Le Kiosque Info
Je m'abonne - Saumur | Doué-la-Fontaine | Longué | Baugé | Thouars | Loudun | Chinon | Avoine | Bourgueil
Actualité Agenda Ou sortir ? Ecrivez un article Lettre d'info Envoyer une alerte


Entretien avec Anthony Bussonnais, auteur indépendant Saumurois

L'auteur saumurois Anthony Bussonnais a fait le choix de l'indépendance. Dans un entretien, il nous explique en quoi cela consiste.


Alors que le marché du livre est en baisse, que, face aux maisons d’édition, les auteurs se plaignent de la mauvaise répartition des bénéfices, et que leur statut tend à devenir plus précaire, l’indépendance semble être une judicieuse alternative. En témoignent certains auteurs, aujourd’hui mondialement reconnus, qui avaient, au départ, emprunté cette voie. L’auteur local, Anthony Bussonnais, qui s’est lancé en 2016, a choisi ce statut. Il nous en dit un peu plus.

Qu’est-ce qu’un auteur indépendant ?

"Un auteur indépendant, c’est un auteur qui n’a pas de maison d’édition derrière lui. Il s’autoédite. Il a alors deux possibilités : soit simplement déclarer son chiffre d’affaires aux impôts (au titre des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC)) en bénéficiant d’un abattement de 70%, soit adopter le statut de micro-entrepreneur, comme je l’ai fait. Alors, il faut déclarer son chiffre d’affaires aux impôts, ainsi qu’à la Sécurité sociale des indépendants (ex RSI), qui en prélève 12.8%."

Quel est le processus pour arriver à la publication du livre, en tant qu’indépendant par rapport à un auteur dit « classique » ?

"Dans un schéma « classique », une fois l’écriture de son ouvrage terminée, l’auteur passe le relais à sa maison d’édition qui s’occupe alors de tout. De la confection du livre jusqu’à sa distribution, en passant par sa promotion. En tant qu’indépendant, une fois l’écriture terminée, il y a un travail de relecture, de correction. Il faut trouver une ou plusieurs personnes pour réaliser une bêta-lecture. Ce sont des services qui, la plupart du temps, se paient. Ensuite, il faut peaufiner la mise en page et créer la couverture. Alors, on peut faire imprimer un spécimen pour contrôler et corriger les éventuels défauts. Enfin, on doit s’acquérir d’un ISBN (numéro international normalisé du livre), définir un prix de vente, et faire parvenir gratuitement un exemplaire à la BNF (Bibliographie nationale française)."

Quels sont les critères pris en compte pour fixer le prix de vente ?

"Évidemment, on voudrait le vendre à un prix qui ne soit pas un frein pour les lecteurs potentiels. Mais, en même temps, on doit tenir compte de nos frais. D’autant qu’on ne peut pas déduire ses frais (impression, transport, déplacements…) de son chiffre d’affaires, en tant que micro-entrepreneur. Il faut donc prendre en compte le coût de l’impression, le pourcentage (12.8%) qui va à la Sécurité sociale des indépendants, plus le pourcentage qui peut être réclamé lors des séances de dédicace (30%, par exemple, généralement dans les grandes surfaces)."

Il semble y avoir beaucoup de contraintes à être indépendant. Quels sont les avantages ?
"Il y a des contraintes, bien sûr, comme pour tous les indépendants. Quel que soit le domaine, je pense. Le principal avantage, ici, est que notre œuvre nous appartient. Ce qui n’est pas le cas tant que vous êtes en contrat avec une maison d’édition. Aussi, l’intégralité des bénéfices des ventes de vos livres est pour vous quand un éditeur ne vous reverse qu’un faible pourcentage (10% en moyenne). Enfin, en étant indépendant, on n’a pas de fréquence de publication d’imposée. Et on est libre d’écrire ce que l’on veut comme on veut."

Cela n’empêche pas certains auteurs indépendants de rejoindre des maisons d’édition dites « classiques ».

"Oui, mais ce sont des auteurs qui rencontrent déjà un certain succès, à qui sont proposés de vrais contrats d’édition comprenant une véritable promotion et une large distribution. C’est, en quelque sorte, une seconde vie qui est offerte à leur ouvrage."

Vous parlez de « vrais contrats d’édition ». Il y en a des faux ?

"On ne peut pas dire que ce soient des faux, mais beaucoup s’en mordent les doigts. Ce sont des contrats d’édition dits « à compte d’auteur ». J’ai moi-même reçu des propositions après avoir contacté plusieurs grandes maisons d’édition. Dans ce cas-là, il vous est imposé un package qui comprend : la finalisation du livre ; l’impression de plusieurs centaines d’exemplaires ; l’ajout à leur catalogue. Tout ceci à vos frais, pour plusieurs milliers d’euros. Sachant qu’ensuite, si vous voulez vendre des livres (fabriqués à vos frais) par vos propres moyens, ou les offrir, vous devez les acheter à votre éditeur. Aucune promotion, à priori, n’est faite. Pour la distribution, ils mettent en avant leur large réseau, mais ce n’est pas parce que votre livre est répertorié dans leur catalogue (parmi plusieurs centaines, voire milliers d’autres), que les libraires et autres revendeurs vont l’acquérir. Surtout sans promotion. Il y a des auteurs qui ont tenté cette expérience, et qui se sont retrouvés endettés. Avec bon nombre de leurs livres invendus."

Un nouveau thriller en septembre prochain

Anthony prépare actuellement un nouveau thriller, pour septembre 2018, dont l’intrigue se déroule dans le saumurois. Le synopsis : Un groupe d’individus se retrouve en pleine nuit, au milieu des bois, près de Saumur, pour une partie de chasse qui va les marquer à vie. Pendant ce temps, Claire cherche désespérément son petit ami qui a disparu. Elle va faire tout son possible pour le retrouver. Quel qu’en soit le prix. Quand les secrets des uns, font le malheur des autres.

Plus d'infos : www.anthonybussonnais.fr. Contact : anthonybussonnais@gmail.com.


Article du 19 juillet 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


1 commentaire :


Commentaire de Il a raison 19/07/2018 19:43:06

1) Refusez tous contrats à compte d'auteur et privilégiez votre auto édition. Ce ne sera jamais pire.
2) Renseignez-vous sur la réputation de l'éditeur, surtout s'il est local. Vous trouverez surement quelqu'un qui le connaît. Recoupez les témoignages, la synthèse obtenue est proche de la vérité (si je m'étais renseigné avant à propos de Jean-Louis G, je n'aurais jamais signé).
3) Pour info, ce qui caractérise un éditeur nul, est le fait qu'il vous propose de vous payer à partir du 300e ouvrage vendu. C'est interdit.


page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

Quelle est la première lettre de cette question ?

 

Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité à 600...

 

 


Créez votre article ! ICI