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Stévia et myco-matériau : Deux projets créateurs d'emplois enterrés en Saumurois ?

En 2011 et 2013, sous l'impulsion du sous-préfet de Saumur de l'époque, Abdel-Kader Guerza et portés par le vice-président de l'Agglo, Stéphane Robin, par ailleurs Président de la Maison de l'Emploi, deux projets potentiellement porteurs d'emploi voyaient le jour. Il s'agissait du développement de la Stévia mais aussi des Myco matériaux en Saumurois. Quelques années ont passé et ces projets ne font plus grand bruit...



« Ces projets ne sont pas enterrés », explique Valérie Couturier, directrice de l'antenne Pôle Emploi, de Saumur, également totalement intégré à la boucle. A l'époque, Eric Lemière, le chargé d’innovation de Pôle Emploi Pays de la Loire avait effectivement proposé ces projets au territoire. Et la directrice de continuer : "Le projet Stévia a été repris par la chambre d’agriculture, et je crois qu'il y a encore une ou des agriculteurs qui continuent la production en Saumurois. Quant au projet Myco Matériaux, il est toujours en cours, le brevet a été déposé et c’est un industriel vendéen qui travaille à son développement." Mais revenons à la génèse des deux projets.

Stévia : de l'or vert pour le Saumurois ?

La Stevia Rebaudiana Bertoni, communément appelée stévia, est une herbe édulcorante naturelle, sans calories ni glucides dont le pouvoir sucrant est 300 fois supérieur à celui du sucre et sans calories ! Elle a donc un extraordinaire pouvoir sucrant sans avoir les inconvénients du sucre (prise de poids, diabète, obésité, etc ...). Cette plante millénaire en provenance du Paraguay s'est au fil des siècles implantée à travers le monde et est arrivée en Europe et en France. Tant et si bien que les structures pour l'emploi et les élus locaux ont souhaité en faire une filière économique. Ce fut le cas en Saumurois et dès 2011, l'expérimentation était lancée.
"Nous avons le mérite de chercher et d'explorer des pistes de développement pour l'emploi" signifiait à l'époque le sous-préfet Abdel-Kader Guerza (en photo ci-contre à gauche en compagnie de Stéphane Robin). Et celui-ci de continuer : "Nous avons réuni les différents acteurs suite aux conclusions du diagnostic de territoire qui montre ses faiblesses et notamment ses besoins en offres d'emplois peu qualifiées. Nous avons exploré plusieurs pistes, la culture dans la région de la Stevia en est une" (relire notre article du 22/05/2011). Et pour cela, une structure réunissant les intervenants pour l'emploi avait été mise en mise en place. Ainsi Réuni sous l'intitulé Spel Inov, la DIRECCTE (ex Direction du Travail), Pôle Emploi, la CCI, la Chambre d'Agriculture ou encore la Maison de l'Emploi, avaient décidé de se retrousser les manches et de réunir autour d'eux également des élus. Tant et si bien qu'en février 2013, sous l'impulsion de Stéphane Robin, alors Vice-Président de Saumur Agglo et Président de la Maison de l'Emploi, une journée rencontre « Ensemble pour une Filière STEVIA 100 % Française » s'était tenue à la CCI de Saumur. Elle accueillait une soixantaine de personnes de la France entière, la filière étant déjà en expérimentation sur plusieurs autres territoires français. « L'objectif de la rencontre était de savoir comment mettre en place une véritable filière de la stévia en France, assurant d’éventuels débouchés et proposant une réponse en terme de création d’emplois sur des territoires à forte implication agricole. Le Saumurois est de ceux-là, » expliquait l'édile Saumurois (relire notre article du 18/02/2013).

