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Edito de Michel Choupauvert : des bonnets rouges pour les mariniers antitaxes ?

Une taxe sur la Loire de circulation comme les portiques d'écotaxe ?... C'est ce qu'a décidé d'imposer le département de Maine et Loire, sous l'impulsion de Bercy, il y a un petit peu plus d'un an. En 2013, les Bretons "Bonnets rouges" avaient abattu ceux imaginés par Sarkozy. Pour le moment, les mariniers de la douce Loire ont leurs bonnets de travers et refusent de payer. Vont-ils tronquer leur bleu couvre-chef de navigateur d'eau douce pour un rouge à l'instar des rebelles bretons ?


Qui a dit que la mobilisation ne payait pas quand elle était forte ou se croyait légitime ? En 2013, les bonnets rouges avaient réussi en 3 mois à faire retirer le projet de taxe sur les biens et marchandises qui circulent... À leur image, les mariniers de Loire vont-ils réussir leur combat contre la loi qui souhaite taxer leur occupation du fleuve sauvage... bien nommé ? Oubliée par l'État, la Loire est restée en l'état depuis la fin de la marine marchande au début du 20ème siècle... Tant et si bien que les paysages ont pu être préservés, la faune a pu se développer. Dans les années 1990, "Vent de Travers" et ses copains l'ont redécouvert et le plaisir de naviguer à l'ancienne dessus... Il ont trouvé du bonheur à regarder le temps qui passe entre les sternes et les aloses...

Tristesse

La Loire est sortie de son lit et aujourd'hui, c'est un millier de toues ou futreaux entre Orléans et Bouchemaine qui la réveille régulièrement. Le temps est passé par là, et l'association montée par "Vent de Travers" pour construire des bateaux traditionnels est en sommeil. La célèbre Pascale Carole est en train de pourrir sur la rive droite du Thouet à Saint-Hilaire et la toue, la Saumuroise a quitté la Loire pour faire de l'hébergement touristique dans un jardin... Peut-être que les membres de l'association qui ont pris la suite ont passé trop de temps à table pour parler de la Loire au lieu d'entretenir ce que leurs prédécesseurs leur avaient laissé... C'est vrai que prendre un bateau de Loire sous son bonnet, il faut en vouloir. C'est de l'investissement financier et personnel. Nombreux sont ceux qui ont vérifié la blague du plaisancier, la tête près de son bonnet : "il y a deux moments d'extase avec un bateau : le moment où tu l'achètes et celui ou tu le vends". Personnellement, je ne me suis jamais lancé, j'ai toujours considéré que la meilleure marque de bateau est le "BDA" : "le bateau des autres".

Du temps et de l'argent

Les mariniers ne sont pas des gros bonnets. Ceux qui les connaissent savent qu'ils mettent tout leur temps et leur argent pour avoir le plaisir de voir, sur la Loire, la vie changer de rythme. Alors, c'est normal qu'ils ne comprennent pas qu'on veuille les taxer pour leur plaisir simple, alors qu'ils ne disposent d'aucun service. "Mais qu'est-ce qu'on vient nous embêter alors qu'on ne fait rien pour nous. Au contraire, nous sommes utilisés comme argument touristique. On devrait à l'inverse être aidés !" peut-on entendre dans les mouillages entre toues et futreaux. Vu comme ça, ce n’est pas faux... Leurs contradicteurs considèrent que cette taxe pourrait être assimilée à une taxe foncière. Pourquoi pas. Oui, mais si je ne m'abuse, cet impôt a une contrepartie, la collectivité n'apporte-t-elle pas en limite de propriété des services comme l'accès, l'eau ou l'électricité ? Ce n'est pas bonnets blancs, blancs bonnets...

Bonnets rouges ?

Ce n'est pas certain qu'on aille à la révolution au pays de la Boule de Fort. D'autant que l'histoire de ces deux piliers locaux est intimement liée. La forme du jeu de boules viendrait de celle des cales des bateaux des mariniers... Il y a peut-être un lien. Alors comme à la boule, on louvoie, on trouve des travers. Récemment, le célèbre navigateur Gérard d'Aboville et son association viennent de classer la gabare la Nonchalante et la toue cabanée La Bijane, bateaux classés d'Intérêt Patrimonial pour leurs histoires et l'implication de leurs propriétaires Vincent Pocquereau et Roger Filliatreau. Il s'agit maintenant que le Ministère des finances accepte qu'elles ne soient pas assujetties à des taxes...

Une exonération de taxe ? Voilà, peut-être ce qui pourrait faire un précédent... À moins que ce ne soit une solution pour Bercy de calmer la révolte et trouver une solution pour les propriétaires de vieux gréements de Loire et de leur accorder des avantages, comme les possesseurs de voitures de collection ? Dans ce cas... Les propriétaires de bateaux plus récents paieront... Mais auront-ils accès aux services qu'ils sont en droit d'attendre ?

