Maine-et-Loire. Les agriculteurs de la vallée de la Loire inquiets pour leur avenir

À l’occasion d’une réunion de restitution des données récoltées dans le cadre d’une étude du PNR, des éleveurs de la vallée de la Loire étaient réunis ce jeudi 24 octobre à Gennes-Val-de-Loire. Un temps d’échange qui a permis aux éleveurs ligériens d’exprimer de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir de leurs exploitations.


Avant tout, quelques petites précisions sur les profils et les structures économiques des exploitants interrogés dans cette étude (notre article par ailleurs). 17% des éleveurs sont en agriculture biologique, quand la moyenne régionale est de 10%. Par ailleurs un éleveur sur deux pratique la vente directe, sans pour autant que cela concerne la majeure partie de sa production qui reste en filière longue, c’est-à-dire via une coopérative ou un négociant. Selon l’étude, il y a peu de différence tarifaire entre les coopératives et les négociants, et les ateliers d’élevages sont peu rentables. Selon les dires des agriculteurs, il y a plusieurs freins à la vente directe, tout d’abord un manque de temps, cela demande certaines compétences commerciales et de négociation, un besoin d’investissement notable, un manque d’envie et une petite partie qui ne pense pas que cela soit rentable à terme.

Un changement dans les habitudes de consommation

Les conditions de travail deviennent donc de plus en plus compliquées pour ces professionnels qui semblent parfois désespérés. En cause, des prix d’achat en baisse, une forte concurrence des pays étrangers et une image de l’agriculture au plus bas. Les éleveurs présents à cette restitution ajoutent : « Nous avons pu observer un changement dans les habitudes de consommation de la population. Elle consomme de moins en moins de viande, mais achète de bons morceaux de temps en temps. Les personnes cuisinent de moins en moins, notamment les gros morceaux. » Le problème pour les éleveurs derrière ce changement de consommation, ils ne peuvent vendre qu’une partie de l’animal. « Nous ne sommes pas bouchers, nous vendons une carcasse entière, si les personnes commencent à vouloir faire au cas par cas ce n’est pas possible pour nous », argue un éleveur.

Redorer l’image de l’agriculture

Les exploitants avancent également un autre problème, ils souffriraient de la forte communication qui est faite autour l’écologie et du fait de devoir manger moins de viande. « On voit, lit et entend de plus en plus de choses prônant les régimes végétariens, flexitariens ou végans. Résultat la consommation de viande a fortement baissé. Même dans les restaurations scolaires on propose un repas végétarien par semaine. Pour nous c’est une perte considérable. » Il y a donc nécessité pour les agriculteurs, à une époque où de nombreux exploitants contestent l’agribashing, d’organiser des campagnes de communication afin de redorer l’image des agriculteurs. « Il ne faut pas que cela vienne de nous, sinon cela n’est pas efficace la population verra cela comme juge et partie. Il faut que les acteurs du tourisme par exemple se saisissent de ces questions d’image. » Ils précisent par ailleurs, qu’ils sont aussi les garants d’un certain écosystème présent dans les prairies de la vallée de la Loire et que leur rôle est essentiel.

Quid de la transmission de leurs exploitations

Une image indispensable pour attirer des repreneurs et que la transmission des exploitations s’opère. « Actuellement les éleveurs ne gagnent pas d’argent ou très peu, nous faisons des heures à n’en plus finir. Nous prenons peu de vacances, et lorsque nous en prenons parfois nous devons payer quelqu’un pour tenir l’exploitation. Nous travaillons sept jours sur sept et l’image de notre métier est totalement dégradée. Comment voulez-vous attirer les jeunes ? Ce n’est pas étonnant qu’ils ne souhaitent pas prendre le relais. » Les voix sont unanimes dans la salle et nombreux s’inquiètent quant à l’avenir de l’élevage local. La question agricole mérite pour eux d’être soutenue par les politiques, les professionnels du tourisme, les médias, mais aussi de sensibiliser les riverains pour de nouveau rendre attractive la profession. « On a l’impression d’être responsables de tous les malheurs du monde pour les gens, on pollue et on touche toutes les aides possibles. »

Trouver des solutions ensemble

À l’issue de cette réunion et de ce temps d’échange, les éleveurs ont proposé plusieurs idées à travailler ensemble, mais aussi avec le PNR et la chambre d’agriculture. Pour perdurer et rester viable économique il faudrait selon eux la mise en place d’une filière de vente directement entre le boucher et les éleveurs, la mutualisation des bâtiments de stockage ou encore la création d’une campagne de communication afin de montrer la véritable image des agriculteurs, « une réalité bien loin de ce qui est donné à voir. »


Article du 24 octobre 2019 I Catégorie : Vie de la cité

 


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