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Épieds : 2 mois de prison avec sursis pour avoir intimidé la maire

En 2014, Danielle Leguay est élue maire d’Épieds, petite commune de 800 habitants située près de Saumur. Peu de temps après son arrivée, elle met fin à d'étonnants d'arrangements au sein de sa municipalité. Elle découvre en effet que la secrétaire de mairie, sœur de l’ancien maire, et le cantonnier bénéficiaient de surprenants compléments de salaires (relire nos articles ici et ici). Le cantonnier était jugé hier au tribunal de Saumur pour « acte d’intimidation envers un élu public pour qu’il accomplisse ou s’abstienne d’acte de son mandat ». Il a été jugé à 2 mois d’emprisonnement avec sursis.


Danielle Leguay, maire de la commune d’Épieds


Les faits se sont déroulés au mois de septembre 2016. Gérald Maindron (44 ans), agent communal d’Épieds, est convoqué à un conseil de discipline le 16 septembre, suite à de nombreuses absences qualifiées d’« injustifiées » et lui valant des retenues sur son salaire.

« Mettez-moi un max de blâmes »

Le conseil est annulé, provoquant l’incompréhension du cantonnier qui, lui, souhaite « aller jusqu’au bout de la procédure », comme l’explique Me Brossard de l’AMF (Association des Maires de France), constituée partie civile dans cette affaire, mais soutien affiché de l'élue. Alors que l'agent demande à plusieurs reprises des explications auprès de la maire, les 12 et 13 septembre, celle-ci refuse pour des problèmes d’emploi du temps. Le 12 septembre, il fait irruption dans la salle du conseil et demande à l’élue « un max de blâmes », au milieu des regards stupéfaits des administrés. Jusqu’au 14 septembre, où l’histoire aurait pu dégénérer.

« Regardez-moi dans les yeux », « Je vous fais peur ? »

Le 14 septembre, alors que le cantonnier insiste pour obtenir des explications, Danielle Leguay lui explique qu’elle a un dossier urgent à boucler. Les 2 protagonistes quittent la salle du conseil municipal pour rejoindre le hall de la mairie et la porte de sortie. C’est à ce moment-là que Gérald Maindron aurait bloqué la porte avec son pied et tenté d’intimider l’élue par ces paroles : « Regardez-moi dans les yeux », avant de lancer un « Je vous fais peur ? » et de lui rappeler que l’élue n’était pas chez elle à la mairie et qu’elle n’y était de toute façon « plus pour longtemps ». Prise de panique et tétanisée par la stature imposante du cantonnier, Danielle Leguay va alors se réfugier dans la salle du conseil, en fermant la porte à clé.

« Je pensais réellement mourir dans l’après-midi »

Le cantonnier, lui, ne se souvient pas avoir proféré de telles paroles et avoir bloqué la porte avec son pied. « J’étais dans un état psychologique dépressif. Je voulais des explications le matin, car je pensais réellement mourir dans l’après-midi », a-t-il expliqué à la présidente du tribunal de Saumur. Malgré ses explications, l’agent communal a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés et écope d’une peine de 2 mois d’emprisonnement avec sursis, 600 euros de dommages et intérêts, 1 euro symbolique pour l’AMF et pour Danielle Leguay, mais aucune interdiction d’exercer son métier. Le procureur de la République avait pour sa part requis « une peine d’avertissement » de 6 mois de prison avec sursis. « Le casier de M. Maindron est vide, mais il ne faut pas qu'il recommence. Sinon, c'est la case prison », a-t-il ajouté.

« Si vous n’en êtes pas capable, il faut changer de métier »

La maire d’Épieds, fragilisée par cette affaire, évoquait tout au long de l’audience des pressions, des intimidations de la part d’« un petit collectif » qui souhaite sa démission depuis 3 ans. Me Tubiana, avocate de Danielle Leguay, a tenu à rappeler la situation d’inconfort dans laquelle se trouve sa cliente depuis son élection à la fin du mois de mars 2014 : « Mme Leguay est une femme honnête, loyale qui se dévoue pour faire vivre sa petite commune. Mais aujourd’hui, c’est une femme à bout ». L'élue avait d'ailleurs porté plainte à plusieurs reprises. Me Salquain, avocat de Gérald Maindron, a critiqué avec véhémence le nombre de plaintes déjà déposées par la maire d’Épieds : « Ce n’est pas une attitude d’élue, il faut être solide pour être maire. Si vous n’en êtes pas capable, il faut changer de métier ».


Article du 22 septembre 2017 I Catégorie : Vie de la cité

 


10 commentaires :

22/09/2017 14:24:12 Commentaire de ?

Et pour la secrétaire quel verdicte ?il était temp de faire le ménage .


22/09/2017 15:58:31 Commentaire de michel.

Un an d'arrét .Mais il a quoi le mr a part peut etre des remors.


