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Claude Gouzy : Retour sur sa vie et ses 33 ans d'engagement municipal et associatif à Saumur

À 5h40, ce dimanche 18 décembre, Claude Gouzy (69 ans), le « Ministre » des Finances de la Ville de Saumur et vice-Président de Saumur Agglo s'est éteint au centre régional de lutte contre le cancer Paul Papin d'Angers, 3 mois seulement après son épouse. Dès la parution de l'article annonçant son décès ce dimanche (notre article d'hier), vous avez été nombreux sur le Kiosque à témoigner : passion, engagement et valeurs humaines. Retour sur la carrière de ce personnage atypique, bras droit du Maire de Saumur, Jean-Michel Marchand.



Depuis son plus jeune âge, ce « guerrier rebelle » comme le qualifie un de ses amis, s'il en a perdu de nombreux, il n'a pour autant jamais rien lâché. Il aura siégé 33 ans au Conseil Municipal de Saumur depuis 1983. Souvent dans l'opposition, mais 10 ans dans la majorité. La politique et l'engagement c'était sa vie. Il avait même signifié récemment à son ami Jean-Michel Marchand, qu'il serait partant pour un nouveau combat aux élections municipales de 2020.

2 ans d'avance... et au final, 3 de retard

L'Allonnais Claude Gouzy est né le 18 novembre 1947 à la maternité de l'Hôpital de la rue Seigneur de Saumur, d'un père, directeur de l'école publique d’Allonnes et d'une mère au foyer. Il était le premier d'une fratrie de 3 enfants, 1 sœur et 1 frère, aujourd'hui résidant respectivement pour l'une à Saint-Raphaël et pour l'autre, à Pau. Entré à l'âge de 2 ans à l'école d'Allonnes, il intègre ensuite la classe de 6ème au lycée d'État de Saumur. « Et c'est là que cela devient compliqué», explique sa jeune sœur Évelyne. « Brillant écolier, il avait 2 ans d'avance, il terminera avec 3 ans de retard », se souvient-elle. Et d'expliquer : « Après la 6ème, c'est le constat d'échec. Notre père le réintègre à l'école d'Allonnes jusqu'à son certificat d'études. Puis, il l'inscrit en classe de 4ème au Lycée Technique de Saumur, en section dessin industriel. Claude se demande ce qu'il fait là, lui qui aurait voulu faire du dessin d'art... Il est alors dirigé vers le collège de Bourgueil pour une deuxième 4ème, puis une 3ème, avant d'obtenir son BEPC. Alors qu'il est déjà âgé de 17 ans, il décide de ne pas continuer son cursus scolaire et intègre la fonction publique, en tant qu'assistant-agent de recouvrement à la perception municipale d'Allonnes. La vocation pour les chiffres est née ».

La passion des chiffres

En 1970, titulaire du concours d'agent de recouvrement, au gré des affectations, il doit quitter le Saumurois pour la Région Parisienne et la perception de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, après avoir effectué son service militaire de 18 mois de l'autre côté du Rhin, à Baden-Baden. « Une affectation tellement passionnante pour celui qui était un rebelle, que c'est là qu'il a vraiment commencé à fumer comme un pompier », explique son fils Nicolas, se remémorant les échanges avec son père. Puis, de retour, afin de se rapprocher de sa famille, il demande une mutation et est affecté en Touraine, à la perception de Semblançay, près de Château-Renault. En 1973, à l'occasion du mariage d'un cousin au Coudray-Macouard, il rencontre celle qui deviendra sa future épouse, la jeune institutrice, Antoinette. Rapidement, en 1974, les deux tourtereaux convolent en justes noces. Et c'est donc en 1976, après un passage par le Segréen à l'occasion duquel il passe avec succès le concours de contrôleur principal du Trésor, que Claude Gouzy est de retour à la perception d'Allonnes. En cette même année, le couple donnait naissance à leur premier enfant, Nicolas. Puis en 1979, le couple vient s'installer à Saumur, dans le logement de fonction de l'école du Chemin Vert. Claude Gouzy intègre alors la Trésorerie Municipale de Saumur et Antoinette l'école primaire. En 1980, c'est la naissance de leur 2ème enfant, Emmanuelle. Il restera à la Trésorerie principale de Saumur jusqu'aux élections de 2001, avant d'être affecté au CHU d'Angers. À l'issue de la victoire de Jean-Michel Marchand, il est devenu adjoint au Maire. Son poste à la Trésorerie étant devenu incompatible avec son mandat d'élu à la Ville.

