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Protection de l'enfance : « Monsieur Gillet, retirez l’appel à projets, dans l’intérêt des enfants »

Ce lundi 29 mai 2017, entre 11h30 et 14h, les salariés du secteur de la protection de l'enfance en Maine-et-Loire se sont rassemblés place du Ralliement, à Angers. L'occasion pour les collectifs de protection de l'enfance du Maine-et-Loire d'organiser une conférence de presse, afin de répondre au Conseil Départemental qui « depuis plusieurs semaines, tente d’imposer le bien-fondé de son action » et qui « nous accuse d’instrumentaliser les enfants et les parents à notre profit ». Si les attaques envers Christian Gillet ne sont pas cachées, la main est encore tendue... et ce « dans l’intérêt des enfants ». Les déclarations des différents collectifs pour la protection de l'enfance en Maine-et-Loire, ci-dessous.



« Depuis plusieurs semaines, le Conseil Départemental tente d’imposer le bien-fondé de son action. Il nous accuse d’instrumentaliser les enfants et les parents à notre profit. Il nous semble important de faire entrer notre réalité dans le débat et d’apaiser le climat d’insécurité entretenu par la politique de division du Conseil Départemental. Nous nous interrogeons d’ailleurs sur cette notion d’instrumentalisation quand le Conseil Départemental utilise les fonds publics pour communiquer sur sa politique concernant la protection de l’enfance…

Nous voulons expliquer notre travail, nos missions dévolues au service de la protection de l’enfance et les personnes que nous accompagnons, afin que chacun prenne conscience de la priorité que nous représentons pour qui s’intéresse à l’avenir de nos sociétés.

La protection de l’enfance en Maine et Loire, accueille et accompagne environ 2000 enfants qui sont placés, majoritairement par la justice, car en danger ou risque de danger. Ces enfants ont, à chaque fois, un parcours de vie complexe et unique. Ils sont issus de familles momentanément fragilisées par la vie, la plupart du temps défavorisées.

Les associations gérant les foyers et leurs salariés accompagnent donc ces enfants et leurs familles, pour un temps donné. Les foyers où ces enfants sont accueillis leur permettent de grandir dans un cadre sécurisant, de poser des mots sur ce qu’ils ont vécu, les souffrances, les ruptures. Ils leur permettent aussi de réapprendre à jouer, à s’amuser comme n’importe quel enfant de leur âge. Travailleurs sociaux, maitresses de maison, veilleurs de nuit sont les réceptacles de toutes ces souffrances, de toutes ces histoires de vie. Chaque professionnel, outillé par la formation qu’il a suivie, accompagné par son équipe, son institution, tente d’apporter les réponses les plus adéquates à ce dont l’enfant a besoin. Il personnalise son approche, car chaque enfant est unique et son accompagnement nécessite du temps, des trésors d’adaptation et de l’imagination. C’est ainsi qu’au sein des foyers, nous aidons les enfants à grandir et à se préparer à leur future vie d’adulte dans la société.

Pour travailler, les éducateurs ont besoin de temps… Ils n’improvisent pas, ils réfléchissent, ils imaginent, pour construire un lien avec l’enfant et l’aider à cheminer, pour rencontrer sa famille, comprendre ses difficultés, l’aider à évoluer et rendre possible un retour de leur enfant au domicile.

L’éducatif, c’est aussi le temps du quotidien : le matin, le midi, le soir, la nuit. C’est réveiller les enfants, les emmener à l’école, chez le médecin, réparer un nounours, l’aider à faire ses leçons. L’éducatif c’est aussi le cycle de la vie : fêter un anniversaire, accompagner un deuil, se réjouir d’un diplôme... C’est se servir d’aujourd’hui pour préparer demain…

Depuis des années déjà, le secteur de l’accompagnement de l’enfance est la cible de tous les réajustements budgétaires au nom des sacro-saintes économies à faire aujourd’hui, au mépris des dépenses supplémentaires qu’elles engendreront demain. En quelques années, les internats d’Instituts thérapeutiques éducatif et pédagogique (I.T.E.P.), qui accueillent des enfants souffrant de
troubles du comportement, ont perdu de nombreuses places d’accueil. Certains de ces enfants se retrouvent donc dans nos foyers. Nous ne pouvons pas répondre aux besoins spécifiques de ces enfants alors que la présence d’éducateur dans nos associations y est deux fois moins importante. Comment dans ces conditions accompagner chaque enfant ?

Les travailleurs sociaux et leurs associations, malgré les difficultés grandissantes des enfants, malgré les baisses drastiques de budget renouvellent chaque jour, chaque heure, leur engagement auprès des enfants et des familles qu’ils accompagnent. Et forts de cet engagement, nous partageons avec le Conseil Départemental la nécessité de faire évoluer nos dispositifs d’accueil afin de multiplier nos outils, de nous adapter toujours plus aux difficultés des enfants et des familles, de nous mettre en adéquation entre les réalités des territoires et les places d’accueils disponibles.

