Edito de Michel Choupauvert : fusion école-collège, pourquoi se mettre en grève ?

Bon, il y a un truc que je n'ai pas compris… Afin d'éviter la fermeture d'un des deux collèges à Saumur, il est prévu de mutualiser les espaces avec des écoles primaires. Les enseignants sont contre et ont décidé de faire grève le 9 octobre prochain. Messieurs-Dames les commentateurs, vous voulez bien m'expliquer pourquoi ?


Un projet prévoit l'installation des CM1 et CM2 de l'école élémentaire des Récollets au collège Yolande-d'Anjou, ainsi que le déménagement de toute l'école Charles-Perrault au 2e étage du collège Pierre Mendès-France. Il faut dire qu'il y a de moins de monde dans ces deux collèges. La raison ? Je ne sais pas trop, peut-être ont-ils un problème d'image ? La population de ces deux quartiers est peut-être vieillissante ? Il ne faut pas oublier non plus que la tendance avec le PRU a été plus à la destruction des barres d'immeubles qu'à la construction de nouvelles... Enfin voilà, ils sont presque vides et la menace d'une fermeture d'un des deux établissements plane depuis quelques années...

Bonne idée ?

Quand j'ai lu la nouvelle la semaine passée, j'ai trouvé que c'était une bonne idée... En plus, j'ai souri quand l'élu du Conseil départemental dont dépendent les collèges, Laurent Hamon s'est plaint de Jackie Goulet, le maire de la ville dont dépendent les écoles, d'avoir tiré la couverture à lui en annonçant ce regroupement tout seul. A priori, je trouvais que c'était une bonne idée pour le contribuable de diminuer les coûts de fonctionnement (chauffage, entretien, etc.) et de maintenir de la proximité scolaire dans ces quartiers...

Une erreur ?

J'ai dû me tromper... Les profs se disent victimes d'un chantage, mais je n'ai pas bien compris leur communiqué (lire ici)« L’intérêt des élèves est purement sacrifié au motif de réduction des coûts ! » j'ai pu lire. C'est ça que je n'ai pas compris. En quoi cela pourrait être gênant, cela se fait depuis toujours en cloisonnant les espaces dans le privé comme à Saint-Louis ou à Saint-André... Il y a quand même une petite phrase que j'ai comprise dont le sujet doit être dans les tuyaux des débats syndicaux « fusion des missions, des statuts et des corps des professeurs des écoles et du second degré. »
En quoi cela ne serait pas dans l'intérêt des élèves ?... Si vous voulez bien m'expliquer... Merci

Michel Choupauvert



Article du 06 octobre 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


12 commentaires :


Commentaire de Enfin 06/10/2018 19:45:40

Enfin pour qu'il y ai chantage, il faudrait qu'on leur demande leur avis.
Ce qui n'est pas le cas.



Commentaire de Buzzz 07/10/2018 08:13:20

Avant de s'exprimer sur un tel dossier il faut le connaître dans les moindres détails visiblement ce n'est pas le cas. De plus pourquoi comparer le public et le privé, c'est une méconnaissance du système.



Commentaire de Diard 07/10/2018 09:14:00

Voici monsieur ma reponse à votre question : dans les années 80 l école maternelle de l enseignemeent Publique fut à son apogée ( modèle copié à l 9étranger ) elle avait son école ses maitresses qui se qualifiaient précisément dans la connaissance du jeune enfant et une pédagogie qui lui était propre ) dirigée en cela par un corps de l inspection départemental spécialisé .avec la disparition de ce ccorps d inspection dans les annnées 90 commença la fusion maternelle primaire .fusion qui ne tarda pas 1 ètre pedagogique et notre école maternelle innovante devint : " une petite école primaire " Aujourd hui on restructure à tout - va et cette spécifité a disparu tant dans les locaux que dans le personnel la pédagogie caractérisée . Alors oui forte de cette expérience je soutiens cette grève



Commentaire de Francis Prior 07/10/2018 11:43:34

Je ne crois pas que la commune, pas plus que le département n'ait quoique ce soit à voir avec la pédagogie qui relève du ministère et particulièrement de ses inspecteurs (eux même issus des mêmes formations que les enseignants eux mêmes). Dans le cas d'espèce, il s'agit de savoir si on va voir, faute d'une meilleure utilisation, un collège être fermé alors que des besoins existent dans d'autres segments de l'éducation de nos enfants. Il s'agit en gros d'une meilleure utilisation des ressources de ces deux collectivités. Il ne me semble pas que ce type de raisonnement soit une nouveauté ni que sur le fond on puisse en contester le bien fondé.



