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27 avril : Le Chateau-Musée expose la donation de L'Hôpital de Saumur

En 2005, le centre hospitalier de Saumur fait don à la ville de Saumur d’une partie de son
mobilier protégé au titre des monuments historiques. L’hôpital aurait été fondé au début du XIIIe siècle, voire au XIIe, dans le quartier de Nantilly, paroisse-mère de la ville. Au cours des siècles, il s’est trouvé propriétaire d’un certain nombre d’œuvres d’art, issues de commandes, de dons anonymes, ou du fonctionnement de l’établissement.


Sara rendue à Abraham par Abimélek

Depuis le 27 avril, le Château-Musée de Saumur consacre une exposition à part entière à cette précieuse donation, mêlant beaux-arts, arts décoratifs et arts pharmaceutiques. L’hôpital de Saumur a très probablement été fondé au XIIe siècle dans le quartier de l’église Notre-Dame de Nantilly, paroisse-mère de la ville. La première mention qui en est faite date de 1269, il s’agit d’une charte qui prend acte de deux donations faites en sa faveur. L’une émane de Gilles de Tyr, Saumurois parti en croisade avec saint Louis avant de devenir garde des Sceaux et archevêque de Tyr ; il est enterré à Notre-Dame de Nantilly.
Par ailleurs, le document le plus ancien conservé dans les archives municipales de Saumur est un acte d’acquisition d’une parcelle de terre par l’Hôtel-Dieu, parchemin datant de 1365. Les hôpitaux, dont le fonctionnement est religieux jusqu’à la Révolution, sont essentiellement financés par un patrimoine foncier et des dons monétaires ou utiles aux oeuvres.

 

Que le vin du Clos Cristal rivalise avec celui des Hospices de Beaune

 

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, il n’est pas rare que des particuliers couchent les
hôpitaux sur leur testament. Ainsi Antoine Cristal, fondateur du célèbre Clos Cristal, décédé en 1931, lègue-t-il ses biens à l’Hôpital Général ; il souhaitait que le vin des Hospices de Saumur devienne aussi célèbre que celui des Hospices de Beaune.
Au cours des siècles, l’hôpital change plusieurs fois de nom, de gestion et même
d’emplacement. Hôtel-Dieu sous l’Ancien Régime et complété par une aumônerie et une
maladrerie (léproserie), il devient Hospice à la Révolution ; rasé en 1865, l’Hôpital Général est construit au même endroit par Charles Joly-Leterme. Au XXe siècle, la modernisation et l’extension devenant indispensables, le nouveau Centre hospitalier est construit en 1995 dans les Hauts Quartiers et le site de Nantilly progressivement abandonné.
 
 
Les Dons
 

Ils viennent principalement du sanctuaire des Ardilliers. Sous l’Ancien Régime, l’Hôtel-Dieu n’est pas le seul centre accueillant les malades pauvres de Saumur. Dans le quartier de Fenêt, près du sanctuaire Notre-Dame des Ardilliers, géré par l’Oratoire, se trouve l’Hospice de la Providence, fondé par Jeanne Delanoue. Pendant la Révolution, pour pallier l’entassement des malades dans le petit hospice alors que le couvent des Ardilliers qui n’a pas trouvé preneur est vide, on décide de céder la propriété des Ardilliers à l’hôpital de Saumur. Or le sanctuaire des Ardilliers, un des plus importants lieux de pèlerinage marial de la France des XVIIe et XVIIIe siècles, est riche d’un trésor accumulé grâce aux dons de pèlerins fortunés voire princiers, parmi lesquels Louis XIII, Marie de Médicis, Gaston d’Orléans, Anne d’Autriche, Henriette de France. C’est ainsi que l’hôpital de Saumur entre en possession en 1795 des quelques pièces de ce trésor qui ont échappé à la Révolution soit 2 tableaux, un Champaigne et une copie de Rubens, des tapisseries d'Aubusson, une pendule lyre Louis XVI, des meubles, des mortiers en bronze dont l’origine n’est pas connue. Ils peuvent aussi bien provenir de l’apothicairerie de l’Hôtel-Dieu que du couvent des Oratoriens.
 
 
Focus sur les pièces remarquables
 

Deux tableaux proviennent des biens de Notre-Dame des Ardilliers transférés en 1795 à
l’hôpital de Saumur. Il s’agit de La fuite de Loth, une copie d’un tableau de Rubens et La
Présentation au Temple de Philippe de Champaigne. La fuite de Loth est une copie ancienne, probablement du XVIIesiècle, et inversée, d’un tableau de Rubens conservé au Ringling Museum of Art à Sarasota (Floride, États-Unis). Le sujet est tiré de l’Ancien Testament. L’oeuvre représente le moment où les deux anges envoyés par Dieu conduisent Loth et sa famille hors de la ville de Sodome condamnée à la  destruction divine. Interdiction leur est faite de  se retourner pendant leur fuite, tentation à laquelle ne résiste pas la femme de Loth transformée alors en statue de sel pour avoir désobéi. Si la toile de Saumur s’est assombrie, elle conserve néanmoins cette dynamique baroque et sculpturale caractéristique de Rubens. Delacroix en fait également une copie, conservée au Louvre. 

