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Le Mag'Hebdo. L'État actif dans la bataille de l'emploi en Saumurois

Pour répondre aux difficultés de recrutement que rencontrent encore trop souvent les entreprises du territoire saumurois et faire sauter les verrous d’accès à l’emploi, le sous-préfet de Saumur, en partenariat avec l'antenne Pôle Emploi avait convier des chefs d'entreprise à une table ronde ce mercredi 14 mars. Une dizaine a répondu présente.


« La volonté de l'Etat c'est d'associer les acteurs de l'économie en favorisant des passerelles notamment dans un sinistré comme le Saumurois, en tout état de cause plus que ses voisins, » a rappelé le sous-préfet de Saumur, Jean-Yves Hazoumé en introduction de cette rencontre. « L'objectif est d'établir une feuille de route qui nous permette de trouver les pistes et se donner les moyens pour sortir Saumur et le Saumurois de cette image de belle endormie. Et je veux inciter les entreprises à recruter localement, c'est un devoir social.»
Ainsi, ce mercredi matin aux aurores dans les locaux de Pôle Emploi de Saumur ont répondu à l'invitation du sous-Préfet une dizaine d'entreprises (1), mais aussi un représentant de la région, l'assistante parlementaire de la députée Laétitia Saint-Paul, l'Agence de développement, la mission locale, Cap Emploi et la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi). Après un état des lieux chiffrés en main du représentant de la DIRECCTE, Christophe Béal, 2 heures durant les témoignages se sont succédé, faisant état des expériences et des besoins, notamment en matière de difficultés de recrutement, comme nous nous en étions fait l'écho dans une série d'articles (2).

Des chiffres éloquents

Pour Christophe Béal, de la DIRECCTE, « alors que la reprise économique est progressive au niveau national, l'activité augmente fortement dans la région des Pays de la Loire, ce qui fait apparaître des tensions sur le recrutement dans de nombreux métiers de l'industrie qui offre pourtant le plus fort taux d'emploi durable de l'ensemble des secteurs d'activités (71% des emplois). La part des embauches en CDI a atteint un plus haut taux depuis le début des années 2000. Mais 42% des industriels interrogés fin octobre 2017 par l'INSEE disaient rencontrer des difficultés de recrutement. » Et de citer le top 10 des emplois sous tension : tuyauteurs , chaudronniers-tôliers-métalliers, régleurs qualifiés, ouvriers qualifiés dans la métallerie, dessinateurs mécaniques, mais aussi ingénieurs, cadres études et R1D dans l'industrie... Une liste dans laquelle se sont retrouvés les protagonistes autour de la table.

Des clefs de lecture

Puis Thomas Guilmet, directeur de l'Agence de développement et de la Maison de l'emploi de Saumur Val de Loire a souhaité donner des clefs de lecture : « Nous avons un tissu industriel saumurois très diversifié, c'est une force, mais aussi une faiblesse. En plus, notre territoire est essentiellement composé de TPE et PME, nous n'avons pas de réelle locomotive industrielle. Et puis il y a la problématique de l'attractivité du territoire : c'est difficile de faire venir de vraie compétence et nous avons la population la moins formée des Pays de la Loire, notamment 35% des 15-25 ans. L'industrie n'y est pas visible par rapport à l'image du Saumurois qui repose sur le cheval, le vin et le patrimoine. Or les gens n'ont pas forcément envie d'habiter là où ils passent leurs vacances. Enfin dernière problématique, celle de la mobilité des populations, notamment celles peu qualifiées. »

10 000 inscrits à Pôle Emploi de Saumur


Paradoxalement à ces besoins de recrutement des entreprises du Saumurois, il faut savoir qu'ici en Saumurois, 10 000 personnes sont inscrites à Pôle Emploi... Mais Catherine Augereau, directrice de l'antenne saumuroise de tempérer : « Certes, mais la réalité, c'est qu'une personne sur deux travaille régulièrement, car notre bassin est très saisonnier. Par ailleurs, 3 demandeurs d'emploi sur 4 a un niveau inférieur au Bac, les compétences n'existent guère. Notre mission c'est donc bien de créer de la compétence et d'accompagner la transition professionnelle, avec l'idée d'amener ces "une personne sur deux" qui travaille vers de l'emploi durable. C'est pourquoi aussi, nous avons besoin de connaître le besoin des entreprises pour acheter des formations adéquates.»

