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Montreuil-Bellay : La zone de Méron n'est pas morte. La preuve avec l’agrandissement de Denkavit

Les contraintes écologiques auront ralenti le développement de la Zone de Méron à Montreuil-Bellay mais n'auront pas eu raison de son développement. Basée depuis près de 40 ans sur la zone de Méron à Montreuil-Bellay, l'entreprise Denkavit continue de s'agrandir. Après une investissement de 15 millions d'euros en 2014 pour son projet d'extension sur 800 m2 de nouveaux bâtiments de stockage et production et la création de 5 emplois nouveaux (relire notre article), elle souhaite aujourd'hui développer son centre de recherche et essais pour la nutrition des animaux. Un nouvel investissement de 5 millions d'€ dont l'enquête publique va être lancée en octobre.


Le futur centre de recherche et d'essais de Denkavit


Pas facile de se développer et de s'agrandir sur la zone de Méron à Montreuil-Bellay, tout autour, la faune et la flore y sont sauvegardées. Et pourtant, c'est ce qu'a projeté de faire l'entreprise Denkavit. Le spécialiste européen dans la fabrication d'aliments pour animaux de ferme, classée au dernier classement des 150 plus grosses entreprises de l'Ouest et à celui des 50 en Pays de la Loire réalisé par Pouey International SA (relire notre article), s'il souhaite continuer son développement et répondre aux besoins de ses clients doit encore investir. Après une première extension en 1994, avec la construction de locaux administratifs, Denkavit ce sont aujourd’hui 9 000 m2 de bâtiments et une centaine d’employés. En 2014, elle avait ajouté 800m2 supplémentaires en surface de production, avec de nouveaux silos de stockage de 35m de haut, accolés aux silos existant sur une partie des 30 hectares dont elle est propriétaire.

Activité en hausse


Aujourd'hui, l'activité de l'entreprise étant en hausse. Il s'agit de faire évoluer la ferme d'essais actuelle pour animaux de 4 500 m2 (pouvant accueillir jusqu'à 1 000 veaux), à un véritable centre de recherche et d'essais, capable de recevoir jusqu'à 2 000 bêtes. Un espace d'information et de formation est également prévu, bref au total une surface bâtie de 8 000 m2. Les bâtiments actuels ne sont plus aux normes, ils seront détruits. Même si l'entreprise n'est pas classée SEVESO, pour y arriver, il faut prendre en considération les contraintes environnementales. « Le problème est que, même si le terrain sur lequel nous souhaitons nous étendre nous appartient, nous sommes sur une construction nouvelle, en limite de zone protégée et assujettie aux arrêtés (NDLR l'un préfectoral de dérogation et l'un ministériel de compensation) et donc impossible de faire ce que l'on veut », explique Geert Kleinhout, le PDG de l'entreprise.

Si la procédure pour modifier l’arrêté au titre des installations classées n’est pas totalement terminée, Geert Kleinhout est confiant : « Nous souhaitons démolir les bâtiments de 4 500 m2 existants et reconstruire en doublant la surface de bâti. Donc, nous devrons dépasser la zone viabilisée pour accroître la surface humanisée. Nous avons cependant mûrement réfléchi pour minimiser l'empreinte au sol. » (Photo ci-contre : Pascal Gourdien, responsable de la section de recherche et Lucile Tallon, ingénieur agro R&D devant l'actuelle ferme d'essais).

Des terrains sanctuarisés, mais pas tous

C'est sur ce terrain que niche l'Outarde Canepetière qui avait beaucoup fait parler d'elle. Il y a 10 ans, la société avait décidé la "sacralisation" d’une partie de ces 30 hectares, compris entre ses bâtiments et la RD347 à l’entrée de la zone. Une convention tripartite avec la LPO et un agriculteur local avait été passé : aucun entretien mécanique sur cette partie de terrain qui pourrait détruire les nids. Le terrain avait été mis à disposition de l’agriculteur pour servir de terre de pâture pour des moutons. C'est sur ce terrain que l'entreprise souhaite aujourd'hui s'étendre. Une extension obligatoire pour Geert Kleinhout : « Nous travaillons sur le dossier depuis 2 ans, notamment avec l'Etat, via la DREAL (NDLR Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) et la DDT (NDLR Direction Départementale des Territoires), mais aussi la LPO et le PNR et tout cela en lien direct avec les services de l'agglo de Saumur », déclare le chef d'entreprise. Aujourd'hui, après moult réunions de travail, le projet semble bien avoir remporté l'aval de tous, même les plus intransigeants.



