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Le saumurois Guy Gauthier, globe-trotter des corps de l'Etat mais aussi de l'histoire...

Après « Missy, la reine de Roumanie » qui fut son tout premier opus historique en 1997 puis « Victoria, l’apogée de l’Angleterre » ou encore « François Mitterrand, le dernier des Capétiens », l'étonnant saumurois d'adoption Guy Gauthier, ancien magistrat mais aussi ancien sous-préfet et écrivain de talent, vient de publier un 12ème passionnant récit historique : « Don Juan Carlos Ier - Les Bourbons d’Espagne d’Alphonse XIII à Philippe VI ». Un bilan du processus constitutionnel de la restauration de la monarchie républicaine au XXème siècle en Espagne... Une grande page d'une histoire souvent méconnue à dévorer comme un roman ! Rencontre.


Guy Gauthier devant le mur de photos de ses "enfants"


Guy Gauthier n'est pas un auteur comme les autres. Il est atypique et passionné ! Passionné de la vie, passionné d'histoire et… passionné de Saumur ! C'est en 1957 que ses parents arrivent à Saumur, après leur départ de Tunisie devenue indépendante. Le jeune garçon est alors âgé de 8 ans. Sa mère devient greffière au Tribunal de Saumur alors que son père intègre la mairie de Saumur, en tant que chef du service comptabilité, un poste qu'il occupa sous les municipalités de Fernand Angibault, Lucien Gautier et Lucien Méhel. Pourquoi Saumur ? « Tout simplement parce que ma mère normande, trouvait le Val de Loire merveilleux et un climat beaucoup plus clément qu'en sa région natale. Une idée qui n'a pas déplu à mon père, breton-parisien. » Ainsi, la famille a acquis une maison bourgeoise, maison qui est toujours restée propriété de la famille, même après le décès des parents dans le début des années 2000. Aujourd'hui à la retraite, Guy Gauthier et son épouse se partagent entre leur maison au pied du château de Saumur et leur appartement non loin du canal St Martin à Paris. Mais « c'est toujours avec le plus grand des plaisirs que tous les ans nous nous y retrouvons avec nos trois filles et leurs familles pour les fêtes de fin d'année.»

Un globe-trotter des corps de l'Etat : de la magistrature à la préfectorale

Après avoir fait toute sa scolarité à l'institution St Louis, quoique l'histoire le passionnait, il s'est orienté vers des études de droit à Tours puis à Poitiers avant d'intégrer l'Ecole de la magistrature de Bordeaux . « Pour ma mère, pas question de faire autre chose qu'une carrière juridique ! » A l'issue de ses études en 1978, il enchaîne les postes : Substitut du procureur à Grandville puis à Vannes, procureur à Dinan puis à Compiègne, et c'est en 1991 qu'il revient en Anjou, en tant que conseiller à la Cour d'Appel d'Angers, puis président de la Cour d'Assises du Maine et Loire en 1994. En 1999, il rejoint le parquet de Paris et sera jusqu'en 2006 vice-procureur, chef de la section financière (droit commun). C'est lors de cet épisode parisien que sa passion pour l'histoire le reprend. Il obtient un doctorat d'Histoire de la Sorbonne et se lance dans la grande aventure de l'écriture. En 2006, répondant à une requête du Ministère de l'Intérieur, il décide de changer de corps, rejoignant la préfectorale. Ainsi, il terminera sa carrière en tant que sous-préfet de Fougères, en Bretagne, jusqu'en 2012, sous la coupe de Michel Cadeau, aujourd'hui Préfet de police de Paris. Et c'est donc à l'âge de la retraite que son épouse et lui décident de réinvestir la maison familiale à Saumur, partageant cela étant leur vie entre Paris où vivent leurs trois filles et Saumur. « Mais je ne suis guère plus d'une semaine par mois à Paris », relate le globe-trotter des corps de l'Etat. Et entre Paris et Saumur, il y aussi La Roche-Sur-Yon : de fait, il est depuis sa retraite enseignant en Sciences Politiques à l'ICES, Institut catholique d'études supérieures de Vendée. (1) Et puis, il y a de très nombreux déplacements majoritairement en dans le centre et le grand-ouest : conférencier, il répond à de nombreuses sollicitations plus volontairement dans des petites villes et il a participé également à plusieurs émissions de Secrets d’Histoire sur France 2.

