Saumur. « Je suis les salariés des Tourelles » et je réponds sèchement à mon président

Le piquet de grève continue sur le rond-point de Saint-Hilaire-Saint-Florent pour les salariés des Tourelles, futurs salariés de l’Abbaye (relire nos articles ici et ici). Une situation qui a suscité la réaction d'Alain Corvaisier, le président de l'association Les Tourelles. Chez nos confrères du Courrier de l'Ouest, il a indiqué hier que la situation est « déplorable, à tout point de vue », mais estime aussi que « les syndicats se trompent de cible » et que les salariés « font semblant de ne pas comprendre ». Des propos qui ont irrité les salariés mobilisés. Leur communiqué...


« Je suis les salariés des Tourelles », un communiqué au nom de tous les salariés des Tourelles...


« Je suis les salariés des Tourelles.

Aujourd'hui, je suis en repos hebdomadaire, en vacances, en arrêt maladie et pourtant je suis un peu au travail, car pour la 7e fois en 10 jours, j'occupe le rond-point de l'Abbaye.

On se croise au gré des journées de repos, des horaires d'embauche des collègues, qui après avoir passé la matinée sur ce petit îlot d'espoir, s'occuperont des enfants que nous accompagnons jusqu'à 22h30.

J'accueille la surveillante de nuit qui dès 9h, malgré sa nuit de veille, me rejoint. Sur ce piquet de grève, je parle des enfants, des familles, que je continue à accompagner et que je ne peux me résoudre à abandonner malgré l'absence de considération de mon département, de l'association, de la direction.

Aujourd'hui, comme mes collègues de l'APAECH à Cholet, de l'ARPEJE à Angers, des Écureuils à Montreuil-Juigné, de Cassiopée à Candé et de l'Éclaircie à Sorges, ainsi que tous les enfants et leur famille, je suis coincé par la situation créée par le département.

Aujourd'hui, vendredi 4 mai, le président de notre association occupe la Une du courrier de l'ouest. En janvier dernier, il décrivait un climat apaisé bien loin de ma réalité quotidienne. Aujourd'hui, je suis d'accord avec lui : « la situation est déplorable ».

Cependant, sa prise de position me laisse perplexe et les questions fusent : Monsieur Corvaisier pointe la seule responsabilité du département alors qu'il continue de « collaborer » avec lui cautionnant la politique de Réorganisation de la protection de l'enfance. Monsieur Corvaisier dit que les salariés « font semblant de ne pas comprendre ».

À quel moment l'association a-t-elle fait l'effort de m'expliquer la situation ? Pourquoi les délégués du personnel ont-ils dû attendre aussi longtemps pour se voir communiquer des informations précises et chiffrées ?

Comment monsieur Corvaisier peut-il estimer que le PSE est suffisant quand la direction n'a reçu aucun salarié pour recueillir leurs besoins et leurs souhaits et que l'expertise comptable a déterminé que l'association disposait de plus de moyens qu'elle ne le prétend ?

Comment peut-il penser que le PSE proposé est au-dessus de la norme ? Quelle norme ? Qu'est-ce qui vient « normer » la perte d'emploi d'un salarié de 50 ans qui aura les plus grandes peines du monde à retrouver un travail ?

Comment peut-il juger qu'il est déraisonnable de demander le maintien de la convention collective quand le département, via sa charte, l'exige ? M. Corvaisier dit que « les syndicats se trompent de cible ». Mon syndicat n'a pas de cible. Il a seulement la volonté de défendre les droits des salariés et d'être à leurs côtés, dans leur combat.

Comment se fait-il que l'inspection du travail soit obligée de rappeler au département et à l'association le droit du travail ? Pourquoi ai-je l'impression d'être si seul à dénoncer la souffrance des enfants ? Je ne suis pas contre l'association, je ne suis pas contre le département. Je leur demande d'assumer leurs responsabilités dans la situation qu'ils ont créée. Je leur demande de tous nous réunir autour d'une table si nécessaire.

Je revendique une meilleure prise en charge des enfants et des familles que j'accompagne. Je revendique le maintien de mes conditions de travail et de mes droits. Je revendique la mise en œuvre de moyens financiers me permettant de me reconstruire un avenir après mon licenciement. Le département a annoncé se positionner lundi sur mes revendications. Je suis déterminé et je ne manque pas d'imagination...

Je suis les salariés des Tourelles ».



Article du 04 mai 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


10 commentaires :


Commentaire de VBOISSIN 04/05/2018 17:36:21

Bravo....



Commentaire de avec vous 04/05/2018 18:15:32

C'est bien dit.

Je vous soutiens.



Commentaire de Soutien tourelles 04/05/2018 18:22:47

Continuez votre combat contre l'indifférence , non seulement de votre président mais aussi du silence et les mensonges de votre directrice , du président du conseil départemental qui a OSER dire qu'il n'y aura personne sur le carreau , maintenant on voit le mépris de toutes parts se dévoilés de jour en jour .
Tenez bon et sachez que vos actions ne laisse pas les habitants de Saumur indifférents .



Commentaire de Aline 04/05/2018 22:38:43

Je suis Aide Médico Psychologique, je suis Monitrice Educatrice, je suis Educatrice Spécialisée, je suis Aide Soignante, je suis cuisinière, je suis Agent de ménage, je suis Professionnelle et j'aime mon métier, je suis et nous sommes Les salariés des Tourelles.
Je suis et je vous soutiens.



Commentaire de Capillon 04/05/2018 22:58:01

Un grand soutien moral à toutes et à tous : professionnels (sans t’oublier mon fils), enfants et familles !!!



Commentaire de Claude 04/05/2018 23:03:39

Je pense que leur combat est noble, basé sur leur emploi, bien sûr, mais sur leur travail en direction de jeunes personnes qui ont connu des difficultés. Je crois.
Rien à voir avec les salariés de la SNCF, qui veulent absolument protéger leur statut, et qui nous prennent en otage...
Aux salariés des Tourelles, je dis bravo: je vous soutiens! Dommage que votre hiérarchie ne soit pas à vos côtés, semble-t-il...



Commentaire de barnabe 05/05/2018 00:21:59

Madame Saint Paul n'est pas venue au moins les écouter?



Commentaire de ugdp 05/05/2018 09:34:19

Il faut continuer jusqu\'au bout, il faut montrer à l\'équipe Gaudron/Corvaisier/Gilet que l\'on existe encore.
Soutien et courage aux habitants du rond-point.



Commentaire de à claude qui devrait ouvrir les yeux 05/05/2018 16:22:56

Cher monsieur vous devriez ouvrir les yeux et comprendre que le combat des cheminot est celui de tous les salariés en France car une fois le cas des cheminots réglé qui sera le prochain ? On est toujours le privilégié de quelqu'un d'autre ! Votre discours ne fait qu'approuver le fait que vous souhaitez que l'ensemble des salariés se paupérisent et cela en est regrettable !



Commentaire de GCL 15/05/2018 16:08:18

Peut-être faudrait-il diminuer le salaire de la directrice (autour de 9000€/ mois pour ses 2 mi-temps - un à l'EHPAD, un aux Tourelles) pour payer les indemnités de licenciement des salariés? ... elle peut défendre bec et ongles son président pour ce salaire... et qui sont les autres membres du Conseil d'Administration qui cautionnent un tel fonctionnement?



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