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Un séjour en Tunisie écourté pour des saumurois

Pierrette et Claude, un couple de retraités de Courléon, ont vu leur séjour en Tunisie écourté par la ''révolution de jasmin'' obligés de fuir devant des scènes d'émeutes. Récit

Monastir, un décor paradisiaque pour une révolution.

Depuis quatre ans, Claude avait l'habitude de passer le mois de janvier en Tunisie. Cette année avec Pierrette son épouse, ils devaient séjourner du 9 au 23 janvier à l'hôtel Tropicana de Monastir.

 

Une ambiance plutôt tendue

 

"A notre arrivée le 9 janvier, Claude a trouvé le contact avec les gens un peu tendu à la limite de l'agressivité, chose qui n'existait pas auparavant. Le traditionnel pourboire été très mal accepté. Lundi 10 janvier, après l'habituelle réunion d'information, nous avons pris un autocar direction Sousse. Bizarrement, nous n'y avons trouvé que quelques boutiques ouvertes dans les souks. Les gens étaient plutôt moroses et l'animation habituelle absente. Nous étions loin d'imaginer que de graves évènements se préparaient."

 

Une vie quotidienne au ralenti

 

"Le jour suivant, mardi 11, nous avons emprunté un taxi collectif direction Nabeul, retrouver des amis. Là aussi, beaucoup de commerces fermés et des prix très en hausse. Les rares commerçants ouverts se plaignaient de la crise qui sévit dans leur pays. Pour la première fois, les gens osaient employer des mots très durs envers le gouvernement en place et leur président. Les écoles, les collèges, les lycées et l'université étaient fermés pour une durée indéterminée. Nous avons regagné notre hôtel sans difficultés, les rues étaient désertes." La même vision des choses les surprit lorsqu'ils voulurent se rendre à Madhia, le jour suivant mercredi 12. "Le train que nous avons emprunté était vide et un Tunisien a osé nous parler du mal être dans son pays, en prenant bien soin de ne pas être entendu de ses compatriotes."

 

Tunis, une autre ambiance

 

"Voulant nous rendre à Tunis le jeudi 13, nous avons pris la précaution de demander à un ami résidant dans la capitale, son avis sur notre venue. Selon lui, pas de problème. A notre arrivée dans la capitale, nous avons vu une foule de gens converger vers la porte de France, leur nervosité était palpable. Boutiques fermées, rideaux de fer baissés. On nous conseilla de regagner notre hôtel en nous disant : ça va chauffer. Nous sommes parvenus à retrouver notre ami qui travaille sur une place où stationnent les bus de la ville. Celui-ci admit que la situation avait évolué très rapidement dans le mauvais sens. Devant la maison des travailleurs, une foule très agitée brandissait drapeau national et banderoles revendicatives. Notre ami nous a conseillé alors vivement de regagner notre hôtel, en empruntant un moyen de transport, car nous devions passer par l'avenue Bourguiba, celle-la même où avaient lieu des manifestations. Nous sommes parvenus à la gare sans encombres."

 

Les évènements prennent de l'ampleur

 

"A la gare règnait une grande effervescence et nous sommes parvenus à prendre un train spécial pour Sousse. Une jeune fille qui rentrait également, avait été prise dans une manifestation mettant aux prises des forces militaires et des manifestants et fut blessée après avoir assisté à des violences physiques."

 

Bloqués à l'hôtel et retour en catastrophe

 

