Le Kiosque Info
Je m'abonne - Saumur - Doué-la-Fontaine - Thouars - Loudun - Chinon - Bourgueil - Longué
Actualité Agenda Ou sortir ? Ecrivez un article Lettre d'info Envoyer une alerte


Très haut débit : 10 ans et 310 M € pour combler la fracture en Anjou

Le département de Maine-et-Loire s’est engagé à accompagner et à encourager l’essor des usages et des services numériques à destination du plus grand nombre. Pour ce faire, il a créé le 1er juillet 2015 le syndicat Anjou Numérique, présidé par Philippe Chalopin, également vice-présent du conseil départemental. L'objectif de celui-ci est d'apporter le très haut débit jusque dans les secteurs les plus reculés de l'Anjou, en 10 ans. Pour Angers, Cholet ou encore Saumur, les opérateurs s'en chargent...


Jusqu'à 2026, Anjou Numérique devra « dérouler du câble »


Aucune personne exclue du très haut débit, c'est le défi que s'est lancé le département de Maine-et-Loire. Philippe Chalopin, le président du syndicat Anjou Numérique, y croit. Comme dans tous grands projets, il existe cependant un point noir : celui de rentabiliser le déploiement de la fibre optique. Pour des villes comme Angers, Cholet ou encore Saumur, où les populations sont plus ou moins denses, les opérateurs n'auront pas de mal à amortir les coûts d'installation... puis de les rentabiliser. Mais en ce qui concerne les hameaux les plus reculés de l'Anjou, c'est une autre affaire. Il faut négocier avec les opérateurs...

Un projet à hauteur de 310 millions d'euros

Sur 10 ans, Philippe Chalopin estime à 310 millions d'euros l'installation du très haut débit sur le département de Maine-et-Loire. L'État et l'Europe, de leur côté, apporteront 90 millions d'euros. Ensuite, il faut ajouter les 25 millions du département Maine-et-Loire puis les 21 millions de la Région Pays de la Loire et, enfin, les 60 millions des différentes communautés de communes. Soit un total de 196 millions d'euros... manque donc encore 114 millions d'euros pour combler les besoins de l'Anjou en très haut débit. Comment apporter cette somme ? Philippe Chalopin : « Le syndicat Anjou Numérique a opté pour la solution de la concession, puisque cela permet d'envisager la couverture à 100 % du territoire de l'Anjou, dans un délai maximal de 10 ans, et de boucler notre plan de financement. Concernant les 114 millions d'euros restants, nous entendons solliciter les opérateurs. Dans le cadre d'une concession, en effet, l'opérateur qui sera retenu sera aussi choisi en fonction de l'apport financier qu'il fera dans le cadre de la concession ».

La concession, la solution la « moins » coûteuse...

Quels sont les termes de cette concession et pourquoi l'avoir choisi ? Philippe Chalopin : « Au niveau du réseau, lorsque l’on fait des travaux de cette importance-là, il y a deux techniques : soit c’est la collectivité qui réalise les travaux en construisant intégralement le réseau et en le mettant ensuite en location auprès d’un opérateur. Dans ce cas, nous percevons alors une indemnité dans le contexte d’un « affermage » (1). Dans ce genre d’opérations, il y a une grosse difficulté puisque c’est la collectivité qui finance la totalité du réseau. La deuxième solution est la concession, où l’on choisit un opérateur qui réalise lui-même le réseau. Dans le cadre de cette réalisation, on apporte de l’argent public pour abonder le projet global, à hauteur de 70%. Comme l’opérateur construit le réseau, il participe aussi à son financement, à hauteur de 30%. En contrepartie, il ne verse pas de redevance aussi importante que dans le premier cas. C’est à cette deuxième solution que nous avons adhéré ».

