COVID-19. Le Centre Hospitalier de Saumur au rendez-vous.

En cette période de pandémie, nous avons voulu savoir quel quotidien avaient le Centre Hospitalier de Saumur et celui de Longué. Entretien téléphonique avec Jean-Paul Quillet, directeur du CH de Saumur et de l'hôpital de Longué, Christine Champion, directrice des soins, Thibault Brossard et Louis Courcol, directeurs adjoints et Frédéric Giraudet, directeur de la clinique de la Loire.

Un sas d'entrée aux Urgences du CH de Saumur


Dans les CH de Saumur et Longué, le taux de remplissage permet-il d'accueillir des malades atteints du coronavirus et avez-vous des unités dédiées ?
Jean-Paul Quillet : « À Longué, il n'y a pas d'unité dédiée. De fait, les établissements ont été répartis par niveaux de recours, dont fait partie le CH de Saumur, comme celui de Cholet. Nous avons donc une unité d'hospitalisation au 4e étage comprenant 41 lits, 8 portes de soins critiques en réanimation pour le Covid. Nous avons en plus, une unité de soins de suite Covid de 7 lits et si besoin, une unité Covid pour la psychiatrie, mais non active actuellement. Et Frédéric Giraudet de rajouter : « Nous avons aussi un potentiel de 5 lits à la Clinique de la Loire qui peuvent être affectés en cas de besoins d'actes chirurgicaux pour des Covid. »

Pouvez-vous compter sur tous vos personnels ?
Jean-Paul Quillet : « Dès le début de la crise, nous avions mis en place un plan de continuité d'activité, adapté au fur et à mesure des besoins. Cette organisation nous permet de permet de mettre des personnels à l'abri et en réserve, nous évitant s'il devait y avoir d'être confronté à une vague brutale. Nous ne travaillons donc pas à flux tendu. »

Existe-t-il comme dans certaines villes comme Cholet une coopération entre les cabinets médicaux et les CH ?
Jean-Paul Quillet : « Oui, nous travaillons en lien direct avec les centres Coville de Saumur, Montreuil-Bellay et Longué. C'est le CH de Saumur qui leur fourni tout ce dont ils sont besoin, notamment en matériel. Par ailleurs, il y a des rencontres avec les médecins pour définir le rôle des uns et des autres (consultations, orientations,..)»

Avez-vous des arrivées en provenance d'autres CH ou d'autres régions ?

Jean-Paul Quillet : « Non, nous ne sommes pas concernés par ces transferts régionaux. C'est surtout au niveau des CHU. Cela étant dit, en Pays de la Loire, nous avons la chance d'avoir pu multiplier par trois le nombre de lits en réanimation, entre le public et le privé. Il n'y a donc pas de saturation des capacités existantes et nous avons de la marge. Mais bien évidemment, nous sommes en alerte et prêts si des transferts devaient avoir lieu. »

Quelle est la fréquentation du service des urgences classiques et dénotez-vous comme dans certains autres CH, une recrudescence d'urgences en conjugopathie (violences conjugales) ?
Jean-Paul Quillet : « Au niveau des Urgences, nous avons constaté une baisse du nombre de passages depuis le début de la crise, notamment en matière de bobologie. Cela s'explique à n'en pas douter que certaines personnes craignent de venir à l'hôpital, par peur de surcharger ou d'attraper le virus. Et donc les passages sont essentiellement liés au Covid, ce qui se chiffre depuis la mi-mars à 400 passages quand même. Pour le reste, nous n'avons priorisé que la prise en charge des urgences cancérologiques et chirurgicales. Mais depuis quelques jours, on voit arriver de plus en plus de patients atteints de pathologies chroniques, telles de diabète, qui ne sont pas venus en soins depuis 3 semaines, 1 mois du fait du confinement. On s'est organisé pour accueillir ces populations et nous leur conseillons vivement de venir se faire soigner, ne pas attendre. »

Comment voyez-vous la sortie de crise ?

Jean-Paul Quillet : « Nous allons avoir de moins en moins de Covid de niveau supérieur du fait du confinement. Cela étant dit, à l'inverse, il se peut qu'il y en ait plus de consultations au niveau de la psychiatrie. Mais nos équipes sont prêtes. »

Pouvez-nous nous donner quelques chiffres ?
Jean-Paul Quillet : « Dans notre unité Covid, nous avons eu depuis le début de la crise, 208 hospitalisations, dont 17 personnes en unité de soins critiques. En ce 8 avril, nous avons 17 patients Covid hospitalisés dont 17 positifs et 12 pour lesquels nous sommes en attente de résultat. Nous déplorons 6 décès de personnes assez âgées. Nous n'avons pas eu à faire de choix thérapeutiques. Par ailleurs, nous avons 16 agents qui ont été testés positifs. Nous avons aussi une équipe mobile de 3 personnes, 1 médecin senior, 1 interne et 1 infirmière qui se déplacent chaque jour dans les Ehpad. Nous sommes répartis les établissements du Maine-et-Loire avec Cholet, ce qui représente 25 Ehpad pour notre équipe. »

Justement, parlez-nous des deux Ehpad que vous gérez ?
Jean-Paul Quillet : « À Saumur, il s'agit d'Antoine Cristal et de Gilles-de-Tyr, soit 190 lits (100+90). Actuellement nous n'avons aucun cas avéré no suspect. Si nous en avions, nous ne manquerions pas de prévenir immédiatement les familles. Nous n'avons aucun intérêt à cacher quoi que ce soit. Et je vous rassure : nous avons été parmi les premiers dès le 23 mars à équiper tous les personnels de masques, et ce grâce à de nombreuses donations. »


Article du 08 avril 2020 I Catégorie : Vie de la cité

 


2 commentaires :


Commentaire de Tonton P'niouf 08/04/2020 21:20:52

Je ne fais pas bravo à ma fenêtre dans une rue absolument vide, par contre je saisis l'opportunité de cet article: Bravo à vous, Soignants et merci pour votre préparation très professionnelle ! Merci au Kiosque de nous rassurer Merci aux Commentateurs de soutenir..



Commentaire de LEO 09/04/2020 09:45:05

Bonjour, Des masques le 23 Mars ! et avant ? 17 personnes en unité de soins critiques et 6 décès. Cela fait vraiment beaucoup ! Bon courage à tous



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