Pays de la Loire. Une association dénonce les conditions d'élevage de volatiles destinés à la chasse

Quelques jours après l’ouverture officielle de la chasse, l’association Onevoice révèle les conditions de détention des faisans et perdrix dans des élevages destinés à la chasse. Quatre sites ont été relevés en Pays de la Loire, à Marcé en Maine-et-Loire, Les Herbiers en Vendée, Saint-Père-en-Retz et Fresnay-en-Retz en Loire-Atlantique.


L’association révèle dans une enquête, avec de nombreuses images et vidéos à l’appui les conditions d’élevage de ces animaux, destinés « au loisir » de la chasse. « Les amoureux de la nature pourront vous parler de la majesté du faisan fourrageant dans les plaines, des joyeuses troupes de petits perdreaux filant derrière leur maman dans un champ en jachère. Rien de cette liberté dans les élevages d'oiseaux destinés à la chasse, où la logique est industrielle » indique Onevoice dans cette enquête. En effet, dans ces exploitations on pratique l’insémination artificielle ou encore les chaînes de tri automatisées pour les poussins nés en incubateur, loin de leurs parents. Dès leur plus jeune âge, les oiseaux vivront dans le noir durant des semaines, l'obscurité limitant les agressions dans les concentrations d'animaux grandissant au sol, jusqu'à 50 par m2. Au stade juvénile, il faudra appareiller leur bec de plastique contre les atteintes physiques dans ces élevages à haute promiscuité. « Douleur de la perforation des cloisons nasales, gênes dans la déglutition, sont parfois mortelles » précise l’organisme.

« Le bagne avant la mort »

Après des semaines passées enfermés dans des bâtiments, les oiseaux sont remisés à l'extérieur. Les images révèlent des batteries de cages et volières à perte de vue, où règne une forte odeur mêlant la putréfaction des animaux morts et les fèces des survivants selon les dires de l’association. « Les couples de perdrix sont en piteux état dans d'étroits boxes métalliques où ils suffoquent l'été, se mutilent entre eux ou en tentant, en permanence, de s'échapper. Les plumages, chamarrés dans la nature, sont ici ternes, dégarnis à force de picages entre détenus. Ces bagnards arborent la tristesse de leur destin. La présence humaine est ténue, les oiseaux sont livrés à eux-mêmes dans un univers sans enrichissement, au nourrissage automatisé et chimique. » L'herbe a disparu depuis longtemps à cause des nombreux allers-retours des volatiles, rendus fous par la captivité. La terre est nue, ceinte de grillages doublés de filets de protection. « Se jeter contre le grillage ne sert à rien, mais c'est leur principale activité. Le pire concerne les mâles reproducteurs, qui ne quitteront leur clapier ou volière qu'après deux ou trois ans de service, premier et dernier envol… »

Souffrance animale, business cruel

Depuis la fin des années 1950, on élève en France des animaux uniquement destinés à la chasse. Espèces parmi les plus tuées en France, faisans et perdrix en sont les principales victimes. 19 millions par an, relâchés sans besoin d'autorisation et peu de contrôles. Or ces oiseaux, dont on travaille le profil génétique pour les rendre patauds et faciles à tuer, et qui seront relâchés après au moins 15 semaines d'élevage industriel, sont incapables de survivre dans la nature. Face aux prédateurs, aux voitures, aux difficultés pour s'alimenter, aux maladies et bien sûr aux fusils qui les guettent, leur espérance de vie est très limitée. « Alors, pour étoffer les tableaux de chasse, on perpétue, chaque année, cet immense et cruel gâchis. Tout ce business va à l'encontre des besoins biologiques de ces oiseaux territoriaux, faits pour vivre sur de vastes espaces. Ici, privés d'interactions sociales pour apprendre une vie « normale », endurant, l'œil affolé, cette longue et terrible chaîne de « maturation », ils finiront violemment attrapés, entassés dans des caisses de transport livrées aux sociétés de chasse, pour y rester (au propre ou au figuré) de longues heures jusqu'au lâcher vers la mort. Que peut justifier cette souffrance organisée à la chaîne pour des millions d'oiseaux sensibles ? Le frisson de quelques nemrods ? » Concluent les auteurs de ces révélations.








Article du 28 septembre 2019 I Catégorie : Vie de la cité

 


2 commentaires :


Commentaire de citoyen 28/09/2019 12:52:18

puisqu'on vous dit que les chasseurs protègent l'environnement et que la chasse c'est naturel !



Commentaire de Mais quel plaisir ? ... 29/09/2019 11:22:58

Mais quel plaisir peut avoir un chasseur un peu "normal" à tuer un animal qu'il pourrait presque attraper par la queue ? Quel superbe trophée il y a là, cela me fait penser au poisson que l'on accrochait à ma ligne lorsque j'étais enfant pour me faire croire que je l'avais pêché ...



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