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Courrier du lecteur. "Au risque de déplaire 2"

Deux questions se posent à propos de la crise sociale actuelle: jusqu'où voulons nous l'égalité entre nous et peut on résumer l'espérance à une question de pouvoir d'achat. Le billet de Francis Prior.

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« 09/12/2018. A lire, entendre, voir des gens souvent vêtus de jaune se plaindre de la misère en France, je me suis souvent fait, ces dernières semaines, la remarque que je ne devais pas habiter le même pays qu’eux. Pourtant, je le parcours toutes les semaines en long en large et en travers. Je rencontre, je côtoie des dizaines de personnes : des banlieusards fatigués de se lever tôt, des « ruraux » qui n’ont rien de faméliques et qui ne vivraient pour rien au monde dans une grande ville. J’ai beau chercher, tendre l’‘oreille, provoquer des discussions, je ne rencontre jamais, ou si rarement, la misère si complaisamment décrite par les médias ou répandue dans les réseaux sociaux.
Parfois si, je la vois l’indigence, sur le bord d’un trottoir ou sur le pas d’une porte cochère, une désespérance vraie dans le regard, les passants pressés jetant, comme moi, un œil distraitement compatissant à cette vie jetée là par des hasards impitoyables ou des fatalités inexorables.
Sans aller à ces extrêmes, il y a, bien sûr, de très réelles pauvretés, elles sont habituellement silencieuses, résignées, elles ne demanderaient souvent que la compassion de l’entourage, une entraide sans ostentation, une solidarité familiale ou de voisinage, une manière simple et humaine de traiter des situations où l’action sociale de proximité, celle particulièrement des CCAS, pourraient trouver à s’exercer au mieux si l’on consentait enfin à donner à ce niveau de la vie concrète la place essentielle qui devrait lui revenir en ces occurrences.
Mais le plus souvent, en fait de dénuement, on rencontre des contrariétés de fins de mois, ces « choses » que l’on aimerait posséder, mais que l’on ne possède pas, que l’on aimerait faire mais qui l’on ne fait pas, ou que l’on diffère. Ils ne peuvent pas, ces nouveaux miséreux « se faire plaisir », selon l’expression désormais consacrée par les propos des gilets jaunes, expression significative, terriblement significative du niveau réel de cette misère.
Car un puissant filet retient la plupart des habitants de France de tomber dans le dénuement. Des allocations pour se loger, un revenu minimum, voire une prime d’activité quand le salaire est trop faible, des allocations familiales lorsque l’on a des enfants et des allocations de rentrée scolaire, une prise en charge quasiment totale quand on est malade.

Ce sont là des éléments concrets de notre niveau de vie, le tout pour 35 heures de travail hebdomadaire et 5 semaines de congés payés. Quel que soit le ressenti des personnes, et ce ressenti doit nous interpeller, la France est un pays où les « pauvres » sont moins nombreux qu’ailleurs : le taux de pauvreté à 50% du revenu médian s’élève à 6,8% de la population, notre pays n’est devancé que par la Finlande et les Pays Bas (qui représentent ensemble un tiers de la population française), loin devant l’Allemagne et le Royaume Uni et deux fois moins qu’en Italie ou en Espagne. Et les pauvres le restent moins longtemps qu’ailleurs : le taux de pauvreté persistante est de 2,4% en France (dépassée seulement par la Finlande, la Norvège et le Danemark) pour 3,9% au Royaume Uni et 5,5% en Allemagne.
La réalité sociale est ainsi, dans son expression quantifiée même maladroitement, même insuffisamment. Et le revenu médian en France est un des plus élevé d’Europe et même le plus élevé pour ce qui concerne les retraités.

Alors pourquoi cette agitation, cette quasi folie de violence, de destruction, de négation des plus intangibles valeurs républicaines. Je ne veux pas évoquer ici, la forfaiture de certains responsables politiques. On savait que l’on pouvait vendre son droit d’ainesse pour un plat de lentilles ou son Sauveur pour quelques deniers, on sait désormais qu’en France on peut vendre sa conscience républicaine pour quelques espérances de suffrages fût on ancien ministre et actuel parlementaire. La question qui est au fond posée est double : au nom d’un ressenti de frustration, doit-on aller plus loin dans les mécanismes de redistribution et de protection sociale, l’égalisation des conditions économiques et doit-on continuer à construire notre représentation du bonheur sur la consommation de biens individuels ?