Un engagement syndical puis politique.

Même si sa devise a toujours été « Il est interdit d'interdire », Claude Gouzy n'était pas un anarchiste. Homme de gauche, profondément républicain et laïc, il était, comme l'indique ceux qui l'ont bien connu, de ces hommes animés par le combat au service de la justice sociale, l'équité et le respect des convictions. Dès son plus jeune âge, il est devenu militant syndical actif à FO. Très vite, il s'est tourné vers le combat politique. Rocardien dans l'âme, dès son arrivée à Saumur, par l'intermédiaire de son épouse, il fait la connaissance du syndicaliste et Mitterrandiste, le directeur d'école Michel Quéraud, de 10 ans son aîné. Et c'est le début de sa grande aventure politique Saumuroise. En 1979, il est pour la première fois candidat (PS) aux élections cantonales d'Allonnes, défait par Pierre Constantin (UDF). Claude Gouzy devient en 1982, secrétaire de la section locale du PS, à la suite de l'historien Joseph Denécheau. Nouvelle donne électorale pour les municipales de 1983 : avec l'élection de François Mitterrand en 1981, la proportionnelle fait son entrée dans le mode de scrutin et avec elle, celle de la gauche au conseil municipal de Saumur. Sur la liste menée par Jacques Percereau, Claude Gouzy est en position éligible et le jeune homme de 36 va faire son premier mandat aux côtés de... Jean-Michel Marchand.

Du militant à l'élu d'opposition...

De 1983 à 1989, la rivalité au sein du Conseil municipal entre Jacques Percereau et Claude Gouzy est palpable. « Ces interventions percutantes, notamment en matière de finances municipales, étaient souvent prises au sérieux par la majorité » raconte Michel Quéraud. Et, en 1985, alors que Rocardiens et Mitterrandistes s'étripent en France, Claude Gouzy est évincé de son poste de secrétaire du PS local. C'est sa proximité des Mitterrandistes qui lui est reprochée, en ces terres où Rocard règne en maître à gauche. Le journaliste politique de la Nouvelle République écrivait alors , « Du coup, les Mitterrandistes boudent (...) ils n'entendent pas laisser impunie l'éviction de Claude Gouzy, tout Rocardien qu'il est ». Ainsi, pour les Municipales de 1989, s'amorce un affrontement fratricide à gauche. Les élus encartés PS, Claude Gouzy et Michel Quéraud, suivis des autres élus Delétang, Hamelin et Bithorel, à à peine 2 mois de l'échéance, partent en campagne sur une liste dissidente, « Saumur Harmonie », une liste « sans bannière, pluriel, sans esprit partisan ». C'était la première fois à Saumur qu'une liste de gauche pratiquait l'ouverture, et ce sans aucun soutien de parti. Les deux têtes de liste, Claude Gouzy et Michel Quéraud furent élus. Ils siégèrent dans l'opposition aux côtés de Jacques Percereau, mais aussi de Jean-Michel Marchand. Des idées d'ouverture qui ont fait leur chemin, puisque pour les Municipales de 1995, « Saumur Harmonie» est sollicitée par le Rocardien Jean-Luc Lhémanne, afin de constituer une liste ouverte, « Renaissance de Saumur ». Mais là encore, c'est un bras de fer. Un ex-adjoint de Jean-Paul Hugot, le RPR Michel Battais, figurant en 2ème place, le Vert Jean-Michel Marchand, décide de ne pas partir sur cette liste, mais sur une autre liste soutenue par le PS. Avec 86 voix en sa faveur, Jean-Paul Hugot est réélu au 1er tour. Les listes Lhémanne et Marchand obtenant respectivement 4 et 6 élus, dont Claude Gouzy.

Puis de la majorité.

Enfin se disait Claude Gouzy... Aux Municipales de 2001, la gauche est à nouveau réunie derrière Jean-Michel Marchand. À la surprise générale, alors que la France avait viré à droite, la Ville de Saumur passait à gauche... Claude Gouzy qui figurait en 3ème position, est tout naturellement désigné adjoint aux finances, derrière la PS Sophie Saramito, 1ère adjointe. Mais en 2008, la gauche est à nouveau évincée, à l'issue d'un scrutin très serré. Claude Gouzy redevient Conseiller Municipal d'opposition. En 2014, c'est rebelote pour la gauche qui affiche une nouvelle fois 2 listes : celle de Jean-Michel Marchand, sur laquelle figure Claude Gouzy en numéro 3, et celle de Jackie Goulet. Mais à la différence des fois précédentes, il avait été décidé, entre listes opposées, que le 1er tour ferait office de Primaire. Fusion fut donc faite entre les 2 tours avec une victoire à l'arrivée et Claude Gouzy retrouvait son poste d'adjoint aux finances.

