Saumurois. Des moutons et des chèvres pour entretenir les stations d'épuration

La communauté d'agglomération Saumur Val de Loire se lance dans « l'éco-pâturage ». Le principe est simple : privilégier l'animal à la machine. En somme, la collectivité fait appel depuis l'été dernier à des chèvres et des moutons pour entretenir les abords des stations d'épuration du territoire, plutôt que d'utiliser la tondeuse. Pour le moment, 5 zones du territoire ont été retenues pour l'expérimentation. Et cela devrait s'étendre...


Les régies assainissement de la communauté d'agglomération Saumur Val de Loire, ayant en charge différents équipements de traitement des eaux usées, expérimentent, sur 5 ouvrages du territoire, le système d'entretien des espaces verts par éco-pâturage.

Moins de machines, plus de naturel

Pour Christian Ruault, 8e vice-président en charge de l'eau et de l'assainissement, « cette méthode permet l'entretien d'espaces verts, tout en s'inscrivant dans une démarche complète de développement durable ». Ainsi, des moutons et des chèvres sont installés dans de grands espaces autour de 5 stations d'épuration du territoire. Ces ovins et caprins, en se nourrissant des pâturages présents, vont donc contribuer à l'entretien des champs et des haies. Cette phase d'expérimentation va durer un an. Si elle s'avère concluante, l'éco-pâturage sera étendu à d'autres équipements de la communauté d'agglomération Saumur Val de Loire. « Ce n'est pas seulement une motivation économique pour l'agglomération, l'idée est de préserver notre environnement pour l'avenir en arrêtant de tondre partout, notamment. C'est difficile à faire rentrer dans les mœurs, mais ça vient petit à petit ».

Quels sont les avantages de cette pratique ?

« Le premier, et non des moindres, est écologique puisque cette méthode ne fait pas appel à de la mécanique polluante et ne laisse pas non plus de déchets verts liés aux tontes ou aux tailles. Ce procédé permet également un gain de temps et d'argent pour les collectivités. En effet, l'entretien des abords des stations d'épuration était jusqu'à présent assuré par des entreprises extérieures, ce qui nécessitait, outre un investissement financier, un suivi régulier », explique Anatole Micheaud, 9e vice-président en charge de l'environnement, des déchets et de la transition énergétique. Désormais, les espaces verts de ces 5 stations seront entretenus en continu par les animaux en pâture. Cette présence animale va de plus attirer l’œil et « revaloriser un équipement souvent mal connu », estime l'agglomération. Les animaux restant sur place en continuité, « ils empêchent l'installation d'espèces animales nuisibles comme les ragondins qui détruisent les berges et la perméabilité des lagunes ».

Station d'épuration : humidité, herbe, donc nourriture

Pour le moment, l'expérimentation doit durer 1 an, soit la durée du contrat avec les prestataires, mais la collectivité saumuroise prévoit déjà de développer cette démarche sur l'ensemble du territoire, qui compte 38 stations d'épuration, mais seulement 25 gérées en régie par l'agglomération. « Au bout d'un an, on verra si le dispositif fonctionne et combien on aura fait d'économie. Qui plus est, il n'y a pas de charge de travail supplémentaire pour les agents de l'agglo, ce sont les prestataires qui s'en occupent. Après, les agents regardent si tout va bien lorsqu'ils passent, c'est du bon sens », précise Didier Tabourier, responsable de la régie ouest. « Nous voulions présenter cette méthode au bout de 3, 4 ou 5 mois pour qu'il y ait un premier rendu », ajoute Romain Lecomte, responsable de l'assainissement de la régie nord. Pour justifier sa démarche auprès de la population, la CASVL a réalisé un film explicatif ce lundi matin 12 novembre 2018, qu'elle diffusera prochainement. Le lieu de tournage était la station d'épuration de Louresse-Rochemenier, une station lagune. Pour le maire de la commune, Alain Jobard, la démarche d'éco-pâturage, lancée mi-août 2018 (début juillet 2018 pour le secteur nord), « est déjà très appréciée. Les gens en parlent entre eux positivement, les enfants viennent voir les animaux, etc. Nous sommes dans une période d'éducation où l'on apprend aux jeunes qu'il n'est pas indispensable d'utiliser les machines pour entretenir des espaces. Dans notre commune de Louresse-Rochemenier, par exemple, tous les trottoirs ne sont pas impeccables et toutes les routes ne sont pas nickels, mais c'est parce qu'on utilise moins de désherbant. Il faut l'accepter et c'est ce que font les gens en général, surtout les jeunes générations ».

