Le Mag'Hebdo. Azay le Rideau : Siège d'une des plus importantes missions humanitaires. Reportage

Azay le Rideau, entre Tours et Saumur, est le siège d'une des toutes premières ONG (Organisation Non Gouvernementale) ou plutôt OSI (Organisation de Solidarité Internationale) en France. Elle œuvre plus particulièrement dans le secteur de la santé et de l'enfance et reçoit, tous les mois, à raison d'1 journée et demie d'immersion pas moins d'une cinquantaine de personnes désireuses de partir pour des missions de courte durée. Un des membre de l'équipe du kiosque s'est immergé. Reportage


Des ONG, il en existe des centaines, toutes plus ou moins agréées, ou encore spécialisées dans tels ou tels domaines. Personnellement, j'ai fait le choix de partir en séminaire avec Mission Humanitaire, dont le siège est à Azay-le-Rideau. Ce n'est pas une ONG qui agit dans l'urgence humanitaire, mais dans le suivi, notamment dans le secteur médical et pédagogique. Depuis 20 ans, Mission humanitaire est reconnue pour être la seule Organisation de Solidarité Internationale (OSI) qui offre la possibilité aux quelques 600 bénévoles sur une soixantaine de missions de 2 à 3 semaines par an, du secteur médical ou non, de participer en son sein à près de 60 missions de santé par an (accès aux soins, développement sanitaire, éducation, prévention) auprès de populations défavorisées, notamment en Afrique (Togo, Bénin) et en Asie (Inde et Cambodge) mais aussi à Madagascar.

Immersion en séminaire


Alors que je pensais que nous ne serions qu'une petite dizaine de personnes à 8h30 ce samedi matin, une cinquantaine de personnes étaient au rendez-vous à la MFR (Maison Familiale et Rurale) La Noraie d'Azay le Rideau. Autre étonnement : des personnes de tous âges et de toutes catégories socio-professionnelles, du lycéen de 17 ans au (à la) jeune retraité(e) de 60 ans, en passant par l'infirmière, la secrétaire ou à la chargée de communication de 30 à 45 ans, en provenance des quatre coins de la France et même de Suisse ! Il est vrai que Mission Humanitaire arrive en première position sur la toile quand on recherche une ONG et que cet organisme est agréé par l'ONU dans certains pays pour son assistance médicale notamment.

50 personnes, 80 ¨% de femmes !

Tout d'abord, cela commence par un accueil plutôt sympa avec petit déjeuner, certes dans le réfectoire des locaux plutôt ancestraux de la MFR d'Azay le Rideau, mais l'intention de partage et de vie de groupe est là d'emblée. On ne peut pas ne pas s'insérer et le tutoiement est de rigueur, quel que soit votre âge. Il n'y a pas de barrière. On est badgé, juste avec notre prénom, ce qui facilite l'échange. Par contre, autre chose étonnante : 50 personnes et seulement une petite dizaine du sexe masculin, certes de tous âges mais quant même... Le sexe dit faible serait-il plus enclin à l'humanitaire ?

Le déroulé d'un séminaire d'immersion ?

Bref, les affaires sérieuses débutent à 9h30, dans une des salles (toujours aussi vétustes)... Est-ce une mise en bouche... ? Quoi qu'il en soit, une ambiance très studieuse, à l'écoute de l'intervenante, une cinquantenaire qui a débuté en tant que bénévole et est aujourd'hui administratrice et animatrice du réseau des bénévoles. Présentation de l'organisme et de ses engagements, du coeur des missions (principalement le médical), du réseau, de l'organisation, des personnels d'encadrement, du rôle et des missions des bénévoles (exemples à l'appui), durée des missions... 4 heures durant, les volontaires sont à l'écoute de l'intervention ponctuée de mini-films de missions, toujours du ressort de bénévoles, bref rien de publicitaires, loin s'en faut. L'après-midi, place au détail des missions dans les pays concernés : Togo, Bénin, Inde, Cambodge et Madagascar. Une présentation ponctuée d'interventions du responsable « sécurité », le monsieur « histoire » de la MH, qui se fait fort de retracer de façon plus que prégnante l'histoire des populations. Des interventions aussi des responsables de mission des pays concernés, histoire de donner l'ambiance. Et puis dernier temps fort de la journée, les entretiens individuels. Car de fait, même si vous êtes arrivés au stade du séminaire après avoir envoyé CV, lettre de motivation et remplissage d'un questionnaire comportemental pointu, il reste aux encadrants d'affiner votre personnalité et votre motivation. Bref, rien n'est laissé au hasard, et ce, avec un objectif : que vous soyez adapté à la mission et que la mission vous soit adaptée. Après ce grand oral que certains des candidats redoutent, place à la convivialité collective : apéro, repas et bien sûr nuitée en internat par chambre de 2 ou 3, histoire de vous mettre dans l'ambiance d'une mission.

1 400 € de coût de mission


Le lendemain matin, retour sur les bancs de l'école pour cette fois-ci, 3 heures durant, aborder la problématique de la logistique : obligations sanitaires, culturelles et administratives et bien évidemment coûts. Chaque mission est évaluée à un coût (hors billet d'avion) de 1 400 €, quand même. Mais quand on vous présente le décompte, rien d'anormal : frais d'hébergement, de nourriture, de boisson, de transports (nombre de missions sont itinérantes)... Seuls environ 400 € reviennent à l'OSI qui contribuent à financer les médicaments, les rétributions des locaux (médecins, traducteurs notamment), et les frais administratifs inhérents de la Mission en France (salariés de l'ONG). Pour ce qui est du vol, il faudra compter en plus entre 400 et 900 € en fonction des destinations et des périodes. Ce qu'il faut savoir c'est que tout est défiscalisable à 66%, soit pour le volontaire qui est imposable où si ce dernier n'est pas imposable, pour tous ceux qui voudraient bien le soutenir dans sa mission (parents, amis, crow founding, entreprises, collectivités...).

Alors apte ou pas apte ?

En fin de matinée, nouvel entretien individuel pour vous dire si vous êtes aptes ou non à partir avec Mission Humanitaire... Là, des visages radieux, mais aussi quelques déçus, notamment des jeunes venus participer au séminaire. Le problème : quelques un(e)s d'entre eux étaient mineurs ! Et là c'est le véto... Dommage qu'on ne les ait pas prévenu(e)s avant de venir et de payer les 70 € d'inscription au séminaire. Mais ils ont de quoi être consolés : le séminaire est « valable » 1 an ½, ils pourront toujours postuler pour une mission en 2019. Et avant le départ, nombre des séminaristes se sont déjà inscrits pour des missions dans les mois à venir, d'autres préfèrent se donner le temps de la réflexion, particulièrement par rapport à la destination. Mais au final, il semblerait que le « recrutement » a été bon sur cette cuvée d'avril 2018.

Tout savoir sur Mission Humanitaire : www.mission-humanitaire.fr


Article du 28 mars 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


1 commentaire :


Commentaire de Jean 28/03/2018 17:36:07

Merci pour cette découverte.
La prédominance de femmes parmi les volontaires s'explique parce que les métiers sanitaires et sociaux correspondants aux missions sont nettement plus féminisés que les autres ( c'est aussi le cas dans l'enseignement).



page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

Combien de pattes a un chat à trois pattes ?

 

Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité à 600...

 

 


Créez votre article ! ICI