S’agissant de l’égalité, René Girard a longuement exploré ce désir mimétique moteur de l’histoire, montrant que les Hommes ne désiraient vraiment que ce que l’Autre possédait. Cette concurrence exacerbée autour de la chose convoitée ne pouvait que provoquer « la crise mimétique » laquelle se résolvait invariablement par la mort d’un bouc émissaire, celui-ci choisi toujours parce qu’il recelait quelque étrangeté par rapport à la norme sociale, physique ou symbolique. Dans les messages immondes qui déferlent sur les réseaux sociaux, la haine de l’autre s’intensifie à un niveau paroxystique. Le riche, cet indéfini qui possède plus que moi, le pauvre, celui qui « profite » des minima sociaux, le migrant celui qui vole le travail, sont devenus des ennemis définitifs. Quels que soient ma médiocrité, ma désinvolture, mon inculture, mon manque d’engagement professionnel ou des prises de risque entrepreneurial je veux autant que cet autre quels que soient son histoire, son mérite, ses efforts. « J’ai droit ». Et au nom de ce « J’ai droit » plus aucune limite morale n’existe : on casse, on frappe, on brûle, on insulte. Les droits ne fleurissent pas dans la nature sauvage. Ils sont le produit du lent effort d’humanisation de l’Homme.
Sur les décombres de la justice privée, l’Etat s’est constitué, pierre à pierre, et des droits sont nés. Avec eux, l’Etat engendre la paix civile. Mille cinq cents ans plus tard, de l’intense réflexion théologique et religieuse de la scolastique, sourd enfin la notion de personne, la reconnaissance de son éminente dignité comme « image de Dieu ». Quelques siècles encore et la Révolution, en sa première efflorescence, consacra ce bien immense de l’égalité des Hommes en dignité et en droits avant que ne s’ajoutassent, en 1948, les protections sociales minimales, conditions de leur effectivité. D’aucuns ont rêvé d’aller plus loin, d’une uniformisation des conditions économiques et sociales. En résultèrent les cauchemars du goulag, de la Révolution Culturelle, des camps Khmers, des millions de morts, des centaines de millions d’esclaves fanatisés par le culte de la personnalité et le nationalisme le plus aveugle. Ces chimères se sont brisées comme se sont brisés les mythes de l’homo oeconomicus sur l’ontologie de « l’animal parlant », cette manière si particulière d’être au monde dans un entre deux de réel et de langage, dans un univers façonné par les mots.

La différenciation exprime l’imaginaire qui fonde le monde des Hommes, différemment dans chaque civilisation. Elle dessine l’histoire mythique d’une société. Comme la reconnaissance au niveau individuel, au niveau collectif la différenciation crée l’identité et le sentiment de l’identité. La vouloir gommer c’est retirer aux humains leur humanité. Nos prédécesseurs sur cette Terre furent avisés de s’en tenir à l’égalité en dignité et en droit et à ces quelques éléments qui en assurent l’actualisation. Aller au-delà n’a mené qu’à la barbarie. Sur un autre plan, la consommation, bien au-delà de nos besoins, se nourrit de nos désirs et de nos fantasmes, comme si l’épopée humaine se réduisait désormais à la chose possédée.
L’accès différencié aux monceaux de biens et de services produits par un monde consumé par une fringale mercantile fonde notre organisation sociale.

Alors que nous protestons ici, de ne pouvoir ripailler davantage encore, ailleurs, on rêve seulement d’un repas assuré, d’un toit résistant aux bourrasques, d’éviter aux enfants impubères de s’épuiser dans un labeur harassant. Et dans ce même temps, les limites physiques de notre écoumène sont atteintes, les ressources naturelles s’épuisent, les déchets nous ensevelissent et le soleil lui-même nous est devenu redoutable. L’hallucination d’une opulence générale et éternelle s’effrite devant la réalité d’un monde fini alors que trop sont encore réduits à la portion congrue et, pour certains de nos frères en humanité, privés de toute portion.
Pour qui se veut raisonnablement réaliste, l’illusion consumériste s’affaisse devant nos yeux. Nous, les privilégiés de la Planète, commençons désormais à éprouver, confusément encore, que le bonheur ne réside pas dans la possession d’une nouvelle babiole. Nous devons désormais aller au bout de ce constat qui s’immisce discrètement dans nos consciences et le partager. Il est de notre devoir d’éclairer un nouveau chemin d’humanité pour sortir de l’impasse matérialiste où nous avons conduit le Monde. Il y faudra de l’exemplarité dans la réduction de notre boulimie, comme dans la volonté de partage, une orientation nouvelle de nos désirs vers ce qui ne blesse pas davantage la Planète. Il faudra inventer une économie tournée vers la culture, les arts, un temps nouvellement occupé à produire, goûter, partager ce qui aide à penser, à ressentir, à devenir enfin humain. Les productions ne peuvent plus se borner à n’être que prédatrices, la Terre n’en a plus les moyens et nous, occidentaux, n’en avons plus vraiment besoin.
Nous devons poursuivre désormais une frugalité matérielle et une abondance culturelle et spirituelle. Un esprit « étrange et pénétrant » nous aurait jadis avertis « le XXI siècle sera spirituel ou ne sera pas ? ».