Le président s'interroge sur l'avenir des moutons

Lors de la présentation du dispositif à Louresse-Rochemenier, ce lundi matin, Jean-Michel Marchand, le président de l'agglo, a voulu être totalement transparent sur l'avenir de ces animaux... et plus particulièrement des moutons. « J'ai 2 soucis », a-t-il indiqué en se tournant vers les entreprises prestataires (voir ci-dessous). « On nous demande de réinstaller de la biodiversité et c'est très intéressant de faire travailler les animaux plutôt que les machines. Mais mon premier souci, c'est au niveau des clôtures. Il faut en effet prendre ses précautions pour empêcher que les animaux se retrouvent sur la route, mais il ne faut pas que ces clôtures nous coûtent la peau du... front. Il n'y a pas besoin qu'elles soient permanentes. Mon deuxième souci, c'est que vous dites que « les moutons présents ne sont pas destinés à la consommation ». Très bien, mais qu'en fait-on après si on ne les mange pas ? Ils vont mourir de vieillesse ? On doit bien savoir ce que l'on en fait après, si on les laisse mourir de vieillesse, il faudra alors prévoir de l'équarrissage. Je demande juste de m'éclairer : s'il s'agit d'un militantisme, comme le mouvement végan, ou pas ? » Une intervention un peu surprenante, à laquelle ont répondu les prestataires : « Nous comptons les laisser mourir de vieillesse pour une simple et bonne raison. Étant donné qu'ils s'abreuvent dans les bassins d'épuration, c'est difficile de les remettre dans la chaîne alimentaire. Il pourrait y avoir des pathologies, c'est trop risqué de les revendre en boucherie. Donc, nous sommes plutôt partis sur de l'équarrissage. De plus, ce sont des moutons qui n'ont pas vraiment d'intérêt à être volés : il n'y a rien à manger dessus, ce sont des moutons rustiques », ont ainsi rétorqué les 2 entrepreneurs.

L'éco-pâturage en pratique, en Saumurois

5 stations d'épuration sont actuellement concernées : celles de Louresse-Rochemenier (2 chèvres et 4 moutons), de Louerre (5 moutons) et d'Ambillou-Château (6 moutons) au sud, et celles de Vernoil-le-Fourrier (5 moutons) et Saint-Philbert-du-Peuple (3 moutons) au nord. Les animaux sont en semi-liberté, c'est-à-dire qu'une clôture entoure leur pâturage afin qu'ils ne s'échappent pas... « même si ça arrive que les moutons fassent une petite sortie dans le bourg », sourit Christian Ruault. Et d'ajouter : « Forcément, il y a des problèmes mécaniques avec les tondeuses. Là, ce sont plutôt des problèmes sanitaires ». Les animaux disposent également d'un abri. Les entreprises propriétaires des cheptels se chargent de venir plusieurs fois par semaine pour leur apporter de l'eau et du fourrage complémentaire, si besoin. Ce sont également ces entreprises qui entretiennent les clôtures. Les ovins et caprins sont placés en pâturage, afin de se reproduire et d'étoffer le cheptel des éleveurs. Chaque femelle gestante sera retirée de l'enclos pour mettre bas à la bergerie et sera remplacée par une autre femelle. Les entreprises qui ont été retenues pour ce projet sont la SARL (Guillaume) Babouot aux Rosiers-sur-Loire, pour le sud, et Éco-pâturage ligérien à Saint-Lambert-des-Levées, pour le nord. Cette prestation revient à 6 000 euros pour les 5 ouvrages, pour l'année complète.

Pourquoi des moutons et des chèvres ?

Les espèces introduites « n'ont pas été choisies au hasard » par la communauté d'agglomération Saumur Val de Loire. Ainsi, les moutons, se nourrissant d'herbes (bonnes ou mauvaises), vont entretenir les grands espaces. Les chèvres, quant à elles, ne se nourrissent pas d'herbes, mais d'épineux. Elles pourront ainsi réduire la prolifération de ces plantes sur les zones concernées. Les moutons d'Ouessant (installés en sud-Saumurois) et les moutons du Cameroun (installés sur le nord-Saumurois), prévus pour ces pâturages, sont de plus des espèces rustiques très résistantes, pouvant vivre en extérieur toute l'année.


Article du 12 novembre 2018 I Catégorie : Vie de la cité

 


3 commentaires :


Commentaire de Flo 12/11/2018 20:07:53

Quel niveau !! Un comite d eluscpour voir des moutons... 50 ans que ca se pratique a l etranger. Il est temps qd meme. Et en plus il faut des clotures??? Non c est pas vrai. Ils bougent!!!!



Commentaire de hugues g 13/11/2018 16:03:09

Des moutons oranges !!!!! bizarre.



Commentaire de @hugues g 13/11/2018 18:41:17

Non non, les moutons sont sur la 1ère photo comme le titre de l'article.



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