Commentaire de Morgane Moureaux, réponse à M. Choupauvert 07/10/2018 13:10:39

Monsieur Choupauvert,

Premièrement, permettez-moi de vous féliciter pour cette excellente démarche qui est celle de demander quand on ne comprend pas. Tellement de personnes se permettent d’avoir un avis sur l’Education Nationale, les enseignants, les syndicats sans y connaitre quoi que ce soit ! Il est vrai que tout le monde n’a pas dans sa famille proche, un enseignant, un syndicaliste, voire un enseignant syndicaliste.

C’est donc un plaisir de vous répondre et d’apporter quelques éclaircissements.

Un élève du premier degré est un enfant. Son développement nécessite un environnement adapté aux besoins de son âge, dans lequel il peut suivre un enseignement adapté, dispensé par des enseignants diplômés ayant suivi la formation correspondante à ce public : on appelle communément ces lieux, des écoles.

Un élève du second degré n’est pas un enfant. Il est un adolescent
. Son développement nécessite un environnement adapté aux besoins de son âge, dans lequel il peut suivre un enseignement adapté, dispensé par des enseignants diplômés ayant suivi la formation correspondante à ce public : on appelle communément ces lieux des collèges et des lycées.

Les écoles maternelles ferment les unes après les autres pour fusionner avec les écoles élémentaires : on nie la spécificité des enfants de 3 à 5 ans. Un certain nombre de classes et d’établissements spécialisés ont d’ores et déjà disparus : on nie la spécificité des enfants handicapés, non francophones ou nécessitant des soins particuliers. A présent, on nie la spécificité de l’enfance et celle de l’adolescence pour les mêmes raisons : faire des économies de postes, de bâtiments, de personnels.

Car, tel est l’objectif, M. Choupauvert. On ne fusionne pas « pour éviter une fermeture » comme vous l’écrivez. On ferme pour fusionner. On fusionne pour fermer. La solution est donc simple et vous explique les raisons de la grève : ne fermons pas, ne fusionnons pas, afin de maintenir un service public de qualité ! Par ailleurs, vous semblez mal informé : les effectifs des collèges concernés ne sont pas en baisse. Et d’ailleurs peu importe : un service public n’est pas soumis à des objectifs de croissance ou de productivité. C’est l’essence même du service public : il sert les intérêts de tous les citoyens. Démantelez le service public est un choix politique qui ne sert les intérêts que d’une minorité de la population. Ce n’est pas une fatalité.

A propos de fatalité… cette comparaison avec les écoles catholiques…le modèle à suivre… Oui, depuis longtemps déjà, l’école catholique contractualise de façon précaire des enseignants sans diplôme ni formation d’enseignant aussi bien dans le premier que dans le second degré : une main d’œuvre flexible et bon marché. Ah oui, cela n’empêche pas ces établissements d’avoir « de meilleurs résultats » : une meilleure pratique du clientélisme surtout ! Enfin, c’est un secret de Polichinelle qu’un journaliste bien informé comme vous n’ignore sans doute pas.

En tout cas, j’espère que ces quelques précisions vous seront utiles car sans celles-ci, on a vite fait de croire que la solution proposée par la mairie est une bonne idée. C’est en fait une fausse « bonne idée » qui ne vise qu’à satisfaire les propres objectifs d’économie de la mairie de Saumur. En soutenant ces projets, on a vite fait d’apparaître comme un fervent partisan et soutien convaincu d’une politique d’austérité gouvernementale relayée fidèlement par la municipalité de Saumur.

Heureusement qu’en tant que journaliste, dont la recherche de la vérité nécessite objectivité et neutralité, vous posiez la question !