Article du 07 janvier 2019 I Catégorie : Politique

 


31 commentaires :


Commentaire de Nostromo 07/01/2019 09:37:06

Une belle analyse pertinente qui démontre comment le capitalisme, à l’origine créateur et distributeur de richesses, a été dévoyé par certains pour des intérêts personnels et égoïstes.
La violence des médias nous montrant des images de beaux hommes et de belles femmes vivant dans le luxe, avec de belles voitures et de produits high-tech frappent de plein fouet le citoyen moyen dans sa vie de tous les jours.
Toutes ces émissions de télé-réalité encensant de jeunes personnes dans des villas de luxe, alors que ces figurants nous paraissent tellement limités intellectuellement, sont extrêmement violentes envers le jeune qui se lève le matin pour aller travailler pour un SMIC.
Cette violence quotidienne du gouvernement qui déclare que les aides sociales coûtent un pognon de dingue, qui taxe les retraités, qui glorifie les premiers de cordée et rabaisse les autres à leur triste sort ( le coût du travail nuit à la compétitivité), qui veut réformer les retraites, le travail et le chômage pour réduire les pensions, salaires et indemnités... mais qui en même temps supprime l’ISF, favorise les très riches (exonérations fiscales) ... contribue au climat délétère du pays.
Il faut stopper ces violences, la dissolution de l’assemblée nationale peut être une solution pour retrouver une légitimité de nos hommes politiques. Si LaREM est tellement convaincue du soutien des électeurs comme elle le clame partout, cela ne devrait pas lui poser de problème.



Commentaire de Superdeg 07/01/2019 13:57:39

Le seul référendum : voulez-vous en core de Macron : oui-non c'est tout; et à mi mandat ce référendum devrait être inscrit dans la constitution pour un président...on s'est tapé le précèdent 5 ans un supplice pour le peuple



Commentaire de bernadette fourré-jousselin dite mémé 07/01/2019 14:54:37

nostromo, vieille mémé vous invite à prendre contact avec les insoumis saumurois et de martigné vous pourrez connaitre ce qui a été mis en route pour le RIC très bonne analyses ci dessus, surtout ne lâchons rien montrons l'exemple



Commentaire de Nostromo 07/01/2019 14:56:45

Changer de président ne changera pas l’affaire. Si LaREM a toujours la majorité à l’assemblée nationale, le cap sera gardé avec un autre lobbyiste à l’Elysée.



Commentaire de Superdeg 07/01/2019 18:16:44

Nostromo qui a le pouvoir de dissoudre l'AN?



Commentaire de Daddie 07/01/2019 18:18:12

Mais jusque quand vont-ils nous emm...Il y a eu des élections, en démocratie on respecte les résultats. Ils veulent renverser le Président Macron, soit, pour le remplacer par qui ? Ils disent (les gj) que la majorité des français les soutiennent ; d'où sortent-ils ces résultats ? D'un sondage sur un rond point ? de frustrés, de jaloux, de râleurs .



Commentaire de Nostromo 07/01/2019 18:25:45

Le président de la république , Chirac l’a fait... ça ne lui a pas réussi. Mais si Macron veut retrouver une légitimité, il dissout et retrouvera-t-il peut être une majorité ou pas.



Commentaire de @Daddie 07/01/2019 18:52:46

C’est Macron lui même qui a dit que tous les an il ferait une évaluation de ses actions devant les Français.... il a peut-être oublié ?



