Dossier 1968-2018 à Saumur : Mai 68, 50 ans déjà (3). Avant-goût, la grève générale du 17 mai 67

A la veille de mouvements sociaux, ce jeudi 22 mars 2018, revenons sur l'un de ceux qui fut une des prémisses de Mai 68 à Saumur. Sécurité sociale, garantie familiale, droit syndical dans l'entreprise, droit au travail ou encore unité, tels étaient les slogans qui s'affichaient sur les banderoles de la mobilisation générale du 17 mai 1967. Une mobilisation aussi contre les pleins pouvoirs. Qu'en fut-il à Saumur ?


A Saumur, répondant à l'appel unanime des centrales syndicales CGT, CFS=DT, CGT-FO et FEN, les travailleurs saumurois de tous les secteurs de étaient mobilisés pour une grève de 24h. Il exhortaient le fait qu'un mois à peine après la rentrée du nouveau Parlement, le gouvernement avait recourt à la procédure exceptionnelle des ordonnances pour prendre en toute hâte des mesures sévères touchant divers secteurs de l'économie. Voici un extrait de la lettre ouverte adressée à Messieurs Rivain et Hauret, alors députés de Saumur ainsi qu'à Lucien Gautier, sénateur-maire de Saumur : « Nous croyons devoir attirer votre attention sur les lourdes responsabilités que chaque parlementaire assurera lors du débat sur la question des pleins pouvoirs. Il est évident que les travailleurs saumurois associeront dans une même réprobation le gouvernement qui agit d'une manière aussi autoritaire et les parlementaires qui donneraient leur assentiment à ces procédures et accepteraient par là même un abandon inadmissible de leurs prérogatives. Les travailleurs, les assurés sociaux, les allocataires familiaux sont fermement décidé à défendre leurs droits ».



Près d'un millier de travailleurs dans les rues de Saumur

Ce mouvement de grève du 17 mai a été assez largement suivi dans les établissements publics et les entreprises privées de Saumur. Par ailleurs le trafic en gare de Saumur a été pour ainsi nul : seuls passages, celui d'un autorail régional le matin et celui de l'express à destination de Paris dans l'après-midi.
Près d'un millier de personnes étaient au meeting saumurois à l'appel des syndicats, initialement prévu dans la salle du « théâtre municipal », trop petite pour l'occasion. C'est donc devant l'Hôtel de ville que les orateurs se sont enchaînés. Cette réunion fut suivie d'un défilé conduisant les manifestants de la Sous-préfecture à l'Hôtel de Ville. Quant à la participation au mouvement, un sondage a permis d'estimer la participation à 80% dans les services publics, une forte participation dans les vins et mousseux, champignonnières et dans les entreprises installées sur la zone industrielle du Clos Bonnet, au Chemin Vert.



Le syndicat autonome des agents municipaux de Saumur absent de la mobilisation


Par contre, le syndicat autonome du personnel municipal de la Ville de Saumur ne s'est pas associé au mouvement, estimant ce mouvement comme hautement politique. Il a lui aussi adressé une lettre ouverte aux députés et sénateurs de Maine et Loire : « Le syndicat autonome du personnel municipal de la ville de Saumur, conformément aux directives de la Fédération nationale autonome des agents communaux ne s'est pas associé au mouvement de grève du 17 mai 1967, qu'il juge trop politisa. Le syndicat ne veut pas en cela dévier de sa ligne de conduite qui est celle de la seule défense des intérêts des travailleurs en dehors des querelles opposant tendances politiques et partis. Toutefois et malgré leur non participation, l'attention des élus, et plus particulièrement celle des élus de Maine et Loire, est appelée sur l'hostilité du Syndicat autonome à l'égard de la procédure des pleins pouvoirs, apparaissant comme contraire à l'esprit de concertation et de dialogue que nous avons toujours préconisé ; et qui est la marque véritable de la démocratie économique et sociale. Le syndicat rappelle aux élus que l'abandon des prérogatives attachées à leur fonction, serait considéré comme une fuite devant leurs responsabilités par tous ceux, salariés de la fonction communale, qui seraient plus gravement atteints qu'ils ne le sont déjà, dans le cas où cette procédure amènerait une diminution du pouvoir d'achat des travailleurs sous quelque forme que ce soit. Le cautionnement d'une telle politique sociale ne pourrait, en effet, que les desservir. »


Article du 21 mars 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


1 commentaire :


Commentaire de a mediter 22/03/2018 12:38:15

Nous pouvons constater qu'a l'epoque la cfdt devait avoir un soupcon de couille car elle etait présenteen 1967.En 2018 par contre elle est com dab la grande absente des manifs car aprés avoir bien ciré les pompes des directions et de l'état,il serait de mauvais gout de descendre dans la rue.Mais n'empeche que nous allons quand meme les voirs cette année pour les élections ,et la nous allons avoir droit au jolie discours habituel.La cfdt est la pour les agents et l'ensemble du personnel,sauf que l'ensemble du personnel de direction.Mais le plus impressionnat est quand meme que des gens continus



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