Candidat aussi aux Régionales

En 1992, Claude Gouzy avait aussi candidat aussi aux élections régionales, en n°2 sur la liste de Jacques Manceau, une liste ouverte qualifiée « d'humaniste » composée d'écologistes, mais aussi de radicaux de gauche. Elle était face à une autre liste de gauche soutenue par le PS de Jean Monnier. Et d'expliquer le choix : « La gauche a besoin d'être repensée, refondée et ressourcée sur la base des valeurs républicaines et de son éthique de solidarité. » Une candidature qu'il a dû laisser à son comparse Michel Quéraud, pour raison d'incompatibilité au regard de sa situation professionnelle. Il n'en est pas moins resté Président du Comité de soutien. Et étonnant pour ces laïcs que sont Claude Gouzy et Michel Quéraud, une liste soutenue par « Témoignage Chrétien » ! « Nous ne sommes pas des laïcards, mais des laïcs au vrai sens du terme, c'est-à-dire des hommes d'ouverture » avaient alors répondu les deux hommes.

Un engagement également associatif plein

Sportif, Claude Gouzy ne l'était pas vraiment, mais il aimait passionnément le sport. Il avait été joueur, tardivement, au club de football d'Allonnes, contre l'avis paternel. À son retour en Saumurois, il reprit en temps que vétéran et a même été Président du Club. Puis, arrivé à Saumur, ses enfants pratiquant le basket, il a, avec son épouse, rejoint l'équipe du l'UA Saumur, tout d'abord à la section basket en en tant que trésorier, sous la présidence de son ami Michel Quéraud. Le club est devenu ensuite le Saumur Basket Club, suite à la fusion avec celui de Bagneux. Et, aux côtés du nouveau Président Michel Expert, il fut l'un des artisans de la fusion avec la JA Saumur Basket, devenue Saumur Loire Basket 49 (SLB 49). Il fut aussi très longtemps président de l'UA Saumur Ominisport. Un poste qu'il a conservé jusqu'à son élection d'adjoint à la Ville de Saumur, laissant sa place à Alain Borel.

Hommage le mardi 20 décembre et cérémonie civile le jeudi 22 décembre

Ces obsèques seront célébrées ce jeudi 22 décembre à 10h30, la salle de la danse de la salle Robert Amy, 23 bis rue Beaurepaire à Saumur, siège de l'UA Saumur...Tout un symbole ! Comme pour son épouse, la nature de sa maladie invite à remplacer les fleurs par un soutien à la Ligue contre le Cancer. Une urne sera disposée à cet effet à l’entrée de la cérémonie. La famille ne souhaite ni plaques, ni couronnes.
Avant cela, et afin d'honorer sa mémoire, la municipalité de Saumur convie les Saumurois à un hommage qui lui sera rendu mardi 20 décembre à 12h, en présence de sa famille, devant l'Hôtel de Ville, sous la devise de la République, « Liberté, Égalité, Fraternité». Également tout un symbole, puisque cette inscription sur le fronton de la mairie fut son projet suite aux graves évènements qui ont endeuillé le pays.
Claude Gouzy repose actuellement à la Chambre Funéraire de Saumur.


Article du 19 décembre 2016 I Catégorie : Vie de la cité

 


3 commentaires :

20/12/2016 10:13:17 Commentaire de CHAPRON JEAN

Juste un Homme Bien


20/12/2016 10:23:30 Commentaire de Claude Ménard

j ai beaucoup de peine du décès de Claude ayant travaillé avec lui de nombreuses années au parti socialiste.C était pour moi un ami sincère


20/12/2016 11:00:48 Commentaire de Véronique LM (MARMIN)

M. Gouzy nous a marié il y a 20 ans, je le connaissais grâce à son investissement à l'UAS et grosse pensée pour ses enfants, surtout Nicolas avec qui j'étais en cours. Toutes mes condoléances. :(


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