Commentaire de Francis Prior 07/01/2019 19:06:57

Monsieur Nostromo votre analyse mériterait d'être moins partiale. Je me permets de répondre sur quelques aspects polémiques:
- Le président de la République a évoqué le "pognon de dingue" des aides sociales pour insister sur le peu d'effets quelles avaient sur l'avenir des personnes concernées qui restaient selon ses mots "assignées" à leur pauvreté malgré cet argent;
- les retraités sont taxés moins que les autres alors que leur revenu médian est plus élevé (21 510€/a,) que l'ensemble de la population (20 520€/an). Je note aussi qu'au delà du revenu ce sont les retraités qui sont le plus souvent propriétaires (normal) de leur logement et paient ainsi moins de charge de logement (75% sont propriétaires de leur logement INSEE 2015). L'alignement partiel de la CSG des retraités sur celle des salariés n'a donc rien de bien inégalitaire c'est même le contraire sur le plan objectif.
- l'expression de " premier de cordée" peut être revendiquée pour quiconque fait avancer sa discipline. Les équipes de sport championnes du monde sont des premières de cordées, les meilleurs ouvriers de France sont des premiers de cordées et E.Macron a souvent réaffirmé cette évidence que dans tous les secteurs de la vie il y a des personnes qui se dépassent pour de multiples raisons et font, de ce seul fait, avancer les autres. A t'il pour autant stigmatisés les autres. Aucune de ses interventions ne le laisse entendre. Pas même celle concernant "ceux qui ne sont rien" qui ne faisait que déplorer un état de fait que chacun constate ne serait ce qu'en regardant la télévision où la vie des gens simples comme vous et moi n'est pas souvent évoquée dans les médias.

Pour le reste, qui peut douter de la nécessité de réformer nos outils de protection sociale quand on constate que le travail change de nature que la vie s'allonge, que les coûts de la dépendance augmentent et qu'il faudra les assumer. On peut ne rien faire et rester populaire. Depuis 1974 l'énorme accroissement de la protection sociale a été financé à crédit.

Reste enfin la question de l'ISF. Il faut noter qu'en France l'impôt frappe plus lourdement l'appareil productif que dans le reste de l'UE. On a baissé le coût du facteur de production travail en modifiant l'ISF la majorité a voulu diminuer le coût du capital. Comme cela a été dit à maintes reprises, on verra le résultat.



Commentaire de Nostromo 07/01/2019 22:04:44

Mr Prior nous n’avons pas les mêmes éléments de langage, les mêmes décodeurs et les mêmes valeurs.
- le pognon de dingue est un terme populaire volontairement fuité pour se mettre à niveau et près du peuple. Par contre à part faire comprendre aux assistés qu’ils coûtent trop chers à la société (de dingue) et les victimiser (ils ne recherchent pas à s’en sortir) je n’ai pas entendu de stratégie pour proposer autre chose.
- Pour les retraités votre argument est celui de votre parti. Il faut revaloriser le travail et dévaloriser les oisifs (les retraités en l’occurrence qui sont des privilégiés à vos yeux). Donc plutôt que remonter (vraiment) les salaires vous préférez baisser les retraites (augmentation CSG, desindexation des retraites sur le coût de la vie, baisse de 10% de la part complémentaire des retraites pendant 3 ans, et on attend les dernières régressions promises par la réforme des retraites).
- Les premiers de cordée que vous appréciez sont les très riches. Les premiers de cordée chez les salariés avec un statut protecteur (comme la SNCF) qui pourraient tirer les autres vers le haut, vous les dezinguez.
- Les réformes sont une avancée, si c’est pour des avancées sociales. Par contre celles que vous proposez vont toujours dans le moins disant.
- Pour l’ISF je me demande comment vous allez évaluer son effet de redistribution. Déjà les associations caritatives se plaignent d’une baisse de 60% des grands donateurs. Ça ruisselle un peu sec. Par contre si vous voulez relancer l’économie, baisser les impôts sur le revenu, vous verrez que les contribuables dépenseront cet argent et ne l’enverront pas dans les paradis fiscaux.

Notre président nous a déçu, il gère le pays comme une banque, il veut faire payer ses petits clients et protéger ses gros clients. Ce n’est pas ce pour quoi il a été élu.
Mais nous sommes certainement pas assez intelligents pour comprendre.
Mais il y a une autre voie que le libéralisme à la Tatcher que vous suivez.



Commentaire de fred 08/01/2019 07:31:10

oui et la premiere année il a dit aussi qu'a la fin de sa premiere année aucune personne ne dormira dehors.



Commentaire de Invitation pour Mémé 08/01/2019 09:12:36

Il faudrait limiter l'âge des personnes qui font de la politique. Un bon compromis serait entre 70 et 75 ans. Oups! Mémé! A 86 ans, vous avez dépassé l'âge. Il est grand temps pour vous de déposer votre tablier. En sortant, rendez-nous un dernier service svp.
Fermez mais alors fermez très très très fort la porte blindée d'or de votre maître à penser. Merci pour tous.



Commentaire de Invitation pour Mémé 08/01/2019 09:40:53

J'ai oublié le PS : ... Et qui sait, vous serez peut-être alors notre Cléopâtre Française...
Avouez quand même que je vous offre un très beau rôle.



