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29 août 1944 : les derniers Allemands quittaient Montreuil-Bellay à bicyclette !

Jacques Sigot, ancien instituteur passionné d'histoire, auteur de nombreux ouvrages sur la ville de Montreuil-Bellay et sur ses habitants, nous rappelle par ce courrier que nous publions, les événements du 29 août 1944 qui marquèrent la libération de la ville. Libération qui depuis n'est fêtée que le 1er septembre ! Pourquoi ? Jacques Sigot nous éclaire sur les raisons de ce ... décalage.

Le pont Napoléon détruit.

Le 29 août 1944, les derniers Allemands quittaient Montreuil à bicyclette

"Il y a 67 ans, ce 29 août, Montreuil-Bellay mettait le point final à sa guerre qui avait commencé un certain samedi 21 juin 1940. Je sais bien que la libération de la ville est fêtée seulement le 1er septembre, mais c’est une autre histoire qui joue avec l’Histoire. Rajeunissons de 67 années, ce qui n’est jamais difficile sur le papier, mais reste souvent sans pitié."

 

Les paras du SAS

" Avant que les Américains et l’armée de Leclerc ne libèrent Paris le 25 août, des parachutistes du SAS (Spécial Air Service) sont arrivés le 6 sur les rives du Thouet. Après quelques coups de mains, ils tuent deux jeunes Allemands de garde sur le Pont Napoléon. Devant les menaces de représailles de l’Ennemi, on sait ce qui s’est passé à Oradour-Sur-Glane et deux Montreuillais viennent d’être fusillés pour l’exemple contre le mur de clôture du château de la Durandière, les SAS quittent la ville et vont se cacher dans une forêt de la région."

 

Retraite

" Les Américains s’approchent de la Loire et les Allemands, refusant le combat contre une force trop supérieure, battent précipitamment en retraite. Le 28, une nouvelle extraordinaire parvient dans le Saumurois : Hitler a ordonné le repli général de toutes ses troupes de l’Ouest. Les restes de la Feldkommandantur d’Angers, qui s’était réfugiée à Saulgé-l’Hôpital, passent à Montreuil, accompagnés de nombreux véhicules. Dans la ville, les fuyards réquisitionnent charrettes attelées et bicyclettes, les voitures particulières n’ayant bizarrement plus de roues… Les quelques Allemands encore cantonnés à Montreuil effectuent le minage des ponts qu’ils vont faire sauter afin d’interdire le plus longtemps possible le franchissement du Thouet et de la Dive par les alliés ".

 

Après l'enterrement de Georges Busson

" Le matin du 29, le garde-champêtre prévient ses compatriotes qu’il leur faut ouvrir toutes les portes et fenêtres qui risquent de souffrir de l’explosion. Avant d’officier, l’ennemi, gentleman, accepte d’attendre que les derniers Montreuillais habitant Outre les Ponts soient rentrés de l’enterrement de Georges Busson qui commandait la brigade de gendarmerie du canton et qui a sauté l’avant-veille sur une mine à Epieds.
Il est alors environ midi et demi quand trois ou quatre hommes plutôt âgés allument les mèches. L’un d’eux appuie sur un détonateur installé près de la Minotière au signal d’un autre qui se tient à proximité de l’entrée du pont. La déflagration est terrible, des pierres volent dans tous les sens et l’une d’elles atterrit à plus de 300 m, au nord de la rue de la Croix-Saint-Jacques. Leur besogne terminée, les Allemands partent alors tranquillement à bicyclette et prennent la direction de Loudun. Des Montreuillais les voient passer rue Nationale avec de grands gestes avec le bras. Pont kaput ! Au revoir !
Montreuil est une ville libre, et tous les habitants descendent les rues qui conduisent à la rivière pour voir les ruines. Mélange de joie de ne plus voir d’Allemands chez eux, et de tristesse devant une telle désolation que personne n’a cherché à empêcher."

 

Réponse au pourquoi !

" Alors pourquoi fêter la libération de la ville trois jours plus tard ? Parce que c’est ce jour-là, le 1er septembre, que les SAS, ( que le registre municipal appelle FFL ), sont revenus de leur forêt, et que l’on a, par acclamation, rendu son écharpe de maire à Louis Trouillard, ancien instituteur. Mais c’est aussi ce jour-là que l’on a, en une grande fête expiatoire dans la gendarmerie, alors rue nationale, tondu les femmes qui avaient trop aimé l’uniforme ennemi… Les hommes accusés de collaboration trop voyante seront internés dans le camp de la route de Loudun puis envoyés se faire pendre ailleurs, dans celui de Châteaubriant.

Le 29 août, bien que l’on utilisât la dynamite, est une date qui sent moins le soufre que celle du 1er septembre."

 

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Article du 28 aout 2011 I Catégorie :

 


2 commentaires :


Commentaire de willy

Ah voici la vérité, moi qui croyait certains Montreuillais héroïques mais venant de Mr Sigot j'y crois, continuez Mr Sigot à nous révéler les vérités sur cette petite ville ou tous le monde veut être un héros de cette pauvre période. WJ



Commentaire de andré

Bravo Mr. Sigot . Je suis heureux de connaitre la vérité sur le 29 août 1944 et continuer de nous révéler l'histoire de notre charmante cité.



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