Tribune libre : Bertrand Chandouineau #3 : "La Communication : un masque..."

Le candidat Bertrand Chandouineau arrivé en seconde position au 1er tour des élections municipales à Saumur nous a demandé une tribune en 3 actes pour livrer son analyse de la situation actuelle. Ouvert au débat et à la réflexion, le Kiosque a accepté. Après une 1ère tribune "Une maladie française : l'imprévoyance", la 2ème "Gouverner c'est prévoir", voici sa 3ème, "La Communication : un masque pour se protéger de la médiocrité politique ?"


La Communication : un masque pour se protéger de la médiocrité politique ?

En ces temps de course au masque de protection permettant de se protéger du virus, depuis
quelques semaines seulement puisqu’il n’était pas recommandé en début de pandémie, il
est une autre protection qui est largement utilisée chez nos dirigeants politiques : la
Communication. Elle leur permet de se protéger, depuis quelques décennies maintenant, du
jugement des citoyens sur leur action ou plutôt, surtout d’ailleurs, sur leur inaction ou leurs
erreurs.
L’impuissance actuelle et le risque d’une médiocrité à venir de nos dirigeants politiques.
Nous regrettons tous en permanence l’imprévoyance, l’incurie ou l’absence d’exemplarité
de certains de nos dirigeants politiques qui, pour reprendre le mot de Vladimir Jankélévitch,
« ne font profession que de superficialité et de brio ». Pourquoi ? En France peut-être plus
qu’ailleurs, les acteurs politiques sont régulièrement rejetés, dénigrés ou insultés, parfois
bruyamment. C’est probablement de leur faute, direz-vous.
Il est indéniable que quelques-uns ont donné et donnent encore parfois le sentiment que le
pouvoir politique peut aisément se transformer en pouvoir personnel, autorisant tout et
n’importe quoi. Ce comportement est inexcusable. Mais est-ce une raison pour généraliser ?
Et cela ne provoque-t-il pas finalement l’impuissance actuelle et peut-être le risque d’une
médiocrité à venir de nos dirigeants politiques ? Qui accepterait, en effet, parce qu’elle ou il
a choisi de se consacrer au service des citoyens, d’être, parfois systématiquement, méprisé
par ces mêmes citoyens ? Ne nous étonnons donc pas que ceux qui nous gouvernent ne
soient plus dans quelques temps les plus compétents et les plus désintéressés. Ceux-là iront
exercer ailleurs, là où leurs compétences et leur désintérêt seront salués.

Pour gouverner, il vaut mieux plaire qu’être compétent !

On se désole également de constater que, depuis déjà de nombreuses années et face à ce
dénigrement quasi permanent, beaucoup de dirigeants politiques ont compris que, pour
gouverner, il valait mieux plaire qu’être compétent. Face à la critique de leur politique, ils
ont donc pris pour habitude de mettre en lumière les rares actions qui pourraient leur
apporter quelques points de popularité ou quelques voix, surtout à la veille d’élections.
Confronté à des médias particulièrement craints pour leur capacité à nuire, une grande
partie du monde politique cherche ainsi avant tout à s’en attirer la bienveillance. Afin
d’éviter un silence toujours mal compris ou, pire, la mise en avant de leurs erreurs ou de la
possible médiocrité de leur politique, bon nombre de gouvernants s’efforcent de mettre en
lumière ce qui peut l’être. La Communication devient ainsi l’arme politique dont il est
indispensable de se doter, à la place, parfois d’autres compétences sûrement plus utiles.
Dans ce cadre, forts d’une politique visant à plaire aux électeurs tout en gérant au mieux les
affaires courantes, beaucoup de dirigeants politiques s’appuient sur deux règles. La
première est la récupération des évènements pour leur propre intérêt. Il ne faut en effet
surtout pas louper les formidables occasions que représentent par exemple les crises, de
quelque nature qu’elles soient, pour faire campagne. La deuxième règle consiste à illuminer
des feux médiatiques l’action des dirigeants politiques, en faisant passer pour exceptionnels
quelques moments de ce qui ne reste en définitive que le travail attendu par les citoyens.

Cela vous rappelle quelque-chose ?

Prenons donc garde de ne pas nous laisser abuser par la Communication, qui traduit la
volonté de plaire plus que celle de gouverner et qui pourrait nous mener petit à petit vers la
médiocrité de notre système politique.
Je connais déjà les commentaires que vous allez pouvoir lire ci-dessous. « Vous êtes un
donneur de leçons ». « Vous n’avez, contrairement à d’autres, rien fait pour nous pendant
cette crise ». « Vous faites, vous aussi, de la communication, pour masquer sans doute votre
propre médiocrité ». Je serai donc sans doute rejeté, dénigré ou moqué pour ne pas m’être
tu et désintéressé du risque de médiocrité politique vers laquelle nous nous dirigeons. Peu
importe ! Il faut dire les choses. Comme le disait François-Marie Arouet, dit Voltaire (et non
l’imposteur qui, sur ce réseau, s’est affublé de ce nom prestigieux pour commenter en
imaginant avoir la stature d’un philosophe) : « Plus les hommes seront éclairés, plus ils seront
libres ».

Infos pratiques : Vous souhaitez nous faire vous aussi parvenir une tribune, rien de plus simple : envoyez la sur contact@saumur-kiosque.com. Attention : Le Kiosque se réserve le droit de publier ou non, au regard de notre logique éditoriale : elle doit ouvrir au débat et à la réflexion, sans propos racistes, homophobes, délétères ou encore injurieux.


Article du 13 mai 2020 I Catégorie : Politique

 


3 commentaires :


Commentaire de Superdeg 13/05/2020 09:53:04

Bof! y a mieux dans le genre, texte très médiocre du déjà lu, faut pas copier!



Commentaire de L'apparent déconfinement 13/05/2020 14:27:12

La course aux masques a commencé depuis les premières annonces médiatique de la grippe aviaire en 2005-2006 avec des images d'abattage de milliers de volailles dans le monde. Des poules confinées en cages avec une distanciation sociale d'un dcm. La crise financière de 2007 n'a pas réduit les crédits pour l'achat d'un milliard de masques en 2009 dont plus de 300 millions détruit en décembre 2019. Fait médiatique repris par la presse internationale pour expliquer la pénurie de masque sur le marché européen en 2009. Ainsi ce stock de un milliard aurait pu servir en prévision d'une pandémie de



Commentaire de Francis Prior 13/05/2020 18:37:20

Je souscrit bien volontier au texte de M Chandouineau. La communication et le marketing politique ont affaibli la politique qui se réduit désormais à des invectives ou à des slogans vides. Tocqueville a depuis longtemps décrit le risque de cette avilissement de la démocratie par la flatterie. Les grecs eux-mêmes préféraient l'aristocratie (le gouvernement des meilleurs) à la démocratie soupçonnée de compromissions. Au fond la démocratie se mérite par l'effort des citoyens pour se mettre à la hauteur des enjeux de la politique. C'est un régime exigeant.



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