Hôpital de Saumur : « L’épidémie est là, mais nous sommes prêts à y faire face »

Ce mercredi le président de la République, Emmanuel Macron, a pris de nouvelles mesures afin de lutter contre la propagation de la Covid-19, en instaurant notamment un nouveau confinement dès ce vendredi. Qu’elle est la situation épidémiologique en Saumurois ? Les établissements de santé sont-ils prêts à faire face à cette seconde vague ? Éléments de réponse avec Louis Courcol, directeur adjoint du centre hospitalier de Saumur.


Une cellule de crise saumuroise s’est réunie ce jeudi matin, regroupant le Centre Hospitalier de Saumur et la Clinique de la Loire. Suite aux annonces du Président Macron, les établissements de santé se préparent face à une épidémie toujours plus grandissante. Le directeur adjoint du CH de Saumur qui assure actuellement la direction par intérim, Louis Courcol, évoque en effet des chiffres en augmentation. « Nous avons actuellement 18 patients Covid hospitalisés à Saumur. On note, comme lors de la première vague, une baisse de la fréquentation aux urgences, mais une augmentation des patients suspects. Ces dernières 24 heures, nous en avons eu 17 sur 38 personnes admises aux urgences. Parmi elles, 7 étaient négatives, 5 positives et hospitalisées et 5 sont encore en attente des résultats. » Il explique également qu’il y avait déjà 18 patients la semaine dernière, mais qu’il ne s’agit pas des mêmes : « ce qui démontre une importante circulation et un flux constant du virus. On a un virus qui n’a pas perdu de sa virulence », assure-t-il.

Utilisation de la ventilation non invasive

Le CH de Saumur n’étant pas équipé d’un service de réanimation, les patients les plus gravement touchés sont envoyés au CHU d’Angers. Toutefois, depuis quelque temps les hôpitaux, dont celui de Saumur, utilisent la Ventilation Non Invasive (VNI). « Il s’agit d’une étape intermédiaire, avant l’intubation. Elle est désormais de plus en plus utilisée et nous nous rendons compte désormais qu’elle permet d’éviter de nombreuses complications. Au début de l’épidémie, nous avions tendance à intuber rapidement les patients. Désormais, nous passons de plus en plus par cette technique. Nous nous sommes par ailleurs aperçus que cela améliorait véritablement l’état du patient. » La VNI étant pratiquée à Saumur, cela permet également de décharger les services de réanimation.

Les nouvelles mesures

De nouvelles mesures ont été mises en place ou sont en cours d’application. Dorénavant, tous les patients qui viendront pour une intervention chirurgicale devront faire l’objet d’un test PCR 48h avant, « afin d’avoir les résultats pour l’intervention. » Ensuite, le chirurgien décidera de maintenir ou non l’intervention en fonction du résultat.Toute femme enceinte qui vient pour un accouchement sera testée en début de travail, pour ensuite prendre les dispositions sanitaires nécessaires. « Avant, nous testions uniquement les patients à risque, aujourd’hui le test est systématique », explique Louis Courcol. Concernant les visites, elles seront interdites à l’hôpital, sauf quelques exceptions : le conjoint à la maternité, un parent par jour en pédiatrie, une personne par semaine durant une heure en soins de suite et pour les patients en fin de vie, cela se fera au cas par cas. Dans les EHPAD, comme annoncé par le président de la République, les visites seront possibles, sauf contexte local particulier. « La visioconférence y sera également utilisée. »

Pas de déprogrammations

Le responsable de l’établissement saumurois tient également à informer qu’il n’y aura « pas de déprogrammations d’interventions et de consultations pour le moment. » Cela se fait en fonction du niveau de plan blanc. Actuellement au niveau 2 à Saumur (déprogrammation à partir du niveau 3) l’établissement n’est pas concerné, les Saumurois peuvent donc aller consulter à l’hôpital sans crainte et « en toute sécurité ». « Nous avons des personnels en nombre suffisant dans l’unité Covid. Nous maintenons donc l’activité normale. Il ne faut pas annuler les rendez-vous. » Les déprogrammations seront décidées en fonction de l’évolution de l’épidémie.

Mieux préparés pour faire face à la seconde vague

Louis Courcol se dit « prêt à faire face à l’épidémie » et affirme même que l’hôpital est « mieux préparé que pour la première vague. » Il explique qu’aujourd’hui « les stocks de matériel sont satisfaisants, tandis qu’ils ne l’étaient pas avant. Nous avions des tensions sur certains éléments. » Côté humain, le CH de Saumur a revu la réorganisation des services de manière à mieux absorber cette seconde vague. « Nous avons actuellement 27 lits dans le service destiné aux patients Covid et la capacité peut augmenter. Lors de la première vague nous avions atteint 41 lits, nous pouvons revenir à ce chiffre et même aller au-delà », assure Louis Courcol.

Un confinement efficace

Pour le moment, la situation épidémique est stable en Saumurois, mais il s’attend à un potentiel pic dans les jours à venir : « La situation est bien plus préoccupante dans le Choletais et à Angers. Nous avons observé depuis quelque temps, un décalage pour que cela arrive dans le Saumurois, en général d’une à deux semaines. Cela est difficile à dire, mais nous avons toutes les raisons de penser que, d’ici quelques jours, nous observerons également cette forte augmentation. » A noter qu’il y a eu une forte augmentation la semaine dernière, le CH de Saumur comptait 3 patients Covid et en l’espace de 10 jours, il en avait plus de 15. « Ça peut aller très vite », confie le directeur adjoint. Il rappelle également que les mesures et les gestes barrières sont efficaces et nécessaires pour endiguer et ralentir l’épidémie. « Le port du masque est efficace, le confinement est une bonne nouvelle. C’est le seul moyen de passer les semaines à venir. » Louis Courcol souligne toutefois qu’il faudra être patient avant de voir les effets de cette mesure. En effet, lors du premier confinement, il avait fallu attendre une quinzaine de jours avant que les effectifs prennent une forme de plateau et qu’ils redescendent ensuite. « Sans alarmer, il faut rappeler que l’épidémie est là et bien présente. Les taux augmentent chaque jour », conclut-il.


Article du 29 octobre 2020 I Catégorie : Vie de la cité

 


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