22/09/2017 18:51:13 Commentaire de Tenez bon Madame la Mairesse

Votre action vous honore et s’inscrit dans le sens de l’avis général des Français qui veulent que les petits et grands accommodements avec les finances publiques cessent. Encore heureux que le cantonnier ait été jugé coupable avec une attitude pareille. Un arrêt de travail de 1 an a non seulement un certain coût mais a également grandement nuit à la sérénité de notre petite commune. En ce qui concerne les heures supplémentaires payées vraisemblablement indûment aux 2 agents privilégiés de la commune, nous ne pouvons qu’espérer que ces sommes soient restituées intégralement car il y a tant de projets d’investissements à Epieds qu’elles y seraient mieux employées. Pour ce qui est de la secrétaire de Mairie, sœur de l’ancien Maire, l’indemnité d’heures supplémentaires qui lui était versée est sans commune mesure avec le temps qu’elle fournissait à son poste. Celui-ci était d’ailleurs précédemment pourvu avant elle par son frère (devenu maire par la suite), mais avec un temps partiel, alors que certaines compétences n’étaient pas encore transférées à la Communauté d’Agglomération comme ce fut le cas pour elle!!! Et de plus il n’y avait pas de RTT à récupérer. De là à s’imaginer que par cette action son frère ait voulu l’aider à payer ses notoires et nombreuses créances il n’y a qu’un pas qu’il faudrait oser faire pour le vérifier car l’argent public n’est pas destiné à cela. Espérons donc qu’une juridiction appropriée s’emploie à faire toute la lumière sur cette fâcheuse affaire qui perturbe et divise notre petite commune.


22/09/2017 21:43:26 Commentaire de rodrigues

bravo Danielle pour ton courage et ton honnêteté !


22/09/2017 22:12:10 Commentaire de doubidoua

Une honte à la fonction publique, et au petite magouille entre famille , avec l'argent du contribuable, maintenant une lettre de licenciement pour cette énergumène, qui ce crois tout permis !!! Et la secrétaire? Pareil !!! Bravo madame le maire pour avoir dénoncé ce détournement d'argent public.


23/09/2017 10:15:05 Commentaire de Un epiedois

Dommage qu'une commune en soit arrivée à ce stade. Nous avons deux caractères fort : Mme La Maire a déjà 4 conseillers qui ont démissionné dont 2 premiers adjoints, ce qui laisse se poser des questions mais cela n'excuse pas le comportement du cantonnier. De plus, nous voilà comme l'affaire Fillon. Employer sa famille n'est jamais bon. Dommage que toutes ces histoires coûtent aux contribuables.


23/09/2017 15:21:31 Commentaire de Epiedois d'adoption

Et je crois avoir lu dans la presse que le cantonnier fait appel de son jugement !!!! Et bien tant mieux , je souhaite qu'il en reprenne encore le double et qu'il soit condamné a rembourser ce qu'il a VOLE aux contribuables de la commune plus les indemnités de sécurité sociale ....... en attendant Mme la Mairesse je vous souhaite du courage et une victoire digne de votre engagement .


23/09/2017 15:50:43 Commentaire de cerise

réponse d'Epiedoise à un Epiedois Oui, vous avez raison, 4 conseillers ont démissionné mais connaissez vous leurs motivations ? Pas sûr !!! beaucoup de communes du mandat de 2014 ont eu des conseillers démissionnaires (7 dans une du maine et loire) alors il faut parler en connaissance de cause cher "un Epiedois"


23/09/2017 21:30:55 Commentaire de Pas facile l’exercice de Maire à Epieds pour une étrangère

Etrangère au monde rural de la commune s’entend !! Epieds est une commune rurale dont les maires qui se sont passé le flambeau étaient non seulement de souche, mais surtout agriculteurs depuis la nuit des temps. D’ailleurs, J.L.ROY était encore secrétaire de mairie en 1994 mais le « conseil occulte des sages de la commune » (composé de qui devinez ?) voyaient d’un très mauvais œil une candidate aux élections de 1995 qui n’était ni de souche ni agricultrice. Alors à l’instigation de ce conseil dit de sages nous avons assisté à un tour de passe-passe adroit mais pas très démocratique. J.L.ROY a quitté son poste de secrétaire de Mairie d’Epieds pour une autre commune afin de pouvoir se présenter à la Mairie avec le soutien inconditionnel de la majorité des Epiedois de souche encore nombreux à cette époque. Dans le même moment la sœur de J.L. ROY était embauchée à la Mairie pour remplacer son frère et sans doute aussi le cantonnier incriminé actuellement car il était parent du maire sortant. Donc pas étonnant ce relent de xénophobie qui subsiste encore actuellement et qui nuit considérablement à madame la Mairesse dans l’exercice de ses fonctions. Pourtant sa carrière professionnelle l’a préparée bien mieux que d’autre à la gestion d’une commune, et sa rigueur dans la tenue des finances publiques en témoigne mais voilà, ça dérange dès que l’on n’accepte pas les petits accommodements locaux. Bon courage madame la Mairesse


23/09/2017 21:38:22 Commentaire de Dampierroise

Je connais particulièrement bien cette commune car je passais mes vacances scolaires avec ma famille à Bizay...j'ai aujourd'hui 70 ans et je retourne de temps en temps revoir cette petite maison de campagne, petit village très calme, nous connaissions tous les habitants, je suis attristée de voir ce qui s'y passe actuellement, je souhaite beaucoup de courage à Madame la mairesse Epieds et Bizay n'avaient pas besoin de cela....courage madame.


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