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Le portrait éco. AAS Industrie à Chacé : Un essai en passe d'être transformé

Après une vingtaine d'années passées dans de grands groupes en France et à l'étranger et notamment dans le secteur de l'assurance, David Lecomte a repris l'entreprise de mécanique de précision AAS (Ateliers Aéronautiques de Saumur), à Chacé depuis Avril 2018. Il compte investir dans de nouveaux moyens matériels et proposer de nouvelles règles du jeu à l'équipe de la PME. Portrait d'entreprise et d'entrepreneur.


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Créée en 1976, AAS s'est adapté pour répondre aux exigences et aux besoins de ses clients, dans les domaines aussi pointus que l'aéronautique, le militaire ou encore le médical. « Au départ, AAS est une entreprise que l'on pourrait qualifier de relativement discrète et qui a une histoire un peu tortueuse. En 1976 elle est créée par le groupe ABG Semca (filiale de Thomson CSF puis de Leibherr Aerospace) qui la revend 10 ans plus tard, en 1986 à un groupe allemand, Fresinus Medical Care. Ce qui intéressait ce groupe c'est qu'à coté de la mécanique de précision, AAS avait développé une activité de fabrication et d’assemblage d’appareils de dialyse. De 1986 à 1996, l’essentiel de l'activité de l'entreprise, c'était donc la mécanique de précision d’une part et le montage d’autre part dans les domaines aéronautique et médical. L'entreprise a compté alors jusqu'à 110 salariés. En 1996, décision est prise de scinder l'entreprise en deux : l'activité médicale est transférée vers d’autres unités de la maison mère (en France et en Allemagne), l’activité usinage demeurant chez AAS avec environ 60 personnes.

10 ans d'usinage


L’année suivante en 1997, le groupe allemand décide de vendre cette activité et c'est un entrepreneur du Sud-Ouest de la France déjà propriétaire d'autres entreprises, qui rachète, celui-ci voulant développer son propre appareil de dialyse en s'appuyant sur le savoir-faire d'AAS dans ce domaine. Ainsi de 1997 à 1999, AAS construit des prototypes sans toutefois trouver de débouchés commerciaux. Dès lors, de 2000 à 2014, l'entreprise se concentre sur l’activité d’usinage pour le secteur aéronautique, activité par ailleurs certifiée dès 2005 EN 9100. Dès 2014, le chef d'entreprise envisage une cession d’AAS à un groupe de PMI basé en région parisienne. C'est en avril 2015 que le groupe PVR, mécanicien spécialisée dans le secteur de l'aéronautique, rachète donc AAS et lance un plan vigoureux de restructuration et de réduction de ses effectifs. Et c’est fin, 2017 que David Lecomte, qui recherchait une PMI à reprendre, contacte le dirigeant et propriétaire. « Même s'il n'avait pas vraiment envisager à cette date de céder son entreprise, le propriétaire qui travaillait à son propre plan de succession a vite senti qu'il y avait potentiellement une opportunité intéressante pour lui, à tout point de vue ! »

9 mois de gestation pour ASS Industrie

Au bout de quelques mois, la messe est dite, David Lecomte devient le nouveau propriétaire et patron d'AAS. Aujourd'hui, l'entreprise qui est devenue AAS Industrie compte 39 salariés, dans de vastes locaux, toujours à Chacé, à l'entrée de la zone d'activités. Sa spécificité : de l'usinage et de la mécanique de précision de pièces techniques de petite dimension en petite et moyenne série. « L'entreprise a deux particularités : en plus de l’usinage, elle est capable de gérer des process très complexes intégrant de multiples procédés spéciaux (traitement de surface, ou thermique) et peut proposer des prestations de montage ou de câblage électrique et électronique de sous-ensembles. Bref, des petits volumes, des petites séries et un grand savoir-faire humain au centre des processus de production !»

Rassurer les grands équipementiers

AAS, avec un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros en 2018, intervient aujourd'hui essentiellement en rang 1 derrière de grands équipementiers tels Thalès, UTC ou Liebherr, sur 2 marchés : l'aéronautique civile et militaire, avions ou hélicoptères, et la défense, notamment pour le naval, les missiliers ou les blindés. Quelle n'est pas la fierté pour le chef d'entreprise: « Nos pièces, si petites soient-elles se retrouvent sur l'A320, le Rafale, le Tigre ou encore le Falcon. » Et le nouveau chef d'entreprise ne manque pas d'ambition : « Nous avons besoin d'investissement significatif pour moderniser notre outil de production, soutenir notre croissance et atteindre une taille critique pour répondre aux besoins et aux attentes de nos clients, les grands équipementiers. Mon ambition est de faire grandir AAS grâce à la démarche « Industrie du Futur » soutenue par la Région, qui nous donne notamment accès à des sources de financement spécifique (1). Nous en sommes au 1er volet, celui des diagnostics principalement en matière d'investissement machines/robots et de changement d'ERP (n.d.l.r. Entreprise Ressource Planning ou progiciel de gestion intégrée). L'objectif : être une entreprise plus agile, réactive avec un pilotage très flexible des moyens de production. Et le tout potentiellement dans un nouveau bâtiment à construire et dont l’étude vient de démarrer.»