L'opérateur devra investir entre 80 et 120 millions d’euros

Philippe Chalopin : « Dans notre projet estimé à 310 millions d’euros, nous avons calculé que dans le cadre d’un affermage, la redevance ne permettrait surtout pas de financer la deuxième vague. À l’origine, nous étions partis sur un projet à deux vagues : une première vague financée par de l’argent public pour construire le réseau et équiper 53% des foyers. Mais nous n’avions pas de solutions pour la deuxième vague. Nous avons donc envisagé un plan global avec une vague continue qui s’étale sur 7, 8 ou 10 ans, et qui permettrait à terme de couvrir l’intégralité du territoire. Un projet financé par l’argent public, en partie, mais aussi en incitant les opérateurs à investir dans cette mission. Aujourd’hui, on ne sait pas exactement si l’opérateur devra mettre 80 ou 120 millions d’euros sur la table. Ça dépendra de l’opérateur choisi… De notre côté, nous allons lui imposer une carte d’implantation du réseau sur le territoire, puis l’opérateur choisira la technique pour le réaliser ».

Pour l'Anjou, « il faut réduire le pourcentage entre 95 et 100 % »

Philippe Chalopin : « On ne va pas autoriser l’opérateur à ne « fibrer » que les endroits où la population est dense. On va aussi lui demander d’aller sur les territoires plus isolés. Dans la mesure où l'opérateur construit le réseau pour lui-même, nous sommes certains que les exigences et les besoins seront respectés. J'ajoute aussi que lorsque l'on évoque le pourcentage de 100 % du territoire couvert, il y a une petite subtilité : il y des personnes qui ne s'abonneront pas à la fibre optique... Il faut donc réduire le pourcentage entre 95 et 100 %. Toutefois, nous couvrirons 100% du territoire et nous donnerons à tous les habitants du département la possibilité d'accéder au très haut débit d'ici 2026. Et quand on parle de 100 % du territoire, il ne faut pas prendre en compte les zones AMII (2) (ndlr : Appel à Manifestation d'Intention d'Investissement). Il s'agit des zones où la densité de population est la plus forte, comme à Angers, Cholet ou Saumur. Sur ces territoires, l'opérateur raccorde la fibre optique par lui-même puisqu'il sait que l'opération sera rentable. Mais il n'y a pas de contraintes de l'État... L'opérateur qui prend le marché développe là où ça l'intéresse, et ne fait rien là où ça ne l'intéresse pas. Certains endroits situés en zone AMII pourraient donc se retrouver sans rien mais le syndicat Anjou Numérique sera présent, derrière, pour rétablir la situation... Pour résumer, l'opérateur public (ndlr : Orange) couvre les zones dites « AMII » et le syndicat du numérique couvre les autres zones ».

(1) L'affermage est le contrat par lequel le contractant s'engage à gérer un service public, à ses risques et périls, contre une rémunération versée par les usagers. Le concédé, appelé fermier, reverse à la personne publique une redevance destinée à contribuer à l'amortissement des investissements qu'elle a réalisés...

(2) Une zone AMII est une zone dans laquelle un appel est organisé dans le cadre du programme national « très haut débit ». Cet appel vise à recueillir les intentions d’investissement des opérateurs privés en matière de déploiements de réseaux de boucle locale à très haut débit à horizon de 5 ans, en dehors des zones très denses. Avant d’investir, les collectivités doivent vérifier que la zone qu’elles souhaitent fibrer n’est pas soumise à intention d’investissement, puisque les administrations ne doivent pas entrer en concurrence avec les opérateurs privés. L'ensemble des résultats de cet appel sont disponibles sur le site territoires.gouv.fr.


Article du 26 septembre 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


1 commentaire :

26/09/2016 19:05:25 Commentaire de En fait...

En fait, TOUT les contribuables paient de toute façon entre 70 et 100 % des travaux mais orange choisi qui a droit au réseau, exemple; je paie 70 euros et je suis pas sur d'avoir le haut-débit si orange ne veut pas ou je paie 100 euros et je suis sur d'avoir le haut-débit. La concession, c'est vraiment super pour les boites comme Orange, investissement réduit, rentabilité maximum. Heureusement y'a une chose qui va jusqu'au bout des montagnes et forêts de France et de Navarre, c'est l'impôt


page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

Quelle est la couleur d'une cerise bleue ?

 

Votre commentaire sera publié après modération.

 

 


Créez votre article ! ICI