Commentaire de @La rédaction 08/01/2019 12:20:53

Cela fait 2 fois en 2/3 mois que le Kiosque donne expression à Mr Prior (fervent défenseur de E.Macron et Mme St Paul). Que l'on partage ou pas ses convictions, je suis surprise et décontenancée que SK ne donne l'expression libre qu'à la même façon de pensée et de plus à la même personne. L'équité voudrait que ce Mr n'ait plus le droit au chapitre avant que les autres idées se soient exprimées... Doit on en conclure que la rédaction prend position (de façon partiale) pour les idées de LREM et de ses partisans (EM, Mme St Paul, J.Goulet qui lorgne sur cette sphère...) ?



Commentaire de Francis Prior 08/01/2019 13:01:38

Monsieur Nostromo loin de moi le désir ni le besoin d'éléments de langage. J'essaie de comprendre le monde dans lequel je vis et je ne perçois pas ce manichéisme qui semble si sécurisant pour tant de nos contemporains.
Je ne vois pas, les bons pauvres opposés aux méchants riches. Le monde est plus complexe que cette sémantique schématique. Par exemple, s'agissant des aides sociales la réflexion actuelle en toute bonne foi peut nous interroger sur la pertinence de certains dispositifs qui contraignent, j'écris bien contraindre, certains bénéficiaires d'allocation chômage ou de minima sociaux à choisir de rester dans cette situation car reprendre un emploi serait trop couteux pour eux. On peut appeler ça de l'optimisation sociale mais qui peut le leur reprocher. Les gouvernements de F Hollande et E Macron ont mis en place l'actuelle prime d'activité pour pallier cette incongruité. Elle est encore trop peu utilisée c'est pour cela que le gouvernement d'E Philippe réfléchis à son automaticité.
Le monde est aussi plus complexe que vous semblez (dans votre texte) le décrire. Personne n'a interdit à une entreprise de payer ses salariés au dessus du SMIC mais encore faut il qu'elle le puisse tout en maintenant sa capacité à vendre ses produits. Dans un monde de 7 milliards de personnes où les salaires sont le plus souvent jusqu'à 10 ou 15 fois inférieurs aux salaires français peut on dire que les entreprises sont libres de fixer les salaires comme elles le veulent. On peut alors rétorquer qu'il faut fermer les frontières. Mais qui voudra acheter un jean fait en France mais vendu entre 120 et 150 €. Et les producteurs actuels de ces jeans, vietnamiens ou bengalais n'ont ils pas aussi le "droit" de vivre dignement et au passage de nous acheter nos avions?
Enfin s'agissant des retraités je ne comprends pas le raisonnement qui invoque l'égalité fiscale pour demander que les "riches" soient plus taxés (ils le sont pas mal quand on regarde les chiffres sans parti pris) et réclame l'inégalité fiscale quand il s'agit des retraités (je rappelle qu'ils paient aujourd'hui une CSG inférieure à celle des travailleurs). Cela pour souligner combien les notions d'égalité et de justice sont difficiles à appréhender concrètement.
Pour ma part, j'ai soutenu E Manuel pour ce "en même temps" que les sots ont daubé. C'est une construction complexe qu'une société. Elle ne peut durer et transmettre qu'en s'adaptant sans cesse et en se renouvelant. L'individualisme est au coeur de la décomposition actuelle, et le projet d' E. Macron est le contraire total d'un individualisme. Je le qualifie pour ma part de "personnalisme" dans la lignée d'E. Mounier, de Marc Sangnier et du Sillon.



Commentaire de La rédaction 08/01/2019 13:09:11

Procès de mauvaise intention : nous donnons la parole à toute personne qui alimente un débat démocratique, tel est le cas de M. Prior. Nous sommes preneurs de qui veut bien nous envoyer des billets, si tenté qu'il-elle se sente la plume prolixe et sans propos haineux. A bon entendeur.



Commentaire de Nostromo 08/01/2019 14:16:33

Mr Prior vous nous récitez vos arguments (certainement transmis par votre parti) sans répondre sur le fond des questions (à l’image de nos hommes politiques). Je ne vous parle pas d’égalité mais d’équité (ce qui n’est pas la même chose).
Je ne vous parle non plus d’opposer les pauvres aux riches. D’ailleurs quelles sont les limites entre les pauvres et les riches ?
Vous nous parlez du coût des aides sociales mais vous les augmentez avec la prime d’activité au lieu d’augmenter le SMIC, au motif que le vietnamien a un salaire 10 fois inférieur à celui d’un français. Un argumentaire digne des grands patrons qui pour eux le salaire est un coût et non un investissement (sauf le leur bien sûr).
Le personnalisme que vous citez prône le respect de la personne. Pour cela il faut lui fournir que quoi vivre par son travail et lui donner une vision sur son futur. Les visions que vous lui donnez aujourd’hui sont très sombres : difficultés des entreprises donc obligation de bas salaires, diminution des retraites, création d’une nouvelle taxe pour des propriétaires ayant remboursé leur crédit, allègement des taxes pour les très riches pour ruisseler.
Même les ordonnances sur les lois travail de 2017 sont remises en cause par les prud’hommes au motif d’illégalité.