Un chantier très important : l'humain

Et l’un des chantiers principaux de David Lecomte, c'est le volet humain : « Je souhaite qu'il y ait un CSE, Comité Social et Economique (2) d'ici à la mi 2019, une discussion sur l’organisation du temps de travail et la mise en place d'un intéressement pour les salariés. Un seul objectif : un alignement total d'intérêt entre les salariés, l’entreprise et son dirigeant et, plus largement, son écosystème. Il est logique que les salariés touchent le fruit de leur travail en cas de réussite de l’entreprise et surtout, je souhaite que nos salariés aient envie de travailler chez AAS. Nous sommes, ne l'oublions pas, sur des métiers en grande tension en matière de ressources et de compétences. Je souhaite que mes salariés restent le plus longtemps possible chez AAS et n’avoir à recruter que pour soutenir la croissance et non du fait de départs ! » Et de conclure : « En plus j'ai envie d'ancrer AAS Industrie sur le territoire Saumurois. »

David Lecomte, un profil atypique


Originaire de Faye d'Anjou, David Lecomte, 46 ans et père de deux jeunes enfants, est issu d'une famille de vignerons depuis 6 générations. Et très jeune, une chose était évidente pour lui : « J'ai toujours voulu être mon propre patron, mais j'avais une grande envie d'international. » Ainsi, après un DUT GEA à Angers (Gestion des Entreprises et des Administrations), il intègre une école de Commerce, l'ESCEM de Poitiers. Son stage de 3ème année, il le fait au sein du réputé cabinet d’audit et de conseil KPMG à Paris. Et à l'issue de ses études, en 1996, il y est embauché. De 1996 à 1999, il a la charge d'audits de grands groupes, notamment dans le secteur de l’assurance. En 2000, il intègre le siège parisien du groupe Groupama. Il y exercera 16 ans durant sur différents postes de direction, en France comme à l'étranger, dirigeant même à partir de 2010 la filliale au Portugal, fort de 125 personnes avec un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros. A son palmarès aussi jusqu'en 2016, la direction de la filiale du groupe en Turquie, 600 personnes pour une chiffre d'affaires de 500 millions d'Euros et un réseau de 2 300 agents généraux ! En 2016, s'ouvre une opportunité pour négocier son départ : « J'avais coché toutes les cases de ce que je voulais faire au départ », explique-t-il. C'est ainsi qu'il rentre en France et se met en quête de trouver une PMI à racheter. « Je recherchais dans l'industrie, un univers, à la différence de l'assurance, où l'on fabrique, où l'on produit quelque chose de palpable, presque tactile. J'avais 3 critères : primo le secteur. Dans l'industrie et sur un marché très international avec des vraies problématiques de transformation et de changement ; deusio, une entreprise basée dans la région, puisqu'étant revenu résider à Faye d'Anjou ; enfin, une entreprise d'une certaine taille, car n'étant pas de formation ingénieur ou issu moi-même de l’industrie, il me fallait une entreprise structurée avec des cadres dans toutes les fonctions clefs, notamment techniques. » Bref, après avoir discuté pendant 9 mois avec un chef d'entreprise qui au départ ne souhaitait pas forcément vendre, il devient propriétaire d'AAS. « Depuis ce jour du 26 avril 2018 à 16h30, je n'ai jamais aussi heureux professionnellement. Je n'y vois – à ce jour ! - que des avantages : on est partout, on a vraiment les mains dans le cambouis et on a tous les leviers en mains. Si je me plante c'est que j'ai pris une mauvaise décision, je ne pourrai pas dire que c'est à cause de... ». D'ores et déjà, le projet d’une future usine est sur les rails, plus adaptée à l'activité et au confort des salariés. Suite d'ici quelques mois...


(1) La Région a décidé de lancer un appel à manifestation d’intérêt « Industrie du Futur » pour permettre à un nombre important de PME/PMI de s’engager dans une démarche très concrète de modernisation de leur outil de production, réalisable à court terme. Objectif : Améliorer la compétitivité des PMI ligériennes, accroître l’avance des Pays de la Loire dans l’industrie, conforter et relocaliser des activités productives en région et favoriser la création d’emploi et la réalisation d’investissements sur le territoire. En savoir plus en cliquant ici
http://www.paysdelaloire.fr/services-en-ligne/appe...

(2) Le Comité Social et Economique est une instance représentative du personnel qui remplace les anciennes instances représentatives suivantes : délégués du personnel, comité hygiène sécurité et conditions de travail et comité d’entreprise, progressivement à compter du 1ᵉʳ janvier 2018

En savoir plus : http://www.aas-aero.eu/accueil.php


Article du 07 mars 2019 I Catégorie : Vie de la cité

 


1 commentaire :


Commentaire de gédéon 07/03/2019 17:52:00

Hé bine voilà une initiative intéressante. Industrie de pointe, ouverture sur le monde, Allez les jeunes . Foncez ! vous avez là un exemple à suivre. Bravo


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