Point de vue. Le bi-résidentiel ou comment vivre le monde de demain

Avec la crise du coronavirus, nombre de parisiens avaient choisi d'être confinés dans leurs familles ou résidences secondaires en province, tant qu'ils en avaient la possibilité, fuyant par la même leurs 3 pièces sans terrasse ni balcon ou autre coin de verdure. Et avec cet « exode », la possibilité de télétravail. Cette option pourrait bien avoir entraîné un nouveau choix de vie, le bi-résidentiel. Point de vue de Julia Martin, chroniqueuse pour le kiosque.


Depuis le début des années 70, de plus en plus de couples passant à la retraite choisissaient de vivre entre deux logements, souvent l’un en ville et l’autre à la campagne. Chaque domicile assurait des modes de vie et de sociabilité complémentaires. La mobilité de l’un à l’autre s’est intensifiée ou distendue suivant l’histoire nomade ou sédentaire du couple. Ce phénomène classique de reconfiguration résidentielle concomitante de la cessation d'activité rémunérée a bien longtemps pris la forme du retour au pays, la retraite s'accompagnant alors du projet de ''rentrer'' à la campagne. Au fil des années, il a connu une inflexion notable : ce fut également en direction de la ville que s'est jouée la reconfiguration domestique, pour ces générations citadines qui craignaient l'isolement et ne souhaitaient pas tourner le dos à l'espace urbain et à ses aménités.
La bi-résidentialité, qui consiste à habiter deux logements à part presque égale, est précisément un mode d'habiter qui offre aux personnes âgées à la fois la possibilité d'une relocalisation dans une zone rurale symbolisant le retour aux origines (réelles ou fantasmées), et la certitude du maintien dans la ville moderne. Elle manifeste bien cette double volonté, d'être à la fois dans et hors la ville, dans et hors la modernité. Cette double volonté puise ses sources dans le binôme résidence principale/résidence secondaire que ces couples ont eu le temps d'expérimenter, pendant leur période d'activité professionnelle.

Le télétravail : Un enjeu pour les entreprises

Avec l'évolution du numérique et des moyens de communication, aujourd'hui cette bi-résidentialité ne rime plus forcément uniquement avec retraite. Et le confinement dû à la crise sanitaire à développer des éloignements des grands centres urbains, notamment Paris et sa région. Nombre de trentenaires ou quarantenaires, notamment des cadres, ont vécu le confinement soit dans leur famille soit dans leurs résidences secondaires. Difficile après 2 mois, de retourner dans un appartement parisien, qui plus est famille en poche ! Ainsi, l’enjeu actuel pour les territoires est bien de capter ce qui ne relève, ni de la mobilité locale dite quotidienne, ni de la migration en tant que transfert d’une résidence supposée unique et permanente, mais bien ce qui relève d'un choix de vie « bipolaire ». Et c'est un enjeu également majeur pour les entreprises dont le siège est en région parisienne qui devront sans nul doute s'adapter à cette nouvelle vision de la vie, en autorisant et développant le télétravail si elles souhaitent garder leurs cadres. Ainsi pourrait-on voir se développer les travailleurs bi-résidents, domiciliés à leur domicile familial en province et gardant un pied à terre à Paris, afin de s'y rendre 2 à 3 jours par semaine. Une chose est déjà avérée : on sent déjà un boom de l'immobilier en Province, où les prix sont plus intéressants. Pour exemple, la Bretagne et notamment Vannes et le Morbihan, avec son cadre de vie indéniable à 2h30 de Paris en TGV direct. Depuis quelques semaines, il semblerait que ce territoire soit devenu le bastion des parisiens et les prix ont flambé pour une maison avec jardin. Idem, en Anjou, même si les prix n'ont pas autant flambé : une maison avec jardin s'arrache !

Le bi-résidentiel : Une manne pour les territoires dits « ruraux »

Alors, avec ses paysages d'exception, son patrimoine, son cadre de vie... le Saumurois pourrait bien tirer son épingle du jeu et devenir une destination préférentielle des parisiens. Mais un point négatif, pas de TGV direct ! Les élus ne devraient-ils pas repenser cette situation ? De fait, il y a une dizaine d'années, il y a bien eu une tentative de TGV direct. Mais cela s'est avéré un flop : 500 000 € de dépensé pour être affiché en gare de Paris-Montparnasse avec juste un TGV direct par jour (en aller-retour), mais n'arrivant que tardivement le matin à la capitale (9h30) et repartant assez tôt en début de soirée. Au final, certes 1h30 seulement de trajet (contre 1h40 avec changement à Tours ou Angers), mais 5 passagers concernés par jour, voir 10 certains jours. Cela fait cher le passager ! Cela étant dit, les collectivités ne doivent-elles pas plus que jamais revoir leur position, quel qu'en soit le coût afin d'inventer une nouvelle vie économique ?


