Environnement. L’Europe en saumurois pour limiter la progression du Xénope lisse

Ces mercredi 3 et jeudi 4 juillet, une délégation de la commission européenne a fait le déplacement dans le Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine dans le cadre du suivi du programme LIFE CROAA. Celui-ci vise en Loire-Anjou-Touraine à limiter la progression du Xénope lisse, une espèce invasive. L’ensemble des bénéficiaires de ce programme européen, en provenance du reste de la France, étaient également présents.


Le LIFE CROAA (Control stRategies Of Alien invasive Amphibians) est un projet européen dont l’objectif principal est de contribuer à l’amélioration de la conservation des amphibiens autochtones en luttant contre le Xénope lisse et la Grenouille taureau, deux espèces exotiques envahissantes. D’une durée de six ans (2016-2022), ce projet est porté par la Société Herpétologique de France en partenariat avec sept structures locales engagées sur le terrain. Les opérations de contrôle visent les populations de Grenouille taureau et de Xénope lisse présentes en France. Pour la Grenouille taureau, cela concerne les départements de la Dordogne, de la Gironde et du Loir-et-Cher. Le Xénope lisse, est lui présent dans les départements du Maine-et-Loire, des Deux-Sèvres et de la Vienne. Ces deux jours de réunion ont été l’occasion de faire un point sur l’avancement des projets, des partages d’expériences entre partenaires du LIFE mais également de se rendre sur le terrain, à Epieds, pour découvrir les modes de lutte mis en place.

Des labos au cours d’eau…

Le Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine est associé au programme européen. Un technicien du Parc est chargé d’évaluer la propagation de l’espèce, de limiter son expansion et de sensibiliser le public. En effet, le Xénope lisse est largement présent aujourd’hui dans les mares et les cours d’eau sur la partie Maine-et-Loire du Parc. Connaissant une expansion rapide, il menace sérieusement la biodiversité locale. Originaire d’Afrique australe, le Xénope lisse est utilisé pour des expérimentations en laboratoire. C’est dans les années 80 qu’il s’est "échappé" d’un laboratoire dans les Deux-Sèvres pour arriver jusque chez nous.

Qui est le Xénope ?

Le Xénope lisse vit essentiellement sous l’eau et n’est donc pas facile à observer. Il ne ressemble à aucun amphibien de nos mares et zones humides. Les femelles, généralement plus grandes que les mâles, peuvent mesurer jusqu’à treize centimètres. Bien que se reproduisant et vivant dans l’eau, les individus sont capables de déplacements terrestres sur plusieurs centaines de mètres. Il a un impact sur la faune locale désastreux. Par prédation, il se nourrit d’invertébrés aquatiques, de poissons, amphibiens, œufs, larves, en bref, tout ce qu’il trouve. Il consomme les mêmes proies que les amphibiens autochtones. Il crée de ce fait une sorte de compétition qu’il gagne haut la main, sa capacité reproductrice étant plus importante. Cet animal est capable de pondre plusieurs fois dans l’année et sur une période plus étendue que ses cousins locaux. Enfin, le Xénope transmet des agents pathogènes aux autres espèces. "Il y a encore beaucoup de choses que l'on arrive pas à cerner autour de cet animal, notamment sur les facteurs favorables à son implantation dans tel ou tel plan d'eau" d'après Mathis Prioul chargé de mission pour LIFE CROAA.




Sur le terrain

Les actions de ce programme s’organisent en plusieurs étapes. Cela commence par l’étude de l’espèce par les scientifiques, afin de construire une stratégie de gestion durable. Il faut également étudier l’environnement pour évaluer les risques et trouver des zones de propagation possibles du Xenope. Il y a bien évidemment une phase de capture, par nasse pour le moment. Des nasses adaptées sont posées dans les plans d’eau colonisés et sont relevées chaque jour. Les Xénopes capturés sont euthanasiés par congélation, les autres espèces qui pourraient se retrouver prises dans les nasses sont-elles relâchées. Les différentes équipes du projet travaillent quotidiennement à faire évoluer les techniques et les connaissances afin d’éradiquer cet invasif. « Nous mettons au point de nouvelles nasses ou de nouvelles formes de pêche, il a par exemple été essayé la pêche électrique » explique Gabriel Michelin chargé d’étude écologie et faune au Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l'Environnement.







Ce sceau est le fruit de la récolte d'une nasse ayant passé une seule nuit dans un petit étang à Epieds, trois nasses ont été posées.

Infos pratiques : Si vous observez un xénope lisse dans votre plan d'eau, faites le savoir via le site internet de LIFE CROAA rubrique "Je signale un amphibien exotique".


Article du 04 juillet 2019 I Catégorie : Vie de la cité

 


2 commentaires :


Commentaire de Hervé 04/07/2019 20:33:33

Il y a tellement d’espèces de nuisibles élus dans nos communes que leur éradication risquerait de finir devant le tribunal de la Haye !



Commentaire de leguay 07/07/2019 08:02:52

Vous avez raison Hervé ; ce sont les mêmes élus nuisibles qui ont offert une belle école avec terrain de sport et une aire de jeux très fréquentée à vos enfants, fleuri la commune, fait goudronner les voies communales en piteux état depuis plus de 25 ans etc... Vous devriez vous présenter aux prochaines élections vous qui êtes si mecontent !



page-precedente

Ajoutez un commentaire à cet article :

 

Les commentaires ne seront pas corrigés.
Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés.
La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes.

 

(n'apparaîtra pas
sur le site)

(Email)


Si vous ne réussissez pas à mettre un commentaire, pensez à mettre votre navigateur internet a jour. Pour déposer un commentaire vous devez avoir javascript actif.

Me prévenir si un autre commentaire est déposé pour cet article.

Quelle est la couleur d'une cerise bleue ?

 

Votre commentaire sera publié après modération.

Pour faciliter la lecture des commentaires, la longueur des commentaires est réduite et le nombre de caractères est limité à 600...

 

 


Créez votre article ! ICI