Thouarsais. L'association L214 épingle un élevage de gibiers destinés à la chasse à Missé

L’association L214 et Pierre Rigaux, naturaliste indépendant, ont obtenu les images d’un des plus grands élevages d’animaux pour la chasse situé à Missé, près de Thouars, dans les Deux-Sèvres, appartenant au géant de l’industrie des élevages pour la chasse, Gibovendée.


Gibovendée détient 300 000 faisans et perdrix reproducteurs et “produit” chaque année 20 millions d’œufs à couver ainsi qu’un million d’oiseaux prêts à être lâchés. L’exportation vers d’autres pays d’Europe est un débouché commercial important pour cette entreprise. Les exportations vers le Royaume-Uni représentaient à eux seuls un tiers de son chiffre d’affaires en 2017. Aujourd’hui, plusieurs compagnies maritimes refusent de transporter ces oiseaux destinés à être chassés. Eurotunnel est une des rares voies encore ouvertes pour l’Angleterre. L214 demande à cette entreprise de rejoindre la position des compagnies maritimes en refusant de transporter les animaux destinés à être chassés. En France, 9 faisans sur 10 tués à la chasse sont issus d’élevages. Généralement lâchés quelques jours ou quelques heures avant les tirs, 80 % d’entre eux meurent dans les premières 48 h : 50 % d’entre eux sont tués par les chasseurs, 30 % sont prédatés : « La mortalité, favorisée par l’inadaptation de ces oiseaux à l’environnement de lâcher entraîne aussi une prédation importante et rapide par des carnivores ou des rapaces. » selon une étude de l’ANSES en 2016.



Des conditions de vie inadaptées

Sur les images, on peut observer en partie les conditions d’élevage de ces oiseaux et de leurs reproducteurs. Elles expliquent à elles seules l’inadaptation des oiseaux à une vie en liberté, L214 relate : « Une vue de drone permet se rendre compte de la dimension du site de Missé : des dizaines de rangées de cage, des bâtiments, des volières, contenant des dizaines de milliers de faisans et de perdrix. Les oiseaux reproducteurs, faisans et perdrix, sont maintenus dans ces centaines de cages grillagées qui s’étendent à perte de vue. Ces oiseaux tentent en vain de prendre leur envol et se heurtent au filet qui referme leur cage tandis que leurs pattes reposent sur un sol grillagé. Des oiseaux reproducteurs sont emprisonnés dans ces cages : libres, leur territoire s’étendrait sur plusieurs hectares. Cette promiscuité forcée rend les agressions inévitables : pour en limiter la gravité, un couvre-bec ou un anneau est fixé sur les becs. Pour certains de ces dispositifs, il est nécessaire de percer la cloison nasale des oiseaux. Dans ces cages, certains oiseaux se coincent la tête dans le passage dédié aux œufs, on en trouve à l’agonie, d’autres morts. Dans un bâtiment fermé, de jeunes faisans, anneaux fichés dans le bec, sont élevés par centaines dans un milieu totalement étranger à celui qu’ils découvriront une fois relâchés. La poubelle est remplie de cadavres. »


« Satisfaire la demande des chasseurs »

Pierre Rigaux, naturaliste. « Pour satisfaire la demande des chasseurs tout en étant viables économiquement, les éleveurs sont soumis à une double contrainte totalement insoluble : “produire” des oiseaux en très grand nombre comme dans n’importe quel élevage industriel, tout en essayant de faire en sorte que ces oiseaux aient un comportement sauvage pour l’intérêt les chasseurs, c’est-à-dire être au moins capables de fuir et de voler. Or dans ces élevages, les poussins grandissent sans leurs parents et sans rien apprendre de la vie dans la nature… Une fois lâchés, ils se retrouvent totalement démunis, inadaptés, ne savent pas comment se nourrir ni éviter les prédateurs, et beaucoup d’entre eux errent au bord des routes tels des poules égarées... Au final, les perdrix et faisans d’élevage ne sont ni tout à fait domestiques (ils sont nerveux et supportent très mal la captivité), ni tout à fait sauvages (ils sont inadaptés à la liberté). »

« La chasse à la galinette cendrée »

Pour Sébastien Arsac, porte-parole de L214 : « Sur ces images, la chasse apparaît sous son vrai jour : on est très proche de la chasse à la galinette cendrée. Ainsi, des millions d’animaux sont élevés pour devenir de la chair à fusil. On retrouve les images très classiques des élevages de masse : des animaux encagés, d’autres qui grandissent entassés dans l’obscurité pendant une partie de leur vie. Après un passage en volière, ces animaux sont lâchés, complètement inadaptés à un milieu qui leur est inconnu, sans savoir se débrouiller seul, avec une horde de chasseurs à leurs trousses. Malgré l’opposition majoritaire des Français – et en particulier 71 % des ruraux ! – aux élevages et lâchers pour la chasse, nous avons peu d’espoir de voir la législation changer rapidement vu le peu de courage politique de nombreux élus mais on peut au moins barrer la route à ces pratiques cruelles. Aussi, au travers d’une pétition, nous demandons à Eurotunnel de mettre fin aux transports de ces animaux vers l’Angleterre. »

Infos pratiques : Pour aller plus loin découvrez l'enquête complète de l'association.


Article du 24 septembre 2020 I Catégorie : Vie de la cité

 


4 commentaires :


Commentaire de bernadette fourré la vieillerie !! 24/09/2020 15:08:24

un commentaire ............ OUI JE SUIS HORRIBLEMENT FÂCHÉE JE NE PENSAIS PAS QUE LES ÊTRES HUMAINS ÉTAIENT SI BAS, VOIR CELA COMMENT NE PAS DIRE " GRAND MERCI " À NOTRE PRÉSIDENT du moment d' AVOIR DIMINUÉ DE MOITIÉ LE PRIX DU PERMIS DE CHASSE, ALORS MERCI MANU CRIENT ENSEMBLE TOUS LES CHASSEURS CES BREBIS GALEUSES ARMÉES je les déteste, si CON qu'ils se tuent entre eux



Commentaire de les défenseurs de la ruralitée 24/09/2020 17:24:00

a lire les commentaire des partisans de la ruralité qui accuse les écolos de militer pour une écologie punitive pour les chasseurs. a lire cette article on ce demande pas ou sont les bourreaux comment un chasseur aimant la nature peu accepter de telles pratiques a moins que la nature soit un faux prétexte et que le vrai soient le plaisir de tuer



Commentaire de Barbarie 25/09/2020 09:29:12

Élever des animaux pour avoir le plaisir de les tuer ensuite, car il s'agit bien d'un plaisir, tient, pour moi, de la barbarie.



Commentaire de michel Jouannet 25/09/2020 09:35:47

Au moins nos renards campagnards ont de quoi se nourrir.



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