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Avec seulement 4,2 mm de pluie en 1 mois, la Loire est au plus bas

Le fleuve royal a rarement été aussi sec à cette époque de l'année. L'étiage, c'est-à-dire le débit minimal d'un cours d'eau, est plus bas qu'en 1976. La raison coule de source : il ne pleut pas suffisamment. En 1 mois, il n'est tombé que 4,2 mm d'eau sur le département de Maine-et-Loire. Pour le moment, la situation reste « supportable » pour les pêcheurs, et notamment pour le Roseau Saumurois. Du côté des mariniers de Loire, on espère une belle crue pour pouvoir rebalayer le fleuve.



Sur le département de Maine-et-Loire, la dernière « grosse » averse remonte au mercredi 22 mars dernier, avec 6,8 mm. Mais depuis le vendredi 24 mars 2017, la sécheresse s'est imposée... En 1 mois, seuls 4,2 mm ont apporté un peu d'eau au moulin. Au mois d'avril 2017, cela représente un écart de -91% par rapport à la normale de saison.

Un débit très en deçà de la normale...

En ce qui concerne la Loire Saumuroise, les deux derniers bulletins de la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) des Pays de la Loire ont enregistré un débit de 270 m³ par seconde, ce lundi 24 et mardi 25 avril 2017. Un débit qui est d'habitude relevé au mois de juillet ! À cette époque, le débit de la Loire à Saumur avoisine normalement les 800 m³ par seconde. Même constat par exemple à Montjean-sur-Loire (Maine-et-Loire), où le débit était de 382 m³ par seconde, en milieu de semaine dernière. Au milieu du mois d'avril, le débit de la Loire s'élève d'habitude ici à 800 m³ par seconde, comme à Saumur. Une sécheresse méconnue depuis 1976 et même plus importante qu'il y a 41 ans, même si l'année de référence reste 1947 avec 179 m³ par seconde. Une sécheresse actuelle notamment due à un hiver très sec, qui a fait suite à un automne pas très pluvieux...

Les pêcheurs Saumurois pas encore inquiets


La situation de sécheresse n'est pas encore trop préoccupante pour les pêcheurs. « Pour le moment, nous ne sommes pas directement touchés », explique Alain Moreau, le président du Roseau Saumurois. Toutefois, il n'oublie pas que l'ouverture de la pêche aux carnassiers (brochets et sandres) se rapproche à grands pas, c'est-à-dire le lundi 1er mai prochain (relire notre article) « C'est évident que nous sommes demandeurs de pluie. La sécheresse, à l'heure actuelle, est surtout problématique pour les pêcheurs qui naviguent beaucoup sur la Loire ». Et les poissons, dans tout ça ? « Si la situation n'évolue pas, il y aura forcément un impact sur la reproduction du poisson. À cette époque, il a l'habitude de se réfugier dans les zones marécageuses. Sauf qu'en ce moment, elles sont asséchées. Quand il ne fait pas trop chaud, le risque est moins important, mais dans le cas contraire, les poissons peuvent manquer d'oxygène. Pour l'instant, ce ne sont pas non plus les grandes chaleurs, c'est moins dramatique. On va dire que la situation est supportable, mais l'inquiétude grandira s'il ne pleut pas et que le thermomètre grimpe dans les semaines qui viennent ». Alain Moreau en a également profité pour remercier la communauté d'agglomération Saumur Val de Loire, qui a réparé le barrage situé à Saint-Hilaire-Saint-Florent : « Le niveau d'eau a remonté à cet endroit-là et les pêcheurs s'en réjouissent vraiment ».

Une crue après une sécheresse importante ? Pourquoi pas pour les mariniers...


Après un début de printemps très sec, les crues arrivent aux mois de mai et juin, et ce depuis quelques années déjà. C'est ce qui s'était justement passé l'année dernière, à Saumur... Suite à une « petite » crue de 3,60 m en février 2016 (relire notre article), la Loire était réellement sortie de son lit au début du mois de juin dernier (revoir les photos de la crue à Saumur, en cliquant ici). Les mariniers de la Loire ne seraient pas forcément contre, comme l'explique Vincent Pocquereau, propriétaire de la « Nonchalante », une gabare du XVIIIème siècle qui propose des balades et des bivouacs : « La petite crue de novembre dernier a apporté beaucoup de sable. Et comme la Loire est dans une période très basse, soit environ 40 cm d'eau par endroit, c'est difficile de circuler et il faut vraiment connaître la Loire. Après le pont des Ardilliers, par exemple, c'est totalement ensablé. C'est également compliqué à Saint-Clément-des-Levées, à Gennes, sur le quai des Marronniers à Saumur, ou proche de la boule de la centrale nucléaire de Chinon, où la Loire cherche à vous balayer. On espère que la vitesse du courant va augmenter, ce qui permettrait de faciliter le chenal ». À l'image d'Alain Moreau, l'heure n'est pas encore à l'inquiétude pour Vincent Pocquereau : « Ça peut aller très vite, il peut pleuvoir beaucoup en mai et en juin prochain. C'était le cas l'année dernière, au moment de la crue de juin, où le débit de la Loire a grimpé jusqu'à 2 500 m³ par seconde ». Vincent Pocquereau précise toutefois qu'il n'est pas le plus à plaindre : « Nous avons l'avantage d'avoir des bateaux à faible tirant d'eau (1), c'est-à-dire 30 cm, ce qui ne nous empêche donc pas de naviguer. Mais pour Éric Frémont, qui fait passer les permis bateau sur la Loire, c'est une tout autre histoire avec un tirant d'eau à 60 cm. Il en bave vraiment. On espère tous qu'il va pleuvoir un peu en mai, voire qu'il arrive une belle crue, ce qui permettrait de rebalayer le sable de la Loire et d'éviter les gros bancs ». Et de préciser une chose importante : « S'il ne faut pas que la Loire baisse de trop, il ne faut pas pour autant enlever le sable... Il faut seulement pouvoir continuer à naviguer ! ».

Heureusement, la pluie devrait justement refaire son apparition en cette fin de mois d'avril 2017...

(1) La hauteur de la partie immergée du bateau qui varie en fonction de la charge transportée.


Article du 25 avril 2017 I Catégorie : Vie de la cité

 


2 commentaires :

25/04/2017 19:14:36 Commentaire de Voyer

Je me suis laissé dire (à vérifier) que la Loire participait au rafraîchissement de la centrale de Chinon, avec grosse inquiétude si le fleuve, trop bas, ne pouvait plus assumer cette fonction. Quelqu'un peut-il confirmer ou infirmer ?


17/08/2017 15:41:40 Commentaire de bastien

La Loire permet le refroidissement de la centrale. En cas de débit insuffisant il est prévu d'enrocher l'amont de la station de pompage afin de garantir un débit suffisant. En fonctionnement normal la centrale nécessite 6m3 par seconde et en rejette 4m3. Pour assuré le refroidissement 2m3 suffise.


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