Pourtant, le Conseil Départemental a fait le choix d’avancer seul, de construire hors sol une méthodologie d’appel à projets mettant en concurrence les associations, alors que les enfants que nous accompagnons méritent de la concertation et de l’apaisement. Il a fait le choix de cette politique seul, refusant les contre-propositions des associations, alors que nous apprenons à nos enfants les règles du dialogue et de la démocratie. Le département n’a pas pris la peine de consulter les acteurs sociaux accueillant les enfants que nous accompagnons, les juges des enfants, les services de pédopsychiatrie, les C.M.P., les écoles...

Le Conseil Départemental explique que toutes les associations faisaient du bon travail, mais il s’est senti obligé, pour les remercier, d’ouvrir l’appel à projets au niveau national.

Il justifie sa méthodologie en cassant du sucre sur le dos des associations. Il reproche ainsi à celles-ci de ne pas accueillir suffisamment de fratries, mais pour accueillir des fratries il faut avoir de la place et des moyens que le même Conseil Départemental ne nous accorde pas. Le CAP à Baugé, avait fait de l’accueil des fratries sa spécificité et cela ne l’empêche pas de disparaitre aujourd’hui…

Le Département raye de la carte un siècle de connaissance des territoires où nous habitons tous, des années de partenariat avec des écoles, des médecins, des bibliothèques, des municipalités… Les territoires du Choletais et du Saumurois, avec la disparition de l’A.P.A.E.C.H. et la quasi-disparition des Tourelles, vont perdre 150 années d’expérience porteuses d’évolutions et d’adaptations.

Le Conseil Départemental insiste sur le rapprochement des enfants et de leur famille, mais propose aux associations non retenues d’accueillir des enfants d’autres départements comme à Candé, où il est proposé à CASSIOPE d’accueillir des enfants du 93.

Le Conseil Départemental souhaite créer des places d’accueils d’enfants à visée thérapeutique, mais supprime d’un trait de crayon le foyer « les écureuils », à Montreuil-Juigné, qui en avait fait sa spécialité.

Le Conseil Départemental se tourne vers les placements au domicile des parents, mais élimine l’A.R.P.E.G.E. qui depuis 10 ans, à Angers, travaillait sur ces placements atypiques.

Le Conseil Départemental clame sa priorité à l’intérêt de l’enfant, mais 300 enfants, qui ont pu établir un lien de confiance avec leurs éducateurs, devront changer de lieu de vie, d’école,
d’éducateurs, d’amis. Nous ne préférons même pas aborder l’accompagnement des familles, inexistant dans la commande de l’appel à projets.

Nous avons besoin, pour travailler, de clarté, de marge de manœuvre, de confiance, là où le département établit une réponse rigide, pleine de contresens, illisible dans sa mise en place.

Le Conseil Départemental clame que sa priorité n’est pas la finance, mais profite des appels à projets pour raboter encore un peu plus les budgets des associations. Les gagnants des appels à projets sont rentrés dans les budgets en économisant de l’argent sur la masse salariale.

Demain le Département promet des reclassements pour les 350 salariés concernés, mais les nouveaux acteurs qui rentrent sur le territoire défendent une politique de recrutement basée sur l’embauche de personnels débutants ou non diplômés !!!! Si tel est le cas, à quel prix ? Un éducateur avec 20 ans de carrière devra-t-il revenir à un salaire de débutant ?

Demain le département promet des reclassements pour tous les salariés, mais annonce d’ores et déjà que les économies se feront sur les services généraux. Quid donc de nos collègues secrétaires, trésorières, personnels d’entretien, maitresses de maison.

Faut-il en comprendre que la société remercie ceux qui garantissent le lien social en niant leur droit à vivre décemment de leur métier ? Les perspectives de reclassement ne reposent aujourd’hui sur aucune garantie.

Nous souhaitons rappeler à tous que les enfants que nous accueillons font partie du même monde que nous, que ces enfants vont dans les mêmes écoles que vos enfants, qu’ils fréquentent les mêmes clubs de sport. Demain toute la souffrance qui ne pourra plus être soulagée au sein des institutions par manque de personnels qualifiés rejaillira dans les classes, les clubs de sports, dans les rues et à l’avenir, dans notre avenir à tous…

Le Conseil Départemental choisit de placer le malade sous perfusion alors qu’il suffirait de mettre les moyens pour le guérir définitivement ! Mais, une fois de plus, nos responsables préfèrent des économies à court terme pour s’enorgueillir d’une gestion saine alors que le coût social de ces appels à projets sera immense dans 10 ans…

Nous relevons, une fois de plus, le manque de transparence, l’opacité protégée par le cadre légal, car aujourd’hui on ne nous laisse toujours pas avoir accès aux réponses qu’ont proposées les associations gagnantes.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous appelons aujourd’hui tous ceux qui se sentent concernés par la question de l’enfance, pompiers, policiers, personnels de l’éducation nationale, infirmiers, aides à domicile et tous les autres, les citoyens, les familles, à se joindre à nous lors de la manifestation nationale du 12 juin, à 14h, à Angers.