Commentaire de @LaREM 08/01/2019 19:32:31

Vous aviez une autoroute tracée Mr Prior, il suffisait de revaloriser le SMIC et les salaires, revaloriser les retraites, donner de l’espoir aux gens.
A la place de cela vous avez fait des choix de technocrates financiers et vous vous êtes tournés vers « l’elite » ... mauvaise pioche, l’issue ne peut être que fatale pour vous. Vous avez trahi le peuple.



Commentaire de PADOPADO 08/01/2019 19:58:31

Comment convaincre les français quand on engage la lutte contre la pollution par l'augmentation des taxes et non par des projets industriels et agricoles innovants et créateurs d'emploi.
L'Etat doit investir DANS l'écologie pour se développer.
On assiste actuellement à une crise de l'Etat Providence qui remet en cause les aides sociales, la santé, les services de l'Etat.
M.Macron, président de la République, mène la même politique depuis les années 80 qui considère la contrainte financière comme une contrainte à priori.
Je n'ai pas le sentiment que la nation américaine soit aussi vertueuse et frileuse
Le français ne veut pas ne plus payer d'impôt, il veut juste COMPRENDRE POURQUOI et à quoi sert notre paiement de solidarité.
Tout manque de SENS; le français voit des taxes, des contraintes nouvelles mais pas de projet politique noble.
A force d'être frileux devant les contraintes financières, on oublie d'avancer.
Il nous faut AUSSI reprendre en main l'Europe qui émet des règles au nom de commissions et non d'un président et d'un pouvoir élu démocratiquement.

Je suis démocrate et légaliste mais il est temps que les français sachent pourquoi il est heureux d'être français.





Commentaire de Francis Prior 08/01/2019 21:15:02

Je crois qu'il n'est pas souhaitable d'administrer les salaires depuis un bureau de Bercy. Le salaire est un des deux termes de l'équation économique avec le capital. Le coût de ces facteurs de production détermine la capacité d'une entreprise ou d'une économie à se maintenir et se développer. Il ne s'agit pas du raisonnement de "technocrates financiers" mais d'une simple évidence.
Notre monde est ouvert, et il l'est depuis 1492 au moins avec la "découverte" de l'Amérique. Notre balance commerciale est déficitaire depuis 20 ans sans discontinuer, ça c'est une réalité pas une prise de position d'un "technocrate financier".
Notre pays a fait le choix depuis longtemps d'une société égalitaire, il a pour ça créé un système de protection global unique au monde. Mais il ne peut pas s'affranchir des réalités concrètes de la vie humaine. En ce sens, la gratuité des services essentiels,comme la hausse de la prime d'activité est une meilleure réponse que la hausse administrative des rémunérations qui ne ferait que pénaliser les entreprises françaises.
Le projet politique le plus "noble" est celui qui peut être mis en œuvre. La transition écologique ne se fera pas sans modification de nos comportements et dans une société démocratique on doit privilégier l'incitation à la contrainte. Il n'y aura pas de transformation écologique de nos comportements de consommation si nous ne sommes pas dissuadés d'utiliser les produits et services les plus polluants.
Cela n'empêche pas les grands projets au contraire.



Commentaire de Le Monde 09/01/2019 08:53:48

Pour les fondations et associations caritatives qui vivent d’abord de la générosité des citoyens, 2018 aura été une année noire et 2019 ne s’annonce pas moins sombre. Selon le syndicat France générosité, qui regroupe 91 d’entre elles, sur les 2,9 milliards d’euros habituellement collectés auprès des particuliers, il manque 200 millions d’euros.
Principale raison : la suppression, en 2018, de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), transformé en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Le nombre d’assujettis a fondu de 350 000 à 150 000 foyers. Une perte de donateurs potentiels qui pouvaient, jusqu’en 2017, réduire leur imposition de 75 % du montant de leurs dons, dans la limite de 50 000 euros, mais ne voient plus l’intérêt de le faire.



