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Social : Les salariés des Tourelles à Saumur veulent faire plier le département

Ils sont vexés, mais pas abattus. Les 83 salariés du foyer d'enfants Les Tourelles, 10 rue Basse Saint-Pierre à Saumur, ont organisé une réunion de crise ce mercredi 3 mai 2017. Pour rappel, ils sont mobilisés depuis environ 1 semaine contre un « plan social » élaboré par le département de Maine-et-Loire (relire nos articles ici et ici). Demain, la moitié d'entre eux sera à Angers pour manifester contre les réformes annoncées par le président Christian Gillet. Et ils sont prêts à faire beaucoup plus.



Le département souhaite refondre le fonctionnement de ses attributions sociales. Au total, cela correspond à un budget de 325 millions d'euros. Sur le volet famille et enfance, le département a décidé de lancer un appel à projets ouvert à destination d'entreprises et associations pour gérer ses foyers d'accueil. Aux Tourelles, à Saumur, c'est la stupeur depuis 1 semaine. Les 83 salariés craignent pour leurs postes et ont décidé de se battre contre cet appel à projets, qu'ils considèrent plutôt comme un « appel d'offres » et un « véritable plan social ». Qu'ils soient éducateurs spécialisés, éducateurs jeunes enfants, moniteurs éducateurs, puéricultrices, médiatrices familiales, psychologues, auxiliaires de puéricultrices, maîtres et maîtresses de maison, surveillants de nuit, agents d'entretien ou encore membre du service administratif, ils ont tous le même combat : celui de poursuivre l'accueil des enfants placés...

Une grève demain, mais pas de fermeture

Demain, jeudi 4 mai 2017, une cinquantaine d'entre eux se rendra à Angers, en covoiturage, pour participer à la grève organisée sur le boulevard Foch, à partir de 9h. Cette manifestation regroupera un grand nombre des acteurs sociaux du Maine-et-Loire, actuellement mis à mal par une refonte de l'aide à l'enfance mise en place par Christian Gillet, le président du département, et ses équipes. Une quarantaine de salariés du foyer des Tourelles à Saumur (1) organisait, ce mercredi 3 mai 2017, une réunion pour « faire le point sur les démarches effectuées depuis une semaine et pour mieux s'organiser dans la suite du mouvement », explique Denisia Gutulescu, éducatrice tous secteurs aux Tourelles. Une réunion animée par Julien Capelle (photo ci-contre), éducateur spécialisé et délégué du personnel Force Ouvrière (FO) aux Tourelles. Toutefois, il n'y aura pas de grève à Saumur et Les Tourelles continueront à fonctionner, comme l'affirme Romain Chouteau, éducateur spécialisé (secteur adolescence) : « Nous avons 77 enfants ici, de 0 à 21 ans, nous ne pouvons pas nous permettre de fermer, même pas une journée. Les Tourelles, à Saumur, c'est un site qui représente 150 ans d'histoire ».

Inquiétudes

Concernant Les Tourelles, Christian Gillet prévoit de ne conserver que 28 places pour les enfants, c'est-à-dire les places déjà accordées aux 0 à 3 ans à Saumur. « D'un point de vue financier, notre direction ne sait pas si le foyer peut survivre avec si peu de places », craint Julien Capelle. L'inquiétude, pour les salariés des Tourelles, c'est de voir le foyer fermer ou de fonctionner a minima. Ce qui veut dire des postes supprimés, beaucoup même. Si le département assure que des accompagnements à l'emploi et des embauches dans les nouvelles structures seront proposés, la peur est de mise : « On nous parle d'une bourse de l'emploi dans les nouvelles structures avec un accompagnement des services, mais nous n'y croyons pas. En cas de licenciement, nous perdrons nos acquis sociaux. Les entreprises que le département veut faire entrer sur le territoire ne respectent pas les conventions collectives et elles n'ont pas d'obligations de reprise des salariés », affirme Julien Capelle.