Des formations en interne


Dominique Thomann, responsable du site Ponticelli à Saumur : « Quand nous sommes arrivés ici il y a 6 ans, nous n'avions pour ainsi dire pas de personnel. Et nous savions qu'il n'y avait pas forcément de personnels qualifiés dans le Saumurois, notamment dans notre secteur qu'est la tuyauterie et la soudure. Donc nous avons pris pour option de former en interne et de passer par le recrutement via le Métal Job. Aujourd'hui nous en avons 65 salariés, dont 90% tous recrutés en local. Et nous recrutons encore, mais nos métiers sont véritablement sous tension et nous avons besoin que les gens soient mobiles. »

Une chef de party devenue soudeuse

A ses côtés, Joanna Varrain, une soudeuse au parcours atypique : « J'ai commencé par un BEP cuisine à Saumur, puis ai passé un Bac général. Durant 5 années, j'ai fait des saisons dans le domaine de la restauration et ai été chef de cuisine en Corse, mon objectif était atteint. Mais au bout de 2 ans, mon contrat arrivait à échéance, je suis revenue à Saumur. Via Pôle emploi, j'ai participé à une réunion d'information sur le métier de soudeur et cela correspondait à mes attentes. Quoiqu'ayant un CV de chef de party, j'ai participé à la méthode recrutement par simulation (NDLR méthode mise en place par Pôle emploi pour détecter les aptitudes) et ai été retenue par Ponticelli. Enfin, j'ai passé 9 mois en immersion dans l'entreprise et en formation, via un organisme agréé. Aujourd'hui, je suis soudeuse en CDI. C'est un métier qui me passionne et qui est beaucoup plus confortable, car j'ai la stabilité. »

Une secrétaire de formation devenue opératrice sur presse

Autre témoignage, celui de Sandrine Le Flohic, en poste chez Martineau (médailles et petits objets qui ont du sens), au poste d'opératrice de presse : « Après un CAP et BEP Secrétariat, j'ai passé un Bac G (gestion). J'ai cherché bien évidemment dans ma branche, sans trouver. Par le biais de Cap Emploi, j'ai suivi une formation multi-sectorielle, aspirant au départ à devenir aide-soignante. Puis cap Emploi m'a informé d'un recrutement chez Martineau, entreprise dans laquelle j'ai effectué un stage. Cela me plaisant, j'ai continué sur une période de formation en interne (période qui se terminera fin mars).» Et la jeune femme qui vient d'apprendre qu'à l'issue de sa formation elle serait embauchée, de le dire clairement : « Ici en Saumurois, il y a de l'emploi. Chacun doit se remettre en question, la preuve, personnellement je suis arrivée à concilier aptitude et souhait. »

L'interim une solution, mais pas durable

Pour le dirigeant de SCP, il y a aussi une autre problématique : « Nous passons par le recrutement d'interimaires, mais clairement il y a des gens qui ne veulent pas passer en CDI, souhaitant rester dans l'interim, notamment du fait de la prime de précarité ou encore de la possibilité d'aller et venir quand ils le souhaitent. En plus le rechargement de leurs droits ASSEDIC à l'ssue de leur période d'interim leur permet de continuer sur cette voie. » Et la PDG de Premier Tech, ex Faliénor, de rajouter : « Nous avons aussi une problématique au niveau des équipes d'encadrement intermédiaire : dès lors il y a le problème des entrants qui ne sont pas forcément bien « tuteurés » et celui de la cohabitation avec les anciens. » A cela la directrice de Pôle Emploi de l'annoncer : « Nous venons de lancer une formation de manager, justement pour former des encadrants intermédiaires. Cette formation est mise en place avec l'ESCA d' Angers. »

L'importance du réseau

A la fin de cette matinée, le Préfet Jean-Yves Hazoumé n'a pas manqué d'informer sur le réseau transcompétences mis en place sur le territoire, une partenariat entre la Maison de l'Emploi Saumur Val de Loire et OPCALIA (3). Par ce biais, les salariés peuvent passer d'une entreprise à une autre et revenir, s'ils le souhaitent, dans l'entreprise initiale. Une douzaine d'entreprises se sont inscrites dans ce réseau à ce jour et « cela répond à un vrai problème de disponibilité et de motivation au sein des entreprises », signifie Thomas Guilmet. Pour le responsable RH de ATM Pet Food, l'idée est simple : « Il s'agit de pouvoir faire face à des coups durs ou encore de susciter la mobilité et l'envie de changement, en étant accueilli dans une autre entreprise du réseau. » Et donc le sous-préfet de conclure : « On se rend compte combien il est important de fonctionner en réseau. Et c'est pourquoi des rencontres comme celles d'aujourd'hui ont tout leur sens sur notre territoire. »

(1) Les entreprises présentes : Ponticelli, Premier Tech, ACML, Gratien&Meyer, Martineau, Carolex, La Tourangelle, ATM Pet Food et SCP.