La Présentation au Temple de Philippe de Champaigne a été commandée en 1655 par Abel Servien, alors Surintendant des Finances du royaume, pour orner le retable de la chapelle qu’il fait édifier en l’église Notre-Dame des Ardilliers. L’œuvre est déplacée en 1869 à l’Hôpital Général de Saumur et en 1883, Gabrielle Chanel est baptisée sous les auspices de Philippe de Champaigne. Après ce séjour dans la chapelle de l’Hôpital Général, l’œuvre regagne sa chapelle d’origine aux Ardilliers en 1990 ou le visiteur peut encore aujourd’hui l’y admirer. Une reproduction est présentée au château. Tiré des Évangiles, le tableau représente le moment où Joseph et Marie, portant au Temple le nouveau né afin de recevoir la bénédiction comme l’exigeait la loi de Moïse, présentent l’Enfant au vieillard Siméon qui le prend dans ses bras. Selon un avertissement du Saint-Esprit, celui-ci ne devait pas mourir avant d’avoir vu le Messie. Pour la Présentation au temple, le peintre respecte au plus près les données littérales de l’Évangile et place la scène dans une architecture savante, inspirée des descriptions du Temple de Jérusalem.
 

La Tenture de l’histoire d’Abraham
 

Cette tenture, composée de quatre tapisseries, a été classée au titre des monuments
historiques en 1927 sous le titre de « Mariage de Rebecca » ; une étude récente (de Nicole de Reyniès en 2010) a permis d’en identifier correctement le sujet. L’argument est tiré de l’Ancien Testament, chaque pièce illustrant dans l’ordre suivant un passage de la Genèse : La séparation entre Abraham et Loth -  L’apparition de Yahvé à Abraham -  La promesse de Yahvé à Abraham - Sara rendue à Abraham par Abimélek. Les tapisseries sont devenues propriété de l’hôpital en 1795. Elles pourraient provenir d’un don fait aux Oratoriens par la marquise de Montespan, favorite alors déchue de Louis XIV, qui logeait fréquemment au château du Jagueneau tout proche du sanctuaire des Ardilliers, mais rien ne permet encore de le confirmer. Jusqu’en 2005, la tenture et les entrefenêtres ornaient la salle du conseil d’administration de l’ancien hôpital. 
 

La pendule lyre Louis XVI.
 

Provenant des biens des Ardilliers transférés en 1795 à l’hôpital et déposée au Château-Musée en 1954, la pendule lyre est un précieux spécimen de l’horlogerie en vogue sous Louis XVI. Caractéristique du genre néo-classique, dit aussi à la grecque, la pendule lyre épouse la forme de l’instrument dont elle porte le nom et évoque le monde antique dont les arts décoratifs s’inspiraient alors. En bronze ciselé et doré, reposant sur un pied de marbre blanc, le corps de la lyre est composé de feuilles d’acanthe et de
guirlandes de perles. Les enroulements sont réunis par une riche guirlande de roses et de grenades éclatées et surmontés par un masque d’Apollon irradié, maître des heures.
On découvre le mouvement squelette grâce à la platine très ajourée ; le cadran, rattaché au corps de la lyre, est réduit à un cercle très fin en émail blanc. Les cordes de l’instrument forment le balancier actionnant le mécanisme et permettent ainsi à la couronne en rayons de soleil d’osciller autour du cadran. Sur les modèles les plus rares, réalisés notamment par l’horloger Bréant, le cadran lui-même oscille. Les chiffres rouges inscrits entre les heures et les minutes indiquent le quantième, c’est-à-dire la date; la sonnerie, appelée timbre, est d’origine. Ce type d’horloge à poser était présenté sous cloche, ce qui explique l’absence de verre protégeant le mouvement.
 
 
Les mortiers d’apothicaire en bronze
 
 
L’ensemble de mortiers d’apothicaire en bronze, classé au titre des monuments historiques en 1930, provient probablement de l’apothicairerie de l’hôpital. Cependant, le couvent des Ardilliers comportait également une apothicairerie. Les mortiers servaient à broyer les produits constituant les médecines données aux malades. D’usage courant jusqu’au XXe siècle, ils peuvent encore aujourd’hui servir pour les préparations
magistrales dans les pharmacies. Ils peuvent être fabriqués en d’autres matières : marbre, porcelaine, bois, faïence. Ceux-ci, précieux de par leur matériau coûteux et une réalisation requérant une haute technicité, sont vraisemblablement français.


Article du 27 avril 2011 I Catégorie : Culture

 


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