Saumur. L'enfer des tranchées comme si vous y étiez, au Musée de la Cavalerie

Ce jeudi 19 avril 2018 se tenait le vernissage de l'exposition temporaire « Au front, une vie de poilus », au Musée de la Cavalerie de Saumur. À travers une centaine d’aquarelles disposée sur la tranchée reconstituée, les peintures du poilu Alphonse Robine nous racontent avec justesse le quotidien des tranchées. Le résultat est original et émouvant, à voir jusqu’en novembre 2018. Une exposition qui entre dans le cadre du programme « Saumur 1918, et après ? » pour le centenaire de l'Armistice (relire notre article).

L'inauguration a mobilisé militaires, bénévoles, institutions et famille du poilu.


À l’entrée de la fausse tranchée, la jeune Adèle, l’arrière-arrière-petite-fille du poilu Alphonse Robine, coupe avec timidité le ruban qui déclare ouvert l’exposition des aquarelles et lithographies de son aïeul (photo ci-dessous).

Le témoignage direct de la guerre des tranchées

En présence de nombreux militaires, du maire de Saumur et de la famille Robine, l’inauguration se passe sous un beau soleil de midi. Mais le personnage principal, c’est bien Alphonse Robine, fantassin mobilisé entre 1915 et 1917, a participé notamment à la célèbre bataille de Verdun. En premières lignes des tranchées, le peintre amateur s’emploie grâce au dessin et à l’aquarelle à illustrer le quotidien des combattants de la Grande Guerre. L’idée est donc venue à Dominique Robine, petit-fils du poilu, de prêter quelque 90 œuvres afin mettre à disposition le témoignage de son ancêtre au public.

Une exposition pleine de sens

En photo ci-dessous, Dominique Robine, nostalgique d’un père cavalier à Saumur, s’est arrêté au cours d’une de ces balades à moto à Saumur. Il a trouvé le commandant Delaborie, aussi conservateur du musée de la Cavalerie. Il l’a amené à découvrir les 167 aquarelles. « D’une fratrie de six enfants, on m’a désigné comme l'héritier légitime de l’album de guerre, car j’étais le seul à avoir fait mon service militaire, sourit le petit-fils du peintre, et comme il aimait à dire : il n’y a qu’un militaire qui peut comprendre un militaire ! ». C’est donc de cette rencontre que l’exposition a vu le jour. L'exposition est pensée et élaborée dans le but de faire vivre la mémoire des combattants de la guerre de 14-18. Ce qui fait la différence : « L’exposition est unique par son incarnation, Alphonse Robine, l’homme qui a immortalisé les jours sombres des tranchées. » Son petit-fils décrit sa touche d’artiste empreinte de « pudeur » qui donne des illustrations poignantes aux couleurs parfois vibrantes.

15 000 euros de financements

Cent ans après la Première Guerre mondiale, l’exposition est placée par le concours département, sous le label du centenaire, comme action commémorative significative. Grâce à un budget de 15 000 euros, les deux tiers sont pris en charge par le ministère de la Défense et le tiers restant par l’association du musée des Blindés et de la cavalerie. « Il s’agit d’une exposition remarquable par son caractère exceptionnel de la qualité des lithographies. Nous sommes heureux de pouvoir disposer de ces peintures, démonstrations des longs moments d’attentes de la Grande Guerre » explique le président de l’association des musées des Blindés et de la cavalerie.

Lycéens et bénévoles au pied d’œuvre

L’élaboration de l’exposition a nécessité des heures de confection des planches de bois avec la collaboration de l’entreprise Scierie de la Touraine. Les lycéens de l’établissement Jean-Bertin se sont mis dans la peau de charpentiers de l’époque pour concevoir une réplique d’une tranchée. Au final, on se méprend à s’imaginer à la place des poilus au regard des pancartes reconstituées comme la « Tranchée de la brosse à dents ». Des bénévoles sont également intervenus pour l’encadrement minutieux des peintures. Participer à l’exposition permet de mieux s’approprier la mémoire de nos ancêtres. Le visiteur découvre donc une exposition insolite et touchante qui retrace le chemin des hommes des tranchées et honore leur mémoire.

Infos pratiques : à voir et revoir du vendredi 20 avril au lundi 12 novembre 2018. Musée de la Cavalerie, place Charles de Foucauld à Saumur. Tarifs pour le musée entier et l’exposition : 6 euros pour les adultes et 4 euros pour les enfants (et tarifs réduits). Visites guidées et scolaires possibles par téléphone au 02 41 83 69 23 ou par mail à l’adresse suivante : musee.cavalerie@gmail.com.


Article du 19 avril 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


1 commentaire :


Commentaire de brugiere 20/04/2018 23:12:59

C'est avec émotion et interêt que je me propose d'aller voir cette expo au Musée de la cavalerie. des peinture du poilu Robine.
Mon père venait d'obtenir son 2 ème Baccalauréat ( en février) quand il s'est engagé , devançant l'appel de sa Classe et profitant d'un loi permettant à des très jeunes de s'engager ( suite aux terribles saignées de 14 et 15 ) . Après 4 ou 5 mois d'entrainement dans l' Artillerie de campagne, à Bordeaux, il commença la guerre en Juin 16, dans la Somme puis enchaina au Chemin des dames, vécut le drame de ces 2 hécatombes et l' effondrement moral de l'Année 17 appelé "mutinerie" qui faillit dissoudre l'Armée; heureusement apaisées rapidement par le gén Pétain. puis c'est le Bois de la Grurie, l'Alsace et pour finir un débarquement sur les côtes de Belgique et bataille de la Lys en Automne 18 jusqu'au 11 novembre. Hier j'étais à une autre conférence sur les chevaux en 14-18. On en avait le coeur serré. 1,2 million sont morts. Il faut se souvenir de cette guerre abominable, car elle fut celle d'un renouveau complet des outils, avec l'avion, les sous marins la mitrailleuse, le telephone la chimie l'artillerie, les obus ...



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