Vallée de la Loire. Une étude du PNR pour rendre compte des préoccupations agricoles

Ces derniers mois, le Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine a réalisé des entretiens auprès des éleveurs du site Natura 2000 « Vallée de la Loire des Ponts-de-Cé à Montsoreau ». Cette étude portait sur la mise à jour du diagnostic agricole du site et le bilan des mesures agroenvironnementales et climatiques. Elle a permis de mieux connaître les exploitants du territoire et comprendre leurs préoccupations actuelles.

Matthieu Fouquet a réaliser cette étude sur plusieurs mois


38 éleveurs du secteur ont été interrogés afin de dresser un bilan et de faire un état des lieux des conditions, des enjeux et des difficultés rencontrées par ces derniers. Cette étude a été menée par Matthieu Fouquet, en stage de fin d’études au PNR. Elle s’articule autour de différents points notables notamment la structure économique de ces entreprises et leur lien à la biodiversité. L’étude a montré trois inquiétudes primordiales : La rentabilité des exploitations, l’image dégradée de la profession et de l’agriculture et enfin la question de la transmission des exploitations. Trois questions très inquiétantes pour les agriculteurs au sujet de leur avenir. Au-delà des questions économiques qui touchent globalement la plupart des agriculteurs de France, des questions concernant l’implantation de ces éleveurs sur des îles de la Loire ou à proximité du fleuve ont été évoquées. Tous élèvent des animaux dans la zone classée à la fois natura 2000 et UNESCO. Une situation qui engendre de nombreuses contraintes. Une réunion de restitution de ces données collectées a eu lieu ce jeudi 24 octobre 2019 à Gennes-Val-de-Loire, en présence des agriculteurs concernés et de membres du PNR et de la chambre d'agriculture.

Une relation avec les promeneurs, compliquée

Les bords de Loire sont une zone très prisée des touristes et des promeneurs. Cependant la situation entre touristes et éleveurs n’est pas toujours idéale. En effet, les professionnels déplorent les incivilités à répétition des personnes qui côtoient le fleuve. « Nous devons courir après nos bêtes plusieurs fois par semaine parce que des touristes ou des promeneurs ont ouvert la barrière du champ pour aller voir la Loire. Et lorsqu’on leur dit, ils ne comprennent pas qu’ils sont sur une propriété privée, c’est un véritable fléau » par ailleurs, les éleveurs déclarent qu’ils retrouvent très régulièrement des déchets le long de leurs exploitations jetées par les passants. Enfin dernier point, de nombreux riverains seraient à l’affût et surveilleraient à outrance les conditions d’élevage des animaux dans ces terrains qui ont pignon sur rue, ou plutôt sur Loire. « On reçoit plein de plaintes de personnes parce qu’ils trouvent nos vaches trop maigres, ou n’ayant pas suffisamment d’eau. Alors qu’ils ne savent même pas la surveillance que nous faisons ou notre travail quotidien. Ils ne connaissent rien à l’agriculture », indique un éleveur. Ce à quoi un autre ajoute, « L’autre jour j’ai eu une visite de la gendarmerie dans mon exploitation parce qu’ils avaient reçu un signalement pour maltraitance animale. En réalité j’étais en train de vêler une de mes vaches, alors forcément oui il y avait du sang, mais en aucun cas il s’agissait de maltraitance. » Des cas qui sont loin d’être anecdotiques selon les agriculteurs.

Un territoire aux nombreuses contraintes

Un autre point majeur abordé par l’étude et les propos des éleveurs de la vallée de la Loire, les nombreuses contraintes liées au territoire. Cette zone serait sujette à beaucoup de restrictions, notamment sur le nombre de bêtes à l’hectare qui ne permet pas aux agriculteurs d’avoir des cheptels assez importants pour être économiquement viable. Les agriculteurs dénoncent aussi le manque de flexibilité de la loi quant au fauchage qui a une date fixe. « Il faudrait pouvoir s’adapter en fonction des années. Cette année au mois de mai nous avions un foin qui était parfait et nutritif, mais nous ne pouvions le faucher. On a donc récolté un foin plus tard qui était de piètre qualité. » Ce qui oblige ensuite les éleveurs à donner des produits nutritifs supplémentaires aux animaux durant certaines périodes. La question du fauchage est d’autant plus importante sur cette zone que de nombreuses espèces à préserver sont parfois en période de reproduction ou autre. « Je pense que nous serions plus enclins à sauver les oiseaux si nous pouvions déjà vivre de notre métier », ajoute un éleveur. Et un autre d’ajouter, « je pense que si on nous demandait de voter pour supprimer le PNR et l’UNESCO et Natura 2000 nous n’hésiterions pas une seule seconde. » La discussion s’est conclue sur cette surcharge de normes qui implique plus de contrôle encore et donc une peur grandissante des éleveurs des contrôles et des sanctions pouvant s’appliquer face à des obligations parfois aberrantes.

Aboutir à des réponses concrètes

Cette étude aura donc permis de cibler les enjeux primordiaux pour les éleveurs situés sur cette zone, particulièrement protégée. Le PNR s’est engagé à proposer des solutions à certains problèmes le plus rapidement possible. Cela s’articulera notamment autour d’accompagnement, de formation à de nouvelles techniques et à comment allier préservation de l’environnement et rentabilité agricole. Mais également à continuer son travail en lien avec la chambre d’agriculture pour remonter dans les plus hautes instances, à savoir la région, l’État et ensuite l’Europe les demandes des agriculteurs autour d’une position commune et cohérente. Le PNR déplore son manque de pouvoir parfois face aux décideurs et la diminution notable du nombre d'intéressés par les Mesure Agroenvironnementales et Climatiques (MAEC). De nombreux exploitants ne comptent pas resigner de contrat MAEC ce qui ferait perdre jusqu'à 130 hectares de prairies permanentes.


Article du 24 octobre 2019 I Catégorie : Vie de la cité

 


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