Commentaire de Re @La Rédaction 09/01/2019 08:57:45

Procès de mauvaise intention ? C'est le constat que tout à chacun peut faire : vous reproduisez toutes les correspondances de Mr Prior. Si "vieille mémé" ou M. de Brugière vous envoyaient leurs proses (respectives) chaque semaine ou régulièrement, vous les publieriez à la même régularité ? vous faisant le relais de leurs opinions avec la même régularité ? sans rechercher l'équilibre entre les prise de positions ?
Je croyais que le journalisme consistait à informer équitablement sans parti pris. Si d'autres points de vue (que celui de Mr Prior par exemple) ne sont pas exprimés, il serait pour le moins équitable soit d'aller chercher/solliciter les autres soit (si ces dernières ne se manifestent pas) d'interrompre les publications du même camp. Vous le faites pendant les élections, alors continuer SVP à le faire tout le temps. Sinon, comme dans le cas présent de Mr Prior, vous faites du favoritisme sans parler de propagande, bien sûr.



Commentaire de Daddie 09/01/2019 09:54:41

un gentil message pour la rédaction :
je n'ai pas compris : "si tenté" : par qui ou par quoi ?
ou alors : si tant est...
A vous de voir.



Commentaire de Les vacances de Mr Hulot 09/01/2019 10:12:43

Je vois que LaREM mûrit par la voix de Mr Prior. Quand on parle de transition, écologique dans notre cas, il faut effectivement parler du but à atteindre et ne pas se contenter de taxer des diésélistes sans leurs donner des solutions alternatives.
Bon pour le marché économique il faut encore que LaREM prenne conscience qu’il y a des hommes derrière et pas uniquement des € et des bilans financiers, sachant qu’il y a de l’argent dans notre monde, c’est le partage qui fait défaut.
Bon exemple pour la découverte de l’Amérique. Au début Christophe Colomb cherchait un financement par le Portugal, la France, l’Angleterre. Ils ont tous refusé au motif qu’il n’y avait pas d’argent à mettre dans ce projet et qu’il fallait prendre en compte les réalités économiques. La reine Isabelle d’Espagne a finalement accepté le risque financier de l’expédition, bien lui en a pris.



Commentaire de @Re @La Rédaction 09/01/2019 08:57:45 09/01/2019 10:51:51

Merci de parler en votre nom-seul et non-pas au nom de tout un chacun qui comme moi, ne suis pas d'accord avec votre commentaire.



Commentaire de Francis Prior 09/01/2019 12:41:34

Sans me permettre de répondre pour la rédaction du Kiosque, je voudrais mettre l'accent sur quelques éléments:
- Je ne crois pas qu'à aucun moment le Kiosque ait pris fait et cause pour mes propos. Le Kiosque ouvre sa publication à tous ses lecteurs
- Il est amusant de constater que ceux qui revendiquent la liberté d'expression (y compris en manifestant voire en interdisant à certains habitants de circuler) pour eux s’empressent de revendiquer une censure pour les articles qui leur déplaisent
- Il semble plus aisé d'interdire que de débattre, d'exposer avec politesse des arguments de faits, les valeurs qui nous font agir, de dire aussi ses rêves comme ses répulsions
- Je constate que des deux questionnements que j'évoque dans le texte, à savoir jusqu'où peut aller l'égalité économique et sociale et la consommation peut elle résumer notre projet humain aucune n'est traitée par les commentaires. Il s'agit pourtant de questions de fond, celles qui vont orienter la vie de nos enfants.
- Enfin concernant la transition écologique, il est indispensable de ne pas tomber dans le simplisme. Le changement que nous devons produire est gigantesque, il prendra plusieurs décennies, et il impactera fortement nos genres de vie sauf à vouloir condamner nos enfants. Il n'y a pas une écologie punitive qu'aurait choisi le gouvernement et une écologie hédoniste accessible a tous au bout d'une chansonnette. Il faudra inventer et faire des efforts, changer des habitudes acquises depuis 50 ans, et surtout mener ce combat dans de très nombreux domaines à la fois.
- S'agissant de l'exemple de la découverte de l'Amérique, à vos propos monsieur ou madame "les vacances de M Hulot", je constate que nous disons ma même chose: sans mise de fond au départ il ne peut y avoir d'économie. Un petit exemple que je présente souvent à mes stagiaires: pour récolter du blé, il faut un champ, des semences, et pouvoir attendre huit ou neuf mois, c'est à dire qu'il faut avoir accumulé des ressources pour pouvoir les investir dans des immobilisations, pour pouvoir couvrir des charges en attendant la récolte. C'est tout le problème de l'économie et aujourd'hui de la transition écologique.