" Vendredi 14 janvier, à l'hôtel, il est nous fut demandé de ne pas sortir. Malgré tout, nous nous sommes rendus à Sahline. Là, nous avons discuté avec des gens qui nous ont décrits une ambiance exécrable. Plus tard, nous avons appris que les émeutes dans cette ville avaient fait des morts et que des scènes de pillage s'étaient déroulées. Sur le chemin du retour, Claude, mon mari, s'est fait agresser. On l'a jeté à terre pour lui arracher mon sac à dos. L'agression venait de gens qui abusaient de la situation et qui en profitaient pour assouvir leurs bas instincts, n'ayant rien à voir avec les évènements politiques. Nous avons déposé plainte au commissariat de police qui, quelques heures plus tard, était la proie des flammes, tout comme fut dévastée une station service, vraisemblablement le fait de pillards. Des femmes de notre hôtel ont été à leur tour molestées. Samedi 16, mon mari souffrant, nous n'avons pû voir ni médecin ni infirmier,  ceux-ci étant bloqués par le couvre feu." Via les informations tunisiennes, le couple apprendra que des morts étaient à déplorer à Monastir même, à Sousse et Sahlines. Pendant deux jours, les 15 et 16 janvier, Pierrette et Claude furent bloqués dans leur hôtel. Cependant, ils sont parvenus à quitter la Tunisie le 17 par avion, vers 13h et sont arrivés à Roissy vers 16h. Ils sont repartis de l'aéroport parisien en car direction Nantes, en compagnie de touristes rentrant eux de Djerba. Ce n'est que le mardi 18 janvier qu'ils ont regagné leur domicile vers 3h30, complètement épuisés. Un voyage qu'ils ne sont pas prêts d'oublier. 


Article du 21 janvier 2011 I Catégorie : Vie de la cité

 


8 commentaires :


Commentaire de la belle vie ....

ah les touristes du dimanche qui se plaignent....! ils étaient tout contents de passer un mois tous les ans à pas cher sans bien sur oser ouvrir les yeux sur un peuple exploité par le régime et aussi les tour operators ..... le tourisme de masse à pas cher (bien polluant avec le transport aérien , le + énergivore), qui profitait à un système qui remontait en ligne droite à une dictature..... pierette et claude sont rentrés épuisés.... un peuple a gagné sa liberté ..... pour moi , je trouve ce bilan très positif !!!



Commentaire de Claude

qui te dit que je ne faisais que du tourisme, mes relations Tunisiennes vont du cordonnier, en passant par la femme de ménage jusqu'au professeur d'université. Avant de porter un jugement renseigne toi et lis bien les textes



Commentaire de MAMIE 78

J'aurais tendance à penser comme " de la vie est belle " et je rajouterais ce voyage qui profitait en ligne droite à un DICTATEUR, pierette et claude vont devoir chercher un pays où il existe encore beaucoup d'esclaves !!!



Commentaire de Pierrette

Nous adorons la Tunisie et les Tunisiens où nous comptons beaucoup d'Amis, ne pensez pas que nous allons là bas pour les exploiter bien au contraire, nous connaissions depuis longtemps leurs problèmes, nous sommes très heureux que ce peuple ait enfin réagi et nous souhaitons vivement qu'ils retrouvent leur liberté et une vie sociale meilleure.



Commentaire de j-pierrre

votre réaction ,claude ,en tutoyant un internaute assez sèchement est assez déroutante . suivant vos recommandations de bien lire les textes , je constate que vous vous etes fait malheureusement agresser alors qu'on vous avait conseillé de ne pas sortir.... j'espère que vous récupérez mais les conséquences pour vous auraient pu etre dramatiques bon rétablissement donc.



Commentaire de claude

reponse a mamie 78. Ayant été asservi pendant mon enfance et mon adolescence, je suis épris de liberté, si je devais chercher un pays de dictature , je n'ai qu'à rester en france ,où on est dejà servi. Mon engagement politique m'a permis d'oeuvrer dans plusieurs associations caritatives, où j'ai pu cotoyer la detresse et la misère, mon grand age me permet de tutoyer voir quelquefois choquer, excusez-moi de vous avoir choquée, dans l'agression que j'ai subie, ce n'est qu'un fait de delinquence ordinaire. Vive la tunisie et sa révolution



Commentaire de annie

cela fait 5 ans que je vais en Tunisie, je suis tombée amoureuse de ce pays et en même temps d'un tunisien,j'ai l'acquisition d'un appart à Sahline et je suis contente de retrouver à mes vacances, je me réjouie et espère que les Tunisiens retrouvent une liberté et j'espère que leurs vies sera meilleure dans l'avenir



Commentaire de grevevellec

Je constate que vous avez surtout rencontré des opposants à ce pourtant formidable et courageux mouvement de révolte: ...la situation avait évolué dans le mauvais sens... ...une ambiance exécrable... Et des pillards,des gens qui abusaient... Et ces milliers de manifestants dignes,exaspérés par la dictature,si sécurisante pour les touristes d'ailleurs,vous n'avez pas un mot,pas un sentiment pour eux!


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