Convention collective 66

Les salariés des Tourelles sont affiliés à la convention collective 66. C'est celle qui est « légale » pour ces entreprises, précise Julien Capelle. Sous-entendu que les entreprises pressenties ne proposeraient pas celle-ci aux salariées, mais une autre beaucoup moins intéressante. Sur l'ensemble du département, ce sont 300 à 350 emplois du secteur social qui sont menacés par cette réorganisation.

Soutien affiché de la part de la Ville et de l'Agglo

La bonne nouvelle pour les salariés des Tourelles, malgré tout, c'est le soutien affiché par la Ville de Saumur et la Communauté d'Agglomération Saumur Val de Loire. « Nous avons rencontré Jackie Goulet et Jean-Michel Marchand, qui demandent le reclassement de tous les salariés des Tourelles au nom de la convention collective 66, par laquelle nous sommes régis. Ils feront remonter leur position auprès de Christian Gillet ». Julien Capelle a pu rencontrer hier soir, lors d'une « réunion cordiale », les conseillers départementaux Saumurois : Laurent Hamon, Françoise Damas, Guy Bertin et Marie Seyeux. Toutefois, « ils n'ont pas pu nous formuler des garanties sur notre reclassement ».

« Un foyer d'accueil coûte moins cher qu'une prison, c'est certain »

Les salariés des Tourelles l'assurent, ils réagiront. Julien Capelle : « Si Christian Gillet veut entrer dans un rapport de force, nous attaquerons. Outre la manifestation à Angers demain, nous avons et allons faire valoir notre démarche au marché de Saumur, tous les samedis. Nous prévoyons aussi des opérations « escargot ». Nous avons aussi lancé une page Facebook, il y a 5 jours, qui a déjà presque 1 000 soutiens (ndlr : consulter). Nous souhaitons créer un mouvement unique avec les autres associations concernées. Ensuite, nous ferons connaître notre mouvement auprès des gros médias ». Sur les pancartes et banderoles sorties après la réunion de « crise », aujourd'hui, on pouvait lire toute la colère des salariés Saumurois. Une colère exprimée par Julien Capelle : « J'ai une question à poser à Monsieur Gillet : il veut faire des économies, mais combien coûte la vie d'un enfant ? Et celle d'un salarié qui les accueille ? En touchant à nos conditions de travail, il touche à la qualité d'accueil des enfants, ici, alors qu'on se démène. Le département a ouvert une « boîte de Pandore » qu'il ne sait pas refermer. Nous sommes conscients que l'on coûte cher à court terme. Mais à long terme, nous représentons une économie inestimable. Ça a toujours coûté moins cher de prévenir que de guérir. Nos mômes sont en situation de rupture telle qu'ils peuvent être amenés à faire des conneries. Un foyer d'accueil coûte moins cher qu'une prison, c'est certain ». En plus de cette colère, les salariés sont également frustrés de devoir passer 6 à 18 mois d'inquiétude, ce qui correspond au délai de reprise des entreprises ou associations. « Comment peut-on vivre dans cette incertitude ? », conclut Julien Capelle.

(1) Le foyer pour enfants des Tourelles, à Saumur, compte 83 salariés, mais aussi une quinzaine de CDD.


Article du 03 mai 2017 I Catégorie : Vie de la cité

 


14 commentaires :

03/05/2017 17:43:05 Commentaire de seb

...des enfants de 0 a 21 ans .On est plus majeur a 18 ans?


03/05/2017 18:00:07 Commentaire de @mais

Mais, Damas ne devrait elle pas défendre l'emploi sur Saumur plutôt que jouer sa propre carte auprès de C.Gillet son très bon ami, que ne ferait on pas pour plaire , ah oui sacrifié 83 emplois


03/05/2017 18:06:55 Commentaire de LEBRUN

C'est quand même incroyable que ces enfants soutenus dans leur éducation et leur droit à une reconnaissance grâce aux éducateurs spécialisés, se retrouveraient ainsi "abandonnés" une 2ème fois ! c'est ainsi que les prisons déjà surpeuplées vont se retrouver encore plus surpeuplées ! et augmentation de l'insécurité ! c'est à l'encontre de leur redonner une seconde chance à ces enfants et adolescents en perte de repères et d'affection.