Nous en appelons également à vous, Monsieur Gillet. Vous n’aurez pas manqué, ces dernières semaines, de remarquer l’engagement des salariés des associations de la protection de l’enfance. Vous avez forcément vu notre envie de continuer à accompagner ces enfants. Vous ne pouvez fermer les yeux sur l’esprit pacifiste de nos manifestations, à un moment où le monde regorge de violence. Nous vous tendons la main aujourd’hui, car vous pouvez devenir le premier président de Conseil Départemental à faire de la question de l’enfance en danger sa priorité. Les appels à projets nous ont divisés, en les retirant vous pouvez tous nous réunir autour de la même table pour construire ensemble, et en y mettant les moyens financiers nécessaires, inventer demain. Et dans 10 ans quand il faudra fermer des établissements, car le nombre d’enfants en danger aura enfin diminué, parce qu’on s’en sera donné la peine, personne ne pourra alors reprocher à votre successeur de fermer des institutions et tout le mérite vous en reviendra ! Les économies seront alors réelles et énormes…

Monsieur Gillet, nous vous tendons la main. Retirez l’appel à projets, nous repartirons ainsi sur des bases saines et pourrons réfléchir et travailler, ensemble, dans l’intérêt des enfants ».



Article du 29 mai 2017 I Catégorie : Vie de la cité

 


8 commentaires :

30/05/2017 00:52:21 Commentaire de tlj

Les Enfants sont un bon prétexte pour défendre les acquis d'une convention collective très avantageuse pour le personnel :la convention 66. trop de fonds publics sont gaspillés.Allez y Monsieur Gillet la concurrence des appels à projets stimulera ce secteur qui pour la majorité ne regarde que son nombril


30/05/2017 07:41:15 Commentaire de Cedric

"Un bon prétexte les enfants, pour défendre la convention 66"... mais bien sûr. Vous devez surment savoir ce que c'est notre métier pour dire des choses comme ça. Travailler 2 week end par mois, terminer à 22h ou 22h30 les 2/3 du temps de notre roulement de travail, et encore quand le groupe est calme et que l'on peux partir à l'heure. Car 2 éducateurs pour 12 enfants en difficulté, qui ont besoin de l'adulte, et d'attention... que lorsque l'on quitte le boulot on ne décroche pas vraiment, car on travaille avec des enfants et qu'on pense toujours à eux, parfois au détriment de notre famille et de nos propres enfants. Alors oui, nous avons 3 semaines de congés en plus dans l'année, ce qui nous permet d'être concentré sur notre travail, d'accompagner les enfants de faire des projets pour eux... mais à part ça, en quoi est elle si avantageuse?


30/05/2017 07:49:20 Commentaire de Pb

Convention 66 avantageuse? C'est une blague? Si les professionnels du social travaillaient vraiment pour les "avantages", ils ne s'useraient pas pour si peu..


30/05/2017 07:51:55 Commentaire de tlj la cata

et voila le travail, vous voyez a qui vous avez a faire? Alors, par pitié, faites les bons choix l!!!, quand on sait ce qu'il en est, ça fout les boules de jouer le rôle de régulateurs sociaux pour des gens comme ça, quand ça leur pétera dans la gueule ils comprendront (c'est pas sur) c'est pour ça qu'ils s'accrochent a n'importe quel pouvoir et qu'ils usent tant de la désinformation. C'est honteux de dire des choses pareilles tlj honte a cette classe sociale de nantis privillégiés, NON la gauche et la droite ce n'est pas pareil Bon sang faites donc confiance aux progressistes de gouvernement et contribuez pour améliorer si vous savez ce qu'il faut faire mais ne laissez pas dire ça, la vie de plein de gens démunis en dépend ça devient insupportable. .


30/05/2017 08:05:14 Commentaire de mettez leur une veste

enfin un article qui pose bien les problèmes malgré qq... si seulement il était signé, on pourrait amender.


30/05/2017 12:42:07 Commentaire de @tjl

Si gagner 1350 euros/net/mois c'est un privilège, et bien y'a des privilèges à tout les niveaux, pour sortir des conneries comme ça, c'est que justement vous devez faire parti de ces privilègiés incultes qui pensent qu'à leur g....., apprenez que les gagnants sont pour uberiser la protection sociale, avec une baisse des prix mais aucun service donc tu paie pour enrichir quelques uns, et oui même dans le sociale y'en a qui se font de l'argent et ce ne sont pas les salariés, Comme disait l'autre " les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait"


30/05/2017 13:57:54 Commentaire de Nostromo

Encore un beauf' qui jalouse son voisin. Mais on est bien dans la problématique du moment "comment financer le social?". Évidemment les besoins sont du côté de ceux qui n'ont pas les moyens financiers. Pour organiser les JO à Paris, le festival de Cannes on trouve le budget. Pour aider des enfants, payer des gens compétents, alors c'est plus difficile ! Elle est pas belle la vie ?


31/05/2017 18:49:36 Commentaire de tchernobill

Monsieur Gillet, retirez l'appel à projets dans l'intérêt...des salariés ...!


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