(2) Notre série d'article :
- Article du 09/10/2017 : http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?i...
- Article du 19/10/2017 : http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?i...
- Article du 25/10/2017 : http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?i...

(3) OPCALIA : En France, toute entreprise, quelle que soit sa taille, a pour obligation de participer au financement de la Formation professionnelle continue (FPC) des salariés. Cette obligation prend la forme d’une cotisation annuelle, calculée en fonction de la taille de l’entreprise et assise sur sa Masse salariale brute (MSB). En tant qu’Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA), Opcalia est géré par les partenaires sociaux et a obtenu un agrément des pouvoirs publics pour collecter ces cotisations annuelles. Grâce à ces fonds, Opcalia finance la formation des salariés à travers différents dispositifs.
Le Réseau Transcompétence porté par OPCALIA sur le territoire de Saumur Val de Loire : Sur l’initiative d’OPCALIA et de la DIRECCTE Pays de la Loire, en partenariat avec la Maison de l’Emploi Saumur Val de Loire, qui accompagnent la démarche, un groupe d’une vingtaine d’entreprises volontaires du Saumurois, représentées par leurs dirigeants ou leurs DRH/RRH a décidé, en s’appuyant sur les diagnostics territoriaux réalisés à l’échelle du territoire Saumurois, de s’engager dans une démarche de partage des compétences et de création d’opportunités de mobilité professionnelle sur le bassin d’emploi du Saumurois.


Article du 15 mars 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


5 commentaires :


Commentaire de Jean 15/03/2018 17:49:51

Bravo pour cette analyse détaillée et passionnante: il y a beaucoup d'emplois ..et beaucoup de mauvaises informations ou préjugés.
Mais la chef de"party" est en réalité ...de"partie", c'est un poste de cuisinier.



Commentaire de ruiz 15/03/2018 17:49:56

bonjour
belle initiative !
que les entreprises qui recrutent se fassent connaitre
quels emplois proposent elles?
quelle formation ?
quel salaire?

JE SUIS SANS EMPLOI J'attends des propositions
merci



Commentaire de Béatrice 15/03/2018 18:20:25

Votre article est bon, sincère, vrai.

J'étais bien sûr présente, en tant que DRH, contente que nos collègues entrepreneurs soient eux aussi présents.

Je constate simplement que cet organisme, payé par l'état, donc le contribuable, ne soit pas présent chez nous : on ne voit personne!

Des anciens collègues me disent que "de leur temps", des salarié(e)s de l'ANPE venaient les voir;; ils s'intéressaient à leur entreprise, à leur activité, peut-être . je ne sais pas.
Ils aidaient au recrutement, paraît-il...
Semaine dernière, mon patron m'a demandé d'appeler POLE EMPLOI, pour recruter 2 , voire 3 salariés.

J'ai été bien reçue, j'ai donné les fiches de poste, mais visiblement elle ne connaissait rien sur nos métiers, pas même sur le lieu de notre implantation, pourtant sur une zone industrielle connue.
Elle m'a dit ne pas pouvoir venir nous rencontrer.

C'est tout, je n'ai rien à rajouter là-dessus: pourquoi ça se passe comme ça avec cet organisme d'état?



Commentaire de Jinny 15/03/2018 21:53:13

Je m'interroge ... difficulté de recrutement ? que dire des sociétés qui ne cherchent même pas à recevoir des candidats avec de l'expérience et des compétences en adéquation avec le poste proposé ?
Et en plus il faut les relancer pour obtenir une réponse pourtant par mail c'est facile, rapide et c'est beaucoup pour celui ou celle qui a mis beaucoup d'énergie, d'espoir dans une lettre de candidature.....



Commentaire de Ruiz 16/03/2018 07:11:29

J'ai beaucoup de mal à croire que des postes sont à pourvoir dans le saumurois Éditez une liste svp


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