Article du 27 mai 2020 I Catégorie : Vie de la cité

 


8 commentaires :


Commentaire de Cheribibi 27/05/2020 17:30:20

Maintenant que je suis sortie du confinement une fois que je serais en vacances cet ete je prendrais pas le train pour rejoindre la bretagne mais la voiture je l espere fortement de retrouver la bretagne cet ete n ayant pas put vu le confinement de paques le calme la nature en attendant je me dit qu au moins c est pas comme dans les tuches un tgv qui passe mais ne s arrete pas c est pas top ! ( Humour de reprise ) Je pense a tous ceux , personnels soignants caissieres employes de magasin et tous ceux qui ont oeuvres durant ce confinement je leurs souhaite avec un peu d avance un bel ete bien



Commentaire de Catherine 27/05/2020 17:53:41

Il faudra aussi que nos élus pensent à ceux qui travaillent dans le Saumurois et ont des difficultés à trouver un logement à un coût raisonnable.... Bien souvent ces nouveaux ruraux veulent avoir les mêmes services qu'en milieu urbain. Ils télétravaillent certes, mais peuvent passer beaucoup de temps en déplacements autres que le travail . Si nous ne voulons pas avoir une augmentation du trafic routier, il faudra aussi inciter et favoriser les petits déplacements en vélo, à pieds... et éviter d'accompagner les enfants à l'école en voiture....



Commentaire de Superdeg 27/05/2020 18:02:54

En télétravail vaut mieux résider au Portugal y a moins d'impôt et pas de CSG et la vie est moins cher



Commentaire de Jean 27/05/2020 19:56:24

Le dernier § met le doigt sur un problème réel de la qualité de la desserte de Saumur par le train . Les correspondances pour Paris, par Tours ou Angers, se sont dégradées - délais souvent de plus d'1/2 heure- depuis quelques années, et ce sujet mériterait un suivi sérieux de l'agglo



Commentaire de Mcm 28/05/2020 12:27:31

Pour avoir travaillé pendant 5 ans en télétravail 3 jours par semaine et avec des déplacements en entreprise 2 jours par semaine sur le 94, soit obligation de prendre ter à Saumur , TGV à Tours, métro à Montparnasse et enfin Rer à Nation, je n'ai pas subi des retards toutes les semaines. Ainsi pour témoigner que les liaisons se font bien. Néanmoins, le télétravail c est bien mais tout dépend du poste occupé, car la présence en entreprise est importante pour avoir toutes informations ou documents nécessaires à sa fonction. Je pense que 2 voire 3 mois d'expérience en télétravail dans les condi



Commentaire de MDR 28/05/2020 23:41:16

Depuis des années Superdeg nous vante les mérites de la vie au Portugal, mais visiblement il n'a pas atteint son graal puisqu'il est toujours saumurois, lol !



Commentaire de Dominique 29/05/2020 08:15:56

Saumur est isolé. S' il n'y avait que la question du tgv direct pour Paris ça irait encore. Le vrai problème c'est la suppression de très nombreuses dessertes, les horaires qui ne permettent pas travailler à Angers ou Tours à la demi journée, qui ne permettent pas de rester en soirée. L'explosion des prix surtour pour les abonnés captifs pour des services qui se dégradent fortement. Et puis les retards etc. C'est un échec total de l'agglo et de la municipalité de ce point de vue. Incapables de peser.



Commentaire de martine galland 30/05/2020 23:56:01

J'aimerai que tous les journalistes arrêtent de dire "Tous les parisiens sont retournés dans leur famille. Et oui il n'y a que des Provinciaux à Paris, c'est pour ça qu'ils sont retournés dans leur famille. J'ai 66 ans je n'ai rencontrée que 5 parisiens et tant mieux parce-que leur caractère n'est pas tellement aimable. Je suis née dans le 78.



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