Les lobbys trop forts en France et un climat pas favorable en Saumurois

Ainsi aujourd'hui, la stévia n'est toujours pas devenu l'or vert en France, ni en Saumurois. De fait, si l'on peut légalement acheter de la stévia en France depuis un arrêté interministériel de 2009 qui en autorise l'utilisation et la commercialisation, elle reste encore bien peu utilisée. Il y a fort à penser que les puissants lobbys des industries du sucre et des édulcorants de synthèse font apparemment tout ce qu'ils peuvent pour que la Stevia ne devienne pas un aliment autorisé et de consommation courante. Pourtant, on pourrait se dire que, vu leur puissance financière, ils pourraient tout simplement se positionner sur ce marché et en devenir les principaux acteurs. Certes, mais les rendements ne sont pas les mêmes, la concurrence serait plus ouverte, et surtout, pour les industriels d'édulcorants de synthèse, il n'y aurait pas de brevet sur le produit. Donc forcement moins de chasse gardée et une concurrence féroce. Mais bon, c'est bien passé aux Etats Unis, au Japon et dans bien d'autres pays, pourquoi cela ne passerait-il pas un jour en France !
Du côté de la production locale, si la plante est encore quelque peu produite dans le Sud-Est, en Saumurois, ce n'est plus le cas. Les Vergers Bauduoin, à Villebernier, avait au nombre des pionniers à vouloir croire en cette plante, synonyme de développement. Mais aujourd'hui, le constat est à l'échec : "Nous avons abandonné il y a déjà plus de 2 ans. C'était très une culture compliquée à partir d'une plante qui ne s'acclimate pas chez nous. En plus, cela demande énormément de main-d'oeuvre."

Stand-by pour le moment

Du côté de la chambre d'agriculture de Maine et Loire, Pascal Boucault ne veut pas croire que la plante n'a pas d'avenir, mais il reconnait que "les difficultés rencontrées sont effectivement d’ordre technique bien avant d’être réglementaires ou commerciales". Et d'expliquer : " Dès le départ, il était clair que les questions liées à l'exploitation de la plante étaient plus d'ordre réglementaire. Et il fallait trouver des partenaires au plan national. C'est ce qui avait été fait en 2013, lorsque les acteurs Saumurois ont organisé un colloque national. Cela étant, demeuraient des problématiques de traçabilité. Et puis et surtout, il y a des difficultés techniques dues notamment à la problématique du climat. Jusqu'à encore l'année dernière, nous avons essayé d'aller plus loin, avec l'appui de la région, pour voir comment adapter cette culture au territoire. Car un fait est avéré : du fait du faible niveau de productivité dans notre région, le modèle économique ne tenait pas la route en l'état actuel de la plante, que ce soit pour son exploitation en serre qui coûte très cher ou en pleins champs. Bref, c'était très compliqué, les producteurs s'en sont bien rendu compte. Désormais, le projet est aux mains de la région Toulousaine, dans le cadre d'un pôle de compétitivité, avec une logique de semis annuel. On revient donc vers notre vocation de plantation en semis. C'est pourquoi, nous sommes en stand-by et on attend le feu vert de Toulouse. Cela étant, force est de constater que les lobbies se sont déjà appropriés la filière, mais en passant par des productions en provenance de Chine ou d'Amérique Latine. Pour exemple, le Japon a déjà proscrit tout produit édulcorant au profit de la Stévia, avec des produits venant de Chine. En Europe et en France, nous devons avoir une productivité plus stable et plus visible. La piste reste intéressante à développer, mais cela va demander encore beaucoup de travail de sélection, comme cela s'est passer pour le maïs il y a une petite centaine d'années. Le coup d'accélérateur n'est arrivé que dans les années 50 ! » Et l'expert de conclure : « On est vraiment au milieu du gué pour le moment, et nous allons bien évidemment rester en veille sur le sujet. »

Myco Matériau : de l'avenir mais chasse gardée...


