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CTMA : Les travaux du Thouet débutent. Objectif : minimiser l'impact sur les agriculteurs, notamment

Lundi dernier, 25 personnes avaient occupé le barrage du Vieux-Moulin, à l'ouest de Montreuil-Bellay, pour empêcher le démarrage des travaux sur le Thouet, dans le cadre du CTMA 2011-2015 (Contrat Territorial des Milieux Aquatiques). Ces travaux prévoient la suppression partielle des barrages sur le Thouet et les agriculteurs craignent de ne plus avoir suffisamment de réserve d'eau pour leurs cultures et leur bétail. Après une réunion ce mercredi entre Sophie Tubiana, vice-présidente de Saumur Agglo en charge de l'environnement et des risques, Jeannick Cantin et Christian Barbier, tous deux représentants de la Chambre d'Agriculture de Maine-et-Loire, les quelques tensions se sont apaisées...



Le lundi 19 septembre dernier, les travaux devaient débuter sur le barrage du Vieux-Moulin, situé à l'ouest de Montreuil-Bellay. Sauf que 25 personnes (élus et des agriculteurs de Maine-et-Loire et des Deux-Sèvres) ne l'ont pas entendu de cette oreille et se sont opposées au début des travaux de suppression partielle des barrages sur le Thouet. Sur l'ouvrage du Vieux-Moulin, il est en effet prévu d'ouvrir par arasement le barrage sur 40 mètres de long et 2,23 mètres de haut (en descendant même un petit peu plus bas sur une largeur de 4 mètres).

Que craignent exactement les agriculteurs ?

La phase 2 de l'expérimentation d'abaissement de la ligne d'eau du Thouet, mise en place dans le cadre du Contrat Territorial des Milieux Aquatiques (CTMA), comprend les ouvrages du Vieux Moulin, des Nobis, de La Salle et de Rimodan. La zone concernée par ces aménagements va du Vaudelnay à Saint-Just-sur-Dive, en passant par Montreuil-Bellay. Avec cet abaissement, les irrigants craignent de ne plus avoir suffisamment de réserve d'eau pour leurs cultures et leur bétail. C'est le cas notamment de la poignée d'agriculteurs qui ont manifesté au barrage du Vieux-Moulin, lundi dernier. Ce mercredi 21 septembre 2016, dans les bureaux de Saumur Agglo, deux représentants agricoles ont répondu à l'invitation de Sophie Tubiana : Jeannick Cantin, élu de la Chambre d’Agriculture de Maine-et-Loire, et Christian Barbier, représentant de la Chambre d'Agriculture pour le Saumur, sur ce dossier.

Une année 2016 pourrie pour les agriculteurs

Les deux hommes s'inquiètent pour les exploitations agricoles... « Il faut comprendre l'inquiétude des agriculteurs dans un contexte d'une année 2016 pourrie avec la météo » précise d'ailleurs Jeannick Cantin. Et Christian Barbier de pointer du doigt le manque de dialogue et de communication entre Saumur Agglo et la Chambre d'Agriculture : « Nous avons commandé une étude en juillet 2016 pour connaître l'impact du CTMA sur l'agriculture. Le problème, c'est que les travaux vont bientôt commencer (ndlr : ils commencent en septembre et s'étalent sur l'automne) alors que nous ne connaissons même pas encore le bilan de cette étude. Les agriculteurs seront devant le fait accompli ». Ce contrat étant défini par la loi, Saumur Agglo a l'obligation de procéder à ces travaux, financés à 80% par des subventions de l'Agence de l'Eau et de la Région Pays de la Loire. Sur l'année 2016, le chantier va coûter 240 000 euros. Saumur Agglo récupérant les fonds de compensation à hauteur de 16%, servant à diminuer l'impact du CTMA sur les acteurs touchés, la collectivité Saumuroise ne participe finalement qu'à hauteur de 4% de ce budget...

Tout le monde d'accord pour minimiser l'impact du CTMA

Lors de cette réunion, Sophie Tubiana n'a pas caché qu'« il y aura forcément un impact ». Mais tous s'accordent à dire qu'« il faut minimiser cet impact » et notamment Jeannick Cantin. « Effectivement, le but n'est pas de contraindre les entreprises agricoles à mettre la clé sous la porte. Le souhait des élus de Saumur Agglo, ce n'est pas de mettre les agriculteurs en difficulté. Ils trinquent déjà assez souvent comme ça, surtout en ce moment » ajoute Sophie Tubiana. Mais de préciser aussi qu'« il faut bien procéder à des études et à des travaux, tout en s'adaptant. Il faut veiller au respect de la continuité écologique et contribuer à la biodiversité, ce qui engendre aussi le retour d'espèces rares. Je sais qu'il y a des irréductibles qui ne veulent rien toucher mais il ne faut pas être psychorigide à ce sujet, nous n'allons pas vider le Thouet ». Malgré les quelques tensions provoquées par les travaux du CTMA, Jeannick Cantin comprend bien l'importance de cette « continuité écologique » : « Nous sommes autour de la table pour discuter, nous ne sommes pas en conflit ». Un deuxième CTMA sera d'ailleurs mené sur le Thouet. Il sera mis en place sur 4 ans, de 2017 jusqu'à 2021, mais « il est encore trop tôt pour en parler » précise l'élu Saumuroise Sophie Tubiana. Et d'ajouter cependant qu'« il faudra apprendre de nos erreurs lors du deuxième CTMA, en communiquant davantage entre l'ensemble des acteurs concernés... ».

Des précisions sur le Contrat Territorial des Milieux Aquatiques ?

