivent être réunies. Nous n'avons pas de problème pour les céramiques car il s'agit de pâte cuite vitrifiée. Par contre, il n'en est pas de même pour les tableaux, textiles ou encore livres et meubles, dont les principaux ennemis sont la lumière et les écarts de température et autres différences d'hygrométrie. Pour les tissus et livres notamment, s'ils ne sont exposés que 3 mois par an, c'est qu'ils ne peuvent supportés plus de 50 Lux et ce, pendant une période limitée de 3 mois par an. Pour ce qui est des meubles, il faut faire attention aux taux d'hygrométrie et à la température, surtout pour les meubles plaqués. Ici au château ça va, mais il faut être vigilant. » Ce qui explique que toutes les œuvres ne sont pas exposées en permanence. « Et puis nous les prêtons pour des expositions temporaires dans divers autres lieux, que ce soit celles stockées au Château-Musée ou aux Archives Municipales, » conclut Jacqueline Mongellaz.

A l'occasion des Journées du Patrimoine, certaines pièces de ces collections et bien d'autres ainsi que les bâtiments sont à découvrir au Musée-Château, samedi 17 et dimanche 18 septembre, en non-stop de 10h à 18h.


Article du 16 septembre 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


Il n'y a pas de commentaire à cet article. Soyez le premier !

page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

Quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri IV après qu'on l'ait peint en vert ?

 

Votre commentaire sera publié après modération.

 

 


Créez votre article ! ICI