Points de vue. L’augmentation du trafic internet : une saturation possible ?

Après 7 semaines de confinement, le réseau mondial est sursollicité et les Français ont déjà pris de nouvelles habitudes. Mais cette vie encore plus connectée que d'ordinaire en pleine épidémie de coronavirus ne risque-t-elle pas de provoquer une saturation du réseau internet ? La question se pose, alors que les opérateurs français comme les responsables politiques hexagonaux et européens appellent à une consommation plus mesurée de la bande passante.


À l'heure du confinement, les près de 67 millions de Français appelés à rester chez eux se ruent sur Internet et les réseaux de téléphonie. Télétravail, visioconférences, achats en ligne, cours en ligne pour les enfants sur la plateforme du ministère de l'Éducation, séries en streaming pour tromper l'ennui... Ordinateurs et téléphones tournent à plein régime, et consomment depuis le début du confinement un flux de réseau monstre. Face à cet afflux hors du commun, le réseau va-t-il tenir le coup ? Doit-on craindre une saturation ?
Contactée par France 24, la Fédération française des télécoms (FFT) indique que depuis le discours du président Emmanuel Macron lundi 16 mars, le télétravail a été multiplié par neuf, le volume des appels téléphoniques et des visioconférences a triplé et les échanges sur les applications de dialogue comme WhatsApp ou Messenger ont quintuplé.

Une hausse de 30 à 45% du trafic

Selon Nokia, l’un des trois grands équipementiers télécoms mondiaux, la plupart des réseaux télécoms mondiaux observent une hausse de 30 à 45% de leur trafic en moyenne en ce moment. Les pics de trafic sont 20 à 40% plus élevés que l’an dernier à la même époque. En plus, les flux de données se répartissent différemment, explique Nokia. Il y a notamment une “hausse sans précédent” des applications qui nécessitent un temps de latence faible pendant les heures de bureau : les outils de vidéoconférence par exemple type Skype ou Zoom sont en hausse de 300% aux États-Unis, et les jeux vidéo en hausse de 400%.

Risquons-nous une panne d’Internet ?

Sciences et Avenir, 20/03 - L'inquiétude grandit en Europe quant à la capacité de résistance des réseaux Internet, plus que jamais sollicités par les populations confinées chez elle. Interrogé par Sciences et Avenir, le directeur des réseaux et services internationaux d'Orange fait le point sur la situation. Les réseaux "peuvent tenir", a affirmé vendredi 20 mars 2020 le PDG d'Orange Stéphane Richard, interrogé au micro d'RTL. Si son discours se veut "prudent mais clairement rassurant", selon ses propres termes, l'emploi du verbe "pouvoir" a de quoi faire quelque peu tiquer. Dans ce contexte de confinement pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, l'intensification du trafic Internet laisse pourtant de plus en plus craindre une saturation des réseaux fixes et mobiles. Et pour cause : selon les chiffres fournis par le patron d'Orange, rien qu'en France, "le télétravail a été multiplié par 7, les visioconférences par 2, et le trafic WhatsApp par 5". Tout porte à croire que le visionnage de vidéos en streaming, le téléchargement ou encore le jeu en ligne suivent la même courbe ascendante (…)
Interrogé par Sciences et Avenir, Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux, infrastructures et services internationaux d'Orange, fait le même constat à l'échelle européenne : "Chaque jour, on voit le volume de data que supportent les réseaux croître, et on ne sait pas où ça va s'arrêter. Donc on continue à augmenter les capacités, à puiser dans les réserves mais celles-ci ne sont pas infinies." Il exclut pourtant toute "panne d'Internet à court ou moyen terme". "Disons que pour l'instant, c'est un peu comme si nous étions enfermés dans une cabane perdue en plein blizzard. Nous avons des vivres, mais nous ne savons pas combien de temps nous allons restés bloqués ni la quantité de nourriture que nous allons consommer par jour. En somme, nous ne sommes pas dans une situation catastrophique, le réseau tient, on a des marges, on gère. Mais on ne sait pas comment ça va évoluer dans la durée."
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Le confinement : une aubaine pour les réseaux sociaux ?