Faire des meubles et des pièces auto à partir de compost de champignon ? Pourquoi pas. C'est l'idée qui avait germer du terreau du groupe d'innovation initié également en 2011 ans par le Sous-Préfet Abdel-Kader Guerza et le président de la Maison de l'Emploi, Stéphane Robin. Et alors que la Stévia était toujours en expérimentation, un brevet avait été déposé et une innovation saumuroise avec un tout nouveau matériau bio-composite voyait le jour : le Myco Matériau. C'est un groupe de travail informel dont Laurence Laboutière, champignonniste à Montsoreau, chercheuse et docteur en génétique des champignons qui est à l'origine du projet. Le principe du Myco-Matériau relève d’un procédé connu de la fabrication de thermoplastiques par la compression thermique. Le compost de champignon est cultivé pour créer le matériau. Le mycélium ainsi chauffé meurt et après pressage permet d'obtenir un jus proche du plastique liquide qui peut être moulé, compressé et formé ... Voilà pour le résumé très raccourci du procédé qui est aujourd'hui breveté.

En 2013, Laurence Laboutière (en photo ci-contre aux côtés de Stéphane Robin et Alain Méchineau) déclarait : "L'idée n'est pas de récupérer les résidus des champignons de Paris. Nous avons travaillé à partir de champignons qui poussent sur les arbres comme la pleurote et le shiitaké. Les caractéristiques de ces champignons sont, en fait proches de celles du bois et intérêt majeur du projet, le jus que nous obtenons est 100% naturel. Il pourrait très bien remplacer les colles utilisées, notamment en construction à base de formol qui sont en passe d'être interdites". Et pour Alain Méchineau, le PDG d’Elva Menuiseries en Vendée, qui avait décidé d'investir dans le projet, le procédé a des qualités indéniables : "Le produit est dans l'air du temps et totalement éco responsable. Au départ, quand j'ai rencontré le groupe, j'ai imaginé une solution pour remplacer les coques de mes volets roulants. Aujourd'hui, je me rends compte que ses applications sont multiples."

Satisfaction, mais motus

C'était alors la satisfaction tant pour le sous-préfet que pour Stéphane Robin de voir aboutir les efforts de prospectives mis en place avec les services de l'Etat : « En cette période où l'emploi se fait rare et où les vieilles recettes ne suffisent plus, nous avons mis en place une écoute « tous azimuts » dans le but de participer à l’élaboration de projets et de recherche en rapprochant l’emploi et les acteurs privés. » (relire notre article du 25/09/2013).
Bref, à l'époque on n’hésitait pas à parler déjà de révolution, avec cet argument : un matériau écologique, facile à produire, pratique, peu onéreux, pouvant remplacer à terme des matériaux plus polluants tels le placo ou très difficilement recyclables. Il était d'ailleurs question de l’implantation d’une usine en 2015 dans le Saumurois...
Aujourd'hui, Valérie Couturier, directrice de Pôle Emploi Saumur confirme que le projet n'est pas enterré : « J’ai revu avec Eric Lemière, (NDLR en charge des projets à Pôle Emploi), mais pour le moment l’entrepreneur vendéen qui développe le projet ne nous autorise pas à communiquer. »

Pour les deux projets, du côté de la Maison de l'Emploi Saumur Loire Vallées d'Anjou, à l'origine des projets, on reconnaît que les dossiers sont en stand-by.


Article du 25 janvier 2017 I Catégorie : Vie de la cité

 


3 commentaires :

25/01/2017 17:44:20 Commentaire de Airpur49

Et oui, les innovations, ce sont les entreprises d'abord. Peut-être que Pôle emploi devrait se concentrer sur son cœur de métier: mettre en rapport les demandeurs d'emploi et les entreprises qui recrutent et qui n'y parviennent pas dans la région Saumuroise et dans tous les métiers


25/01/2017 20:34:14 Commentaire de Brevet...

Myco-matériau où comment acheter un brevet pour mieux l’enterré, une concurrence en moins...


26/01/2017 10:12:59 Commentaire de yannick b

Myco Matériaux qui croit avoir inventé ca ?un truc avec du poil autour il y a des decennies que cela existe.


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