Morgane Moureaux, syndicat FO des enseignants (FNEC FP FO 49)



Commentaire de Francis Prior 07/10/2018 16:53:03

Madame Morgane Moureaux

Nul doute que chaque âge a des besoins spécifiques. Nul doute non plus que le classement par âge dans notre système scolaire ne correspond pas nécessairement à un étape biologique très affirmée. En 6ième ou 5ième voire en 4ième les enfants ne sont pas souvent des adolescents et pourtant ils vont dans le secondaire. Si donc votre affirmation est globalement juste elle ne l'est pas aux marges et ne prend pas en compte les singularités de chaque enfant. C'est dire si votre souci de l'enfant ne peut que rencontrer celui de tous les adultes et a fortiori de ceux qui se préoccupent d'avenir et donc les élus. Mais les conclusions que vous tirez de cette prémisse me paraissent aller trop loin.
Certes les enseignants connaissent l'éducation nationale mais s'agissant d'un service public il est nécessaire que les citoyens puissent en débattre fussent ils totalement analphabètes. Votre argument me parait, pardonnez moi, tout a fait technocratique.
Le deuxième argument renvoie à la notion de service public lequel n'aurait rien a voir avec le coût et donc l'équilibre des comptes. Là encore, c'est aux citoyens de décider où doivent aller les ressources et tenter de trouver le meilleur compromis possible. C'est à cet effet que les principes du service public mettent en avant la mutabilité c'est à dire l'adaptation du service aux conditions concrètes d'une époque et d'un lieu.
C'est la charge des élus de trouver de mettre en œuvre ces évolutions et de trouver ces compromis éphémères entre les besoins divers d'une société.
En l'occurrence, ils ne choisissent pas un idéal mais un moindre mal et c'est leur lot de chaque jour.



Commentaire de jf brugiere 07/10/2018 16:55:51

Je ne vais pas m'aventurer dans un débat que je connais mal. mais je voudrais répondre à cet internaute qui nous fait une comparaison avec le "privé catho". Je lui rappelle que le franc maçon anti catho jusqu'à l'os, qu'était <J ferry, quand il a lancé ses écoles publiques, n'a pas attendu longtemps pour choisir sa spécificité pédagogique. ...prenez exemple sur le privé catho, a t il dit. Aujourd'hui que le privé catho est lié au système public, ses professeurs ne sont pas du tout sous éduqués,( c'est une fable de la Gauche) mais ( à cause de ses liens avec le Ministère et ses programmes et sa Pédagogie misérables ) son niveau baisse , entrainant les enfants &ados dans une sous culture épouvantable. Demain ils ne sauront ni lire ni écrire. ( nous n'en sommes pas loin. ) Et cela, c'est bien la dictature du Ministère à Paris rue de Grenelle.. Hélas. Tout le monde le sait.
Par ailleurs et pour revenir aux fermetures, comme nous sommes en faillite, ( voulue par la haute finance et qui touche tous nos pays ) il faut des coupes sombres. Comme la priorité est donnée aux nouveaux immigrants, et des classes prioritaires, il faut bien que les "autres" paient . Et les autres, c'est nous.



Commentaire de !!! 07/10/2018 20:27:49

Mme Morgane MOREAUX comme FO succursale de la CGT est un peut trop nombriliste et ne voie que ce qui l’arrange c'est non systématiquement mais des fois pour avancer il faut savoir changer son petit confort elle sera comme à l'habitude de FO CGT contente quand il y aura une fermeture



Commentaire de Nostromo 08/10/2018 09:25:14

Je pense qu’il faut laisser aux professionnels l’analyse de la situation et la meilleure solution possible. L’argumentaire de Mme Moureaux me paraît pertinent et fondé sur l’enfant et la pédagogie adaptée. Le service public doit être à l’écoute du service au publique, en prenant évidemment en compte les contraintes budgétaires, et non au service de la rentabilité. On est confronté à la même dualité dans le domaine de la santé.
Quand aux arguments de Prior et Brugiere nous tombons dans l’idéologie faisant fi des intérêts de l’enfant. Le comble et la palme pour le sieur Brugiere qui nous fait part de sa psychose envers les migrants et la gauche.
La problématique non abordée et au centre du développement de l’enfant sur le rôle des parents, souvent en manque « d’éducation », me paraît primordiale.



Commentaire de Franck 08/10/2018 15:25:39

C'est la ''Mort'' du public à Saumur !
Les municipalités successives ont tout fait pour en venir à ce degré d'abandon. Malgré mille promesses!
C'est vrai que nos élus préfèrent s'adonner aux grandes tablées ; attirer les touristes de préférences aux industries.
Et chercher à découvrir quelle personnalité a rendu visite à notre Cité dans le passé : Coco Cha. ; Cha. Aznavour.
Quel bénéfice en retire nos concitoyens de base ?



Commentaire de virginie 09/10/2018 07:36:02

Oui meme les banques tiques a aider les commercants desireux de s'installer en centre ville.



Commentaire de Laurence 09/10/2018 09:24:45

Bravo Morgane! Laissons les enfants grandir tranquilles !



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