Michel Choupauvert


Article du 11 novembre 2017 I Catégorie : Vie de la cité

 


8 commentaires :


Commentaire de Retiveau 12/11/2017 09:29:56

Le Maine et Loire devrait prendre exemple sur les départements voisins . https://www.facebook.com/notes/rdv-au-parle-loire/am%C3%A9nagement-de-la-loire-%C3%A0-tours/188955531675526/ D ailleurs les collègues mariniers d Indre et Loire et Loiret n ont jamais entendus parlé de cette taxe. Plusieurs France ou les préfets ne voient pas la Loire de la même façon! Les campings caristes ou gens du voyages sont mieux vu que les mariniers Belle aire à quel coût ? Au frais du contribuable. Je vous invite à voir la dernière juste devant le camping Ile d offard . Le gérant du camping doit être très contant !



Commentaire de Citoyen 12/11/2017 10:41:37

Je reprends moi aussi le bonnet rouge, blanc, bleu de la contre-révolution marinière, semi-remorque- routière toute cette mafia qui prend en otage non seulement l'État, mais les citoyens lambdas ! J'ai connu les vrais mariniers de Loire, dont la profession était la pêche uniquement la pêche en eau claire. C'était une corporation, au sens noble du terme. À l'aube de notre ère nouvelle, fleurissent gabares, fûtreaux et autres toues cabanées ! Qui les barrent ? Des mariniers , Non ! Mais des skippers nouvelle vague de Bobos, de nouveaux ou anciens bourgeois ! Quelle pêche rapportent-ils dans leurs filets ? Caviar; truffes sous terraines protégées; et force cuvées de Champigny, Vouvray...Sauternes et Layons. Ces "Gens du voyage" ligérien ont les moyens de payer une taxe : ne polluent-ils pas notre vue comme les eaux du fleuve dit royal ? Quelle mauvaise foi de penser que les "caristes" et "gens du voyage" sont mieux lotis ! Y aurait-il un racisme larvé contre ces deux associations ? Touchés, coulés !!!



Commentaire de Pas de service? 12/11/2017 11:57:51

Et le balisage c'est du poulet??? Et l'entretien des levées et les études hydrologiques (a cause des exes déjà : prélèvements de sable, épis de dragage du chenal pour la nav commerciale en aval d'Angers) c'est la faute a Rousseau??? 100% ok avec citoyen, arrêtez de nous prendre pour des imbéciles, les bonnets rouges n'ont réussi qu'a faire payer a tous l'entretien des routes ce qui profite plus a certains qu'a d'autres (pour ne pas le nommer le transport routier et ses clients de l'agro industrie) ceux qui les dégradent le plus et le plus vite de surcroît. Alors les bonnets rouges non merci. Ils veulent l'eau et l’électricité? d'abord vous oubliez l'assainissement, et pourquoi pas le gaz de ville tant qu'on y est. ça c'est les services d'un port de plaisance et ça se paye. Trés cher, car c'est souvent concédé au privé. C'est p'têt un créneau pour les investisseurs du dimanche qui savent pas quoi faire de leur fric... Il y aurait de quoi rire si c'était pas si dramatiquement bête. PS pour l'idée des bateaux d'intérêt patrimonial, on dit merci...



Commentaire de Pas de services? 12/11/2017 12:06:17

A l'appui, lire cet article dans la même édition ci dessous. Excelente illustration merci le Kiosque. Vivre et Dormir à Port Boulet: "La route ne passera pas l'hiver"



Commentaire de Pocquereau 12/11/2017 12:23:58

Message à citoyen. Mon pauvre citoyen, vous mélangé tout, cela ne vaut pas le coup de vous répondre, juste une chose réponse d'un buté,



Commentaire de Francis Prior 12/11/2017 13:22:04

Monsieur Choupauvert, il n'y a aucune contrepartie à un impôt ce n'est pas un prix. La taxe est simplement une redevance pour utilisation privative du domaine public comme la cafetiers en paient pour la seule utilisation du bien collectif qu'est la voirie publique. Il n'y a donc pas de service à attendre en face du paiement. Que la question se pose du montant, du mode de perception mais le bien fondé est évident. Les bonnets rouges et le gouvernement qui a choisi de renoncer à un dispositif voté à la quasi unanimité du parlement ont fait un bien mauvais cadeau à la République. Aussi bien sur le manque à gagner pour les transports collectifs puisque la recette était fléchée en cette direction que pour la protection des entreprises de proximité. Les camions étrangers ne passent par l'autoroute mais par les routes gratuites à deux fois deux voies payées par nos contributions sans aucun retour.