Encore deux étapes et une période transitoire


Les travaux de terrassement ne pourront débuter qu'après promulgation du décret préfectoral et cela étant, interdiction est faite de le faire entre Mars et septembre. Avant, cela, il reste encore deux procédures : L'enquête publique et dans le même temps, l'analyse du dossier pour acception de la dérogation au titres des espaces protégés par la Commission Nationale de Protection de la Nature (CNPN). « Concernant l'enquête publique, elle sera consultable par voie d'affichage en Mairie de Montreuil-Bellay durant tout le mois d'octobre afin que les gens émettent un avis, s'ils le souhaitent. Ensuite le commissaire enquêteur remettre son rapport à Madame le Préfet qui autorisera ou non », explique Geert Kleinhout. Et durant l'année prévue de travaux, l'entreprise aura recours à ses partenaires agriculteurs pour ses essais.

Une démarche volontariste du sous-préfet de Saumur...

Geert Kleinhout se montre prudent sur l'aboutissement du dossier mais est confiant après ses contacts avec le Sous-préfet de Saumur. De fait, dans une interview qu'il nous avait accordée 5 mois après son arrivée et alors qu'il prenait toute la mesure des dossiers, notamment celui de la zone de Méron, Jean-Yves Hazoumé déclarait : « Il est clair que la préservation de la biodiversité et des espaces est essentielle. Mais celle de l'emploi aussi. On ne peut pas entendre un discours qui dit que 10% de la population en Saumurois est sans emploi, que des entreprises veulent s'étendre ou venir mais que cela n'est pas possible au regard d'un impératif écologique ! Il faut que l'on soit développeur. » Et celui qui fut préfet en Haute Savoie d'argumenter : « S'il est difficile d'implanter des entreprises sur des versants montagnards, en plaine le problème n'est pas le même. Les espaces sont là et bien là. Et dès lors qu'il y a des mesures compensatoires, à savoir pour 100m d'espaces d'occupation de sol, j'en redonne 300 pour la biodiversité, celle-ci a tout à y gagner. Et c'est bien le cas sur Méron ! » Et de s'engager dans une démarche très volontariste : « A nous et aux services de l'Etat (NDLR notamment la DREAL et la DDT), dans le respect des directives de l'arrêté préfectoral, d'accompagner la collectivité et les entreprises pour que cela soit possible, tout en essayant de limiter l'emprise au sol, mais ce, en toute rationalité. » (relire notre article du 09/01/2016).

Qui tient sa promesse

« Geert Kleinhout a fait les mesures de compensation exigées », relate aujourd'hui Jean-Yves Hazoumé. Et de continuer : « On a étudié pendant longtemps le dossier, que ce soit à Montreuil-Bellay ou en sous-préfecture et c'est un projet qui va aboutir, dès lors que toutes les mesures de compensation sont là et que tout le monde a été consulté. En plus, nous ne sommes pas là sur une zone d'interdiction absolue. Nous sommes sur des endroits de la zone où, aux termes de l'arrêté, les choses sont encore possibles, dès lors, je le répète, qu'il y a des mesures de compensation. » Ainsi pour cette extension de près de 5 000 m2, Denkavit va restituer 1 hectare supplémentaire au titre de ces mesures compensatoires. En conclusion Jean-Yves Hazoumé de se réjouir : « Démonstration est faite aux entreprises qu'il ne faut pas se décourager et la preuve en est que l'on peut s'agrandir et s'implanter à Méron ! »

L'agglo de Saumur facilitatrice

Une satisfaction aussi du côté de Saumur Agglo : « Denkavit a toujours été exemplaire en matière de préservation de l'environnement, » rappelle Guy Bertin, Président de Saumur Agglo. Et d'expliquer : « Depuis plus de 20 ans, l'entreprise travaille sous convention avec la LPO et elle a déjà sanctuarisé 8 de ses 30 hectares. Concernant cette nouvelle extension, nous avons suivi et participé assidument, via nos techniciens attachés au développement économique, à la constitution du dossier aux côtés de l'entreprise et auprès des services de l'Etat, afin de franchir toutes les étapes et palier aux contraintes.» Et de conclure : « En tant que collectivité dont le développement économique sur notre territoire est la première de nos compétences, c'est notre rôle d'être facilitateur auprès des entreprises du territoire, en les accompagnants dans leurs projets et en recherchant avec elles les solutions les plus adaptées. »


Article du 21 septembre 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


1 commentaire :

23/09/2016 07:27:48 Commentaire de Nieux

Denkavit devrait pouvoir s'agrandir, bonne nouvelle! Ça change des entreprises qui ferment les unes après les autres. Une zone industrielle dans une zone protégée, ça c'est une performance! Cette zone est sous exploitée, autant d'espace libre sur un axe aussi fréquenté, a la croisée de plusieurs régions, c'est tout de meme un atout! La voirie est dans un piètre état, des saignées, des petits affaissements de chaussée un peu partout, sans compter les contours de trappes d'égout qui se déchaussent! Peut être que la voirie aussi est une zone protégée?! Il serait temps de se donner les moyens de développer ce site!!!!


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