Commentaire de Les vacances de Mr Hulot 09/01/2019 13:46:21

La mise de fond de départ est toujours virtuelle. Les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas (la seule obligation est de posséder une petite partie du prêt octroyé, c’est la réserve obligatoire déterminée par la banque centrale). Les banques facturent des intérêts aux emprunteurs sur des sommes qu’elles ne possèdent pas. Tout ça par des jeux d’écriture. Ce système a permis de créer de la richesse et de faire évoluer le niveau de vie. Le problème c’est lorsqu’il n’y a plus de partage et que ça n’alimente plus que la caissette d’Arpagon qui passe son temps à compter ses sous .... le système s’effondre. C’est ce qu’on vit aujourd’hui où 1% des Français se partagent 25% des richesses du pays et cette disproportion ne fait qu’augmenter.



Commentaire de Nostromo 09/01/2019 14:39:57

Mr Prior on ne sait pas ce que vous appelez « égalité économique et sociale » ? On vous parle d’équité (ce qui est juste) et vous nous dites qu’il faut baisser les retraites pour les amener au minimum.
Par contre concernant l’ISF vous êtes arc-bouté sur vos positions. Je me demande quel marché a passé Mr Macron avec ces très riches ? Pouvez vous nous l’expliquer où êtes vous mis au pied du mur vous aussi ?



Commentaire de Francis Prior 09/01/2019 16:03:34

Monsieur Nostromo, il me semble que l'équité et l'égalité sont deux notions relativement dissemblables. L'égalité est un rapport arithmétique c'est à dire qu'il attribue des quantités identiques. L'équité est un rapport géométrique (distributif) qui peut attribuer des quantités différentes pour rendre des situations acceptables par rapport à des valeurs. On peut sans abuser de l'homophonie dire que l'équité et l'éthique on a voir ensemble. En ce sens, le bien social vise d'avantage à l'égalité notamment au niveau des droits des citoyens mais peut viser à l'équité pour les contribution.
Reste à savoir comment définir cette équité d'où ma question sur le niveau d'égalité sociale et économique.
Je ne crois pas avoir défendu, à aucun moment, une diminution des retraites (d'ailleurs le gouvernement met en œuvre une augmentation de l'ex minimum vieillesse) mais seulement fait remarquer que l'on ne pouvait à la fois défendre l'équité de l'imposition par rapport et l’iniquité de la CSG pour les retraités (traduite alors par une inégalité de taux sans rapport avec la capacité contributive des ménages). Peut être fais-je erreur mais vous défendez une équité en rapport avec la capacité contributive d'un côté et de l'autre en rapport avec le statut (actif ou retraité) dans l'autre cas. C'est, il me semble, une égalité à deux vitesses.
S'agissant de l'ISF, je défends sa transformation profonde dans une perspective de concurrence internationale. En aucune façon je n'ai évoqué une quelconque théorie du ruissellement dont le rapport 2014 de l'OCDE a montré toute la faiblesse. Je n'ai évoqué que le coût du capital c'est à dire le taux facial de rendement qu'il faut atteindre pour obtenir un certain volume de revenu net réel pour l'épargant. Selon moi plus ce coût est important plus la pression sur les salaires augmente. La modification de l'ISF a pour but de réduire ce coût.



Commentaire de Nostromo 10/01/2019 09:18:29

2 dernières infos à prendre en considération Mr Prior :

La Confédération paysanne affirme détenir les preuves du mécanisme mis en place par Lactalis pour soustraire au fisc une partie de ses profits. Le syndicat paysan a décidé de saisir le parquet national financier.

Le PDG de Renault et de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, actuellement incarcéré au Japon, n’est plus résident fiscal en France mais aux Pays-Bas depuis 2012, écrit le quotidien Libération.
« Libération a pu vérifier que Carlos Ghosn n’est plus résident fiscal français depuis… 2012. Cette année-là, il choisit de se domicilier, pour ses impôts, aux Pays-Bas où est installée Renault-Nissan BV, la société holding néerlandaise, qui depuis 2002, coiffe l’alliance entre les deux constructeurs automobiles », écrit le quotidien.



Commentaire de Francis Prior 10/01/2019 10:14:53

Monsieur Nostromo, vous savez bien que je partage tout à fait votre indignation. Je crois en la vertu républicaine celle qui fait que l'on peut vivre ensemble et débattre et que donc on observe ses lois, toutes ses lois. La loi c'est la seule manière d'éradiquer notre violence, et notre suavagerie.


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