Commentaire de Alain landry 12/11/2017 17:37:00

Comment une toue a l abandon...rt on m a rien dit... Oui cest vrai qu une toue ca coute.. les chevaux de trait aussi



Commentaire de Retiveau 12/11/2017 19:44:11

A bon entendeur En eau douce... Une nuit sur la Loire... Il était une fois deux amoureux qui eurent le désir de passer une nuit de tendresse au milieu de l’eau. La Loire permet ce genre de fantaisie par le truchement de quelques mariniers coquins et avisés, offrant de fort belles toues cabanées afin que puisse se réaliser ce phantasme accessible désormais, dans le plus grand confort. C’est donc juste en face du magnifique village de Candes-Saint-Martin que se déroula cette histoire sur le bateau de l’ami Denis R, un vigneron d’exception et un hôtelier fluvial. Tout commença pour notre Juliette et son Roméo par un somptueux dîner aux chandelles. Le maître des lieux étant en relation avec un chef étoilé qui avait conçu pour lui et ses hôtes un repas à la cassolette de grande classe, permettant au timonier de réchauffer et de servir avec les moyens du bord. Quant aux vins, ils venaient naturellement de la propriété du capitaine ce qui ne peut nuire à la qualité de la prestation. Une fois les agapes achevées, Denis, en homme de Loire discret, s’en retourna à terre, laissant nos deux tourtereaux à leurs amours. Seuls entre Loire et Vienne, les deux amants purent ainsi se livrer à un petit pas de valse qui se danse de mille et une manières quand le désir se conjugue avec la passion. Nous ne saurions leur jeter la pierre et tout au contraire envions la fougue de cette jeunesse exaltée par l’empire des sens. Roméo, après avoir une première fois fait chavirer le cœur et les sentiments de sa belle qui lui avait rendu la même gratifiante récompense, voulut deviser avec la dame toute pâmée sur le pont. C’était une nuit de pleine Lune, une clarté angélique baignait la confluence des deux rivières. Au loin, le château de Montsoreau donnait à la scène des allures de conte de fées. Il ne manquait plus qu’un petit air de violon pour souligner les propos du jeune homme. Il avait l’humeur poétique, il était exalté par les ébats qu’ils venaient de partager en une fusion sans pareille. Il lui déclara son amour tout en lui expliquant que la nature entière se mettait au diapason, que rien en cet instant ne pouvait être plus beau pour célébrer leur union. Il est vrai qu’un silence trompeur accompagnait son discours et que la tiédeur de cet été naissant était de nature à croire en l’harmonie universelle. Pourtant, à deux pas de là se poursuivait l’impitoyable tragédie du jeu de la survie. Tout commença quand une mouette plongea brusquement dans les flots, attrapant au passage une ablette qui allait vivre son seul et unique baptême de l’air. Le petit poisson tenta bien de frétiller tandis que l’oiseau remontait dans le ciel étoilé. De son œil rond et étonné, le poisson vit la Lune avant de succomber d’un coup de bec fatal. Au fond de l’eau, d’autres drames se déroulaient sans que nos deux étourdis d’amour n’en sachent rien. Un silure, toujours à l'affût, ouvrit grand son effroyable gueule. Une tanche en goguette se vit littéralement aspirée par le monstre. Elle fut déchirée avant de disparaître, avalée par l’animal vorace. Non loin de là, une grenouille sur la rive détendit sa langue pour prendre à son piège une gracile libellule. La pauvrette n’eut pas le temps de comprendre, qu’elle se trouvait engluée et tétanisée. Elle disparut sans même un ultime adieu pour celles de son espèce. Le batracien ne profita guère de son forfait, un héron en chasse l’attrapa dans son long bec. Elle connut, elle aussi, les affres qu’elle avait fait subir à l’insecte, victime d’un terrible harpon. Une carpe passa dans le secteur. Elle vit une écrevisse qui venait de se délecter d’un ver. Son repas n’eut pas le temps de lui faire profit, le gros poisson lui régla à son tour un vilain sort. Tandis qu’à deux brassées de là, une vipère se fit un festin d’un bébé sterne tout juste sorti de son œuf. Une fois encore, la chaîne alimentaire joua de sa terrible loterie et le reptile qui était remonté sur la berge fut avalé par un blaireau. Nos deux amants s’embrassaient, persuadés que le monde était à leur diapason. C’est confiant en l’avenir qu’ils retournèrent célébrer à nouveau leur passion dans une belle sarabande des corps. Cette fois, la nature joua son rôle et un petit spermatozoïde plus aventureux que les autres se glissa subrepticement dans un ovule qui ne demandait qu’à être fécondé. À voir la toue chavirer de bonheur et à entendre dans le silence de cette belle nuit ligérienne le sublime chant d'extase de la future mère, il est permis de penser que le jeu de la vie et de la mort est le plus beau qui soit. Un être allait naître de cette nuit enchanteresse. Des centaines d’autres avaient connu sort moins enviable. C’est ainsi que se joue la tragédie de la vie. Il nous appartient de souhaiter longue et belle vie à ce petit enfant à naître qui, à son tour, participera prochainement à ce mystérieux cycle des espèces. Le jour allait se lever entre Vienne et Loire, les deux amants, étourdis de leurs folies s’endormaient enfin. Puissent-ils jouir longtemps encore de ce merveilleux bonheur ! Cyclement leur. En eau douce...


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