Edito de Michel Choupauvert : Comment fait-on pour trouver des employés aux métiers boudés ?

L'économie repart... Chouette... Les entreprises annoncent qu'elles veulent embaucher 140 000 personnes dans la région des Pays de la Loire, selon une étude de Pôle Emploi, la préfecture, la direction régionale des entreprises et du travail, Insee... C'est la bonne nouvelle et le chômage va baisser... Mais la machine est grippée, personne ne veut plus faire certains métiers...


C'est qui qui veut être embauché par mon plombier qui ne peut pas faire mon chantier avant septembre ? Si vous aimez les tuyaux, envoyez un message au Kiosque, on lui transmettra, il sera content comme tout. Et moi aussi... C'est qui qui veut être cuisinier chez mon copain restaurateur qui est désormais obligé de fermer deux jours par semaine parce qu'il ne trouve personne ? Envoyez un message au Kiosque, on transmettra et je pourrai aller manger chez lui le dimanche. C'est qui qui veut bien être routier ? Parce que là, mon pote transporteur a dû reprendre le volant et n'a pas pu venir dîner la semaine dernière....

Pas des postes pour tout le monde...

C'est qui qui veut faire de la communication événementielle ? Là, il y a du monde, on a même créé des écoles à la demande des étudiants, mais pas à celle du marché du travail... C'est qui qui veut être président de la République ?... Ah ! Bah là, il y a pléthore aussi. Ils étaient même 11 pour le dernier jury l'année dernière... Nous, électeurs, avons été sélectifs. On a même préféré prendre un petit jeune qui semblait être arrivé là par hasard. Et comme au fond, tous, nous savons qu'il faut faire des réformes (sauf sur les domaines qui concernent nos propres intérêts), nous lui avons donné une large majorité au parlement... Ce qui est rassurant c'est que les dix candidats recalés ont été recasés. Ils ont trouvé un emploi précaire comme député ou comme permanent d'un parti politique financé par nos impôts pour la démocratie. Certains étaient déjà en retraite, mais aucun des actifs n'a pris un CDI...

Fin du CDI ?

Nos politiques ne font pourtant pas partie de la dernière génération au travail, la génération Y (née entre 1980 et 1995). On la qualifie d'individualiste et d'instable. Comme pour les hommes politiques pour qui la précarité n'est pas angoissante. Pour une très grande partie, ils s'en foutent du CDI. Ces jeunes actifs regardent, d'ailleurs, ébahis, l'infime partie de la population faire du bruit pour préserver les statuts de salariés protégés. Le CDI ? Ils semblent en avoir fait leur deuil. Et comme, ils sont aussi intelligents que les autres générations, ils savent surfer sur les aides proposées par notre système salvateur. Quand ils ont un emploi, ils n'hésitent ne pas demander une rupture conventionnelle pour profiter de l'assurance chômage, afin de refaire leur maison, partir en voyage ou tenter une aventure d'auto-entrepreneur... Ils ont, au fond, inventé, à leurs sauces, le revenu universel qui leur permet de se réaliser individuellement. Le plus dur, c'est le démarrage et de réussir à charger leurs droits pour faire ce qu'ils souhaitent... Peut-être ont-ils ont raison. Du boulot, il y en a... Mais ils ne sont pas tous considérés comme intéressants... Alors, comment faire face aux besoins de main-d’œuvre ? Augmenter les salaires ? Encore faut-il que le marché le permette. Couper les aides sociales ? Hum.. Un pépin de vie peut arriver à tout le monde. Faire appel à l'immigration ? Réformer l'éducation ? Oui, mais une récente étude d'un Think Tank américain Dell, indiquait que 60% des métiers de 2030 n'existaient pas encore...

Michel Choupauvert



Article du 02 juin 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


8 commentaires :


Commentaire de Nostromo 02/06/2018 12:59:15

Des jeunes travaillent et quand leurs droits au chômage sont ouverts, ils arrêtent. Lorsque leurs droits au chômage prennent fin ... ils retravaillent.... et ainsi de suite. C’est une vie au jour le jour sans vision de l’avenir...



Commentaire de j.martinez 02/06/2018 18:36:41

Eh oui c'est ça ....et après on ne comprend pas que les travailleurs Roumains , Bulgares ect ...viennent faire le boulot que tout Français ou toutes Françaises sont capables de faire .On est tombé sur la tête ...Il faudrait juste que nos chers compatriotes se souviennent qu'ils n'ont pas que des droits ...ils ont aussi des devoirs .



Commentaire de Rsa 02/06/2018 23:25:27

C est clair...quand les français auront leur prime de noël , je leur conseille d aller voir comment ça se passe au delà de nos frontieres...les étrangers apprécient les 35 heures... les RTT... les jours fériés et les ponts ...



Commentaire de Nostromo 03/06/2018 08:47:09

... mais il y en a aussi qui bossent et veulent réussir. Ensuite faut il tout accepter ? Il y a aussi l’image renvoyée et la reconnaissance du travail. Être routier, plombier ou caissière pour gagner le SMIC toute sa vie ne fait pas rêver.



Commentaire de Francis Prior 03/06/2018 11:02:19

Je ne suis pas sur que ces assertions soient corroborées par les études de la DARES ou de l'INSEE. Il y a en France 6,1% de la population active qui est en sous-emploi non volontaire et parmi eux beaucoup de moins de 25 ans. Mais le raisonnement ne peut oublier que toutes nos vies ont évolué depuis 25 ou 30 ans. On se met en couple plus tard, on fait des enfants plus tard, on travaille plus tard, on meurt plus tard. Il est donc assez naturel que les jeunes s'inscrivent dans ce contexte pour s'essayer à la vie. Chacun met en œuvre des stratégies: le milliardaire use des réglementations fiscales



Commentaire de Problème 03/06/2018 11:14:01

Le problème vient du fait que les métiers qui sont en manque de personnel sont en manque de qualifications, de reconnaissance et de rémunérations satisfaisantes, le SMIC tout une vie ne donne pas envie, et tant qu'on subventionnera les bas salaires, on se mord la queue.
De plus quand on voit que certains politiques considère que 1200 euros/mois c'est bien suffisant pour vivre, c'est pas près de changer.



Commentaire de rayann 04/06/2018 11:38:42

après cette lecture enrichissante fait d'un constat amère sur l'emploi nous constatons l'échec, et l'obstination de ces gouvernements paresseux , ne changeant rien pour enrayer cette hécatombe de chômeurs , abonnés grassement a pôle emploi et aux nombreuses allocations en tout genres accordés ici et là, a une population peut enclin a reprendre le train salariale. Tant que les prestations sociales couleront a flots le navire continuera de voguer sur une mer radieuse au détriment d'une classe courageuse qui subventionne les cas soc et autres, et tant pis si je froisse ceux qui se sent



Commentaire de Demoi 04/06/2018 14:12:47

Et tant que la loi Fillon sur les "bas salaires " ne seras pas SUPPRIMÉE des feuilles de paye , LES EMPLOYEURS savent qu'ils peuvent payer les salariés au SMIC c' est tout bénéfice pour eux puisqu’ils ont des exonérations de charges



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