La Tribune, 25/03 - Près de 3 milliards de personnes dans le monde sont appelées à rester chez elles afin de limiter la propagation du coronavirus. Conséquence : les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, voient leur fréquentation exploser. Pour autant, ces entreprises notent déjà une baisse de leurs recettes publicitaires (…) Publier une photo sur Instagram, échanger avec sa famille sur WhatsApp ou consulter le fil d'actualités Twitter pendant de longues minutes... Alors que plus de 2,6 milliards de personnes sont appelées à se confiner pour tenter de limiter la propagation du coronavirus, les internautes du monde entier se tournent vers les écrans et notamment, les réseaux sociaux. Paradoxalement, cette hausse de fréquentation et d'engagement des utilisateurs ne se traduit pas par une augmentation du chiffre d'affaires pour les mastodontes du secteur comme Facebook et Twitter. En cause : leur business model, qui repose quasi-intégralement sur les recettes publicitaires. (…) Facebook, plus grand réseau social au monde avec 2,5 milliards d'utilisateurs, s'est félicité mardi d'une hausse de son activité. "Dans de nombreux pays fortement affectés par le virus, le volume de messages échangés a plus que doublé en un mois", indiquent Alex Schultz et Jay Parikh, les deux vice-présidents du groupe, dans une note de blog. Les autres applications du groupe connaissent également le même regain d'intérêt : les appels audio et vidéo, passés sur les applications WhatsApp et Messenger, ont également doublé "dans certains pays". En Italie, premier pays européen fortement impacté par le coronavirus, "le temps passé sur nos applications a bondi de 70% depuis le début de la crise dans le pays, le nombre du vues des vidéos en direct sur Facebook et Instagram ont doublé en une semaine et la durée des appels groupés (avec 3 participants et plus) a bondi de 1.000% pendant le mois dernier", chiffrent les vice-présidents. (…) Pour autant, le géant de la Silicon Valley tempère : "Nous ne monétisons pas la plupart des services où nous constatons un engagement accru, et nous avons constaté un affaiblissement de notre activité publicitaire dans les pays qui prennent des mesures draconiennes pour diminuer la propagation du Covid-19", expliquent Alex Schultz et Jay Parikh. En effet, la monétisation des applications de messagerie instantanée WhatsApp et Messenger a toujours été un défi pour le groupe. L'entreprise de Mark Zuckerberg tire 98% de ses revenus des recettes publicitaires. Les annonces sont principalement condensées sur le fil d'actualité Facebook, mais aussi sur son réseau social de partage de photos Instagram, très prisé par les annonceurs.
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Le réseau Internet tient

Le Monde, 23/03 - De grands services en ligne ont annoncé une réduction de leur débit pour éviter la congestion, davantage sous la pression politique et par précaution que par nécessité immédiate.
Internet est-il menacé de saturation par les télétravailleurs confinés et les élèves désœuvrés scotchés devant des vidéos en ligne ? A en croire les annonces de certains des principaux distributeurs de vidéos en ligne, on serait tenté de le croire. En l’espace de quelques jours, YouTube, Facebook, Amazon Prime Video, Twitch, Apple TV, Canal+, TikTok et Netflix ont annoncé des mesures pour que les données consommées par leurs utilisateurs prennent moins de place dans les tuyaux du Net européen et éviter la saturation. Le service de vidéo Disney + a même décalé sa sortie en France au 7 avril plutôt qu’au 24 mars, « à la demande du gouvernement ».
Ce dernier a, en effet, mis les grands pourvoyeurs de contenus sur Internet sous pression, à l’unisson du commissaire européen pour le marché intérieur, Thierry Breton. Sur son compte Twitter, le 18 mars, le haut fonctionnaire a évoqué une discussion téléphonique avec le PDG de Netflix et lui a enjoint de « passer à la définition standard lorsque la HD n’est pas nécessaire ». Le lendemain, dans un communiqué, le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, a appelé « les fournisseurs de contenus fortement consommateurs de bande passante à prendre les mesures appropriées pour limiter la consommation de leurs services ».
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Éventualité d'un black-out ?

Le Parisien, 22/03 - Le coronavirus n'a rien d'informatique mais peut, pourtant, mettre à mal le réseau Internet (…) Alors que les pics de connexions sur le Net sont habituellement observés en fin de journée et début de soirée, quand la plupart des Français rentrent du travail, ils sont désormais étalés tout au long de la journée chez les 29,8 millions de foyers français disposant d'un abonnement Internet fixe en haut et très haut débit (ADSL et fibre).
Pas de panique pour l'instant, les gestionnaires de réseaux et de data centers mais aussi les opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free) assurent que l'infrastructure encaisse parfaitement ce flux inhabituel, dopé par le télétravail et ses visioconférences organisées à domicile, les cours à la maison, en passant par le visionnage intensif de vidéo en streaming et le jeu vidéo en ligne. (…) Reste que les pouvoirs publics s'inquiètent. L'éventualité d'un black-out serait en effet une catastrophe en cette période ou le réseau mondial permet à de très nombreuses entreprises de poursuivre leurs activités et aux Français de mieux supporter leur confinement.
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Tous les secteurs vont être impactés par cette crise

Siècle Digital, 26/03 - Selon Maria Rua Aguete d’Omdia, le département de recherche technologique d’Informa Tech : “nous observons une consommation accrue de contenu web provenant d’applications mobiles, de la télévision gratuite en continu et des jeux en Chine et en Italie. Les services de streaming comme Netflix et Disney+ devraient connaître une croissance de 12%. Les revenus du commerce électronique devraient quant à eux augmenter de 5%”. Le confinement réussit plutôt bien à la webosphère.
Oui mais pour les autres secteurs, les pertes sont lourdes : 11 milliards de dollars en moins pour l’industrie cinématographique. Des revenus en baisse également du côté de la publicité télévisée, moins 15%, en particulier pour les publicités mettant en avant des événements. La publicité sur les réseaux sociaux devrait également être impactée.
Twitter estime par exemple que ses revenus publicitaires vont dégringoler. Une mauvaise nouvelle qui en cache une bonne : le nombre total d’utilisateurs actifs quotidiens “monétisables” de la plateforme a augmenté de 23% pour atteindre les 164 millions. Selon Omdia la reprise économique n’arrivera pas avant 18 à 24 mois.
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Article du 04 mai 2020 I Catégorie : Vie de la cité

 


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