Maine-et-Loire. Des produits locaux et de bonne qualité pour les restaurations collectives

En ce mardi 29 mai à la salle des Arènes de Doué-en-Anjou a été signée une charte en faveur d’un approvisionnement de proximité et qualité dans la restauration collective de Maine-et-Loire. Ratifiée par la préfecture, le Département de Maine-et-Loire, la Chambre d’agriculture, l’Association des Maires de Maine-et-Loire, la Région Pays-de-la-Loire et par les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale) du département, cette charte a pour but de promouvoir l’approvisionnement en produits locaux et de qualités dans les restaurations collectives.

De gauche à droite, Patricia Maussion (Vice-Présidente du Conseil Régional), Pascal Gallard (Vice-Président de la Chambre d'agriculture), Magali Daverton (Secrétaire Générale de la préfecture), Régine Brichet (Vice-Présidente du Conseil Départemental) et Jean-Luc Davy (Président de l'Association des Maires de Maine et Loire)


Le département de Maine-et-Loire est reconnu pour être le premier département agricole des Pays de la Loire (troisième sur le territoire français), ainsi que le sixième département français pour sa valeur de production. Aussi, le département a déjà montré qu’il était engagé dans le faire valoir de la qualité de ses produits et incite tous les restaurants collectifs à s’approvisionner localement. C’est dans cette volonté que le département de Maine-et-Loire, accompagné de la Chambre d’agriculture et l’association des Maires de Maine-et-Loire, a mis en place le Réseau Local Anjou en 2012. Comme l’explique Michel Brossier de la Chambre d’agriculture, « la dynamique est de faire vivre les productions locales à travers la consommation dans les restaurations collectives ». Ce réseau a permis à tous les collèges publics du département de prendre part aux réflexions engagées avec les producteurs, les élus ou encore les entreprises alimentaires de proximité.

Formaliser l’ambition commune d’un approvisionnement de qualité et de proximité

Aujourd’hui, les établissements de restauration collective revendiquent un taux de 46 % de produits locaux intégrés à leurs préparations. Ce plan a également soutenu une table ronde organisée, après les états généraux de l’alimentation lancés par Emmanuel Macron en 2017, autour de l’approvisionnement au printemps 2018. Ces échanges ont décidé l’État, le département, la Chambre d’agriculture et l’association des Maires de Maine-et-Loire à formaliser leur ambition commune d’un approvisionnement de qualité et de proximité pour la restauration collective par la rédaction d’une charte, présentée et signée à Doué-en-Anjou ce mercredi 29 mai. L'occasion pour Michel Pattée, maire de Doué-en-Anjou, de rappeler que sa ville « est au cœur du sujet, car elle fait partie de la région du Saumurois où beaucoup de producteurs légumiers et agricoles se trouvent. »

Faire en sorte qu’en 2022, 50 % des produits soient durables et de proximité

Aujourd’hui, l’agriculture de l’Anjou est une des plus diversifiées en France. Environ 6 000 exploitations sont implantées en Maine-et-Loire, et les productions végétales et animales s’y sont développées de manière équivalente, créant un équilibre et une complémentarité entre les territoires du département. La restauration collective pour sa part, se divise en deux marchés : celui de la gestion directe, c’est-à-dire que les établissements cuisinent sur place (ce qui représente 60 % des cas) et celui de la gestion concédée, c’est-à-dire que les établissements confient les repas à des prestataires (ce qui concerne donc 40 % des établissements). Cette restauration collective concerne aussi bien le secteur de la santé (47 % du marché), l’enseignement (35 %) ou encore les entreprises (11 %).
Cette charte vise à promouvoir et encourager le déploiement de moyens humains et financiers pour introduire plus de denrées issues des productions de proximité, mais aussi de l’agriculture biologique dans ces restaurations collectives. L’objectif de cette charte, selon Anne-Marie Scapin, conseillère départementale, est « de tendre, en 2022, à 50 % de produits durables, locaux et de qualité ». Et de continuer : « L’objectif est également de faire en sorte que ces produits soient achetés au juste de prix, il ne faut pas que cela se fasse au détriment de ceux qui produisent, qui vivent de ce travail ».

"En améliorant, on gagne de l'argent"

Deux chefs cuisiniers, employés dans des collèges, sont également intervenus pour témoigner. Christophe Daudin du collège de l’Evre à Montrevault sur Evre explique qu’il « doit servir 200 couverts par jour, ce qui n’est pas un volume assez conséquent pour que les fournisseurs l'assurent. Je voulais quand même garder la qualité de restauration. Je me suis alors mis à travailler avec un réseau de producteurs qui habitent à côté de la commune pour faire mes assiettes. Les enfants étaient conscients de cela, puisque pour beaucoup d’entre eux, un des producteurs pouvait être un de leurs proches. Cela rassure la population et les enfants ». De son côté, Eric Simon, chef cuisinier du collège Chevreul à Angers explique qu’en « améliorant, on gagne de l’argent, donc de meilleurs équipements et de meilleurs produits. Je travaille sur les déchets pour gaspiller un minimum également. Par exemple, je ne jette plus les épluchures de carottes, j’en fais des chips, et les enfants en sont ravis ! ».

« La logique est de mieux consommer, d’avoir des produits de qualité »

Le premier champ d’action de cette charte est de structurer l’offre locale de proximité et de qualité. Comme l'exprime Philippe Tessereau, acteur de l’interprofession : « La logique est de mieux consommer, d’avoir des produits de qualité, de pouvoir les faire consommer dans un meilleur état d’esprit et limiter le gaspillage ». Les signataires souhaitent que l’origine et que le mode de production des produits intégrés à la restauration collective soit lisible pour le convive. De plus, cette charte est le moyen également d'organiser et de mutualiser la logistique pour faciliter l’approvisionnement par des partenariats de tous les restaurants collectifs. C’est déjà le cas pour les écoles de Doué-en-Anjou, comme le rappelle Camille Bouc, de la Chambre d’agriculture : « Les fruits et légumes viennent de Saint-Georges-sur-Layon, les volailles d’Ambillou-Château, le pain des boulangeries de Doué, la farine du moulin de Sarré et le quinoa de Longué ».

Innover en matière de pratique culinaire

Dans la charte, il est également stipulé d’acheter davantage de produits de proximité et de qualité, en privilégiant les produits issus de l’agriculture biologique et de saison. Les signataires s’engagent également à innover en matière de pratique culinaire pour ainsi préparer une alimentation propice à la santé. Pour cela, il est prévu de sensibiliser et de former à des pratiques plus saines, mais aussi d’adapter les repas aux besoins nutritionnels de chaque convive. Une mutualisation des outils est également prévue, et ce afin de proposer une offre adaptée et locale grâce à des partenariats nouveaux, comme avec les filières de production de proximité. Enfin, il est également prévu une communication afin de mieux connaître les approvisionnements et leurs impacts par la mise en place d’un suivi interne au sein de l’établissement.


Article du 31 mai 2019 I Catégorie : Vie de la cité

 


2 commentaires :


Commentaire de l gourdon 31/05/2019 14:58:01

durables et de proximité et surtout bon.Et a part les écoles ,les maisons de retraites ,hopitaux,collectivités etc vont ils en bénéficier.



Commentaire de Pierrot de la lune 31/05/2019 22:14:41

on veux de l Europe voir la mondialisation et en même temps favoriser le local il y a une grande marge a franchir



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