Un 12ème opus, «12, comme le nombre des apôtres »

L’abdication du roi d’Espagne Juan Carlos Ier en 2014 offre l’occasion à l’auteur de dresser un bilan du règne de ce monarque qui, choisi par Franco pour lui succéder au titre de roi, monta sur le trône en 1975. « Ce règne, que tous les observateurs pensaient éphémère, dura 39 ans et permit l’instauration d’une véritable démocratie parlementaire », relate l'auteur. Et de continuer : « Mais la IIIe restauration des Bourbons en Espagne ne peut se comprendre qu’en rappelant ce que fut l’histoire tourmentée de ce pays depuis le règne d’Alphonse XIII. Après l’échec de la monarchie constitutionnelle, les épisodes chaotiques de la République et une guerre civile cruelle, Franco, sincèrement monarchiste, décida de faire de l’Espagne un royaume. Deux référendums, en 1947 et en 1966, confirmèrent ce choix. Le pari était risqué parce que la Phalange, parti unique à l’époque, était fasciste et antimonarchiste. Franco enfuma les phalangistes en leur assurant que la monarchie serait l’héritière des principes du Mouvement de 1936. En réalité, dans le secret de son cabinet, il répétait au prince Juan Carlos que l’Espagne sur laquelle il régnerait serait une nouvelle Espagne et qu’il devrait s’adapter… ».
Ainsi cet ouvrage qui se lit tel un roman est un remarquable hommage à celui que Guy Gauthier considère comme « le plus grand et le plus intelligent des Bourbon depuis Louis XVIII », à savoir Juan Carlos d'Espagne. «Quoique monarque et militaire, il a restauré la démocratie en Espagne et, contre vents et marées à savoir les généraux, la sauver en 1981. L'Espagne lui doit beaucoup, même s'il a été indécent à la fin de sa vie » (NDLR on se rappelle ses frasques et autres dépenses somptueuses lors de safaris en Afrique alors que son pays était en pleine crise économique). Egalement un fervent hommage à son épouse, la Reine Sophie « une très grande Reine ». Enfin, bravant les interdits, c'est aussi un hommage au général Franco, « seul dictateur à avoir vu son régime se terminer par une monarchie républicaine et démocratique avec le choix de Juan Carlos. »

L'écriture, « une très belle aventure »

Et à la question de savoir s'il a de nouveaux projets littéraires dans ses cartons, l'insatiable Guy Gauthier de l'avouer : « J'avais bien envisagé un opus sur Charles X, mais j'avoue que j'en ai un peu assez des rois. Heureusement que j'ai eu Mitterrand, « le dernier des Capétiens » (NDLR paru en 2005) et Garibaldi, « l’aventurier de la liberté » (NDLR paru en 2007) pour compenser ! (2) » Et de conclure : « Je viens de devenir grand-père. Je vais donc donner un peu plus de temps à ma famille, tout en continuant à donner mes cours et à répondre présent pour des conférences. » Quoi qu'il en soit, pour l'homme de lettres, l'écriture « ce fut une très belle aventure. » Et de conclure par ce proverbe arabe : « Si tu veux avoir une vie bien remplie, il faut faire un enfant, planter un arbre et écrire un livre... »

« Don Juan Carlos Ier – Les Bourbons d'Espagne d'Alphonse XIII à Philippe VI » 355 pages à Editions l'Harmattan – Prix public 30 €







(1) L’Institut catholique d’études supérieures, également connu sous l’acronyme ICES, est un établissement privé d'enseignement supérieur d'intérêt général (EESPIG)1 fondé en 1990 à l’initiative de la Direction diocésaine de l’Enseignement catholique vendéen et des collectivités locales (essentiellement département et région). En savoir plus : http://ices.fr/


(2) Bibliographie de Guy Gauthier
« Missy, Reine de Roumanie », France-Empire, Paris, 1994 ; Humanitas, Bucarest, 2001.
« Les Aigles et les Lions. Histoire des monarchies balkaniques », France-Empire, Paris, 1996 ; Paideia, Belgrade, 2002 ; Humanitas, Bucarest, 2004.
« Les relations politiques et économiques franco-roumaines de 1916 à 1926 », Presses universitaires du Septentrion, Lille, 1997.
« Justinien, le rêve impérial », France-Empire, Paris, 1998.
« Constantin, le triomphe de la Croix », France-Empire, Paris, 1999.
« Victoria, l’apogée de l’Angleterre », France-Empire, Paris, 2000 ; Grand West Editions, Saint-Malo, 2014.
« Philippe Auguste, le printemps de la nation française », France-Empire, Paris, 2002.
« François Mitterrand, le dernier des Capétiens », France-Empire, Paris, 2005 ; Grand West Editions, Saint-Malo, 2014.
« Garibaldi, l’aventurier de la liberté », France-Empire Paris, 2007.
« La Conspiration de Pontcallec », préface de Michel Cadot, Préfet de Bretagne, Préfet d’Ille-et-Vilaine. Coop Breizh, Spezet, 2011. Grand Prix de la Ville de Rennes 2012.
« Elisabeth Ire, l’aube de la puissance britannique », Pascal-Galodé, Saint-Malo, 2014.


Article du 08 novembre 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


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