Débuté en 2011, le Contrat Territorial des Milieux Aquatiques du Thouet se poursuit en cette fin d'année 2016 avec le lancement de la deuxième phase d'expérimentation d'abaissement de la ligne d'eau. Saumur Agglo, gestionnaire et concessionnaire du Thouet depuis 2001 et le Syndicat Mixte de la Vallée du Thouet, gestionnaire du cours d'eau des Deux-Sèvres, ont mis en place ce CTMA il y a 5 ans. Comme l'explique Sophie Tubiana, « l'objectif est double : il s'agit tout d'abord de redonner à la rivière son aspect original, soit celui d'un cours d'eau dont le niveau varie selon les saisons et dans lequel la faune et la flore peuvent circuler librement. L'autre objectif est de retrouver une bonne qualité d'eau, signe d'une rivière en bonne santé ». Un projet qui a été mené en concertation avec les associations de pêche, de canoë-kayak, d'agriculture ou encore la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). Sophie Tubiana : « Afin de mettre en place ce projet, il est nécessaire d'intervenir sur les différents barrages construits sur le cours d'eau. Ces ouvrages retiennent actuellement l'eau, faisant du Thouet non plus une rivière mais une succession d'étangs. L'expérimentation consiste donc à ouvrir partiellement les ouvrages afin de rétablir la circulation. De plus, si ces barrages avaient une utilité au moment de leur construction, que ce soit pour la production d'énergie au Moyen-Âge ou encore le transport de marchandises, ils ne sont désormais plus utilisés. Leur manque d'entretien peut de plus représenter un risque pour la sécurité des biens et des personnes. Enfin, le CTMA est réalisé dans un cadre réglementaire imposé par la Loi sur l'Eau. À noter que cette dernière oblige les gestionnaires de cours d'eau à veiller à la continuité écologique mais également au bon maintien de l'équilibre sédimentaire de nos rivières ».


Article du 21 septembre 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


5 commentaires :

21/09/2016 19:53:02 Commentaire de Rendons à César...

La directive européenne sur l'eau impose d'obtenir un bon état des eaux de surface, et plutôt que de s'attaquer aux sources de pollution ou tout du moins de les limiter, on a décidé d'intensifier le courant pour une meilleure auto-épuration... Le CTMA vise ce but en abaissant les ouvrages (mais là, la rivière se vide de son eau et de ses habitants et la jussie prolifère) la continuité écologique tant espérée est mise à mal par l'assèchement des bras secondaires et des zones peu profondes ou faune et flore aquatiques se meurent. Bref, le remède semble pire que le mal, et les analyses ne montrent pas d'amélioration de qualité significative. Quoi qu'on en dise, les pêcheurs se sont toujours opposés à une baisse importante du fil d'eau qui nuit à la reproduction du poisson par des variations brutales de niveaux lors des précipitations, et gène considérablement la pratique de la pêche. Les espèces d'eau calme sont mises à mal. Plus question d'organiser des concours sur cette rivière autrefois poissonneuse, au point d'être le site de compétitions nationales. Les subventions ne sont pas une bonne raison, et de toute façon, c'est toujours le contribuable qui paye. A qui profite donc ce grand gâchis? Partout ou ce système à été appliqué, pêcheurs, agriculteurs et riverains sont mécontents, les travaux annexes pour tenter de redonner un aspect moins choquant à la rivière sont couteux et indispensables. Les berges abruptes assorties des tas de pierres qui dépassent d'un maigre filet d'eau, les nappes de jussie et les zones de vase malodorante ne vont certainement pas attirer les touristes au bord de l'eau!


22/09/2016 08:27:20 Commentaire de claude

Pour évacuer les sédiments il faut juste créer des clapets qui s'ouvre vers le fond ( tout les sédiment seront évacués) et non abaisser le haut . Comme les ancienne vanne en bois que les anciens (qui avaient pas le bac) faisaient fonctionner a merveille


22/09/2016 11:57:28 Commentaire de Gégé

Une question en passant : les agriculteurs (que j\'aime plutôt bien en général) qui puisent dans le Thouet ... ils payent cette eau ?


24/09/2016 13:37:35 Commentaire de André

Madame Tubiana, êtes-vous allée durant le mois d’août en aval du barrage Vieux-Moulin ? Si oui, vous auriez vu que 100m en aval, en raison de l'arrasement du barrage suivant, il n'y a plus d'eau l'été ! On peut y traverser le barrage en ayant au maximum de l'eau aux chevilles ! Expliquez-moi comment pourrez-vous maintenir les activités nautiques et de loisirs et même touristiques, sur et autour du Thouet, s'il ne reste qu'un petit filet d'eau au milieu d'une rivière dont le lit à été aménagé au fil des siècles de par l'existence de ces barrages ? Allez donc voir ce qui a été fait sur le Layon du côté des Verchers sur Layon et quel désastre c'est chaque été lorsque le débit est nul ! La directive européenne n'impose en aucun l’arasement des barrages en France ! Des solutions de substitution tel que la rénovation et la mise en place de clapets de ces ouvrages sont tout à fait envisageables et seraient préférables ! Il est trop facile d'avoir laissé sciemment pendant de trop nombreuses années dépérir l'ensemble de ces ouvrages afin de pouvoir dire maintenant qu'ils présentent un risque ! Oui a des aménagements réfléchis dans l'intérêt de tous mais non à des destructions irrémédiables qui peut importe le résultat de l'expérimentation seront laissées tel quel ! Nous ne nous laisserons pas faire !


25/09/2016 15:10:43 Commentaire de lelayon

Ce sera comme les remembrements souvenez vous !!! Aujourd'hui tout le monde reconnais que c'etait une grossiére erreur... Demain on dira ben oui on s'est encore trompé... Et on reconstruira des barrages qui existaient bien avant que l'on soit nés car érigés par des moines qui savaient eux ce qu'il fallait faire et surtout ne pas faire A vous de voir messieurs les démolisseurs !!!


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