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Edito de Michel Choupauvert : Angers se prend les pieds dans Google avec nos impôts ?

Je venais de remplir mes impôts sur internet quand j'ai feuilleté mon papyrus de l'Ouest. Quésaco ? Après la Chambre de Commerce de Maine et Loire, la ville d'Angers vient de signer un partenariat avec Google pour former les Angevins au numérique. Comment une collectivité a-t-elle pu se faire entourlouper par Google, le monstre du commerce mondial qui règne sans payer aucune taxe en France ? ! Lettre ouverte au maire d'Angers, Christophe Béchu.



"Angers a été choisi par Google pour lancer sa campagne nationale de formation au numérique, qui doit toucher 70 000 personnes dans 100 villes françaises. Un partenariat a été signé entre le maire de la Ville, Christophe Béchu et le directeur général de Google, Sébastien Missoffe. Il se concrétisera d'abord par deux jours d'animation au théâtre du Quai, vendredi et samedi où Google proposera des ateliers et formations gratuits et ouverts à tous. Jusqu'à la fin de l'année, vingt coachs aideront les Angevins à développer leurs compétences numériques avec des conseils personnalisés et des ateliers, " ai-je pu lire dans mon papyrus de l'Ouest. Sauf que les conseillers du maire d'Angers, n'ont pas dû suivre les actualités sur la "taxe Google" qui font régulièrement débat depuis 2012. Depuis cette date, à défaut d'une Europe solidaire sur la fiscalité des multinationales, la France et ses voisins essaient de récupérer la redevance des fuites financières organisées par Google, Amazone et consorts dans leurs souverains pays. Ils se battent pour récupérer les redevances sur leur commerce national qui part vers des paradis fiscaux. Les Anglais viennent, les premiers, de franchir un pas et de voter une loi.

"Monsieur le maire d'Angers,

permettez-moi de m'adresser à vous pour exprimer ma surprise suite au partenariat que vous venez de signer avec l'un des fers de lance des multinationales du commerce internet qui plombent une partie de l'économie européenne et nous enfoncent dans des restrictions budgétaires en provoquant des hausses de prélèvements fiscaux. En tant que Sénateur, vous savez que l'État essaie, en vain, depuis 2012 de créer la "taxe Google". Son objectif est de mettre fin aux pratiques des grandes multinationales qui déclarent leurs profits dans des pays à faible imposition, alors que leurs chiffres d’affaires sont réalisés ailleurs. Ces revenus indus sont difficiles à estimer, ils se compteraient en dizaines de milliards de dollars.

Tout s'expie ?

À priori l'idée est séduisante : "Améliorer ses compétences numériques." Et ça gratuitement ! Bah dites donc ! Il se peut que je n'aie pas compris et que Google soit devenu une entreprise philanthropique... Hum, je doute un peu. Permettez-moi de citer Louis Ferdinand Céline : "Rien n'est gratuit en ce bas monde. Tout s'expie, le bien comme le mal se paient tôt ou tard. Le bien c'est beaucoup plus cher forcément." Google mène simplement une stratégie d'implantation commerciale pour vendre des adwords (mot-clés) et adsenses (publicités). Ses parts de marchés sont déjà conséquentes et Google tire déjà des millions de bénéfices qui ne sont pas taxés sur nos territoires. Faut-il l'aider encore plus ? Croyez-vous cela utile, Monsieur le Maire ?

Pourquoi se tirer une balle dans le pied

Comme vous, je suis pour la libre concurrence et je suis persuadé qu'il faut aussi que les citoyens soient armés pour le monde numérique de demain. Faut-il, pour autant, se tirer une balle dans le pied pour atteindre cet objectif ? Il existe un arsenal, souvent local pour atteindre ce but et former aux nouvelles technologies. Connaissez-vous Qwant, le petit moteur de recherche européen qui cherche à conquérir 10% des internautes, en les sensibilisant au respect de leur vie privée sans cookies ni fichage de l'historique de navigation. Ses infrastructures de data-centers sont indépendantes et basées en France. Pour soutenir le développement de la start-up franco-allemande, la Banque européenne d'investissement lui avait déjà accordé un prêt de 25 millions d'euros en 2015. Là, la BPI vient de lui accorder 16 millions d'avance pour que l'Europe puisse exister." Ne croyez-vous pas, Monsieur Béchu, que ce moteur mérite d'être soutenu pour éviter l'impérialisme de Google ?

Concurrence technologique

D'autant que, comme vous, je suis fier de ma région et qu'Angers soit devenue la ville de l'objet connecté. Sachez Monsieur Béchu, que dans la course à la technologie dans laquelle se trouve en concurrence notre région, Google vient de marquer une avancée titanesque, grâce à ses énormes investissements en R&D. L'Intelligence artificielle que la firme développe a réussi, il y a quelque temps à battre un champion de jeu de go (un jeu de stratégie bien plus compliqué que les échecs (lire ici), et grâce à qui Google a-t-il pu investir autant et prendre une telle avance technologique ? Et oui grâce à nous...

Quand il y a compétition, c'est mieux que tout le monde joue avec les mêmes règles et cela ne sert à rien d'aider l'adversaire.

Voilà, Monsieur Béchu, j'espère que ce courrier interrogera vos équipes sur leur initiative à priori louable pour les citoyens, mais désastreuses pour les recettes fiscales du pays et dangereuses pour l'avenir de l'Europe.

Bien à vous,

Michel Choupauvert


Article du 13 mai 2017 I Catégorie : Vie de la cité

 


3 commentaires :

14/05/2017 15:51:07 Commentaire de Jean

Très bien ... Le moteur de recherche Qwant (QWANT) que vous citez une fois aurait pu l'être dix fois! Cela mérite beaucoup de publicité, autant que Google qui en a partout, et gratuitement, y compris dans votre article...


16/05/2017 09:03:53 Commentaire de David

d'accord avec vous, mais j'ai un doute: le Kiosque ne paie t- il pas pour son référencement ? il deviendrai le serpent qui se mord la queue mon cher Michel.. J'ai bien peur que vous aussi et vous surtout financez Ggle.


16/05/2017 09:50:28 Commentaire de La rédaction

Bonjour, Le Kiosque revend de la pub pour Google et touche de l'argent ainsi. Par ailleurs, le Kiosque dépend d'Ignis qui achète de l'espace pub, pour ses clients, chez Google ou Facebook. C'est pour ça que nous connaissons bien le sujet sans pour autant cautionner le fait que nous soyons, comme les autres contribuables, otages de ces entreprises. Nous sommes vraiment désolés de ne pas voir les législateurs réagir et légiférer contre ce pillage de notre économie.


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