03/05/2017 18:37:08 Commentaire de bernadette fourré-jousselin "dite mémé"

s'ils sont encore aux Tourelles à 21 ans Mr. DSeb c'est qu'ils sont malheureusement considérés, comme des enfants médicalement, il faut réfléchir


03/05/2017 18:38:08 Commentaire de cdtalou

Il y a peut-être des économies à faire, mais pas sur le dos des enfants.


03/05/2017 20:15:42 Commentaire de Eric

Attention changement de lieu du rdv de la manif demain. La réunion prévue est déplacée au siège du conseil général. Une Assemblée Générale aura lieu également à la bourse du travail salle Péloutier à 18h.


03/05/2017 20:43:39 Commentaire de furax

Bon encore des travailleurs (ET SOCIAUX EN PLUS) laissés en plan! Puisque la raison principale invoquée semble être economique' trouve t on encore normal que les parents de ces pauvres enfants (qui en ont souvent plusieurs de places) qui n'ont rien demandés touchent toujours leurs allocations familiales? Hé oui c est comme cela. Et qu' on ne me dise pas que le lien familial est vraiment lié a cet argent et aux avantages divers liés! que nos élus se penchent enfin sur cela et calculent (plan local et surtout national) quelle économie cela ferait: allocation qui semblerait normale a reverser a ces associations' au profit direct des enfants


04/05/2017 07:12:27 Commentaire de LMB

Encore un service que la société se doit d'assurer pour compenser, aux frais des gens "aisés", ce qu'elle engendre comme malades et perturbés. Il est inadmissible de laisser à la charité publique cette frange malheureuse et dangereuse. On aimerait connaître vos propositions dans ce domaine, vous les candidats aux législatives. Kiosque bien-aimé, informez-nous plus complètement sur ces établissements discrets, sur la vie de ceux qui y travaillent, sur les raisons de cette diminution d'effectifs sans diminution connue des besoins. Titulaires de ces emplois menacés, parlez-nous de votre boulot.


04/05/2017 08:54:22 Commentaire de cosette

Tout simplement inadmissible de privilégier le fric. C est d enfants dont on parle


04/05/2017 14:28:29 Commentaire de Atteinteal'emploi

Et après on entendra un peu partout ....."les jeunes font que des conneries et veulent rien faire " c'est sur que si ont les dirigent de cette façon !!! Mais ont pourras dire ..... merci Mr Gillet ceci est de votre faute , mais il seras trop tard .


04/05/2017 16:40:01 Commentaire de seb

A mon avis a 21 ans ce sont des adultes reconnus avoir une maladie .M enfin bon apres tout ...


04/05/2017 18:23:42 Commentaire de bernadette fourré-jousselin "dite mémé"

a SEB,a mon avis à 21 ans ce sont des adultes, l'âge adulte ne veut pas dire qu'ils ont la maturité d'être adulte, ce sont encore des enfants malades quelle chance vous avez de n'en pas connaître autour de vous !!!! je crois que vous ne devez pas avoir souvent tort , c'est surtout cela


04/05/2017 20:26:20 Commentaire de scandalisé

Les conseillers départementaux cités n'ont pas le courage d'aller contre Gillet ! Ils devraient prendre position..... pour défendre l'emploi sur le saumurois plutôt que de simplement "écouter" les revendications du personnel des Tourelles . Quelle lâcheté!!! Quelle honte ( ils ont tous peur pour leur carrière politique) . De vrais moutons qui défendent soit disant les plus faibles


05/05/2017 12:27:49 Commentaire de seb

Donc c est bien des adultes.


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